Les petits potins de la bande dessinée



On vient de l'apprendre

Décès d'Yvan Delporte

Nous avons l’immense tristesse de vous annoncer le décès d’Yvan Delporte, rédacteur en chef mythique du journal Spirou et véritable monument de la bande dessinée, ce lundi 5 mars 2007.

Personnalité hors du commun, il était l’un de ces personnages qui permettent à la bande dessinée d’évoluer et de franchir des caps importants de son histoire. Yvan Delporte aura profondément marqué, durant un demi-siècle, des générations entières d’auteurs et de lecteurs de BD par sa créativité et une imagination qui ne l’auront jamais quitté. Les auteurs le lui ont bien rendu : la silhouette un peu voûtée à la barbe kilométrique, portant des disques de jazz (l’une de ses nombreuses passions), se retrouve rapidement dans nombre de cases de bande dessinée.

C’était un dynamiteur d’idées reçues, cherchant sans cesse à innover, révolutionner, surprendre, s’écarter des conventions et de la banalité. Son côté contestataire lui permettait de tout oser : « son » journal, il l’a fait à son image, provocateur et farfelu.

Plus tard, il reviendra par la petite porte, avec un supplément pirate inséré au journal Spirou et réalisé, avec Franquin, dans les caves des Editions Dupuis. Ce fut « Le Trombone Illustré ». Celui-ci eut l’effet d’une bombe sur les auteurs, qui pouvaient y sortir des carcans contraignants de la bande dessinée classique pour enfin s’exprimer librement… ou simplement se défouler.

Yvan Delporte était un découvreur de talents, un vrai passionné qui consacra toute sa vie à la défense des auteurs de bande dessinée, qu’il appelait « ses copains » - car, avec lui, les obstacles entre générations étaient bannis. Plutôt que de rester attaché à la nostalgie des grands auteurs dont il était l’intime, il ne cessait de donner des coups de pouce aux jeunes, toujours ébloui par l’évolution des graphismes, émerveillé comme un enfant lorsqu’on lui présentait un jeune talent innovateur.

Malgré la maladie qui le tenaillait depuis des mois, il était resté très actif. Il continuait à chanter dans le « Boys Band (Dessinée) », avec une équipe d’auteurs musiciens de toutes générations. Il préparait un livre de portraits de personnages de bande dessinée célèbres avec Frank Pé et, pour Spirou, un numéro spécial du « Trombone Illustré » pour le trentième anniversaire du mythique journal. Enfin, avec son sens bien connu de l’humour et de la dérision, il avait entamé avec la Rédaction du journal Spirou un numéro spécial consacré… à sa nécrologie. La maladie ne lui a malheureusement pas permis de mener à terme ces divers projets.

Source : Communiqué de presse des éditions Dupuis.

 
Le duo Morvan-Munuera (Spirou et Fantasio) cède la main

Le duo Morvan & Munuera, auteurs actuels de "Spirou et Fantasio", cède la main...
Spirou, héros emblématique de la bande dessinée, connaît une destinée peu commune dans la culture franco-belge. Depuis la création du personnage en 1938, les éditions Dupuis l'ont confié à huit générations d'auteurs. Tous se sont "approprié" la série et en ont donné une vision strictement personnelle. La série "Spirou et Fantasio" a toujours été, par essence, une oeuvre d'auteurs.

A partir de septembre 2004, avec "Paris-sous-Seine", le duo Morvan-Munuera, en commun accord avec l'éditeur, a fait entrer l'ancien groom du Moustic-Hotel de plain-pied dans le XXIe siècle.

Vinrent ensuite "L'homme qui ne voulait pas mourir" et "Spirou et Fantasio à Tokyo" qui creusèrent ce sillon. Afin de poursuivre la tradition, c'est à une nouvelle équipe que sera confié le passage emblématique du numéro 50 de la série. Elle n'a pas encore été choisie par les éditions Dupuis mais, comme ses prédécesseurs, elle créera un album vivant, authentique, moderne et ... fidèle.

"Spirou et Fantasio", plus que tout autre univers, est et doit rester une matière vivante.

La collaboration avec Morvan-Munuera continue : un récit, en totale adéquation avec la collection "Une aventure de Spirou et Fantasio par...", verra le jour ultérieurement.

Communiqué de presse - Editions Dupuis - 31/01/07

 
Deux petites puces qui chamboulent nos vies..

Cette information n'est ni un scoop (du moins pour les lecteurs de BD Paradisio), ni une information relative à la bande dessinée en général, mais concerne plutôt les créateurs de BD Paradisio. Pour répondre aux nombreuses questions et e-mails reçus ces derniers temps relatifs aux retards accumulés dans la mise à jour du site - et comme nous l'avions discrètement glissé dans le forum il y a qq semaines - nous avons le bonheur et la joie de vous annoncer la naissance de nos deux petites filles, Juliette et Lucie. Elles sont arrivées dans notre vie le 1er décembre dernier, un peu prématurément, ce qui fait que nous passons nos journées entre l'hôpital et la maison... Elles ont chamboulé nos vies (pour notre plus grand bonheur) et nos emplois du temps, comme vous pouvez vous en douter.. D'où beaucoup de retard dans tout et dans BD Paradisio également. Nous reprenons tout doucement nos activités.. et BDP va retrouver son rythme de croisière très prochainement. Merci à tous pour votre patience et votre compréhension ;-) Cath & Alex (épuisés mais heureux ;-) !

 
Les Prix d'Angoulême 2007

GRAND PRIX 2007 : José Munoz

Voici les Prix d'Angoulême 2007

Pour cette 34ème édition, le Festival d'Angoulême a souhaité assurer à ses Prix une lisibilité optimale vis-à-vis du grand public. Il a donc pris la décision de simplifier la nomenclature de son Palmarès, afin que chaque Prix soit identifié comme une récompense majeure et que le Prix du Meilleur Album soit effectivement perçu comme la consécration suprême de ce Palmarès rénové. Cette évolution, inspirée par le désir d’établir la plus grande reconnaissance possible du talent des auteurs, se fonde également sur la volonté d’assurer au public une compréhension immédiate de la nature des Prix.

Une dénomination plus explicite, visant également à assurer une fonction de conseil de lecture, a donc été élaborée à cet effet : "les Essentiels". Les Prix qui seront décernés au sein de cette sélection officielle par le Grand Jury sont :
- le Prix du meilleur album
- 6 Prix ex-aequo nommés : "les Essentiels d'Angoulême", dont un sera labelisé "Révélation"
- le Prix du patrimoine
Ces 8 Prix constituent le Palmarès officiel du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême.

Le comité de sélection est constitué de : Lewis Trondheim, Monique Younès (Journaliste), Julien Bastide (Critique BD), Benoît Mouchart (Directeur artistique du Festival d’Angoulême), Olivier Jalabert (Libraire spécialisé), Céline Bagot (Graphiste), Jean-Pierre Mercier (conseiller scientique au FIBD, bibliothécaire, éditeur et journaliste)..

Ce samedi 27 janvier ont été annoncés les lauréats aux Prix du Festival d'Angoulême 2007

Prix du meilleur album 2007
- Non non Bâ - Shigeru Mizuki Cornélius
Les Essentiels 2007
- Black Hole - Charles Burns Delcourt
- Lupus (T. 4 - Coll. Bile Blanche) - Frederik Peeters Atrabile
- Pourquoi j'ai tué Pierre (Coll. Mirages) - Ka & Alfred Delcourt
- Lucille - Ludovic Debeurme Futuropolis
- Le photographe (T. 3 - Coll. Aire Libre) - Guibert & Lefèvre & Lemercier Dupuis
L'Essentiel Révélation 2007
- Panier de singe (Coll. Ciboulette) - Mulot & Ruppert L’Association

Rappel de la liste des 44 albums pouvant concourir à l'ensemble des Prix du Festival (sauf catégorie Patrimoine) :

