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Moréa est une nouvelle série
des éditions Soleil, qui paraîtra en février 2000. Le
Sang des Anges, titre du premier album, est scénarisé
par Scotch Arleston et dessiné par le talentueux Thierry Labrosse.
Quelques planches en pré-view
à la fin de l'interview !!
Trame
de l'histoire
La DWC est l'une des compagnies transnationales les plus puissantes de
la planète, et Moréa Doloniac, bien que de la famille du
fondateur, n'est qu'une simple employée.
Pourtant, un étrange bilan génétique la conduit dans
un traquenard terrible mené par de mystérieux tueurs...
Interview de Thierry Labrosse (Par
Jorge Louka) :
De temps en temps, trop rarement, on tombe sur un allien : un type
qui débarque d'on ne sait où, doué d'un talent extraordinaire, et qui
en quelques coups de crayon séduit tout le monde… C'est le cas de Thierry
Labrosse, québécois de Montréal, un auteur à l'élégance rare… Un entretien
à lire avec l'accent, tabernacle !
Comment as-tu découvert la BD ?
"Je devais avoir cinq ou six ans lorsqu'on m'a offert mes premiers
albums de Tintin et d'Astérix, et j'ai tout de suite été fasciné. Puis
j'ai été abonné au magazine Tintin, et j'ai découvert des choses comme
Comanche, Bernard Prince… Mes premiers chocs graphiques, c'est à Hermann
que je les dois. Et puis un peu plus tard, vers 18 ans, j'ai découvert
Metal Hurlant. Là, je me suis dit que c'était vraiment ce que je voulais
faire ! Il y avait Moebius, bien entendu, mais aussi un dessinateur comme
Chaland, dont le trait m'a toujours bluffé. Et puis de puis, je suis tombé
sur Manara, Serpieri… "
Des
amateurs de belles femmes !
"Tout à fait ! J'ai toujours été fasciné par les types qui dessinaient
bien les filles ! Malheureusement, ils se laissent souvent tellement emporter
qu'ils en oublient de raconter une histoire ! Parmi les autres dessinateurs
qui m'on marqué, j'ai toute une collection d'Alex Raymond, par exemple.
Ses femmes sont tellement sublimes, pleine de grâce et d'élégance."
Lorsqu'on est près de la frontière américaine,
on ne ressent pas trop l'influence des comics ?
"Franchement, les types en collant qui volent, ça n'a jamais été
mon truc ! Et puis Montréal est une ville où toute la BD européenne est
présente, ça n'est pas très différent de Paris ou de Bruxelles. Ici, la
réalité de la BD, c'est la BD francophone !"
Pour avoir choisi de dépeindre des univers
SF ?
"J'aime beaucoup l'idée de tout inventer, les décors, les costumes,
les véhicules, les architectures, le design de chaque objet. J'ai à la
fois une totale liberté et une obligation de crédibilité. Je prends ce
qui existe aujourd'hui et je cherche à le projeter avec le plus de logique
possible, c'est passionnant ! On a pas mal discuté avec Arleston de ce
que j'avais envie de faire, puis il m'a taillé un scénario sur mesure,
avec ce que j'aime dessiner. Des pin-up, des ambiances futuristes… et
du suspense !"

Tu es très cinéphile…
"Beaucoup ! Le cinéma est pour moi une grande source d"inspiration.
Et en matière de design futuriste, je fais bien sûr partie d"une génération
qui a été très marquée par le Blade Runner de Ridley Scott. Mais j'aime
bien aussi la SF ringarde des années 50 et 60, avec des scénars complètement
lamentables, des décors kitsch… J'aime la fraîcheur et la naïveté
qui s'en dégagent ! Le cinéma et la BD sont indissociables, les techniques
de narration sont très proches. En réalité, lorsque je dessine mes pages,
j'ai l'impression de tourner mon petit film, tranquillement chez moi.
Je suis le metteur en scène le moins encombrant du monde !"
Comment
vit-on le fait d'être auteur de BD au Canada ?
"Dans l'échelon social, on est considéré à peine un peu plus mal
que les sans-abris ! Enfin, quand je dis considéré… En réalité, personne
ne sait qu'on existe ! Et puis il faut dire que nous ne sommes pas très
nombreux. Je connais deux ou trois gars qui font des comics pour les USA,
Elvira, mais c'est encore un autre métier… Les personnages ne leur appartiennent
même pas ! Je serais incapable de faire une carrière dans un truc pareil
: autant rester dans la pub ou le dessin animé !"
Bug Hunters, ton album précédent, était
un travail en couleurs directes…
"Oui, je voulais essayer cette technique, qui c'est vrai est plus
proche de l'illustration que de la bande dessinée. J'avais envie de travailler
dans des couleurs très flash, très pétantes… Peut-être un peu trop, au
goût de certains ! C'est un peu pour ça que pour Moréa, je suis revenu
à une technique plus traditionnelle. Je dessine mes pages en noir et blanc,
je les encre au bic, et puis un coloriste, Frédéric Besson, se charge
de la mise en couleurs par ordinateur."
Comment
vois-tu l'avenir de Moréa ?
"Ca va durer au moins trente ans, il y aura huit films, des séries
télé, des dizaines d'albums, des millions de lecteurs, des t-shirt, des
pots de moutarde… Sans rire, j'espère qu'elle va plaire au public français
! On saura ça bientôt ! J'ai hâte de retourner en France. J'étais venu
au festival d'Illzach, il y a quelques années, présenter Bug Hunters,
et j'avais beaucoup aimé ça, le contact avec le public. Ca change de travailler
tout seul chez soi, avec moins de trente degrés dehors !"
Interview réalisée par Jorge Louka
Quelques planches à découvrir :
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Copyrights © Editions Soleil 1999 - Scotch Arleston
et Thierry Labrosse
Extraits du présent dossier ©
Lanfeust Mag N° 9 - Soleil Presse
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