Les 4 critiques de jcu sur Bd Paradisio...

"V pour Vendetta" était pour moi avant sa lecture une bande dessinée mythique. Pourquoi ? Probablement par le fait d’entendre ou de lire quasiment que des avis enthousiastes et passionnés. Et puis tout ne s’explique pas ! C'est avec beaucoup d’envie que j’ai entrepris la lecture de ce monument, en version intégrale. On est de suite plongé dans l’ambiance par le dessin. Celui ci est pourtant réputé pour sa dureté et même parfois décrié pour son manque de lisibilité. C’est certain, il est particulier, mais il rend parfaitement l’atmosphère de l’histoire. Je le trouve de qualité, très bien travaillé et en adéquation permanente avec le récit. Le découpage et les cadrages sont d’une grande maîtrise. Lloyd et Moore sont allés au bout de leur travail (création) avec maestria, sans tomber dans la facilité. Quel scénario de Moore, la vengeance de V est une terrifiante machination, orchestrée avec justesse. Jamais l’on ne sent la haine, c’est une vengeance dramatique et parfois pathétique. Le personnage de V est complexe, difficile à comprendre, surprenant mais terriblement humain. En fait aucun des personnages n’est stéréotypé, ils tous capables de nous réserver quelques surprises… « V pour vendetta » est effectivement un monument de la bd. Ne serait ce que pour la lettre de Valérie (Vol. 4, je crois) l’histoire la plus prenante et la plus émouvante de mes lectures graphiques. Maintenant je sais pourquoi " V " est une bande dessinée mythique, mais de là à vous l'expliquer...
Un vrai coup de cœur, en trois étapes. Un, la couverture et la qualité de l’édition m’ont immédiatement attiré le regard ; deux, le dessin de Taniguchi toujours aussi superbe ; trois, la lecture. Le rythme de "Au Temps de Botchan (vol.1 )" est lent. On prend le temps de faire connaissance avec les nombreux personnages. De s’habituer à la désillusion de Natsume Soseki, le personnage principal. Puis toujours lentement, le récit prend corps. On comprend mieux la désillusion de Soseki sur le présent et l’avenir du japon, sentiment partagé par grand nombre de ses contemporains. Le Japon vit une période très importante de son évolution. Sous l’ère Meiji (1853 / 1945) le pays s’ouvre aux étrangers après des années d'isolement (sous la pression des Américains). Une partie de la population se trouve confrontée à un paradoxe culturel, du fait du choix d’accepter la modernité occidentale au détriment d’une culture ancestrale. Décision prise sous la peur d’être colonisés comme d’autre pays. C’est dans ce contexte historique et culturel que Natsuo Sekikawa met en scène l’histoire de Soseki et de ses amis dans un japon en pleine mutation. Le récit est construit par subtile imbrication de scène autour de l’écriture du roman de Botchan. Ecriture que Soseki entreprend comme une thérapie, entre rêve et réalité. Taniguchi et Sekikawa nous offrent une lecture marquée par une ambiance nostalgique, une ambiance automnale. Le dessin proche de la ligne clair joue magnifiquement sur les nuances lumineuses. Les blancs très présents participent grandement à l’atmosphère si particulière du récit. « Au temps de Botchan » est une bande dessinée riche, poétique. Je conçois que sa lecture puisse laisser certains lecteurs sceptiques. On est de plus, loin de l’univers de « Quartier Lointain », mais l’émotion et le plaisir de lecture sont aussi intense.
Shenzhen par jcu
« Shenzhen » récit autobiographique ou impression de séjour sur les difficultés de communication dans une zone d’économie transitoire déshumanisée. Coincée entre la chine communiste et Hong Kong la capitaliste, Shenzhen est une chimère sur la voie du bonheur, rappelant par certains aspect les grands ensembles de nos banlieues. Delisle raconte avec humour et un certain recul les aléas et les petits bonheurs de son séjour professionnel à Shenzhen. La première partie du récit raconte par anecdotes successives le sentiment d’isolement et de solitude ressentie par l’auteur. Puis dans la deuxième partie du récit, Delisle décide de ne pas subir son isolement en prenant en main le quotidien de son séjour. Alors, on suit avec amusement ses activités, ses rencontres… Il y a aussi L’escapade à Hong Kong véritable bouffée d’oxygène du séjour. Ce récit plein d’humour est soutenu par une remarquable construction graphique. La variété du dessin (crayonné, au trait, lavis), le rythme des pages avec l’agencement des cases (sans textes, avec narration, avec dialogues, explicatives) rendent très vivante et agréable la lecture. Le témoignage de Delisle est très attachant et délivre un message
Une très belle lecture. "La vie est belle malgré tout" est effectivement difficile à conseiller et à commenter. C'est une Bd que je qualifierais d'intimiste, par le sujet autobiographique, le dessin minimaliste et le ton mélancolique. L'histoire est toute simple, Seth part à la recherche d'un dessinateur humoristique méconnu et oublié. Cette quête sert de support à l'introspection de l'auteur. Et c'est la que se trouve toute la qualité et la force de cette BD car Seth porte un regard sans concession sur lui-même. Il ne parle que de lui mais avec talent et humour. Certains passages sont assez proches de l’univers de W. Allen. Oui une très belle lecture qu’il m’est difficile conseiller au plus grand nombre.

 
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