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Les Poupées de Jérusalem de Joann Sfar
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6 critiques
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Par :
Jean Loup

(06 mars 2001)
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Deuxième tome des aventures du professeur Bell, l'occultiste flegmatique créé par Joann Sfar, "Les poupées de Jérusalem" est un album qui déçoit beaucoup. Ayant lu les critiques favorables qui ont été écrites avant la mienne sur le site, je me suis demandé si nous avions lu le même album. Au risque de passer pour un rétrograde, je persiste à penser que cette BD est médiocre.
Je n'ai rien à reprocher à Sfar sur le plan graphique. Certes son trait est curieux, parfois tremblotant, plutôt sombre et pas toujours expressif - mais il est aussi original et novateur, ce qui n'est pas pour me déplaire. L'ambiance étrange de la série est sans doute renforcée par ce graphisme caractéristique, même si Thierry Robin a prouvé avec "Koblenz" qu'élégance du trait et atmosphère paranormale faisaient très bon ménage. Non, ce qui est clairement insuffisant et frustrant dans "Les poupées de Jérusalem", c'est la trame scénaristique. Les premières scènes sont plutôt réussies, mais passée la dixième planche, on entre dans le royaume du Grand n'importe quoi. Massacre de satanistes, ellipses aux allures de découragement du dessinateur ("tiens, j'ai pas envie de raconter ni de dessiner ça, allez on zappe"), inconsistance des personnages, humour navrant qui gâche l'ensemble du récit, fin misérable qui laisse tout le monde sur sa faim. Sfar avait déjà prouvé qu'il était capable de bâcler un scénario ("Troll" tome 3 en a fait les frais). Il prouve aujourd'hui qu'il peut en prendre l'habitude. Ne perdons pas confiance en l'auteur de "La fille du professeur", mais on aimerait bien qu'il ne se laisse plus aller à la facilité. Et que le professeur Bell trouve enfin un cadre digne des espoirs qu'on pouvait placer dans une série a priori prometteuse.
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Par :
Matthieu
   
(03 févr. 2001)
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Personnellement la série de Pr Bell fut un des "chocs" émotionnels en BD comme l'on a qu'une fois tous les 2 ou 3 ans... Humour et méta (pata ?) physique du scénario sont en harmonie parfaite avec la finesse et la poésie du trait. Oeuvre cultivée mais accessible, onirique et toujours étonnante, Les poupées de Jerusalem méritent plusieurs lectures et place définitivement Sfar sur un pied d'égalité avec son maitre Fred.
Chapeau bas mister Johan !
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Par :
Thierry
  
