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The Fixer : une histoire de Sarajevo
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The Fixer : une histoire de Sarajevo |
 | Edition : | Rackham |
 | Collection : | Morgan |
 | Pages : | 116 pages en noir & blanc |
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 | Parution : | 15 mars 2005 |
 | Prix : | 16.00 euros |
 | ISBN10 : | 2878270851 |
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Auteurs :
Joe Sacco
Combien coûtent des informations ? Une cartouche de cigarette.. une paire de Levis.. Quand les bombes tombent et que les journalistes occidentaux sont la seule distraction de la ville, les "négociateurs" sont là pour trouver aux correspondants de guerre des tragédies humaines et ainsi satisfont leurs rédacteurs en chef. Une profession dangereuse, un tantinet amorale et franchement désespérée. A Sarajevo en 1995, Joe Sacco a suivi l'un d'eux, serbe, Neven. Avec "The Fixer", Sacco nous replonge dans la guerre de Bosnie, comme il l'avait déjà fait avec brio dans "Gorazde" et "Soba". Ce livre est un appel à la réflexion et à la compréhension, qui submergera d'émotions le lecteur. Un constat sans concession sur ce que l'homme est capable de faire lorsqu'il est guidé par des pulsions de mort. On referme le livre avec la culpabilité de ne pas avoir pu ou su réagir plus tôt face à l'horreur.
Je viens de lire... de Philippe Belhache.
« The Fixer » de Joe Sacco, Rackham.
Sacco tel qu'en lui-même. Ce pionnier du reportage transposé au comics revient sur l'un de ses terrains de prédilection, l'ex-Yougoslavie ravagée par les conflits. Avec cette fois un double regard. Le sien propre, approche journalistique mâtinée d'engagement politique ; et celui, forcément subjectif, de Neven, son guide sur le terrain, son « fixer ». Un homme au passé trouble, ancien des milices musulmanes, qui accompagne Sacco dans le Sarajevo de 1995, lui livrant sa version des faits au fil de conversations plus ou moins spontanées. Joe Sacco n'est pas dupe du discours. Faute de clients, le conflit n'attirant plus les grands médias et leurs crédits illimités, l'homme court après quelques marks et s'intéresse plus au portefeuille qu'à son propriétaire. Mais Neven fascine Sacco, il lui permet de personnifier son récit, d'en structurer la ligne. Dangereux, charismatique, tour à tour hâbleur, pathétique, flambeur, homme blessé, marqué à vie par ses souvenirs de guerre, son passage au sein des milices musulmanes... Qui est Neven ? Qu'a-t-il réellement vécu ? Soldat ou mythomane ? Sans doute un peu des deux. Joe Sacco ne tranche pas, mais s'interroge. Et joue de la personnalité ambiguë de son interlocuteur pour dénoncer les exactions des unités paramilitaires de Sarajevo durant le siège, les méfaits de ces seigneurs de la guerre parfois issus de la petite criminalité, dont le pouvoir s'accommodait faute de pouvoir les contrôler. Du grand Sacco, sur le fond comme dans la forme.
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Quentin:
   
N’ayant pas bien suivi l’actualité au moment de la guerre de Bosnie, voilà que je la découvre grâce à Joe Sacco qui est à la fois journaliste et auteur de bande dessinée à travers « The fixer », un album génial à tout point de vue. Ce livre a plusieurs niveaux de lectures. D’un côté, on en apprend énormément sur les dessous du siège de Sarajevo et sur les milices paramilitaires, leur importance stratégique dans la défense de la ville, le passé criminel de certain de leurs éléments, etc. D’un autre, on a l’histoire de Neven, un « fixer » qui résout les problèmes des journalistes, mais également un personnage au passé trouble, à la fois criminel et héroïque. Serbe de mère Musulmane, Neven incarne l’ouverture historique et la mixité ethnique de Sarajevo. Son parcours pendant la guerre est emblématique des débats politiques sur la définition de l’identité Bosniaque, devenue progressivement moins multi-ethnique et plus musulmane. Mais le génie de cet album tient surtout au fait que l’auteur se met également en scène et problématise sa relation avec Neven, en montrant la vulnérabilité des journalistes vis à vis de ce genre d’individu pour trouver leur chemin, résoudre des problèmes matériels, et accéder à de bonnes informations. De son côté, Neven dépend financièrement des journalistes comme Sacco et essaye de leur soutirer autant d’argent qu’il le peut. Malgré cette interdépendance malsaine, Neven et Sacco deviennent amis, ce qui ne facilite pas les problèmes de crédibilité que rencontre Sacco face aux témoignages de Neven. J’ai trouvé cet album parfait – sans conteste une des meilleures BD publiées en 2005. Un chef-d’oeuvre malheureusement passé inapercu.
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