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Shenzhen de Guy Delisle
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4 critiques
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Par :
jcu
  
(05 oct. 2003)
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« Shenzhen » récit autobiographique ou impression de séjour sur les difficultés de communication dans une zone d’économie transitoire déshumanisée. Coincée entre la chine communiste et Hong Kong la capitaliste, Shenzhen est une chimère sur la voie du bonheur, rappelant par certains aspect les grands ensembles de nos banlieues.
Delisle raconte avec humour et un certain recul les aléas et les petits bonheurs de son séjour professionnel à Shenzhen. La première partie du récit raconte par anecdotes successives le sentiment d’isolement et de solitude ressentie par l’auteur. Puis dans la deuxième partie du récit, Delisle décide de ne pas subir son isolement en prenant en main le quotidien de son séjour. Alors, on suit avec amusement ses activités, ses rencontres… Il y a aussi L’escapade à Hong Kong véritable bouffée d’oxygène du séjour.
Ce récit plein d’humour est soutenu par une remarquable construction graphique. La variété du dessin (crayonné, au trait, lavis), le rythme des pages avec l’agencement des cases (sans textes, avec narration, avec dialogues, explicatives) rendent très vivante et agréable la lecture. Le témoignage de Delisle est très attachant et délivre un message
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Par :
Thierry
  
(25 mai 2000)
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Guy Delisle a ete charge de superviser une partie de la realisation de la serie de dessin anime "Papyrus". Pour des raisons d'economie, ce travail etait realise a Shenzhen, en Chine. Voila donc Guy Delisle envoye en Chine pour une duree de 3 mois. Mais Shenzhen n'est pas exactement la Chine des ceartes postales. Il s'agit d'une ville-champignon situee pres de Hong Kong, quoique la proximite soit une notion tres differente qu'ici pour d'evidentes raisons d'echelles. Cette ville est une sorte de monstruosite sans ame, ou les immeubles em construction poussent parfois d'un etage par jour.
Une decouverte a faire.
En matiere d'exotisme, autant dire que Shenzhen en est mechamment depourvu. C'est une ville sans ame. L'autur s'y sent comme un etranger absolu, incapable de communiquer avec autres, aussi bien a cause de l'obstacle de la langue qu'a cause des traditions chinoise, a 100 lieues des notres. Ce sejour sera donc marque d'un ennui profond. Par petites touches, l'auteur nous fait partager ses journees, comment il a fait pour faire passer le temps, ses problemes avec les animateurs (on comprend mieux la qualite plus que moyenne du dessin anime apres avoir lu cet album), ses relations avec les chinois... mais pas le moindre ennui pour le lecteur. Je me suis passionne pour cette histoire sans histoire.
On s'etonne de certains comportement comme cette etrange maniere de photographier les touristes a Hong Kong: devant un superbe panorama de la ville, un photographe prend les clients en photo devant un fond bleu et insere par la suite ce panorama grace a l'informatique. Ni tout-a-fait reel, ni tout-a-fait bidon, le resultat tient plutot du concept.
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Par :
Pata
  
(16 mai 2000)
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J'avais beaucoup entendu parler de l'Association, souvent non pas exactement en mal, mais en tant qu'éditeur qui se plaçait sur le créneau des bandes dessinées dites "difficiles", ou en tout cas sortant des sentiers battus.
Ne voulant pas mourir idiot, je me suis mis à feuilleter l'une d'elle chez mon libraire. C'était SHENZHEN. Au premier abord, le dessin, en noir et blanc, à la limite du "simplisme", pourrait rebuter. Finalement, pris dans la lecture, on l'oublie, voire même on l'apprécie, car il permet de ne se concentrer que sur le récit. Il est suffisament précis pour laisser passer les émotions voulues et suffisament flou pour s'effacer face à l'histoire.
Parlons en de l'histoire. Dès le début Guy Delisle nous dit que ce voyage de 3 mois en Chine Populaire a été en fait d'un grand ennui mais que celui-ci risque de ne pas transparaitre dans le récit qu'il a décidé d'en faire au jour le jour. Le gouffre qui existe entre la culture d'un québéco-français (à moins que ça ne soit l'inverse ?) et celle d'un chinois prend ici toute sa dimension et toute sa profondeur. Toutes les petites anecdotes d'une vie de tous les jours pour un étranger nous sont ici comptées sous un aspect résolument humoristique, voire optimiste. Cela va de l'obligation de recevoir un cadeau à deux mains, à celui du concours de nombre de serveuses dans un restaurant en passant par les boutons du lit d'hotel et la pseudo-conversation monologual d'un étudiant chinois.
Au bout du compte, on ne voit pas défiler les 150 pages et on est déçu que le voyage de Guy n'ait pas duré un an ou deux. Vivement qu'il y retourne pour nous raconter la suite.
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Par :
Thierry Bellefroid
(09 mai 2000)
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« Shenzhen », par Guy Delisle, à L'Association.
« Si un jour je mets toutes ces anecdotes en images, ça donnera forcément l'impression d'avoir été un séjour formidable. J'imagine que même l'ennui, une fois sorti de son contexte, se sublimera et prendra une forme divertissante... un peu comme fait la mémoire ». Ces quelques mots écrits par l'auteur dans les dernières pages de Shenzhen résument parfaitement ce qu'est cet album. Conçu comme un carnet de bord autobiographique, il nous raconte avec mille détails la vie éminemment solitaire d'un Canadien en Chine. Pour ceux que le titre n'éclairerait pas, signalons que Shenzhen est une ville du Sud chinois, pas tellement loin de Hong Kong mais très différente ! Une ville qui a tout de la prison culturelle pour Delisle, envoyé par Dupuis en 1997 à Shenzhen pour y superviser la production d'épisodes de la série animée Papyrus sous-traités en Chine. Ceux qui ont lu le très récent « Stupeur et tremblements » de l'excellente romancière Amélie Nothomb (Albin Michel) retrouveront dans cette bande dessinée la même justesse de ton pour décrire le fossé culturel entre Asie et Occident.
J'ai beaucoup ri en lisant Shenzhen. Parce que Guy Delisle a un humour universel, basé sur l'auto-dérision et l'évidence. Parce qu'il fait en sorte que chaque moment de sa vie en Chine nous paraisse drôle et décalé. Quand le chasseur de l'hôtel l'accueille à chaque fois avec une phrase anglaise sans queue ni tête, quand l'auteur expérimente la non-communication avec les membres de son studio, quand il joue la débrouille pour se faire servir dans les restaurants, c'est nous que nous voyons, que nous imaginons à sa place. Et l'effet est garanti. Face à tant de différence, on ne peut plus parler de dépaysement, ni même de déracinement mais presque davantage de déchirement. La solitude de Guy Delisle, son ennui, finissent comme il le dit lui-même par nous devenir divertissants. Mais c'est parce qu'il les raconte avec un talent rare, un humour léger, sans jamais se prendre au sérieux. Et c'est ce qui rend ce livre si agréable à lire, alors qu'il n'est que le témoignage de l'incommunicabilité entre deux mondes. Au premier, au second ou au vingt-sixième degré, une BD à lire et surtout à relire. A savourer. Un futur classique que le dessin sans fioritures de Guy Delisle rend brillamment efficace.
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