(13 sept. 2000)
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le Professeur Bell et Humpty Dumpty se retrouvent a Jerusalem pour tenter d'empecher le Diable de quitter la ville, ce qui lui permettrait de regner sur le monde pour les 1000 ans a venir. Le genre d'argument qui debouche en general sur des recits manquant cruellement de fantaisie. Mais ce n'est evidemment pas le cas avec Sfarr.
Un diable amateur de nouvelles technologies, fascine par la photo, quelques repliques cinglantes, une diablesse dont la fibre maternelle la titille... beaucoup de bonnes idees qui contribuent a la qualite de l'album. Le dessin a notablement evolue depuis le premier volume, certaines cases etant vraiment tres reussies. Mais tout n'est pas parfait dans cet album. Si certains dialogues sont vraiment tres drole, d'autres manquent un peu de relief. Qui plus est, certaines ellipses sont parfois un peu trop abruptes, comme l'arrivee de Bell et HD a Jerusalem. Un peu comme si le scenario aurait gagne a etre un peu plus travaille. MAis rien qui ne gate reellement le plaisir de la lecture.
La fin elle-meme semble facile, quoique...
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Par :
Thierry Bellefroid
(03 sept. 2000)
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« Les poupées de Jérusalem », tome 2 des aventures du Professeur Bell. Par Joann Sfar. Chez Delcourt.
Plus mystique que jamais, Sfar se fait plaisir en nous livrant cet album étrange, personnel, ovniesque, pourrait-on dire. Dans des décors en partie existants, ceux de Jérusalem, le chassé-croisé des religions, des esprits et de la mauvaise foi satanique fait des ravages. Belzébuth version Sfar, ça vaut le détour. Et ce qui vaut tout autant le détour, c'est cet imaginaire sans contrainte qui peut nous emmener d'un seul coup aux frontières de nos propres croyances comme au pays de la fantaisie la plus pure. Très sombres, comme toujours chez Sfar, les cases recèlent une ombre obsédante, qui pourrait bien être celle de l'auteur lui-même, penché sur sa feuille. La plume a dû chauffer, parfois, à voir certains dessins. D'autres ont une lisibilité plus rare, plus classique, à laquelle Joann ne nous avait pas habitués. C'est de ce mélange que naît la magie. Une magie indicible, que personne d'autre ne manie comme lui. Faite de références (une constante chez lui, même dans des BD pour enfants comme le Petit Vampire) mais aussi de poésie, d'imaginaire et de théâtres de marionnettes invisibles. Bref, du Sfar de chez Sfar, mais en très réussi, qui confirme que Professeur Bell -salué par toute la critique lors de la sortie du premier album- est bien plus qu'un nouveau détective dans le monde de la BD. C'est un personnage à part, qui doit beaucoup à la littérature fantastique et qui doit encore plus à l'imagination unique de son créateur. Le genre d'album qui renouvelle tout un pan de la BD à lui tout seul !
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Par :
Ronny
   
(31 août 2000)
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Ceux qui ont pensé que Joann Sfar avait, avec Petit Vampire, atteint la limite supérieure de sa qualité graphique se trompaient grossièrement... Avec Professeur Bell 2, il va encore plus loin.
La barre avait été haut placée avec le T1, mais là, l'essai est transformé.
J'avoue que j'attendais avec beaucoup d'appréhension ce deuxième opus (ayant classé le premier BD choc 99 avec Comme un gant de velour pris dans la fonte) et je n'ai pas été déçu...
On y retrouve notre héros vaguement nostalgique et un peu déchiré par des émotions inqualifiables qui, pour rendre service à l'inspecteur Mazock (très peu féru de langues anciennes et un peu idéaliste en ce qui concerne les satanistes) et aux deux poupées du titre, se rend à Jérusalem pour empêcher le diable d'en sortir...
C'est intelligent, surprenant, bourré de références à la kabbale et à la culture biblique - à la X ième lecture, j'aurai peut-être saisis toutes les références, mais en attendant, ça donne une impreesion de ne pas avoir épuisé le sujet), graphiquement irréprochable (ceux qui reprochait sur frab à Joann de ne pas savoir dessiner devraient faire la même remarque à Gustave Doré et aux peintres orientalistes du XIXè), et toujours passionnant... Et surprenant...
Un livre à avoir. (Et si la qualité se maintient, ça promet d'être une série formidable !)
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Par :
Kieran
  
(29 août 2000)
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Ce deuxième volume des aventures du professeur Joseph Bell est très bon. Dans "Les poupées de Jérusalem", il part en compagnie de Humpty Dumpty chasser un diable à Jérusalem. L'histoire fourmille autant de surnaturelle que de bons dialogues. Le dessin s'est affiné et évoque par moments Tardi, mais pour mieux s'en séparer en racontant une histoire encore plus étrange que la plus bizarre des aventures d'Adele Blanc-Sec. Le personnage se révèle sous de nouveaux aspects, bien plus sombre, que le mélancolique héros du premier épisode. Dans ce numéro, il emprunte toujours un étrange contre-pied aux attentes des autres personnages de la série et surprend. Seul regret, comme le héros d'ailleurs, on reste un peu sur sa faim avec un dénouement d'une simplicité démoniaque.
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