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Vincent Van Gogh : La Ligne de front de Manu Larcenet
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10 critiques
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Par :
Zou

(28 déc. 2005)
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Par rapport au premier album, celui-ci est pour moi une grosse déception ! Autant "les aventures rocambolesques de Sigmund Freud" m'avaient enthousiasmé et fait rire aux éclats, autant celles de Van Gogh m'ont laissé sur ma faim.
Bien sûr, le trait de Larcenet n'est pas à remettre en cause, encore que je le trouve plus hésitant et moins travaillé que dans le premier album. Pourtant, cet album laissait présager un bon moment de lecture : Van Gogh au beau milieu des tranchées pendant la "der des der", il y avait de quoi bien se marrer ! Eh bien hélas non ! L'histoire est pourtant sympa, mais on ne rit plus comme on avait rit avec Freud. L'humour a quelque peu disparu pour laisser place plutôt à une réflexion sur l'absurdité et l'horreur de la guerre, et la bêtise et la folie des hommes. Sans vouloir en faire grief à Larcenet, pour qui j'ai beaucoup de respect pour tout ce qu'il a entrepris dans la Bande-dessinée, j'aurais préféré que cet album soit plus axé sur la "poilade" pure et dure. Car pour moi les "aventures rocambolesques" doivent avant tout permettre au lecteur de rigoler (c'est en tout cas ce que j'attendais de cet album après avoir lu le premier tome). Si j'ai envie d'un truc qui pose un peu plus de questions, alors je préfère "le combat ordinaire".
Bref, l'album n'est pas mauvais en soit, loin de là, mais il est très loin de ce que à quoi on pouvait s'attendre après avoir lu "les aventures rocambolesques de Sigmund Freud".
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Par :
yannick
  
(04 févr. 2005)
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Bédé satirique en première approche sur Van Gogh, l'histoire évoluera au fur et à mesure vers l'horreur de la première guerre mondiale et son absurdité. Larcenet réécrit à sa façon la vie de ce personnage en faisant croire aux lecteurs que celui-ci n’est pas mort à la date connue et qu’il a réellement vécu la « der des ders » sous la contrainte de l’armée. C'est touchant, assez émouvant, j'ai frémi à la vision des cases représentant les "toiles" de Van gogh et de la représentation de ces hommes qui seront morts par des têtes d'oiseau. Le dessin de Larcenet est sublime dans cet album, il arrive à nous faire passer ses émotions, cette horreur de la guerre. Je reprocherai toutefois la scène de fin avec la petite fille et sa mère qui apporte de la poésie au scénario, c'est un apport qui n'était pas à mon avis vraiment nécessaire vu le thème recherché.
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Par :
nicrobe
 
(29 juin 2004)
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Ne vous méprenez pas, ma cotation ne veut pas dire que l'album est moyen. J'avais simplement des attentes énormes car Freud m'avait fait une impression formidable ..
Larcenet seul, confirme ici sa phase profonde; son style reste décalé naturellement et son dessin précieux narrativement.
Van Gogh est probablement un bon choix comme héros, et permet d'aborder la Grande guerre sous un angle inattendu. Néanmoins, les héros ont moins centraux que le sujet lui-même et c'est probablement de là que vient ma réticence à dire que l'album est merveilleux !
Une chose est sûre, Larcenet est intelligent et cet album doit figurer dans la bdthèque de tout lecteur mature philosophico-politiquement parlant.
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Par :
J-marc Pontier
   
(16 mai 2004)
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Autant j'avais été perplexe face à l'attribution du meilleur album du dernier festival d'Angoulème pour le Combat Ordinaire, autant on ne peut ici que reconnaître qu'on est en face du meilleur de Larcenet, voire du meilleur du genre en général ! Entre la démesure du maniaco-dépressif Van Gogh, l'absurde mais implacable loi de la guerre et le symbolisme final (la petite fille, l'arbre), on reste ébloui par tant de virtuosité et, mieux, de sincérité. Le mélange des genres (tragique, comique, un Van Gogh anachronique à la fois érudit, écorché vif et cynique)nous mène à une réflexion un peu désabusée sur l'impuissance du pouvoir de l'imagination sur celui de la politique. C'est ce qui fait de Larcenet un grand auteur :tout en parlant d'un très hypothétique artiste égaré, il ne fait qu'évoquer l'actualité...
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Par :
Franz
 
(04 mai 2004)
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Un bon album, qui laisse cependant la sensation de ne pas trop savoir où se situer. Si la première partie se révèle dans la lignée des aventures rocambolesques, la fin se rattacherait beaucoup mieux aux Entremondes.
Ceci mis à part, on a affaire à une bédé très plaisante, où l'on retrouve l'esprit de Larcenet (lui seul aurait pu imaginer Van Gogh dans les tranchées), ses symboles venus d'on ne sait où mais tellement évidents une fois qu'il nous les a livrés (les engoulevents), ou encore la bêtise militaire et la petitesse des hommes, dans un monde qui les dépasse bien souvent.
Sujet absurde, conclusions graves et générales, du bon Larcenet, sans rejoindre ses meilleures oeuvres.
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Par :
troglo92
   
