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Le réducteur de vitesse de Christophe Blain
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5 critiques
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Par :
Matthieu V
  
(11 mai 2003)
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Contrairement aux critiques précédentes, j'ai beaucoup aimé cet album. Le dessin de Blain n'est pas des plus polis ni accessibles mais il n'est pas sans élégance et simplicité de trait (tiens, tiens, est-ce une nouvelle tendance chez Aire Libre : après avoir établi la collection avec de grosses pointures, on entre dans le graphisme experimental). Quand Blain dessine une tempête, on a mal au coeur, quand il envoie ses personnages dans le ventre du bateau, on cherche sa lampe-torche. C'est bien fait.
Certains se plaignent du scénario, peu credible disent-ils en se fixant sur un point de détail. Je le trouve intimiste, claustrophobe à souhait et bien ciselé. Une petite aventure humaine sans conséquence... la vie quoi ! Mon seul bémol à cet album : la fin que je trouve "légère".
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Par :
Extra-Large
(22 sept. 2000)
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Encouragé par une bonne critique sur le site de BD Paradisio, je me suis laissé tenter par cette BD ...qui ne m'attirait au demeurant pas. De prime abord en effet, un feuilletage rapide donne l'impression d'une BD faite par un jeune débutant qui a encore énormément de leçons à apprendre. Mais bon : un dessin "simple" peut tout à fait donner une excellente BD si il est servi par un bon scénario. Seulement voilà, le scénario est réduit à une peau de chagrin (et dure pourtant plus de 70 pages!) : un appelé se retrouve sur un immense bateau sous les ordres de chefs féroces (en temps de guerre ?), et bloquera finalement la bonne marche du bateau avec un taille crayon (!), Forcément, le résultat final donne une BD plutôt intimiste qui, à mon avis, ne peut plaire qu'à une frange réduite d'amateurs de BD. Dans le style anti-militariste, "La Guerre Eternelle" de Marvano et Haldeman constitue un bien meilleur investissement...
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Par :
Ritchie

(03 juin 2000)
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Histoire initiatique sans doute mais l'initiation est un peu trop longue pour moi.
Si vous aimez les histoires d'ambiance et que vous n'êtes pas sensible à la qualité du dessin, foncez : ce livre a été fait pour vous.
Si vous estimez qu'il faut un peu de scénario pour tenir un album debout, passez votre chemin, l'histoire se résume en 5 mots (et en plus ne tient pas debout : essayez d'immobiliser le France avec un taille-crayon !).
Si en plus vous êtes exigeant et que vous trouvez qu'il faut quand même un minimum de qualité dans le dessin, faites vous plutôt un bon restau avec le prix de la BD : au moins , vous en aurez pour votre faim.
A jeter avec l'eau du bain.
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Par :
Jean Loup
  
