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Pas de mâchoire de Didier Conrad Yann
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5 critiques
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Par :
Thierry Bellefroid
(28 mai 2000)
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« Pas-de-mâchoire », le tome 8 de la série « Les Innomables » par Yann et Conrad. Chez Dargaud.
Les années passent et le duo révélé par « les hauts de page » de Spirou et confirmé par « Le Trombone Illustré » semble travailler de mieux en mieux. Au contraire de nombreuses séries qui s'essoufflent, « Les Innommables » n'en finissent pas de trouver leur nouvelle jeunesse. Ce huitième tome qui clôt le cycle coréen m'a semblé à la fois l'un des plus drôles, l'un des plus cyniques et surtout, l'un des plus irrévérencieux d'une série dont l'irrévérence a pourtant toujours été une sorte de marque de fabrique.
Au lieu de « Pas-de-mâchoire », il est vrai que cet album aurait pu s'appeler « Le col de l'utérus », mais ça aurait sans doute fait plus désordre au sein du catalogue Dargaud. Yann -qui ne manque jamais d'idées pour faire souffrir ses personnages ou leur faire expérimenter des situations ridicules, voire humiliantes- nous invente une cruelle sorcière Midang chargée de restituer une âme à cette pauvre Alix, réduite depuis un album à jouer les « ani », les corps sans âme. La « désenvoûteuse » envoie Mac explorer l'utérus de la belle Alix à la recherche de l'ani. Le voyage est long, inattendu, totalement fou et tout y est permis. Du jeu de mots « yannesque » à l'anecdote historico-religieuse détournée. Du Yann de la meilleure veine, quoi. D'une cruauté si parfaite (le sang gicle méchamment dans les dix-douze dernières pages) qu'elle en devient le principal moteur humoristique. Avec, comme toujours, juste ce qu'il faut de faits historiques inattendus pour rendre l'ensemble crédible et pour attiser la curiosité du lecteur. Tout cela, mis en image par un Conrad au sommet de son art. La routine, quoi. Mais une routine qui affiche une sacrée santé !
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Par :
berre
 
(30 avr. 2000)
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"Pas-de-Mâchoire" commence comme un album de Donito, dans un monde féérique sous-marin. Deux planches plus loin, nous retrouvons notre trio immonde parmi d'autres ordures, sur la côte d'une île coréenne. Mac a retrouvé Alix mais celle-ci est toujours victime de l'envoûtement de "Poupée de Bronze". Cet album raconte essentiellement les tentatives de tirer Alix de sa torpeur. L'album termine le cycle coréen, qui ne compte finalement que deux tomes (la réédition de Cloacques se joue entièrement aux U.S.A.). Le scénario de ce cycle est moins embrouillé que tout le cycle chinois; cependant il est à mon avis nettement moins intéressant. En fait il ne se passe pas énormément de choses dans ces deux albums; mais surtout il y a très peu de nouveautés. Comme si Yann a surtout voulu rester fidèle à l'esprit de la série. Les scènes de tuerie, l'exorcisme, les sorcières et voyantes, les cruautés des communistes, les amours impossibles et insolites, tout ça on l'avait déjà vu dans le cycle précédent. L'album manque aussi un peu de tension dramatique à mon humble avis. La scène centrale, dans laquelle Mac affronte les démons qui hantent Alix, est certes originale, mais elle tourne un peu en rond et ne mène pas vraiment à une confrontation ultime. D'autre part, l'affrontement final entre Alix et Poupée de Bronze est traîté de façon très légère, négligemment. Simplement un meurtre de plus, on s'y habitue… "Et maintenant, Mac? On va rechercher Alix en Chine, comme d'habitude?" Pas très sérieux tout ça...
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Par :
Morti
  
(27 avr. 2000)
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Bon retour de la bande de fous après 2 albums assez moyens. On retrouve ici un peu de l'esprit des premières histoires, les répliques "vaches" de Tony, la violence de Tim, le dévouement grognon de Mac...il ne manque plus que Mulligan... :o) L'histoire en elle-même est assez intéressante même si le principe de la "quête" doit être un des plus utilisés en BD, j'aime assez la rencontre entre Mac et Alix enfant (je ne dirai pas où...) et le personnage de l'enthomologiste obsédée par Tony. Si on y ajoute quelques seconds rôles bien typés, des dialogues toujours "limite ceinture" et une fin surprenante, ça vaut le coup de s'y réintéresser. Une seule question : même si c'est plutôt mignon à regarder, pourquoi Alix est-elle nue du début à la fin de l'histoire ??? :o) Marc
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Par :
Sylv.
  
(26 avr. 2000)
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C'est assez marrant. Je ne suis pas du tout adepte des Innomables. La première fois que j'en ai parcouru un (cela devait être le tome 2 ou 3), j'ai trouvé leur humour horrible, lourd et vulgaire... Mais vu l'enthousiasme de certains de mon entourage pour cette série, je me suis dit que j'avais dû rater quelque chose. Avec courage, j'ai donc lu le dernier album... et j'ai été très étonné, ravi même ! La série n'est vraiment pas telle que je l'avais imaginée, erreur de jugement, manque de maturité BDphile, je l'ignore,.. mais j'ai terminé cet album sur une sensation nouvelle, celle d'avoir découvert une série "solide" (hé, il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis).. Solide dans le sens où elle est construite, sensible, pleine d'humour et de références.. Sous des abords un peu "bruts de pomme", les personnages sont plein de sensibilité, animés par des sentiments tellement "authentiques"... Enfin, bref, j'ai aimé... Je ne peux que vous la conseiller..
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Par :
Frédéric VALLE
 
(26 avr. 2000)
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Le dernier des Innomables est toujours un évènemment attendu des aficionados de Yann et Conrad, dont je fais parti. Mais un aficionado est toujours exigeant avec ses idoles. En l'occurence, si j'ai globalement apprécié l'album, j'ai cru noté un certain essouflement de la série...le corps de notre héroïne préférée ne servirait - il pas de prétexte à une certaine facilité générale?
Mais soyons optimites car il semblerait que tout bascule à nouveau vers les Etats Unis et que notre quintet (sans compter les porcelets) soit embarqué vers de nouveles aventures trépidantes.
Remarque : Dargaud aura - t'il l'obligeance de ne pas changer à tout bout de champs la tranche de ses albums (c'est d'un effet désastreux sur ma bibliothèque)?
Ultime remarque : A quand la réédition des premières aventures?
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