44 albums nominés
- Avant la prison - Kazuichi Hanawa Vertige Graphic
- Black Hole - Charles Burns - LAUREAT Delcourt
- Canetor - Schlingo & Pirus Les Requins Marteaux
- Capucin - Dupré La Tour Gallimard
- Comment ça se fait ? - Nadja Cornélius
- En route pour Seattle - Peter Bagge Rackham
- Fank - Jim Woodring L'Association
- Fun Home - Alison Bechdel Denoël Graphic
- Ganges (Coll. Ignatz) - Kevin Huizenga Vertige Graphic
- Panique au bout du fil (Georges et Louis T. 6) - Goossens Fluide Glacial
- Gyo - Junji Ito Tonkam
- L'homme qui s'évada - Maffre Actes Sud
- Ice Haven (Coll. Solange) - Clowes Daniel Clowes
- Ils ont retrouvé la voiture (Coll. Ignatz) - Gipi Vertige Graphic
- In the clothes named fat - Moyoco Anno Kana
- Jacaranda - Kotobuki Shiriagari Milan
- J'ai tué Adolf Hitler - Jason Carabas
- Ki-itchi !! - Hideki Arai Delcourt
- Rincez-moi, svp (Kinky & Cosy T. 2 - Coll. Troisième Degré) - Nix Lombard
- Le cimetière des autobus (Lou T. 3) - Neel Glénat
- Luchadoras - Peggy Adam Atrabile
- Lucille - Ludovic Debeurme - LAUREAT Futuropolis
- Lupus (T. 4 - Coll. Bile Blanche) - Frederik Peeters - LAUREAT Atrabile
- Magasin général - Loisel & Tripp Casterman
- La bête (Le marquis d'Anaon T. 4) - Vehlmann & Bonhomme Dargaud
- Michel (Coll. Pour soi) - Maurel L'employé du moi
- Mon fiston (Coll. ChromoZone) - Schrauwen L'An 2
- Non non Bâ - Shigeru Mizuki - LAUREAT Cornélius
- La nouvelle frontière - Darwyn Cooke Panini Comics
- L'oeil privé (Coll. Inox) - Blexbolex Les Requins Marteaux
- Orage et désespoir (Coll. Bayou) - Durbiano Gallimard
- Panier de singe (Coll. Ciboulette) - Mulot & Ruppert L’Association
- Pascal Brutal - Sattouf Fluide Glacial
- A tort et à travers (Les passe-murailles T. 2) - Oiry & Cornette Humanoïdes Associés
- La perdida (Coll. Contrebande) - Abel Delcourt
- Le photographe (T. 3 - Coll. Aire Libre) - Guibert & Lefèvre & Lemercier - LAUREAT Dupuis
- Pourquoi j'ai tué Pierre (Coll. Mirages) - Ka & Alfred - LAUREAT Delcourt
- Le sang des voyous - Loustal & Paringaux Casterman
- Sorcières (Coll. Sakka) - Daisuké Igarashi Casterman
- Le Patriarche (Universal War One T. 6) - Denis Bajram Soleil Productions
- La volupé - Blutch Futuropolis
- Wimbledon Green - Seth Le Seuil
- Wizz et Buzz (Coll. Shampooing) - Winshluss & Cizo Delcourt
- Zipang - Kaiji Kawaguchi (Kana) Dargaud

Prix du patrimoine de la BD
- Golgo T. 13 - Takao Saito Glénat
- Hato - Osamu Tezuka Cornélius
- Little Nemo - Winsor McCay Delcourt
- Sergent Laterreur - Touïs & Frydman - LAUREAT L'Association
- Service des Cas Fous - Gébé L'Association
- Les vents de la colère - Tatsuhiko Yamagami Delcourt

Pour info : retrouvez

- la liste des Prix 2006
- la liste des Prix 2005
- la liste des Prix 2004
- la liste des Alph Art 2003
- la liste des Alph Art 2002
- la liste des Alph Art 2001
- la liste des Alph Art 2000

- les Grands Prix de la Ville d'Angoulême des années précédentes.

Les autres prix, en dehors de l'organisation du Festival d'Angoulême en tant que tel...

Prix Jeunesse 9-12 ans
- Casting Prod' 2 - Cazenove & Bloz Bamboo
- Les Légendaires (Coll. Jeunesse) - Patrick Sobral Delcourt
- Monster Allergy - Centomo, Artibani, Barbucci, Canepa Soleil
- Je veux que tu m'aimes (La Rose écarlate T. 2) - Patricia Lyfoung Delcourt

- La disparition (Seuls T. 1) - Gazzoti & Vehlmann - LAUREAT

Dupuis

Prix du Public
- Pourquoi j'ai tué Pierre (Coll. Mirages) - Ka & Alfred - LAUREAT Delcourt

Prix de la Critique
- Les Petits Ruisseaux - Rabaté - LAUREAT Futuropolis

Prix Goscinny
- Lucille - Debeurme - LAUREAT Futuropolis

Grand Prix RTL
- Le Déluge (Le Retour à la Terre T. 4 - Coll. Poisson Pilote) - Ferri & Larcenet Dargaud
- Ce qui est précieux (Le Combat Ordinaire T. 3) - Larcenet Dargaud
- Les Petits Ruisseaux - Rabaté Futuropolis
- Les contrées lointaines (Messire Guillaume T. 1 - Coll. repérages) - de Bonneval & Bonhomme Dupuis
- Un homme est mort - Kris & Davodeau Futuropolis
- Englewood (H.H. Holmes T. 1 - Coll. Grafica) - Fabuel & Le Hénanff Glénat
- Erminio Le Milanais (Coll. Integra) - Béhé & Laprun & Surcouf Vents d'Ouest
- Henri Désiré Landru (Coll. Integra) - Chabouté - LAUREAT Vents d'Ouest

 
Le monde de la BD en deuil : décès de René Sterne

Les Editions du Lombard et les Editions Blake & Mortimer ont la profonde tristesse de vous faire part du décès brutal de René Sterne survenu à l'âge de 54 ans aux Iles Grenadines (Caraïbes) ce 15 novembre 2006. Il était l'auteur de la série "Adler" et travaillait actuellement sur un prochain album de "Blake et Mortimer" avec Jean Van Hamme. Projet qui lui tenait particulièrement à coeur et dont il ne verra hélas pas la fin.

René Sterne est né en Belgique le 25 août 1952.
Scolarité classique, études supérieures de Français, d'Histoire et de Philo : rien ne le prédisposait à entreprendre une carrière d'auteur-dessinateur de bandes dessinées. D'abord enseignant, il décide un jour d'abandonner ce métier pour vivre "autre chose". C'est alors qu'il rencontre celle qui sera son épouse, Chantal De Spiegeleer, auteur et dessinatrice de BD. Celle-ci l'accompagne dans ses voyages et lui apprend à construire et à mettre en images un scénario. Pendant deux ans, il s'applique à illustrer une histoire jusqu'à ce que le résultat lui convienne.

En 1985, il prépublie son premier récit dans le journal "Tintin". Intitulée "L'Avion du Nanga", son histoire se situe dans l'immédiat après-guerre et a pour héros un certain Adler. Ecoeuré par la folie meurtrière d'Hitler, cet aviateur a déserté la Luftwaffe en 1942 et s'est réfugié en Inde. Aidé par Helen, une aventurière irlandaise devenue sa compagne, il met ses talents de pilote au service des opprimés. Parce que cela fait référence à la fois à Jules Verne et Windsor McCay, son créateur se choisit le pseudonyme de Némo. En 1987, cette aventure inaugure la série "Adler" éditée par Le Lombard. Désormais signés Sterne ("La sterne, c'est l'hirondelle de mer et cela évoque le grand large"), 9 autres albums suivront : "Le Repaire du Katana", "Muerte Transit", "Dernière Mission", "Black Bounty", "L'île perdue", "La Jungle rouge", "Les Maudits", "La Force" et "Le Goulag". S'il choisit d'assumer le scénario et le dessin, c'est Chantal De Spiegeleer qui réalise ses incomparables couleurs. En 1992, cet amoureux d'horizons lointains a réalisé son rêve: avec sa compagne, il s'est installé aux îles Grenadines, dans les Caraïbes. C'est dans ce décor paradisiaque qu'il venait de se lancer un nouveau défi et qu'il se préparait avec enthousiasme à mettre en scène, sur un scénario de Jean Van Hamme, un nouveau "Blake et Mortimer".

Ses amis auteurs et éditeurs adressent leurs plus sincères condoléances à Chantal, sa famille et ses proches.

Communique de presse des éditions Le Lombard et Blake & Mortimer

 
Décès de Jean Roba

Nous avons l’immense tristesse de vous faire part ce mercredi 14 juin 2006 du décès de Jean Roba. Il avait 75 ans.

Le grand créateur de Boule et Bill était ce que l’on peut appeler un faux citadin. Il est né le 28 juillet 1930 à Bruxelles. Mais il a toujours préféré les rues aérées de la banlieue au centre-ville. Le genre de village dans la ville où les maisons possèdent de jolis jardins avec des balançoires, des cris d’enfants, des cockers, des oiseaux, voire, l’une ou l’autre tortue.

