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Minuscule Mousquetaire : La philosophie dans la baignoire
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La philosophie dans la baignoire |
 | Série : | Minuscule Mousquetaire - T. 2 |
 | Edition : | Dargaud |
 | Collection : | Poisson Pilote |
 | Pages : | 48 pages en couleurs |
 | Autres tomes : |
1
- 2
- 3
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 | Parution : | 25 sept. 2004 |
 | Prix : | 9.45 euros |
 | ISBN10 : | 2205053507 |
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Auteurs :
Joann Sfar
Dans son monde minuscule, le minuscule mousquetaire coule des jours heureux. A un détail près : il a un peu grossi, il déborde de son baquet et il n'a pas le droit d'utiliser la baignoire en marbre, qui est "spéciale". Alors, comme la dernière épouse de Barbe-Bleue, il désobéit. Ce qui nous vaut un voyage philosophique, épique et érotique avec, dans les rôles principaux, les piliers du Café du Commerce, un Sphinx mélancolique, une Gorgone, la reine des Cosaques et une bibliothécaire férue de philosophie qui finit, grâce aux talents amoureux du mousquetaire, par connaître les joies de la littérature de bas étage. Un chat juif dans l'Algérie du début du XXe siècle (Le chat du rabbin) et un mousquetaire miniature dans la France du XVIIe siècle : aucun lien apparent, si ce n'est le talent de Sfar - dessin superbe, richesse d'un imaginaire extrêmement personnel, dialogues étincelants d'intelligence et de drôlerie. Et puis, comme dit le petit mousquetaire, "la bonne humeur, la mauvaise humeur, le froid, le chaud, les fauteuils, tout fait bander". En effet, l'obession majeure du héros dans cet épisode, c'est le sexe - ce qui n'exclut pas les sentiments. Bref, le lecteur est comblé. Et, comme le petit mousquetaire enfin heureux dans sa baignoire avec sa dulcinée, il est impatient de vivre le prochain épisode, finement intitulé "On ne patine pas avec l'amour".
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philma:
   
Trois ans après un premier tome, délai inhabituel pour cet auteur prolifique, parait « La philosophie dans la baignoire » dont la forme et le fond ont considérablement évolué. Du gaufrier à peu près systématique du premier album, on passe à une mise en page beaucoup plus éclatée et du trois bandes par page à une quasi généralisation du quatre bandes qui donne une certaine densité au récit. L’encrage plutôt sobre et gras du premier fait également place à des traits beaucoup plus fins, à une surabondance de hachures et à des cases relativement chargées (toujours ce sentiment de densité). Ce qui frappe également dans ce tome c’est le manque apparent d’unité de style graphique tout au long de l’album. On passe allègrement de cases très finement détaillées à d’autres où le pinceau trace juste un vague décor, de hachures nerveuses et rapides à des drapés esquissés en quelques coups de pinceaux bien larges, d’un lettrage scripte à un autre en cursives dans la même planche voir dans la même case.
Et cette « irrégularité » de forme se couple avec un récit qui semble également partir dans tous les sens, partant de pseudos récits mythologiques vers une faune sous marine et féminine, passant de l’antiquité grecque au 18ème siècle libertin, de la philosophie aux récits épiques, le tout emmené dans un joyeux bordel…dans lequel on ne se perd pourtant jamais.
Ce récit fonctionne bien sûr comme une pure fantaisie où de nombreux thèmes sfariens sont abordés, en particulier ses rapports aux femmes et à la philosophie (pas de religion dans le minuscule mousquetaire). Mais l’imagination débridée de l’auteur est toujours tendue vers une direction précise et malgré toutes ses digressions Sfar nous conduit bien à bon port, vers un débordement de vie au sens littéral du terme, où ça déborde tellement qu’on ne peut le garder pour soi. La fantaisie vitale débridée est ainsi le propos même de ce livre et ce serait un malentendu de le prendre autrement. On sent ici le vrai respect du jouisseur de la vie ( le sexe, le vin, les histoires, l’humour, le plaisir) jamais la profonde déprime du libertin aquoiboniste.
On notera également les nombreux hommages à l’amitié et à l’amour, à ses proches, généralement en forme de clin d’œil, avec des personnages qui prennent les traits de Christophe Blain, de Riad Sattouf, peut-être même de Marjane Satrapi et sans doute de sa compagne Sandrine Jardel, ainsi qu’une ironie sur lui-même en se croquant en mari cocufié qui cherche une solution à son problème. Et bien sûr un hommage appuyé à ses maîtres Pierre Dubois/Petrus Barbygère/Le Borgne Gauchet/Le minucule Mousquetaire et plus particulièrement dans cet album au grand Fred et à sa formidable inventivité (cf en bas à droite de la page 35).
Bref un grand cru qui sous ses faux airs de bordel pornographique creuse le sillon de cet auteur qui continue à nous raconter et à nous livrer ce qu’il croit et ce qui l’intéresse.
Un livre qui ne sacrifie pas à l’esbroufe et dont la ligne directrice pleinement assumée est un savoureux hymne à la vie.
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Pierre-Paul:
 
Très difficile de résumer ce livre... Le tome 1 était très féminin, celui-ci est fondamentalement masculin : notre borgne Gauchet philosophe sur ce qu'il connait le mieux, à savoir sa zigounette, l'amour, et la guerre. Il "essaye" tous les genres de femme et de toutes les manières : le viol d'une mi-femme mi-animale, l'amour bucal avec une nympho exigeant qu'on lui lise de la philo à deux balles pour qu'elle soit "en état", l'amour platonique avec la femme guerrière, belle, courageuse mais totalement inaccessible, etc. En gros, une histoire de bite, très masculine et pas vraiment philosophique. Mais il y a l'emballage graphique qui est toujours aussi réussi, et les couleurs. Je ne parlerai pas de raté pour le scénario mais il me semble que Sfar ne savait pas vraiment ce qu'il voulait et qu'il a dessiné toutes les pages instinctivement, sans autre fil conducteur que le mousquetaire qui laisse fonctionner sa libido plutôt que son cerveau. Conclusion, un album moyen, qui se laisse lire, et en tous cas en dessous de la plupart des autres albums de Sfar.
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