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La fin du monde de Pierre Le GallFrank Le Gall
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4 critiques
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Par :
Jean Loup
  
(10 nov. 2000)
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"La fin du monde" est le titre de cette première fournée des frères Le Gall. Il faut dire que chacun de ces petits contes noirs est effectivement comme une fin du monde. S'y enchevètrent la mort, la bétise, la jalousie aveugle, la cupidité ou l'orgueil. Le récit est cynique, cruel, appuie là où ça fait mal sous des tournures élégantes et un air de ne pas y toucher. La référence au maître Franquin a agacé les Le Gall mais il y a pourtant une indéniable parenté. Il n'y a pas à rougir d'une telle ascendance, d'autant que s'il y a un air de famille, il s'agit tout au plus de cousins éloignés. La parenté avec l'univers de Tim Burton, justement relevée par Thierry, est tout aussi illustre.
Cet album est très original, une vraie curiosité qui se situe d'ailleurs aux frontières de la BD (ne recherchez pas de phylactères, il n'y en a pas). Chaque histoire tient en une planche, certains personnages cabotins réapparaissant néanmoins plus tard dans l'album. Du coup, celui-ci se lit sans problèmes en plusieurs fois - peut-être est-ce même préférable pour pleinement l'apprécier. Les contes sont nécessairement inégaux mais l'ensemble vaut vraiment d'être lu et mérite une place sur vos étagères.
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Par :
Thierry
  
(18 sept. 2000)
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Beaucoup de journalistes semblent avoir cede a la facilite en comparant a tort cet album aux "idees noires" de Franquin, a cause du titre similaire et de l'usage intensif du NOIR, qui evoque les ombres chinoises. Mais s'il fallait rattacher cet album a quelque chose de connu, il faudrait plutot chercher du cote de la poesie decalee de Tim Burton.
En effet, au fil des 44 petits contes qui composent ce recueil, les freres Le Gall developpent un univers faussement enfantin, decale, voire carrement absurde, mais surtout tres cruel.
Ici, les loups tentent d'assassiner les jeunes femmes , des savants mettent leur science au profit de militaires belliqueux, le teleporteur du professeur Schlimsky a des consequences inattendues sur la paleantologie ou une bonne epouse tire des conclusion sans doute hative du vocabulaire fleuri de son perroquet...
Ce monde n'est pas rose, ni meme gris. Il est NOIR. La mort y est bien presente, on s'y saoule a l'absinthe, on y creve les yeux des enfants... Un tel monde ne peut survivre et il finira d'ailleurs par disparaitre, par une etrange bizzarerie de la gravitation.
Les freres Le Gall semblent avoir pris beaucoup de plaisir a realiser cet album tres poetique, parfois drole, parfois deroutant. Il ne se deguste vraiment que comme livre de chevet. Quelques pages, pourquoi pas dans le desordre, le soir avant de s'endormir permet de mieux ressentir la richesse de ces petites histoires faussement inoffensives.
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Par :
Kieran
  
(11 juil. 2000)
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"La Fin du monde : petits contes noirs" est une agreable petite curiosite. Le dessin en noir et blanc est soutenu par peu de dialogues, mais beaucoup de texte. Il choisi d'illuster ces contes en ombres chinoises. L'ambiance noire est assuree. Elle dilue une atmosphere bien a elle a mis chemin entre les brouillards londonien et les cauchemars qui se cachent dans les ombres d'une chambre d'enfant. Les histoires sont une succession d'histoires d'une pages, tres noires. La ou l'album devient un veritable plaisir c'est dans les liens qui se tracent d'une histoire a l'autre. Au fil de l'album, c'est un univers entier qui se met en marche. Ce n'est pas juste une fin du monde. C'est un univers qui se met en place. Un ou deux autres volumes seraient en preparation. La comparaison qui vient inevitablement a l'esprit c'est "les idees noires" de Franquin, mais ici le resultat est moins depressif et plus poetique.
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Par :
Erik
  
(16 juin 2000)
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Dans cet album extrêmement littéraire (on déguste les textes comme les images), chaque planche comprend un poème en prose, un "petit conte noir", illustré en ombres chinoises. L'humour onirique y côtoie la critique sociale ou les réminiscences cinématographiques et l'étrangeté s'y fait drôlement inquiétante, parce que les ectoplasmes prennent des formes de Mickeys et qu'on ne meurt jamais tout à fait. Malgré l'autonomie de chaque conte, quelques personnages disparus reviennent, d'abord isolément, puis se croisent pour former, dans les limbes du livre, une fiction parallèle entre exclus. Parfois aussi, on rit plus franc, plus bête. Mais, dans l'ensemble, le malheur est si lent qu'il y a "d'abord quelque chose de cocasse dans le phénomène" et qu'une mélancolie instantanée imprime un bizarre goût d'encre dans l'œil du lecteur. A découvrir dans cette nouvelle collection chez Dargaud : Poisson Pilote. J'ignore s'ils garderont ce niveau de qualité, mais c'est un bon début.
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