Nous sommes au XVIème siècle. Venise combat les Français, puis les Allemands. Puis les Français et les Allemands se combattent, et Venise s'allie aux Français contre les Allemands, etc. C'est dans ce sac de noeuds que François Ier et Charles Quint envoient leurs espions écouter aux portes. L'espion de Charles Quint, c'est Giuseppe Pintorello, peintre. L'espion de François Ier, c'est Sophia Cantabella, cantatrice. Lesquels charmants jeunes gens commencent à s'engueuler dès leur première gondole et continuent jusqu'à la dernière page.
Mais l'heure est grave : le doge Grimani reçoit le très venal Tufu, un émissaire mamelouk, au sujet d'un petit problème concernant la route des Indes. Pour Tufu, c'est simple : il exige 90% des marchandises qui transitent sur ses terres. Le conseil des dix trouve que 90%, c'est trop.
Pendant ce temps, Pintorello et Cantabelle mènent double vie. Pintorello barbouille quelques toiles pour Grimani et Tufu, tandis que Cantabella leur braille des cantates - sans se tortiller le derrière, à la grosse déception de Tufu. Mais ça, c'est leur couverture. Et quand ils revêtent leurs déguisements d'espions, ils font leur boulot d'espion. Ce qui complique un peu, c'est que, sous leurs déguisements d'espions, ils se sentent un atome crochu..
Tous ces gens-là ayant des caractères de cochons et des intérêts divergents, Parme et Trondheim nous plongent dans un gigantesque imbroglio - entre vaudeville et comedia del arte, sans oublier une petite note Blake Edwards. Et Venise - "cet endroit horrible, humide et plein de crétins" d'après la douce Cantabella - n'a jamais été aussi agitée.