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Nathalie |
 | Série : | Gus - T. 1 |
 | Edition : | Dargaud |
 | Pages : | 76 pages en couleurs |
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 | Parution : | 12 janv. 2006 |
 | Prix : | 13.50 euros |
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Auteurs :
Christophe Blain
Au menu, cinq histoires ambiance "western" dont les héros, Gus, Clem et Gratt, accessoirement occupés à attaquer banques et trains, cherchent activement l’âme soeur. Nous avions découvert un échantillon de cette série, Nathalie, dans le Pilote Spécial Noël : planqué avec ses copains dans une cabane perdue au fin fond de l’Ouest sauvage, Gus vit les affres de l’amour presque platonique (ce "presque" est très énervant) avec Nathalie, une femme aux orgasmes ébouriffants (en solo), qui va épouser un homme "exceptionnel" dont elle est "très éprise". En clair, Gus n’arrivera pas à coucher avec elle. Cette première aventure donne le ton des suivantes : Gus, Clem, Gratt ; El Dorado ; Linda Mc Cormick ; Isabella. On y voit les trois copains en virée à El Dorado, "l’endroit ultime", la ville où les femmes sont libres.. La ville où Gus et Gratt se feront trimballer comme des bleus, tandis que Clem rencontrera l’amour torride et ses affres, vu qu’il est marié - ce qui amènera ses copains à lui prouver leur amitié de manière assez expéditive. (Le "happy end" est sidérant.) On y voit également Gratt larguer Linda Mc Kormick (la femme du juge), parce qu’elle ne sent pas bon - ce qui oblige les copains à quitter la ville et leur boulot de shérifs qu’ils avaient réussi à dégoter, pour aller se planquer en zone forestière, où ils sont ravis de revenir à des activités plus "créatives". Entre deux attaques de trains, donc, Gus fait la popote, pendant que Clem cultive un secret. Un chouette secret qui s’appelle Isabella et qui pousse Gus à écrire une belle lettre pleine de ratures - nous n’en dirons pas plus, la fin est trop jolie. Ces aventures dans les vastes étendues du Far West ouvrent un nouvel horizon dans l’univers de Blain, jusqu’ici plutôt maritime (Isaac le Pirate) ou antique (Socrate avec Sfar). Néanmoins, le mot "western" - un genre périmé, de nos jours - ne doit pas rebuter le lecteur. En effet, si les accessoires (bottes, chevaux, colts, saloons, etc.) appartiennent au western, les personnages de Blain sont, avant tout, les héros touchants d’histoires de coeur et de fesses susceptibles d’émouvoir tout un chacun. Sans parler de l’amitié, qui est le fil de toutes leurs galères. Car ils ont l’art de se fourrer dans les galères avec beaucoup d’entrain.. Gus parce qu’il est monté sur piles, Clem parce qu’il n’écoute pas sa conscience (pourtant bavarde), et Gratt parce qu’il oublie de réfléchir avant de coucher avec une femme de juge, entre autres.. Ce premier album de la série Gus est une perle burlesque. Héros touchants, femmes très féminines (dans des genres très divers), mise en scène tordante - le tout porté par un dessin stylé et nerveux, assorti à l’ambiance énergique du récit. De plus, cette série a de beaux jours devant elle : Blain a déjà mis en chantier les trois tomes suivants, intitulés Peggy (la banquière, pas la cochonne), Ernest et Rose - des prénoms identifiables "outre-Atlantique" puisqu’une édition américaine est déjà prévue. Où cela nous mènera-t-il ? Personne ne sait - et surtout pas l’auteur. En effet, une fois que Blain a lâché un personnage dans la nature, il s’y attache et il est incapable de le quitter - pour notre plus grand plaisir. (Isaac était censé rentrer chez lui à la fin du tome 2..)
Je viens de lire... de Philippe Belhache.
"Nathalie", Gus 1, de Christophe Blain. Dargaud
Le cocktail Gus ? Prenez trois hommes, collègues de travail, obsédés à divers niveaux par le beau sexe. L'un est épris d'une femme qu'il ne peut avoir, l'autre doute de ses capacités, le troisième - un homme marié - trouve une nouvelle jeunesse dans une liaison avec une jeune femme plutôt libre... Classique ? Ce le serait sans la griffe de Christophe Blain. Lequel transpose cette comédie de moeurs pour trentenaires, traitée de manière tout à fait contemporaine, dans un far west fantasmé. Et fait de ses trois personnages, aussi "fleur bleue" dans leurs réactions que consommateurs de filles de bordels, d'impitoyables outlaws qui alignent braquages de banques et pillages de trains. L'auteur de l'excellent " Isaac le Pirate " (prix du meilleur album en 2002 à Angoulême) joue constamment sur le décalage, travaille les situations avec un sens du burlesque qui tient du slapstick, du cinéma de Keaton ou de Chaplin. Côté graphique, que du bonheur. Plusieurs années après "Hop Frog", Blain semble de délecter des retrouvailles avec le western. Pour "Gus", écrit entre 2004 et 2006, il a pris ses aises. Christophe Blain est un habitué du 48 CC, dont il sait jouer des contraintes pour donner corps et densité à "Isaac". Il s'offre ici le luxe d'une pagination élargie, d'une narration "au fil de la plume", alignant les saynètes aux contenus inégaux et aux paginations variées. Un Blain en liberté, en quelque sorte. Et un album offrant quelques longueurs mais aussi (et surtout) un vrai ton. On s'en voudrait de le bouder.
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