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Minuscule Mousquetaire : L'Académie des Beaux-Arts
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L'Académie des Beaux-Arts |
 | Série : | Minuscule Mousquetaire - T. 1 |
 | Edition : | Dargaud |
 | Collection : | Poisson Pilote |
 | Pages : | 48 pages en couleurs |
 | Autres tomes : |
1
- 2
- 3
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 | Parution : | 25 août 2001 |
 | ISBN10 : | 2205051237 |
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Auteurs :
Joann Sfar
Voir bande annonce
Un mousquetaire a bu un petit coup de potion amaigrissante, juste pour "s'affranchir d'un ou deux bourrelets". Résultat : le voilà tout fondu et minuscule, paumé entre une fourchette et une salière, à l'intérieur de laquelle une doctoresse minuscule reçoit ses patients. Il en profite pour lui expliquer son désarroi : il doit retrouver sa taille normale, car un mousquetaire ne peut pas passer son temps à se balader sur des napperons. Son métier, c'est faire la guerre. En attendant, il succombe aux charmes de la doctoresse - non sans lui avoir exposé longuement sa philosophie de macho un peu crétin, genre : "Vous les femmes, vous êtes si faibles, si fragiles..". Elle est moins compliquée : elle lui trouve un joli cul et elle aimerait qu'il se taise. Comme elle lui trouve un joli cul, elle lui trouve un petit boulot qui va avec : il est embauché comme modèle aux Beaux Arts, dans ce monde minuscule qui s'avère être gouverné par les femmes. Et dans ce monde féminin, les choses ne cadrent pas du tout avec la mentalité héroïque du mousquetaire standard. D'où la drôlerie de ce XVIIIe siècle déjanté où Sfar - auteur de Donjon - nous emmène. Comme Alice, un mousquetaire passe de l'autre côté du miroir, et le voyage est réjouissant. Les dialogues (d'époque) et le dessin (d'époque aussi) sont des perles d'intelligence et d'humour...
Je viens de lire... de Thierry Bellefroid.
« L'académie des Beaux-Arts », tome 1 de la série « Le minuscule mousquetaire », par Joann Sfar. Dans la collection Poisson Pilote de Dargaud.
« Le minuscule mousquetaire » est une auberge espagnole. On y trouve de tout. De l'érudition sans prétention, de la littérature au sens le plus noble du terme, du fantastique et du fantasque, du merveilleux et de l'hilarant, des leçons de dessin et une leçon de vie. On y entre comme on lirait les aventures de Gulliver ou celles de Gargantua et Pantagruel. Et c'est bien de cette tradition rabelaisienne que Joann Sfar peut se revendiquer avec ce nouvel opus.
Le minuscule mousquetaire est un album jouissif où un auteur se fait plaisir jusqu'à ciseler un texte irréprochable sur un support -la BD- où le mot est généralement le parent pauvre. Sfar est sans doute le premier auteur de bande dessinée que je connaisse à faire l'usage du « ; » dans les textes de ses phylactères. Cela en dit long sur la vocation littéraire de son oeuvre dessinée. Mais Sfar, c'est aussi une virtuosité graphique qui donne parfois le tournis. Des personnages aux contours d'une apparente simplicité, voire parfois d'une réelle naïveté, qui existent sur le papier dès que le regard du lecteur s'est posé sur eux. Le minuscule mousquetaire doit tout à une certaine France, celle des plaisirs de la table et de la chair, celle de Dumas et de Molière aussi. Mais il doit par ailleurs beaucoup à la tendresse de Sfar pour ses personnages, gigantesque famille de substitution que l'auteur aime choyer d'album en album, au gré de séries qui s'entrecroisent.
A la lecture de cet album magnifique, vous découvrirez aussi la véritable passion dévorante de Joann Sfar pour le dessin (ceux qui en douteraient peuvent s'en convaincre en lisant les cinq premiers tomes d'une gigantesque biographie imaginaire qu'il consacre au peintre Pascin, ami de Soutine et Chagall, des albums parus à L'Association). Ses cours de dessin imaginaires donnés à l'Académie des Beaux Arts de la minuscule France à partir de l'anatomie du minuscule mousquetaire sont à la fois étourdissants de drôlerie et rafraîchissants d'audace. (« ... Mais que vous l'aimiez ou pas, ce sexe, il faut tout de même le dessiner. Or que vois-je sur vos chevalets en cet emplacement ? Du vide... de vagues formes... des oiseaux, des nuages... parfois des interprétations scabreuses... mais de vrais dessins, point. C'est pourtant un corps physique, soumis aux lois de la pesanteur et sculpté par la lumière, qu'il vous faut dessiner. Regardez sur notre modèle : la verge évoque une tête de canard allant à l'abreuvoir. ») Sfar sera quand même le premier à avoir osé disserter aussi librement -dessin à l'appui- sur les parties génitales de l'homme aux éditions Dargaud. Rien que pour avoir fait avancer ce débat et tomber les tabous, l'auteur mérite notre respect.