Si Bill a la chance d’être né avec des oreilles magiques, Roba, lui, est né avec un crayon à la main. Amoureux du dessin depuis l’enfance, il n’a jamais imaginé faire autre chose.
A 3 ans, il dessine à l’envers, tête en bas. A 11, il suit les cours du soir de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. A 16, il débute dans la publicité. A l’époque, on dit la réclame, un mot aujourd’hui délicieusement suranné. Il possède déjà la plupart des techniques de dessin et d’impression : du lavis à la gravure en passant par la retouche photographique. A la sortie de son service militaire, en 1952, il entre dans un studio spécialisé dans le dessin publicitaire. Sa voie semble toute tracée.

C’est Franquin qui détournera finalement le jeune Roba de la publicité. Entré en 1957 chez Dupuis, Roba fait d’abord un peu de tout (sauf le café, il a déjà trop de talent !). Illustration d’un conte de Noël signé Peyo, crayonnés pour deux Histoires de l’Oncle Paul, et même, premières histoires complètes de « Tiou le Petit Sioux ». Il réalise parallèlement quelques illustrations pour le magazine « Bonne Soirée », également édité par Dupuis. André Franquin apprécie sa patte et l’appelle auprès de lui. Nous sommes en 1958. Pour Jean Roba, l’heure d’une seconde naissance ! Franquin lui apprend les ficelles du métier et l’embarque dans trois aventures de Spirou et Fantasio : « Tembo Tabou », « Les Hommes Bulles » et « Les petits formats ».

Et puis vient le « Spirou » 1132 du 24 décembre 1959.
Six semaines après avoir réalisé un puzzle avec ses nouveaux héros pour le journal, Roba leur offre une première aventure. « Boule contre les mini-requins » voit l’apparition officielle du cocker et de son jeune maître, un garçon du nom de Boule, salopette bleue, T-shirt jaune.
Rosy, directeur artistique du journal, a accepté de donner un coup de main à Roba pour le découpage. Mais très vite, le dessinateur de Boule et Bill n’a plus besoin de personne. Après une seconde histoire complète, il se lance, comme son maître André Franquin, dans le suprême défi du gag hebdomadaire. Ce qui ne l’empêche pas de faire vivre d’autres héros, à l’occasion : « Pomme » en 1962, et surtout, « La Ribambelle », de 1965 à 1984 (six albums parus)

Pendant plus de quarante ans, Jean Roba a continué de dessiner Boule et Bill avec le même talent et la même humilité. En 2003, il a passé le relais à Laurent Verron son ancien assistant. Il a alors pu se consacrer aux dessins personnels et à l’aquarelle.
24 albums chez Dupuis, avant de décider en 1987 de passer chez Dargaud. Et à chaque nouveau recueil, le succès, comme une évidence. Parce que, citoyen du pays de l’enfance, Jean Roba parle avec le cœur. Parce que, dessinateur hors pair, il invente le monde avec un crayon. Parce que Boule et Bill, inspirés de son propre fils et de son cocker ne pouvaient pas sonner faux.
Il avait été fait Chevalier des Arts et des Lettres.

Sa disparition laisse un grand vide dans le monde de la bande dessinée, chez ses amis, ses lecteurs, ses éditeurs…

Nous nous joignons de tout coeur à la tristesse de ses proches.

Sources : Communiqué de presse des éditions Dargaud.

Les éditions Dargaud vous informent que la messe d'inhumation de Jean Roba aura lieu mercredi 21 juin 2006 à 10h00 en l'Eglise de Notre-Dame de Lourdes, avenue Charles Woeste à 1090 Jette.

Pour votre information, Luce Parent fera paraître un avis nécrologique dans les journaux "La Libre Belgique" et "Le Soir" des samedi 17/06 et lundi 19/06.

Pour ceux qui souhaitent rendre un dernier hommage au grand homme...

 
Nouveau directeur général des éditions Dupuis

Communiqué de presse des éditions Dupuis :
Nouveau directeur général des éditions Dupuis - Nominations à la direction éditoriale

Sous la présidence de Jacques Jonet, également Président de Média-Participations, le Conseil d’Administration de Dupuis a nommé, le 19 mai dernier, M.Robert Baert, Directeur Général de Dupuis.

M. Robert Baert a précédemment occupé de très nombreuses fonctions de direction en particulier chez Mercedes, dans le groupe Match, chez GB, et plus récemment comme Administrateur-Délégué d’Exell. Son expérience du management et l’orientation commerciale de sa carrière sont des atouts précieux pour la maison d’édition carolorégienne. Originaire de Wallonie, il est personnellement engagé dans de nombreuses instances locales. Il est en particulier Président des Juges Consulaires du Tribunal de Commerce de Charleroi.

M. Baert prendra ses fonctions dès le 6 juin 2006. Il succèdera à Madame Huguette Marien qui avait accepté de prendre les fonctions de Directeur Général ad intérim le 20 mars dernier à la suite de la démission soudaine du précédent Directeur Général.

Simultanément M. Erik Verhoest a été nommé Directeur Éditorial des Editions Dupuis.
Journaliste et éditeur M. Verhoest intervient depuis plus de 20 ans déjà dans tous les domaines de la bande dessinées. Comme éditeur (au travers de la société Champaka) il a travaillé avec de nombreux auteurs belges, français, suisses italiens et espagnols. Pour le compte de la société Marsu Productions il suivait en particulier les opérations de mise en avant et de promotion de l’œuvre de Franquin. Son expertise et sa connaissance du catalogue historique de Dupuis lui permettront d’assurer aux côtés du nouveau Directeur Général la poursuite et le développement de la politique éditoriale (albums, presse) de la maison d’édition de Marcinelle.

Monsieur Benoît Fripiat, précédemment Directeur de Collection, a été nommé Directeur Éditorial Adjoint, en charge du catalogue tout public et du magazine Spirou, deux secteurs emblématiques de l’histoire et des personnages de Dupuis.

Monsieur Robert Baert, Mme Marien et l'équipe éditoriale poursuivront, en concertation avec les auteurs, l'élaboration de la charte éditoriale destinée à conforter l'autonomie et l'indépendance éditoriale de la maison, au sein du groupe.
La nomination de deux nouveaux administrateurs, Mme Marien et M. Léon Pérahia, sera par ailleurs proposée à la prochaine Assemblée Générale.

Dupuis est plus que jamais un des atouts essentiels du groupe Média-Participations aux côtés de Dargaud, Le Lombard, Kana, les Editions Fleurus ou Rustica entre autres.
Les investissements annoncés par les autres sociétés du groupe Média-Participations dans le centre de distribution de Fleurus et les nominations de M. Baert et M.Verhoest soulignent à nouveau la forte identité belge du groupe avec désormais quatre implantations, à Bruxelles, Marcinelle, Fleurus et Anvers (Balloon Books).

L’adossement à un groupe solide et la mise en commun de moyens administratifs, commerciaux ou techniques doit permettre d’accélérer les développements éditoriaux, audiovisuels ou internationaux de Dupuis dont le chiffre d’affaires a représenté 72 millions d’euros en 2005.

Les premiers effets de ces synergies se sont fait sentir dès 2005 avec une année éditoriale exceptionnelle et la sortie d’albums représentant toutes les séries best-sellers du catalogue tout-public, piliers du magazine Spirou, et toutes les collections installées (Aire Libre, Repérages) ou plus récentes (Expresso, Empreintes).
L'avenir permettra de les amplifier.

 
Les Prix du 33ème Festival d'Angoulême

Voici les lauréats (et nominés) aux Prix d'Angoulême 2006

Chaque catégorie compte 7 nominés. La cérémonie de remise des Prix a eu lieu au Théâtre d’Angoulême ce jeudi 26 janvier 2005 à 19 heures.

Pour rappel, afin de préparer le travail du Grand Jury qui décerne les Prix, le Festival international de la BD établit chaque année une sélection officielle pour les six catégories de Prix, opérée au sein de l’ensemble de la production éditoriale en langue française de l’année écoulée. La Sélection officielle du Festival est établie par un comité de sélection composé d’experts de la bande dessinée. Les membres de ce comité s’attachent à déterminer dans chaque catégorie, à partir des centaines d’ouvrages de bande dessinée publiés par les éditeurs tous les ans en langue française, une liste représentative des meilleurs titres, témoignant de la richesse et de la vitalité de la création en bande dessinée.

