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Hicksville de Dylan Horrocks
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3 critiques
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Par :
Thierry Bellefroid
(09 juil. 2001)
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« Hicksville », par Dylan Horrocks. A L'Association.
Si cet album n'obtient pas l'Alph'Art de l'album étranger à Angoulême l'an prochain, on aura raté une grande occasion de saluer un chef-d'oeuvre. Hicksville est une histoire hallucinante et brillante qui vous entraîne durant plus de 250 pages sur les terrains minés de la création. Une histoire parcourue d'histoires parallèles, de faux comics, de références et d'hommages à tout ce que la BD a connu de grands noms... d'Edgar P. Jacobs à Jack Kirby en passant par Winsor Mc Cay et Sergio Aragones. Horrocks a conçu un album à tiroirs, une toile géante dans laquelle se trouve emprisonné tout le neuvième art. Son idée de départ est géniale. Il invente une ville -Hicksville- qu'il situe au nord de la Nouvelle Zélande et dont il fait la capitale méconnue et improbable de la BD mondiale. Chaque habitant d'Hicksville possède une connaissance encyclopédique des comics depuis leur création, chaque bibliothèque regorge de trésors pour lesquels se damneraient les collectionneurs du monde entier. Et dans ce lieu étrange d'où serait originaire le nouveau prodige américain du comics, un certain Dick Burger, l'auteur lance un journaliste biographe lui-même passionné de BD. Léonard Batts -c'est le nom de ce journaliste- s'est mis en tête d'écrire un livre sur Dick Burger et débarque à Hicksville pour en savoir plus. Mais la ville toute entière se referme comme une huître. Hicksville déteste le fameux Dick Burger que les Etats-Unis s'arrachent. Pourquoi ? C'est ce mystère stupéfiant parce que totalement inattendu que Dylan Horrocks arrive à maintenir pendant plus de deux cents pages (l'explication démarre une trentaine de pages avant la fin), rendant le suspense à la limite du supportable.
Hicksville est à la fois un incroyable thriller, une fable sur la création et une réflexion sur le patrimoine mondial de la BD que des mises en abîme plus tordues les unes que les autres viennent appuyer. C'est vrai, les débuts sont un peu compliqués à suivre. Il faut tenter de s'y retrouver dans la multitude de télescopages que provoque l'auteur. Mais une fois identifiés les personnages et leurs desseins, on est pris par un récit passionnant et démoniaque. La construction est d'une inventivité étonnante. Hicksville est sans doute l'ode absolu rendu à la bande dessinée. Mais il est plus que ça. C'est un livre sur les traditions, le sacré, la parole, le pardon, même. On manque de mots lorsqu'on le referme. D'autant que le trait parfois économe de Dylan Horrocks peut tout faire, tout rendre, à travers un noir et blanc et une mise en page parfaitement maîtrisés. Du tout grand art !
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Par :
ArzaK
  
(28 juin 2001)
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Quand la bande dessinée se met elle-même en abyme, cela peut faire des étincelles. Sur un mode moins formaliste que Julius Corentin Acquefacques, cet album s'impose comme l'inverse de "Watchmen". Le chef d'oeuvre de Moore et Gibbons attaquait la bande dessinée de super-héros de l'intérieur. "Hicksville" les prends par l'extérieur et dissèque la bd à gros sous avec humour et distance. L'auteur marie différents styles graphiques selon que l'on se trouve dans un récit second ou même troisième. C'est un style purement "indé" qui va à l'essentiel et qui sans fioriture rends compte des expressoions des personages. D'un point de vue narratif l'intrigue s'éparpille dans tous les sens et c'est un grand "ouf" de soulagement (peur d'être déçu par une fin trop molle) que l'on prononce au final tant celui-ci arrive à donner à l'ensemble son homogénéité de propos. Il ne faut pas pour autant, je pense, crier au chef-d'oeuvre (terme qui a perdu son sens à force d'être trop utilisé), c'est juste une très bonne BD, et ça c'est déjà quelque chose...
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Par :
stef
  
(09 juin 2001)
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Voila un pavé de 160 pages dont on a pas fini d'entendre parler.
C'est un hommage à la BD dont les protagonistes naviguent tous dans ce milieu: journaliste ou dessinateurs. Le personnage principal est un journaliste BD parti en nouvelle zélande sur les traces d'un grand auteur de comics et dont l'enquête va être émaillée de rencontres avec des auteurs dits "indépendants" (à l'asso, ils connaissent !); et le récit prendra souvent la forme du comics autobio de l'un ou l'autre de ces auteurs.
Cela parait un peu tiré par les cheveux, je vous rassure, ça l'est ! mais le puzzle est pourtant bien complet, c'est fichtrement bien foutu.
L'association l'annonce come un chef d'oeuvre (book of the year pour le comics journal en 1998), et je crois que le terme n'est ici pas galvaudé. cet album sera sans nul doute proposé pour l'alph'art du meilleur album étranger; n'attendez pas janvier 2002 pour le découvrir ! C'est un vrai bonheur.
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