(25 mai 2000)
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C'est un de ces albums qui sollicitent le lecteur. Non, ce n'est pas du gros nez passe-partout ni du trait consensuel. Pour entrer dans "Le réducteur de vitesse", il vous faudra dépasser votre possible aversion de départ pour un graphisme original qui n'est pas très attractif. On a pu faire la même critique au "Maus" de Spiegelmann ou à "L'ascension du Haut-Mal" de David B. Ceux qui les ont lu comprennent sans doute ce que ce parallèle implique : il faut un petit effort pour entrer dans leur univers, mais on est sacrément récompensé. Christophe Blain se lit de même.
L'auteur a servi dans la marine. "Le réducteur de vitesse" n'est pas une atobiographie, mais Blain s'inspire de personnages réels pour donner vie à son équipage (le médecin blagueur par exemple). Le scénario est extrêmement original : on a rarement lu en BD les aventures d'un appelé qui vomit systématiquement ses tripes quand la mer tangue ! Original donc, mais aussi sacrément bien mené sur 76 planches. Hé oui. Fan des 44 pages et de la BD vue et revue, ne jetez pas trop vite la pierre à Christophe Blain car son travail mérite vraiment le coup d'oeil. Et puis, on est chez Dupuis, l'éditeur des "Femmes en blanc" et autres BD grand public. Vous voyez bien qu'on est en terrain connu ! Et si vous êtes un bédéphile averti, réjouissez-vous de voir la collection Aire Libre s'enrichir d'un nouveau titre à sa dimension.
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Par :
Thierry Bellefroid
(17 oct. 1999)
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"Le réducteur de vitesse" de Christophe Blain, dans la collection "Aire Libre" des éditions Dupuis.
Inlassablement, Aire Libre se construit avec la même rigueur qu'à ses débuts. Trente-cinq titres en un peu plus de dix ans, c'est à peine croyable, quand on songe aux sorties pléthoriques qui encombrent les rayons de nos librairies préférées. Le succès d'Aire Libre s'est incontestablement construit sur la qualité dans la parcimonie. On ne peut pas construire une collection de prestige en publiant un album par mois. Cela, Dupuis l'a bien compris. Pourtant, l'éditeur de Marcinelle a rarement pris autant de risques. C'est vrai, fort des ventes de quelques magnifiques albums "cru 99" (Je ne citerai que "La terre sans mal", "Azrayen 2" et "Le Sursis N°2"), Dupuis peut se permettre ce "Réducteur de vitesse", sans doute l'un des "Aire Libre" les moins grands publics depuis les débuts de la collection.
Ce qui en fera reculer plus d'un : le dessin de Christophe Blain. Il possède une personnalité bien plus proche de celle développée par les auteurs de L'Association que celle des dessinateurs "maison". Ce n'est pas par hasard. Blain travaille en atelier avec David B ("L'Ascension du Haut-Mal", "Le cheval Blême" (L'Asso)... mais aussi le fameux "Hop-Frog", avec le même Blain au dessin, chez Dargaud), Joann Sfar ("Donjon" (avec Trondheim) et autres titres chez Delcourt, mais aussi à L'Asso, ou chez Dargaud...) et Guibert (qui commit avec Sfar "La fille du professeur", un album très remarqué de la collection "Humour Libre" de Dupuis) Bref, tout ce petit monde se connaît, travaille en se regardant l'un l'autre et milite pour une autre approche du dessin. Tout ça pour dire qu'avant de refermer ce "Réducteur de vitesse" avec une moue dégoûtée, on peut aussi essayer de rentrer dans un graphisme qui affiche une certaine laideur physique comme une marque de fabrique et laisse percevoir la plume de manière très visible (parfois très proche de la gravure).
Ce préliminaire étant établi, parlons enfin de l'album. "Le réducteur de vitesse" porte bien son nom. Si vous lisez le dossier publié comme à l'accoutumée dans les premières pages de la première édition, vous n'ignorerez rien sur ce qu'est un réducteur de vitesse. Si vous avez, comme l'auteur, passé quelques mois dans la marine à l'occasion de votre service militaire, non plus ! Et c'est justement parce que Christophe Blain s'appuie sur une connaissance personnelle des navires de guerre, parce que son imaginaire est peuplé des souvenirs de "gueules", de caractères, de personnages, que cet album est si réussi. C'est vrai, le début est un peu lent et un rien bavard. Mais dès que les trois compères descendent "en machines", on y descend avec eux, on a chaud quand ils ont chaud, soif quand ils ont soif, tout est grand, démesuré, impressionnant, tragique. La plongée est fascinante, l'histoire humaine et le petit cours scientifique font bon ménage, on est pris et on ne lâche plus l'album avant d'avoir lu la dernière case. D'autant que quand on rentre dans le jeu des couleurs (qui rappellent - comme le dit très justement l'auteur dans le dossier en préface - les Lucky Luke de notre enfance), il y a une dimension encore plus fantasmagorique qui ne gâche rien à l'ensemble.
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