Le Grand Jury était composé cette année de : Georges Wolinski (président), Louis Schweitzer (ancien président de Renault), Stéphane Vacchiani-Marcuzzo (La Charente Libre), Marc Lambron (journaliste et écrivain), Dominique Poncet (PLG), Olin Alexis (K9) et Kirsi Kinnunen.

La liste des lauréats (et nominés) aux Prix du 33ème Festival d'Angoulême:

Prix du meilleur album
- Notes pour une histoire de guerre - Gipi - LAUREAT Actes Sud
- Les damnés de Nanterre - Montellier Denoël Graphic
- Hanté (Coll. Pierre) - Dupuy Cornélius
- Ripple - Cooper Seuil
- L'esprit du temps (Fritz Haber T. 1 - Coll. Mirages) - Vandermeulen Delcourt
- Le petit bleu de la côte Ouest - Tardi & Manchette Humanoïdes Associés
- Olivia Sturgess (Albany T. 4) - Rivière & Floc'h Dargaud

Prix du scénario
- A history of violence (Coll. Contrebande) - Wagner & Locke Delcourt
- Les mauvaises gens (Coll. Encrages) - Davodeau - LAUREAT Delcourt
- The autobiography of me too - part 2 (Coll. Centripète) - Bouzard Requins Marteaux (Les)
- Hallorave (Le roi des mouches T. 1) - Mezzo & Pirus Albin Michel
- Hemingway - Jason Carabas
- Le dedans des choses (Le passe-muraille T. 1) - Cornette & Oiry Humanoïdes Associés
- Dans la prison - Hanawa Ego comme X

Prix du dessin
- Le vol du corbeau (T. 2 - Coll. Aire Libre) - Gibrat - LAUREAT Dupuis
- Mitchum (Coll. Paul) - Blutch Cornélius
- Gogo Monster (Coll. Manga) - Matsumoto Delcourt
- Le prestige de l'uniforme (Coll. Double Expresso) - Phang & Micol Dupuis
- Cinéma panopticum - Ott L'Association
- Quimby the mouse - Ware L'Association
- Chocottes au sous-sol (Coll. Somnanbulle) - Blanquet La joie de lire

Prix du premier album
- A la lettre près - Pomès Albin Michel
- Cornigule (Coll. Pierre) - Kurihara Cornélius
- Otto Bohater (Essence T. 1) - Gawronkiewicz & Janusz Glénat
- Rien que de la misère (The Goon T. 1 - Coll. Contrebande) - Powell Delcourt
- Le blog de Frantico - Frantico Albin Michel
- Aya de Yopougon (Coll. Bayou) - Oubrerie & Abouet - LAUREAT Gallimard
- C'est encore loin ? (Kinki et Cosy T. 1 - Coll. Troisième Degré) - Nix Lombard

Prix de la série
- Pascin, la java bleue - Sfar L'Association
- Ame Rouge (Blacksad T. 3) - Guarnido & Canales - LAUREAT Dargaud
- Lupus (T. 3 - Coll. Bile blanche) - Peeters Atrabile
- Les jalousies (Théodore Poussin T. 12 - Coll. Repérages) - Le Gall Dupuis
- La couronne d'aiguilles (Bone T. 11 - Coll. Contrebande) - Smith Delcourt
- La vengeance du manchot (Bouncer T. 4) - Boucq & Jodorowsky Humanoïdes Associés
- Bleu profond (Black Hole T. 6 - Coll. Contrebande) - Burns Delcourt

Prix du patrimoine de la BD
- Snoopy et les Peanuts - Schultz Dargaud
- Comment décoder l'etircopyh (Hypocrite T. 1 - Coll. Eperluette) - Forest L'Association
- L'école emportée (T. 6 - Coll. Bunko) - Umezu Glénat
- Polly and her Palls (Coll. Krazy Klassics) - Sterrett L'An 2
- Prince Norman (Coll. Paul) - Tezuka Cornélius
- Popeye - Segar Denoël Graphic
- Locas (Love and rockets T. 1) - Hernandez - LAUREAT Seuil

Pour info : retrouvez

- la liste des Prix 2005
- la liste des Prix 2004
- la liste des Alph Art 2003
- la liste des Alph Art 2002
- la liste des Alph Art 2001
- la liste des Alph Art 2000

- les Grands Prix de la Ville d'Angoulême des années précédentes.

Les autres prix, en dehors de l'organisation du Festival d'Angoulême en tant que tel...

Prix Jeunesse 9-12 ans
- Nature humaine (Sillage T. 8 - Coll. Neopolis) - Morvan & Buchet - LAUREAT Delcourt
- Girodouss (Nävis T. 2 - Coll. Neopolis) - Morvan & Munuera Delcourt
- La croisée des vents (L'enfant de l'orage T. 2) - Bichebois & Poli Humanoïdes Associés
- Dark, j'adore ! (Kid Paddle T. 10) - Midam Dupuis
- Ophyde la géminée (Les naufragés d'Ythaq T. 2) - Arleston & Floch Soleil

Prix public du meilleur album
- Le paradis terrestre (Le chat du Rabbin T. 4 - Coll. Poisson Pilote) - Sfar Dargaud
- La loi du dollar (Largo Winch T. 13 - Coll. Repérages) - Van Hamme & Francq Dupuis
- L'aigle sans orteils (Coll. Aire Libre) - Lax Dupuis
- Ame rouge (Blacksad T. 3) - Canales & Guarnido Dargaud
- Période glaciaire - de Crécy Futuropolis
- Les mauvaises gens (Coll. Encrages) - Davodeau - LAUREAT Delcourt
- Nana (Coll. Mangas) - Yazawa Delcourt
- Cour Royale - Veyron & Rochette Albin Michel
- Terre de rêves (Coll. Ecritures) - Taniguchi Casterman
- Squelettes (Sam & Twitch T. 1 - Coll. Contrebande) - Lee & Andryko Delcourt
- Roy & Al (Coll. Humour bd) - König Glénat
- La vengeance du manchot (Bouncer T. 4) - Jodorowski & Boucq Humanoïdes Associés
- Le petit bleu de la côte ouest - Manchette & Tardi Humanoïdes Associés
- C'est encore loin ? (Kinky & Cosy T. 1 - Coll. Troisième degré) - Nix Lombard

 
Rapport BD de Gilles Ratier : 2005, l'année de la Mangalisation

Gilles Ratier, secrétaire général de l'ACBD (Association des Journalistes et Critiques de Bandes Dessinées) publie son rapport annuel : étude d'une année de bande dessinée sur le territoire francophone européen.
2005 a été l'année de la "Mangalisation" :
- "Mangalisation" de la production : sur les 2.701 nouveautés BD de 2005, 1.142 titres sont des mangas ou manwhas (BD asiatiques). Au total, avec les rééditions, les livres d'illustrations et les essais sur la BD, 3.600 livres appartenant au monde de la BD ont été publiés sur le territoire francophone européen
- "Mangalisation" de l'édition : 203 éditeurs (ils étaient 207 en 2004) ont publié des BD en 2005 ; plus de 70% des albums ont été édités par seulement 17 d'entre eux et ils sont 25 à avoir publié des BD asiatiques (ils étaient 22 l'an passé).
- "Mangalisation" des grosses ventes : même si le nouveau "Astérix" (mis en place à 3 178 000 exemplaires) et 77 séries bénéficient d'énormes tirages, les mangas se placent régulièrement parmi les meilleures ventes, tel "Naruto" dont 6 tomes (tirés entre 70 et 110 000 exemplaires chacun) sont parus en 2005.
- "Mangalisation" des métiers de la BD : de plus en plus de dessinateurs ou de scénaristes (ils sont 1322 à vivre de leur métier sur le territoire francophone européen) s'inspirent des codes graphiques et narratifs des mangas.
- "Mangalisation" de la culture BD : la respectabilité du 9ème art n'est en aucun cas diminuée par l'arrivée des mangas, lesquels ont gagné leurs lettres de noblesse.
- "Mangalisation" des médias : de plus en plus de revues et de sites Internet sont consacrés à la BD asiatique et tous les relais d'opinion se sont entichés des mangas.

* "Mangalisation" de la production : sur les 2.701 nouveautés BD de 2005, 1.142 titres sont des mangas ou manwhas (BD asiatiques). Au total, si on rajoute les rééditions, les livres d'illustrations et les essais sur la BD, 3.600 livres appartenant au monde de la BD ont été publiés sur le territoire francophone européen.

