
Ca remonte à quand la dernière fois que vous avez pris plus de 15 minutes pour lire une BD ? Que vous avez kiffé de vrais bons dialogues où chaque personnage posséde sa propre voix ? Où vous vous êtes dit : Putain ! Ca déchire ! Moi, c’était il y a quinze jours pour un album que vous ne trouverez bientôt plus dans les bacs des libraires, trop occupés qu’ils sont à vous vendre leur camelote plutôt qu’à vous faire découvrir l’exceptionnel.
G.AT. (ou Golgoth Aqua Tek) parle de combats de robots géants. Et sous couvert d’un sujet peu bandant, Corentin et Ameziane présente leur version du futur : aussi brutal qu’un pitbull lâché dans un jardin d’enfants et plus efficace qu’une décharge de riot gun dans votre calbuth ! Là où le IAN de Velhmann s’enlise dans les poncifs les plus ridicules (Ah ! ce début tout pourri, ces rebondissements téléphonés et cette extraordinaire scène d’action finale de trois pages entières !), Ameziane et Corentin proposent un premier album sans concessions, d’une vigueur et d’une inventivité ahurissantes.
Car voilà enfin un album foisonnant qui demande une vraie bonne heure de lecture, qui multiplie les expérimentations graphiques (les décors 3D ne sont que la partie visibles de l’iceberg), livre une narration dense (avec pas moins de 6 personnages principaux !) et propose quelques planches sublimes (la double page de la scène de douche en est la représentation parfaite).
Empreint d’une excellente narration à la Howard Chaykin (je sais : en France, personne ne connaît. Les autres sont déjà en train de courir acheter l’album), d’idées folles à la Warren Ellis (Idem. Mais qu’attendent les éditeurs ?) et de dialogues que ne renierait pas un Audiard du 21ème siècle , GAT se concentre bien plus sur ses personnages que sur l’action et délivre une véritable violence physique et verbale.
Attention ! GAT n’est pas l’album de l’année (ou du mois), c’est juste l’éclosion de deux futurs très grands talents de la BD. Alors plutôt que d’abandonner vos sous à des tambouilles mal réchauffés pour des plaisirs de quelques micro-instants, ne passez pas à côté et donnez leur votre argent : ils le méritent !
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