
Sfar a décidé de nous étonner dans chacune de ses (nombreuses) réalisations. Ici, il reste fidèle à sa réputation. Les idées foisonnent et le scénario part dans tous les sens même si un fil conducteur semble être vaguement présent entre les tomes. La conséquence de cette foison d'idées est la présence d'une succession d'incohérences qui jalonne le récit sans pour autant trop gêner la lecture. Le Professeur Asclépios Plubius Plutus ressemble étrangement à Darwin, à la différence près que lui, souhaite traverser les océans pour répertorier de nouvelles espèces d'intelligence égale à l'homme. Bien vite, il va se rendre compte que le petit peuple pascifiste de l'archipel d'Eurysthée n'est pas seul en ce bas monde. Il va découvrir les Potamoks, un peuple opprimé par Impothep, Empereur d'Egypte. Le Professeur en compagnie du vieux gourou Silène va pousser ces créatures à l'exode. Quoi de plus normal après tout puisque, tous deux, sont considérés comme des "Moïz", miraculés sauvés des eaux (cf. fin du tome 1). S'en suis alors une série de péripéties plus déjantées les unes que les autres pour libérer les Potamoks du joug des égyptiens d'Alexandrie et d'une pierre aux étranges pouvoir : La roche active. Le tome deux assure la transition vers le troisième et dernier opus de ce premier cycle . . . qui en restera très probablement l'unique de cette série.
Cette bd est une curiosité que les inconditionnels de Sfar et Munuera se doivent de lire. Cependant, je regrette que la trame de l'histoire ne possède pas de réelle transition entre les séquences. J'ai l'impression que Sfar couche sur papier ses idées comme elles lui viennent sans prendre le temps de les structurer. De plus, je n'affectionne pas la violence gratuite telle qu'elle est suggérée ici. Quand au dessin de Munuera, il est correct sans être transcendant pour autant. Par contre, sa mise en couleur est tout simplement sublime : un vrai régal !
Si vous voulez vous sortir d'une mauvaise passe, n'oubliez pas la danse Bouclier des langoustes processionnaires : ROMPETIPOMPETIPOM.
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