Le phénomène n'est pas nouveau mais il n'a jamais pris autant d'ampleur que cette année. Parmi les 2.701 nouveautés BD parues en 2005 (2120 l'an dernier), 1.142 BD asiatiques ont envahi les librairies francophones et représentent 42,28% du secteur. En 1994, seulement 19 mangas étaient traduits sur le territoire francophone européen, en 2000 il y en avait 227, puis 269 en 2001, 377 en 2002, 521 en 2003 et 754 en 2004, soit une augmentation, pour cette année, de 388 titres (contre 233 et 35,56%, l'an passé). Aujourd'hui, 1 enfant sur 2 (entre 9 et 13 ans) lit des mangas et la France est le 2ème marché mondial du genre après le Japon, même si l'avènement du manga aux USA risque de changer la donne.

Plus généralement, c'est toute la BD (expression culturelle très segmentée) qui augmente sa production, continuant à bénéficier d'une grande diversification de son lectorat et d'un profond renouvellement de la création. Cependant, cette inflation de titres diminue la visibilité de 6 livres sur 10.

Parmi les 2.701 nouveautés BD, outre la forte poussée des BD asiatiques et des 207 BD américaines publiées en 2005 (soit 7,66% de la production pour 7,68 l'an passé), il faut signaler la hausse du nombre de titres publiés par les éditeurs traditionnels et même par les labels indépendants ou alternatifs, lesquels privilégient les expériences graphiques ou narratives.
877 albums (soit 32,46% du secteur, contre 39,90% en 2004) ont été publiés par les "grands éditeurs" (846 l'an passé) et on peut les répartir en 5 catégories :
- Humour avec 244 titres contre 230 en 2004 (soit 27,82% contre 27,18% l'an passé)
- Imaginaire fantastique avec 225 titres contre 220 en 2004 (soit 25,65% contre 26% en 2004)
- Policier avec 167 titres contre 185 en 2004 (soit 19,04% contre 21,86% l'an passé)
- Historique avec 166 titres contre 136 en 2004 (soit 18,92% contre 16,07% en 2004)
- BD pour les tout petits avec 65 titres contre 75 en 2004 (soit 7,41% contre 8,86% en 2004).

Quant aux indépendants, ils ont publié 475 livres (357 l'an passé), soit 17,58% des nouveautés (16,83% en 2004) : mais ils sont, de plus en plus, noyés dans la masse.

A ces 2.701 nouveaux albums jamais édités sous cette forme jusqu'à aujourd'hui (soit 75,02% de la production BD annuelle, contre 69,05% en 2004), il faut rajouter :
- 552 rééditions sous une nouvelle présentation ou éditions revues et augmentées, soit 15,33% (contre 610, soit 19,86% de la production en 2004
- 258 recueils d'illustrations ou de dessins d'humour, soit 7,16% (contre 254, soit 8,27% de la production en 2004) réalisés par des auteurs de BD
- 89 (2,47%) ouvrages sur la BD (contre 86, soit 2,8% de la production en 2004).

Nous arrivons ainsi à un total de 3.600 livres appartenant au monde de la BD (contre 3070 l'an dernier) : soit une augmentation de 530 titres (contre 544 l'an dernier) et de 14,7% (17,7% en 2004).

Ce chiffre est en augmentation pour la 10ème année consécutive. En comparaison, 50.000 livres ont été publiés cette année ; la BD représente donc 7,2% (contre 6,14% l'an passé) des livres édités sur le territoire francophone européen et un peu plus de 6,5% du chiffre d'affaires de l'édition. Contrairement à l'industrie du disque qui préfère produire moins mais "cartonner", celle du livre a choisi la diversité de sa production et la BD montre l'exemple.

* "Mangalisation" de l'édition : 203 éditeurs (ils étaient 207 en 2004) ont publié des BD en 2005 ; plus de 70% des albums ont été édités par seulement 17 d'entre eux et ils sont 25 à avoir publié des BD asiatiques (ils étaient 22 l'an passé). Si la profusion des mangas est l'un des principaux facteurs d'augmentation de la production BD, c'est toujours le cercle très fermé des principaux éditeurs qui produit le plus. D'autant plus que ces maisons d'édition possèdent tous des labels "manga", acheteurs de licences.

Cela donne en 2005 :

Editeurs Production BD 2005 Production BD 2004
Groupe Média Participations 417 titres (soit 11,58% de la production BD) 363 titres (soit 11,82%)
contrôle 40% du marché de la BD francophone
Dargaud
114 titres

 117

Kana
117 titres

 85

Le Lombard
54 titres

 49

Dupuis
122 titres

 98

Delcourt 363 titres (soit 10,08%) 244 titres (soit 11,7%)
rachat récent de Tonkam et ses propres mangas sous le label Akata
Delcourt
145 titres

145

Delcourt Jeunesse
25 titres

30

Delcourt Akata
81 titres

 69

Delcourt Tonkam
112 titres
 
Groupe Glénat 314 titres (soit 8,72%) 287 titres (soit 9,34%)
Glénat Mangas relégué à la 2ème place des éditeurs de BD asiatiques, alors qu'il en a été longtemps le 1er
Glénat
121 titres

 124

Glénat Mangas
112 titres

 91

Vents d'Ouest
70 titres

 67

Caravelle
4 titres

 5

Paris-Bruxelles
7 titres
 
Groupe Flammarion 265 titres (soit 7,36%) 238 titres (soit 7,75%)
Casterman
126 titres

 140

Sakka

25 titres

 
Audie (Fluide Glacial)
33 titres

 38

Jungle

20 titres
 
J'ai Lu
49 titres

 40

Librio
5 titres

 7

Groupe Soleil 257 titres (soit 7,13%) 207 titres (soit 6,74%)
avec Soleil Manga, Gochawon consacré aux manwhas, et la résurrection du label Futuropolis détenu à 50% avec Gallimard

Soleil

195 titres

 

Futuropolis

6 titres

 

Gochawon

11 titres

 

Soleil Manga

45 titres

 

SEEBD 233 titres (soit 6,47%) 158 titres (soit 5,14%)

Akiko, Saphira, Kabuto et Tokébi

   
Panini 177 titres (soit 4,91%) 137 titres (soit 4,46%)

Génération Comics

109 mangas

 

Marvel France

61 comics

 
Pika 120 titres (soit 3,33%) 72 titres (soit 2,34%)
cet éditeur est à la 3ème place sur le marché des mangas et innove en lançant une série documentaire pour les plus jeunes
Groupe Tournon 78 titres (soit 2,16%) 96 titres (soit 3,12%)

Semic

28 titres

67

Carabas

40 titres

29 

Kami

10 titres

 
Humanoïdes Associés 69 titres (soit 1,91%) 72 titres (soit 2,34%)
Asuka 64 mangas (soit 1,77%) 30 titres (soit 0,97%)
Albin Michel BD 60 titres (soit 1,66%) 62 titres (soit 2,01%)
Groupe Bayard 71 titres (soit 2,31%) 29 titres (soit 1,15%)

Bayard

50 titres

 

Milan

7 titres

 

Treize Etrange

13 titres

 
Albin Michel BD 60 titres (soit 1,66%) 62 titres (soit 2,01%)
Paquet 53 titres (soit 1,47%) 38 titres (soit 1,23%)
Groupe La Martinière

52 titres (soit 1,44%)

55 titres (soit 1,79%)

EP Editions

29 titres

33

Le Seuil

17 titres

17

Petit à Petit

5 titres

 4

Bamboo 51 titres (soit 1,41%) 40 titres (soit 1,3%)
Taïfu (ex Punch Comics) 48 mangas (soit 1,33%) 4 (soit 0,13%)
Groupe Bayard 46 titres (soit 1,27%) 71 titres (soit 2,31%)
leader de la BD jeunesse    

Bayard

24 titres

 

Milan

9 titres

 

Treize Etrange

 13 titres

 

Ces 17 prolifiques éditeurs, ténors du marché (ils étaient 23 l'an passé), réalisent, à eux seuls, plus des 2/3 des activités de la BD et ont publié plus de 70% de la production en titres, ce qui laisse peu de marge de manoeuvre aux encore nombreux labels indépendants (Akileos, L'Association, Assor BD, Atrabile, La Boîte à Bulles, La Cafetière, Charrette, Clair de lune, Cornélius, Le Cycliste, Dynamite, FLBLB, FRMK, Grafouniages, Groinge, Hibou anciennement Loup, Joker, JYB Aventures, Mégalithes, Mosquito, Niffle, Nocturne, PLG, Rackham, Les Requins Marteaux, Six pieds sous terre, Tartamudo, Theloma, Triomphe, USA…, ou encore Cornélius, Ego comme X, Le Lézard noir et Vertige Graphic qui publient quelques mangas alternatifs) et aux nouveaux venus : Jouve, Cà et là, Cycliques, Des ronds dans l'O, Kymera, Pif Editions, Toth, Warum, Wetta ou encore Actes Sud (qui a pris 50% du capital de L'An 2), Hoëbeke, Grasset, M6, Hachette Littératures ou Kurokawa (label manga d'Univers Poche, filiale d'Editis), éditeurs généralistes pourtant bien armés sur le plan diffusion et distribution.