Voir critiques (5) Ajouter critique
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yannick:
 
Pour moi, Joann Sfar est avant tout un formidable conteur. J’ai toujours eu l’impression qu’il pouvait aborder n’importe quel sujet sans lasser le lecteur.
Dans cette BD, l’auteur raconte les péripéties d’un mousquetaire réduit à la taille d’un insecte qui évolue dans un monde aussi minuscule que lui. Dans cet univers, il va se retrouver dans des situations aussi cocasses et aussi inattendues les unes des autres loin de sa condition de mousquetaire.
Il y a des parfums de Cyrano de Bergerac, de gargantua et des aventures de Gulliver dans cet album !
J’ai eu le sentiment que Joann Sfar se moquait beaucoup de la société actuelle. Ainsi, notre mousquetaire s’exposera dans une salle en plein milieu d’un public féminin, une occasion en or pour l’auteur d’ironiser les beaux-arts…
Je passe sur le dessin qui peut rebuter certains lecteurs. Personnellement, il m’a fallu beaucoup de temps pour s’attacher à ce style.
Ainsi, grâce à une narration très efficace, le premier tome me fut très agréable à lire. Toutefois, je n’ai pas eu l’impression que Joann Sfar ait conçu à l’avance son scénario comme la plupart de ses albums en passant…
Bref, j’ai le sentiment que ce livre permet à l’auteur de raconter un peu de tout avec parfois des réflexions philosophiques… comme d’hab’ de la part de Joann : J’en redemande !
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gerard bouchard:
Que dire du « Minuscule Mousquetaire », moi qui, l’ayant ouvert, me frottais les mains dans l’attente d’un Grand Vampire (bis) ou d’un autre Chat du Rabbin ? Eh bien, je n’en dirai pas grand chose, ou peut-être que du mal, car cette histoire est sans conteste à la mesure de son petit personnage…
La narration se voudrait truculente et picaresque, dans la ligné d’un conte de Voltaire, ou d’un Rabelais mâtiné de cape et d’épée. Malheureusement, la légèreté du récit s’empâte au bout d’une page à peine, boursouflée par une avalanche de dialogues mal à-propos (l’auteur veut trop en dire, et trop vite) ainsi que par une nonchalance de scénario qui semble bien trop artificielle (la fausse naïveté des épisodes a quelque chose d’un peu sinistre, comme la nouvelle littérature pour enfants…)
Mais tout cela serait peu de chose, si le propos lui-même n’était pas incroyablement complaisant dans sa vacuité (d’aucuns diraient : prétentieux) et ne souffrait en sus d’une double pénalité sur sa forme.
Premièrement, on retrouve dans cet album une tare haïssable du théâtre estudiantin, et de tout « art qui cherche à prouver quelque chose » en général ; j’entends par là : une intempestive affectation de vulgarité. Il y a top de « merde » et trop de « couilles » dans cet album pour que cela ne sente pas la petite faute de goût snob qui s’amuse à se provoquer elle-même – mais qui ne parvient ni à choquer, ni même à faire rire le moindre lecteur.
Deuxièmement, et pour conclure, lorsqu’on veut se réclamer d’une telle liberté de ton, ou simplement d’expression, il faut commencer par apparaître irréprochable sur la forme. Surtout lorsqu’on veut parodier en ses bulles « le beau parler de la belle langue française ». Or, l’album est émaillé de fautes de grammaire impardonnables, qui font d’autant plus tâche qu’elles surviennent au cours de la troisième bulle, dans la première case ! Monsieur Sfar, avant de placer la barre aussi haut (ou peut-être d’écrire aussi vite ?), de grâce, apprenez à conjuguer l’imparfait du subjonctif ! J’eusse préféré que vous écrivissiez quelque chose de plus modeste et de mieux pensé, quitte à mettre un frein sur vos « louables » prétentions… ou sur votre productivité.
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