(26 avr. 2004)
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Décoiffant !!!
Van Gogh dans les tranchées de la 1ère Guerre Mondiale... Je m'attendais à une franche déconnade et un bon moment de poilade, et me voilà confortablement installé pour 1/2h de lecture délirante. OK pour le délire qui est au RV, mais la déconnade a progressivement cédé le pas à une histoire beaucoup plus grave et tragique.
Ca part en fanfare avec le président du conseil qui envoie Vincent sur le front avec pour mission de lui dépeindre ce qui s'y passe. Chez Manu, Van Gogh n'est pas mort : il a été "suicidé" après avoir foiré l'infiltration du mouvement des cubiste. Là, on est sur du grand Larcenet (et c'est vrai, sur du Larcenet récurrent comme je l'apprécie).
Accompagné d'un général trouillard, Vincent va descendre dans l'horreur : hé oui Bloody Motherfucker, la guerre est une horreur, la guerre est absurde, la guerre est contrôlée par des logiques qui sont celles de planqués dont on se demande certaines fois ce qui leur passe par la tête (n'est-ce pas George W ?). Manu nous donne une interprétation à laquelle je ne m'attendais pas... Et on est toujours sur du très grand Larcenet. Merci pour cette heureuse surprise.
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Par :
pigling-bland
   
(25 avr. 2004)
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Ce mélange d'humour très noir, cynique même et de réalité crue sur la guerre est détonnant. Dans un style narratif très différent de celui de Tardi, le grand spécialiste de 14-18, cet album de Larcenet me paraît être ce qu'il a fait de plus fort. En refermant le livre je me demandais encore si ce que je venais de lire était bien du Larcenet (que j'adore de façon générale et depuis longtemps, avant même qu'il ne soit "tendance"). Cet album ne se détaille pas, c'est un monument.
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Par :
Moi

(16 avr. 2004)
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Franchement, cet album est une déception. Pas au niveau du dessin, qui est sûrement ce que Larcenet a fait de mieux dans toute son oeuvre, mais pour ce qui est du reste : je ne trouve aucun intérêt à cette histoire, je ne vois pas du tout où Larcenet veut nous emmener avec son mélange humour-angoisse-fascination morbide. Nous dire que la guerre est une saloperie ? Merci, on le savait déjà... Que la violence est aveugle ? Pas vraiment sûr tant l'auteur cherche à fournir des raisons à la guerre et aux morts qu'elle entraîne...
Oui en fait c'est sûrement cet aspect très ambigu de la violence qui me met mal à l'aise : on a presque l'impression d'assister à une justification de l'auto-défense et du meurtre sous couvert de dénonciation des puissants qui envoient le peuple à la mort... Et puis où est l'humain là-dedans ? Tous les personnages sont détestables, trop bêtes, trop sûrs d'eux, même Van Gogh est montré comme un Rambo du pauvre, et ce ne sont pas les quelques répliques (plutôt drôles, mais très proches de l'autocitation de "Soyons fous", le premier livre de Larcenet) sur le peintre qui veut "faire exploser son désarroi à la face du monde" qui le rachèteront à mes yeux.
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Par :
Kieran
  
(13 avr. 2004)
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Larcenet continue à être épatant. Avec cet album, il mélange complètement la dérision et le drame pour pondre un dérapage parfaitement maîtrisé sur un Van Gogh qui tente de peindre les horreurs de la guerre de 14-18.
Autant le premier opus de la série "Une aventures rocambolesque de ... Sigmund Freud" était un pure album comique, autant celui-ci va plus et transporte l'absurde du rire au drame.
Larcenet est aussi un des seuls français dont le dessin évolue nettement d'album en album et qui laisse penser qu'il faudra encore beaucoup de temps à ce qu'il s'épuise.
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Par :
eddy
   
(05 avr. 2004)
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Van Gogh, c'est un des personnages favoris de Larcenet. On le retrouve tout au long des gaudrioles qu'il a pu faire dans Fluide, à l'exception peut-être de Bill Baroud. (Regardez dans les aventures de Sigmund, le sherif se coupe une oreille pour peindre un tournesol... Si !)
D'ailleurs, ce Van Gogh là est un mélange du peintre déjà décrit dans "Soyons fou", du fameux espion au brushing ridicule et aussi du héros du "combat ordinaire". Patchwork ? Non, de l'essence de Larcenet.
J'ai lu sur le Forum qu'on qualifiait cet album de mélange entre "Goossens pour la premiere partie et David B. pour la deuxième". Un peu lapidaire peut-être comme description...
Il y a effectivement cette dualité entre l'humour absurde et les visions de cauchemar, comme si on avait mergé les entremondes avec les albums fluide, les albums des "rêveurs" avec Bill Baroud. Mais ça reste du larcenet et du pur!
Son dessin évolue, je trouve certaines scènes d'action magnifiques.
Mais plus loin que ça, ce personnage, ce héros Mi-Baroud, Mi-Marco, finit par évoluer dans un monde d'angoisse et d'horreur, débarrassé de ses craintes et frustrations. Une sorte de super Larcenet enfin apaisé, débarrassé de sa peur de la mort. Voulez-vous que je vous dise? C'est mon Larcenet préféré.
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