* "Mangalisation" des grosses ventes : même si le nouveau "Astérix" (mis en place à 3.178.000 exemplaires) et 77 séries bénéficient d'énormes tirages, les mangas se placent régulièrement parmi les meilleures ventes, tel "Naruto" dont 6 tomes (tirés entre 70 et 110 000 exemplaires chacun) sont parus en 2005. Alors que le tirage moyen baisse toujours et que le taux des retours augmente, la BD reste à l'origine des plus gros succès de l'édition francophone, tous genres confondus. Jamais un livre n'aura été tiré à autant d'exemplaires que le nouveau "Astérix" d'Albert Uderzo (3 178 000 exemplaires, dont 2 400 000 vendus, soit 75% du tirage initial, en à peine deux mois) !

D'après les chiffres de tirages communiqués par les éditeurs, il y a même eu 77 autres locomotives alors qu'elles n'étaient que 69 en 2004 et 59 en 2003 !

hors-série "Titeuf" de Zep ("Petite poésie des saisons" 600.000 ex
"Le petit Spirou" de Tome et Janry 600.000 ex
"XIII" de Van Hamme et Vance 500.000 ex.
"Largo Winch" de Van Hamme et Francq 500.000 ex.
"Kid Paddle" de Midam 400.000 ex.
"Cédric" par Cauvin et Laudec 400.000 ex.
"Boule et Bill" de Verron (d'après Roba) 380.000 ex.
"Le Chat" de Geluck 375.000 ex.
"Lanfeust des étoiles" d'Arleston et Tarquin 300.000 ex.
"Spirou" de Morvan et Munuera 215.000 ex.
2 titres des "Tuniques bleues" de Cauvin et Lambil 200.000 ex (chacun)
2 titres des "Profs" d'Erroc et Pica 180.000 ex (chacun)
"Le cycle de Cyann" de Bourgeon 180.000 ex
"Trolls de Troy" d'Arleston et Mourier 180.000 ex
"Blacksad" de Canales et Guarnido 180.000 ex
"Blueberry" de Giraud 170.000 ex
"Les Schtroumpfs" du studio Peyo 150.000 ex
"Yoko Tsuno" de Leloup 150.000 ex
2 collectifs "MégaTchô" 150.000 ex
"Tom-Tom et Nana" de Guibert et Desprès 140.000 ex
"Le petit bleu de la côte ouest" de Tardi 130.000 ex
"Le Scorpion" de Desberg et Marini 130.000 ex
"L'élève Ducobu" de Zidrou et Godi 130.000 ex
"Bételgeuse" de Léo 125.000 ex
"Les conquérants de Troy" d'Arleston et Tota 120.000 ex
"Sillage" de Morvan et Buchet 120.000 ex
"Alix" de Martin et Morales 120.000 ex
"Les aventures de Bigard" de Clech et Bigard 120.000 ex
"Marsupilami" de Dugomier et Batem 110.000 ex
"L'Epervier" de Pellerin 110.000 ex
"Zidane" de Pierret et Venanzi 100.000 ex
"Caméra Café" de Le Bolloc'h Van Linthout, Didgé et Stibane 100.000 ex
"Le vol du corbeau" de Gibrat 100.000 ex
"I.N.R.I." de Convard, Falque et Wachs 100.000 ex
"Le chant des Stryges" de Corbeyran et Guérineau 100.000 ex
"Golden City" de Pecqueur et Malfin 100.000 ex
"Les blagues de Toto" de Coppée 100.000 ex
"Léonard" de Bob de Groot et Turk 100.000 ex
"Lady S." de Van Hamme et Aymond 100.000 ex
"Le chat du rabbin" de Sfar 100.000 ex
2 titres du "Donjon de Naheulbeuk" de Lang et Poinsot 100.000 ex

Si les mangas sont tirés à moins d'exemplaires, les nouveaux tomes des séries se succèdent dans des délais très rapprochés. Ainsi, sont parus en 2005 :

6 recueils de "Naruto" tirés chacun entre 70.000 et 110.000 ex.
2 de "Gunnm Last Order" 70.000 ex par tome
6 de "Yu-Gi-Oh !" 60.000 ex par tome
3 de "Fruits Basket" 60.000 ex par tome
3 de "Fullmetal Alchemist" 60.000 ex par tome
6 de "Shaman King" 55.000 ex par tome
6 de "Samouraï deeper Kyo" 50.000 ex par tome
2 de "Hunter x Hunter" 50.000 ex par tome
5 de "One Piece" 50.000 ex par tome
2 de "Nana" 40.000 ex par tome
5 de "Saint Seiya" 40.000 ex par tome
5 de "Tsubasa" 40.000 ex par tome
2 de "Negima !" 40.000 ex par tome
4 de "Rave" 35.000 ex par tome
6 de "Angel Heart" 30.000 ex par tome
1 de "Monster" 30.000 ex par tome
5 de "XXX Holic" 30.000 ex par tome
"Step up Love Story" 30.000 ex par tome

des séries qui concentrent plus de 40% des ventes de mangas. Par contre, parmi les manwhas, seuls "Chonchu" et "Yureka" atteignent les 20.000 ex., pour le moment !

Bien sûr, ce ne sont que des chiffres de tirage ; mais ils ne sont guère éloignés de ceux des ventes réelles, lesquels seront connus dans les premiers mois de 2006. Cependant, l'écart se creuse, de plus en plus, entre gros tirages et peloton des ventes moyennes (situées, désormais, bien en dessous des 10.000 exemplaires). Si ce sont les indépendants qui souffrent le plus (2005 est même, pour la plupart d'entre eux, une bien mauvaise année), les grands éditeurs sortent leurs épingles du jeu en multipliant de grosses mises en place et en donnant toute liberté aux diffuseurs. Même si les éditeurs multiplient les rééditions (39 d'entre elles sont des mangas) sous forme d'intégrales (209 titres pour 189 en 2004), d'éditions "new-look" (228 titres pour 223 en 2004) ou de tirages de luxe (75 titres pour 70 en 2004), rien n'y fait ! D'autant plus que la fréquentation des librairies est en chute libre (c'est pourtant dans ces 2000 points de vente que se vendent 80% des albums), que le panier moyen est en baisse et que le marché du livre, en général, a vraiment du mal à décoller !

* "Mangalisation" des métiers de la BD : de plus en plus de dessinateurs ou de scénaristes (ils sont 1.322 à vivre de leur métier sur le territoire francophone européen) s'inspirent des codes graphiques et narratifs des mangas. Pendant l'année 2005, la profession a appris les regrettables disparitions (rien qu'en Europe francophone) de Pierre Léon Dupuis (prolifique dessinateur impliqué dans la défense syndicale des lois sociales pour les auteurs de BD), Mariel Dauphin (illustratrice à L'Humanité), Georges Bernier (alias Le Professeur Choron, créateur d'Hara-Kiri), Pierre Forget ("Thierry de Royaumont"), Jean-Claude Glasser (spécialiste des comics strips américains), Jicka (l'un des dessinateurs des "Pieds Nickelés"), Hoviv (dessinateur de presse), Laurence Harlé (scénariste de "Jonathan Cartland" et membre fondateur de l'ACBD), Charlie Schlingo (responsable du journal Gros Dada), Eduardo Teixeira Coelho (dessinateur portugais qui a longtemps travaillé en France pour Vaillant puis Pif Gadget, sous le pseudonyme de Martin Sièvre, avec "Ragnar le viking", "Robin des bois"…), Paul Deliège ("Bobo" et "Les Krostons"), Raymond Maric (dessinateur de "Tom & Jerry" et l'un des scénaristes des "Pieds-Nickelés")…

