Abraxas s'achève en deux tomes... seulement ! Contrairement au premier tome, qui introduisait les personnages et la ville d'Abraxas à un rythme juste assez pèpère pour le rendre un tantinet etouffant (juste comme l'histoire), ce tome-ci semble passer à vitesse de course. Là où il y avait matière à une histoire en trois tomes, en voici deux. Bon, bon, bien que se déroulant à la vitesse d'un cheval au galop, c'est une histoire bien ficelée et assez cohérente (dans un style surréel) pour contenter les amateurs de frissons. Ah, oui, le dessin d'Alfred n'est pas "facile", il a un style tortueux (influence par Tim Burton?) qui a tout son charme. Il ose les perspectives et les mélanges de genres là où d'autres se seraient contentés de dessins plats mornes. Les trognes des quelques protagonistes valent le détour : bien types, reflétant la vie qu'ils ont eue... le méchant est vraiment moche, le héros (si on peut le qualifier ainsi) plutot bénêt et la ribambelle de personnages secondaires du truculent au carrément sinistre. Un album étrange d'un cauchemar qu'on aimerait avoir parce qu'il finit bien.