Toutefois, la profusion des albums de BD explique le fait qu'il y ait de plus en plus de personnes qui vivent, plus ou moins bien, de ce mode d'expression. Sans être obligatoirement inscrits comme professionnels, 1322 auteurs ont au moins 3 albums disponibles et un contrat en cours ou travaillent de façon systématique pour la presse. Ils s'assurent donc ainsi un salaire moyen régulier, même s'il s'avère de plus en plus difficile d'exister dans ce marché bien encombré. Parmi ces 1322 auteurs (ils étaient 1298 en 2004) notons que 121 (soit 9,15%) d'entre eux sont des femmes (contre 109, soit 8,39%, en 2004), que 218 (soit 16,49%) sont scénaristes sans être également dessinateurs (contre 206, soit 15,87%, en 2004) et que certains sont aussi coloristes, lettreurs, maquettistes, responsables éditoriaux, traducteurs…

Certains de ces auteurs s'inquiètent aussi du succès de ces mangas peu coûteux, car les achats de droits par les éditeurs sont plus rentables qu'un salaire attribué à un auteur. Ils sont, cependant, de plus en plus nombreux à s'inspirer des codes graphiques (grands yeux, dessin stylisé…) et narratifs (peu d'ellipses, ne s'interdire aucun sujet…) des mangas, comme le prouve le nouveau label Cosmo des éditions Dargaud où collaborent auteurs francophones et asiatiques, nombre de séries chez Delcourt ("Les légendaires", "Pixie", "La rose écarlate"…), chez Glénat, chez Soleil, chez Paquet ou aux Humanoïdes associés.

Le catalogue de ces derniers rassemble des graphistes de diverses origines maîtrisant un trait où l'on sent la nette influence des BD asiatiques et américaines : irait-on vers un style universel ? En effet, le territoire francophone n'est pas une exception : c'est toute l'Europe (celle du Nord, de l'Est, l'Italie et l'Espagne qui se sont mis aux mangas humoristiques, genre qui n'a pas encore conquis les lecteurs francophones, etc.) qui s'est laissée séduire par les BD asiatiques. Certains tentent même de trouver des solutions pour freiner cette invasion, privilégiant les expériences avec les USA ou la Chine. Pour le moment, cela n'empêche guère la BD japonaise d'être la plus traduite sur le territoire francophone : sur les 1142 mangas, parus en 2005, 937 viennent du Japon, 195 de la Corée, 9 de Hong-Kong et 1 de Chine.

Face au succès des mangas et des manwhas, seuls les très protectionnistes Etats-Unis réussissent à imposer leurs comics de super-héros car, sur les 2701 nouveautés BD publiées en albums en 2005 (en France, Belgique et Suisse), 207 (163 l'an passé) sont d'origine américaine (soit 5,75% et 5,30%, en 2004). Ce secteur est dominé par le groupe Panini France qui a récupéré les droits d'édition des comics DC (l'éditeur américain de "Batman"et de "Superman") après avoir imposé sa marque en Europe, en s'affirmant comme le leader du marché des comics de super-héros avec l'exclusivité des BD Marvel comme "X-Men", "Spider-Man" ou "Fantastic Four". Panini France devient ainsi le plus gros éditeur francophone de BD "made in USA", loin devant ses éventuels concurrents : Semic qui jette l'éponge au niveau de la vente en kiosque, Delcourt déjà propriétaire de la licence "Star Wars" de chez Dark Horse et qui s'aventure, à nouveau, sur le terrain des magazines vendus en kiosques par le biais de comics issus des catalogues Aspen, Top Cow et TMP ("Spawn"), ou encore Kymera, USA, Wetta (qui publie aussi des manwhas), Soleil, Akileos et Bamboo qui lance Angle Comics axé sur des comics indépendants destinés aux adolescents. Alors que l'on dénombre aussi 44 BD italiennes (contre 32 en 2004), 15 BD espagnoles (contre 20 en 2004), 10 BD argentines (contre 8 en 2004)…, on obtient, au total, 1470 traductions -tous horizons confondus- (contre 1020 l'an passé), c'est-à-dire 54,42% (48,11% en 2004) des nouveautés.

* "Mangalisation" de la culture BD : la respectabilité du 9ème art n'est en aucun cas diminuée par l'arrivée des mangas, lesquels ont gagné leurs lettres de noblesse. Quand ils sont arrivés sur le territoire francophone européen sous forme de dessins animés, les mangas ont marqué des générations de téléspectateurs mais ont aussi irrité nombre de parents et de pédagogues. Ce genre si décrié pour sa violence et ses scénarios infantiles a su toucher un public réfractaire à la lecture et est devenu, aujourd'hui, avec le mûrissement du lectorat, très tendance : désormais, les éditeurs proposent les classiques du genre, le cinéma multiplie les adaptations et les journalistes célèbrent, à qui mieux mieux, le génie d'un Osamu Tezuka ou d'un Jirô Taniguchi.

Si certains éditeurs entretiennent le patrimoine du 9ème art européen ou américain, la plupart privilégient, aujourd'hui, les grands classiques japonais qui n'ont pas encore été traduits en français et les oeuvres destinées à un lectorat plus adulte. Ainsi, Glénat propose-t-il la collection "Bunko" qui se veut "La Pléïade" du manga (avec les œuvres de Kazuo Umezu), Asuka, Taïfu, Cornélius, Soleil Mangas, Tonkam et Delcourt (par le biais de son label Akata) se partagent-ils les inédits d'Osamu Tezuka, Imho nous fait-il découvrir Hideshi Hino et Vertige Graphic a-t-il jeté son dévolu sur Keiji Nakazawa et Yoshihiro Tatsumi…

En 2005, l'année des 100 ans de "Bécassine" ou de "Little Nemo" et des 50 ans de "Ric Hochet, 107 titres datant de plus de 20 ans, inédits ou introuvables, soit 3,96% des nouveautés (contre 70 et 3,30% en 2004), ont été édités en album. Parmi eux, signalons particulièrement quelques joyaux oubliés ou inconnus de Martial (chez ABDL), Cliff Sterett (chez L'An 2), Charles M. Schulz (chez Dargaud), Elzie Segar (chez Denoël Graphic), Jean Teulé (chez Ego comme X), Eu. Gire, René Pellos, Raymond Poïvet, Pierre Le Guen et Roger Lécureux (chez Glénat), Jean Graton (chez Graton), Winsor McCay (chez Horay), Luciano Bottaro (chez Jouve), Ivo Milazzo (chez Ligne d'ombre et Mosquito), Gérald Forton et Yves Duval (chez Hibou), Attilio Michelluzzi, Dino Battaglia et Carlos Gimenez (chez Mosquito), Jack Kirby et Frank Miller (chez Panini), Kline (chez Pif Editions), Raymond Maric (chez Regards), Bob Kane, Joe Shuster et Neal Adams (chez Semic), Jaime Hernandez (au Seuil), Will Eisner et John Buscema (chez Soleil), Dimitri (chez Taupinambour/Le Coffre à BD), Gervy (au Triomphe)…

Si les éditeurs de BD tentent de valoriser les classiques, ils essaient de rentabiliser leur fonds avec les droits vendus au cinéma. Malgré des adaptations plus ou moins réussies ("Charly" avec "L'avion", "Le démon de midi", "La boîte noire", "Les chevaliers du ciel" ou "Iznogoud"), cette année, le 7ème art a surtout été conquis par les comics ("Elektra", "Batman begins", "Les 4 fantastiques", "A History of Violence", "Sin City"…) et par les mangas ("Le château ambulant", "Kié la petite peste", "Appleseed"…).

Notons que la plupart des BD japonaises qui arrivent en Europe ont souvent fait l'objet d'une adaptation en dessin animé et sont déjà connues et appréciées d'un large public : facteur fondamental qui explique, en partie, le succès de la BD asiatique aujourd'hui. Cependant, de nombreux projets francophones sont toujours en cours : "Astérix", "La bête est morte", "Blacksad", "Le combat ordinaire", "Grand Vampire", "Largo Winch", "Marsupilami", "Rahan", "Le messager", "Neige", "Le triangle secret", "Lucky Luke", "Thorgal"…, et l'arlésienne "Tintin" (personnage de BD préféré des Français) par Spielberg !

La BD continue à être un vivier pour les scénarios de films, téléfilms, dessins animés, jeux vidéo ou de société, pièces de théâtre..., et les images BD, s'inspirant de plus en plus du graphisme des mangas, alimentent également nombre de produits dérivés et le secteur publicitaire. On les retrouve dans les 258 recueils d'illustrations publiés 2005, dont 77 dessins d'humour (55 en 2004) et 89 textes illustrés (92 en 2004). A l'exception de notables programmes sur Arte, France 5 ou Public-Sénat, la télévision reste le seul média qui a encore du mal à admettre la BD comme culture respectable : heureusement, les journalistes sont de plus en plus au fait de la question. Certains, réunis au sein de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) remettent le Grand Prix de la Critique à un album remarquable paru dans l'année ; en 2005, il a été décerné à "Les mauvaises gens" d'Etienne Davodeau chez Delcourt. On notera, dans le reste de leur sélection, une mise en avant de quelques mangas ou manwhas remarquables signés Jirô Taniguchi, Osamu Tezuka, Kazuo Umezu, Naoki Urasawa ou Kim Dong Hwa.

* "Mangalisation" des médias : de plus en plus de revues et de sites Internet sont consacrés à la BD asiatique et tous les relais d'opinion se sont entichés des mangas. Les mangas possèdent donc, désormais, leurs propres revues de pré-publications : Clamp Anthology, Coyote, D.Mangas, Dragon Ball, Mangas Hits (lancé à 100 000 ex., en partenariat avec M6), Manga Kids, Maniaks ou Tokebi (alors que Shônen, qui était, lui aussi, vendu en librairies, ne paraît plus). Si les magazines critiques ont plus de mal à exister (Le Virus Manga a disparu mais il reste AnimeLand, Mangajima, Mangascope…), le phénomène manga alimente les pages de tous les magazines, qu'ils soient spécialisés ou non. Quant au nombre de véritables magazines de BD, il se stabilise !

Côté comics américains super-héroïques ("Spider-Man", "X-Men", "Batman"…), 31 fascicules tirés entre 25 et 35 000 ex. paraissent régulièrement (il y en avait 30 en 2004).

Côté BD classiques, 24 revues spécialisées BD (contre 28 en 2004) tentent de reconquérir le réseau presse : Spirou qui accueille un nouveau (et ancien) rédacteur en chef (Patrick Pinchart, lequel avait déjà assumé ces fonctions de 1987 à 1993), Le Journal de Mickey, Picsou Magazine et Super Géant, Mickey Parade, Witch, Kids' Mania, J'aime la BD !, Capsule Cosmique, Pif Gadget qui s'est doté d'un petit frère (Glop Glop) et qui relance Toutàlire, Bugs Bunny Magazine et Poche, Cap'tain Swing !, Tchô, Lanfeust Mag, Fluide Glacial (qui fête ses 30 ans et s'accorde un nouveau rédac'chef : Thierry Tinlot, l'ancien "boss" de chez Spirou), Psikopat, L'Echo des Savanes, Ferraille, Bédé Adult', Bédé X S.M... Sans oublier l'arrivée de Zap Toon, le magazine des héros télé, mensuel mis en place à 80 000 exemplaires !

Toutefois, 15 revues (contre 12 en 2004) préfèrent la distribution en librairies spécialisées, à l'instar de Bile Noire, La Lunette, Patate Douce, Le Phaco, La Maison qui pue, Choco Creed, Clafoutis, Le Labo, Afro Bulles, Fusée, L'Inédit et Black, ou les récents Mococo, Short, Bonono… D'autre part, de plus en plus de magazines proposent des BD : ainsi 368 albums ont été pré-publiés, soit 13,62% des nouveautés (il y en avait 339, soit 15,99%, en 2004) et le quotidien Libération s'est essayé, cet été, à la vente couplée, proposant un album de BD avec le journal du samedi. Malgré la disparition de Bédéka et la future reconversion de Bandes Dessinées Magazine (et de son annuel L'Année de la BD), l'actualité de la BD est également bien couverte, comme le prouve l'existence de 4 revues parlant du 9ème art, diffusées dans les kiosques, Relay et Maisons de la Presse : le vétéran Bo Doï, Bang ! (le n° 1 de la nouvelle formule, co-éditée avec Les Inrockuptibles, était consacré à la BD asiatique), la résurrection de Comic Box (spécialisé dans les super-héros) et BullDozer (qui prend le relais des DBD).

Par ailleurs, 14 magazines érudits se vendent en librairies, telles les références que sont Hop ! et Le Collectionneur de Bandes dessinées [CBD] ou les non moins indispensables L'Avis des Bulles, Blam !, Canal BD Magazine (doublé avec Le Magazine Album), Comix Club, L'Inédit, La Lettre, 9e Art, On a marché sur la bulle, Pimpf Mag, PLG, Samizdat ou Scarce.

Nous avons aussi relevé 89 livres écrits sur la BD (41 monographies, 24 guides pratiques et 24 ouvrages techniques), dont 17 consacrés à l'art du manga (encore un effet de la "mangalisation" !), outre les nombreux mémoires réalisés par des étudiants.

Cependant, l'intérêt pour l'étude de la BD se retrouve surtout sur 17 des plus importants sites informatifs et non commerciaux d'Internet, lesquels sont de plus en plus performants et consultés. Il s'agit de bdparadisio.com (360.000 visites par mois), actuabd.com (97.500), bdselection.com (90.000), bulledair.com (70.000), sceneario.com (62.000), bdzoom.com, auracan.com, toutenbd.com (60.000), infosbd.com avec bdzap.com (55.000), bdtresor.net (40.000), labd.cndp.fr (20.000), bdcentral.com (19.800), bdtheque.com (18.000), 1001bd.com, planetebd.com ou encore de l'ensemble constitué du logiciel de gestion de collections de BD bdgest.com et du site bedetheque.com avec 456.000 visites par mois ! Des chiffres qu'envient leurs équivalents sur papier !

Si ces différents sites parlent aussi des mangas, d'autres ne se consacrent qu'à la BD asiatique, tels animeland.com, mangajima.com, mangavore.net, manga-news.com, mangaverse.net, webotaku.com, ou encore finalmanga.net, krinein.com, reanimation.com, the-ryoweb.com… Le Net, avec ses "chats", blogs, forums, BD inédites, achats en ligne mais aussi, hélas, ses piratages, est devenu, aujourd'hui, le lieu où la bédéphilie s'exprime le plus : espérons que s'y formeront des lecteurs avec assez d'ouverture d'esprit pour s'intéresser autant aux mangas qu'aux autres formes de littératures, graphiques ou non : ne soyons pas trop inquiets, cela a bien l'air d'en prendre le chemin !

Informations et étude émanant de Gilles Ratier, secrétaire général de l'ACBD (Association des journalistes et Critiques de Bandes Dessinées). 21/12/05.

 
Etienne Davodeau : Grand Prix de la Critique !

Le Grand Prix 2005 de la Critique Bandes Dessinées couronne l’ouvrage d’Etienne Davodeau : Les mauvaises gens, une histoire de militants aux éditions Delcourt.

Avec ce prix, l’ACBD, l’Association des Critiques et journalistes de Bandes Dessinées, consacre un artiste engagé et exigeant qui, depuis quelques années déjà, tout en continuant à produire des oeuvres de fiction très personnelles, creuse la veine du reportage en bande dessinée. Etienne Davodeau a recueilli les souvenirs de ses parents ouvriers syndicalistes dans la région réputée conservatrice du Maine-et-Loire. De cette histoire singulière, l’auteur a tiré un document aussi précis qu’émouvant sur l’histoire contemporaine de la gauche française, jusqu’à l’élection de François Mitterrand.

Les 4 autres nominés au Grand Prix de la Critique 2005 :
- Bonne santé de Charles Masson (Casterman)
- Période glaciaire de Nicolas de Crécy (Futuropolis/Le Louvre)
- La bicyclette rouge de Kim Dong Hwa (Paquet)
- Malet de Nicolas Junker (Treize Etrange)

L’ACBD compte 68 journalistes et critiques qui parlent régulièrement de bande dessinée dans la presse écrite, audiovisuelle, nationale et régionale, et dans les nouvelles technologies. Cette année, le “Grand Prix de la Critique Bandes Dessinées” de l’ACBD a été choisi parmi quelques 2700 nouveautés publiées dans l’espace francophone européen (France, Belgique, Suisse) qui témoignent d’une production en augmentation constante depuis 10 ans.

Source : communiqué de Gilles Ratier - Secrétaire Général de l'ACBD

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