Que venez-vous de lire et qu'en avez-vous pensé? (19)

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1051. suzix@bdp - 11/01/19 14:27
j'ai une affiche de Tiburce Oger de plus d'un mètre de haut dans ma cage d'escalier. Assez kitch mais originale de par sa composition. Mais pas de Tintin. C'est gave docteur? (;o)



1050. pm - 11/01/19 14:24
Perso, je trouve complètement con d'accrocher une planche originale au mur.

Pas moi, je trouve ça merveilleux, même si ce n'est pour moi qu'un complément superbe à l'album en EO. Mes quelques planches j'adore les admirer longuement, mais j'aime aussi beaucoup les illustrations de ces auteurs, ce que ma femme préfère.

Ca fait partie d'un tout, d'une histoire.

Oui, justement ça fait partie d'un tout, c'est même juste une étape de travail, la finalité étant l'album, mais c'est aussi ce que je trouve fascinant, quand la partie du tout concentre un réel intérêt artistique ( graphique et narratif ) en elle même.

Le seul intérêt, c'est l'aspect spéculatif.

Si c'était le cas il n'y aurait pas d'aspect spéculatif justement. Si les planches pénètrent le marché de l'art c'est qu'elles ont un intérêt artistique, ça ne peut pas être que du snobisme ni de la spéculation, la bulle s'effondrerait très vite.

Je n'y vois que peu d'intérêt esthétique.

Ca c'est ton problème, j'ai souvent remarqué dans tes critiques que le dessin et même la narration dessinée n'avait qu'une faible importance pour toi par rapport au scénario. Personnellement je ne suis pas d'accord, justement parce que c'est un tout.
Cependant je peux très bien comprendre que les étapes de travail ne t'intéressent pas, je suppose donc que tu ne vas jamais voir des expos de planches de bandes dessinées.
je ne dirai pas que tu as tort ou raison ou que c'est con ou intelligent, je dirai que c'est ton approche. De mon coté c'est le contraire, je pense que quand je me suis remis à lire de la bande dessinée il y a une vingtaine d'années le scénario était est le plus important et que je pouvais passer sur un dessin soit peu maîtrisé soit manquant de charme ( Davodeau est l'exemple qui me vient ) alors que maintenant l'aspect graphique est devenu primordial, même si bien sûr cela reste un tout.

Je n'ai jamais acheté de planche originale et je ne le ferai jamais. Je suis bien d'accord avec Schuiten sur ce point

Sauf que Schuiten est le roi des faux-cul sur ce point. Je ne sais pas combien il possède de planches, hormis les siennes, mais non seulement on le voit régulièrement traîner dans les galeries de ventes de planches et je sais qu'il a acheté une planche de Jacobs, une des fameuses planches qui n'aurait jamais dû se trouver en vente, ce dont il était bien au courant.

Mais les illustrations originales, là ca me plaît bien (couverture, ex-libris, poster, affiche de festival, dessin pour portfolio, dessin pleine page). J'en ai quelques unes d'ailleurs.

J'aime aussi. Si ce sont des originaux oui, si ce sont des reproductions ça dépend. Une simple affiche 50X70 d'une couverture de Tintin en offset m'intéresse peu, même si Hergé faisait des couvertures magnifiques. Une sérigraphie du Starwatcher ou une illustration originale d'un auteur que j'aime, oui.

1049. Quentin - 11/01/19 13:56
C'est une excellente comparaison, merci Stefan. Pour moi, accrocher une planche originale de BD à son mur, c'est comme accrocher une page manuscripte de Balzac à son mur. Ca ne me dit rien.

1048. Quentin - 11/01/19 13:54 - (en réponse à : pm)
Je me suis mal exprimé. Je ne parlais pas des planches originales. Je voulais dire que ceux dont on se souviendra sont ceux dont on accroche les illustrations/posters au mur.

Quel adulte encadrera un poster d'Astérix ou des Schtroumps pour le mettre dans son salon? Par contre Tintin, Moebius, Schuiten, Franquin, oui, on en voit plein. Mattotti, ca le fait aussi. C'est là que le génie de Moulinsart s'est exprimé: en vendant des cases de Tintin comme des posters, ou des dessins de Tintin sortis de leurs cases, sans phylactère. Ils en ont fait autre chose que des histoires et des planches de BD; ils en ont fait de l'art. Ironique quand on pense qu'Hergé voulait abandonner la BD pour faire de l'art. En fait il en faisait sans le savoir, comme Monsieur Jourdain.

Perso, je trouve complètement con d'accrocher une planche originale au mur. Ca fait partie d'un tout, d'une histoire. Le seul intérêt, c'est l'aspect spéculatif. Je n'y vois que peu d'intérêt esthétique. Je n'ai jamais acheté de planche originale et je ne le ferai jamais. Je suis bien d'accord avec Schuiten sur ce point (même si je comprend l'intérêt des auteurs qui vendent leurs planches, et même si je n'ai rien contre les gens qui aiment ca et qui claquent tout leur fric dedans). Mais les illustrations originales, là ca me plaît bien (couverture, ex-libris, poster, affiche de festival, dessin pour portfolio, dessin pleine page). J'en ai quelques unes d'ailleurs.

1047. Stefan - 11/01/19 13:47
Oui, je ne suis pas du tout d'accord avec toi Quentin.

Je pense que quand les gens pensent à Tintin, par exemple, ils pensent avant tout aux histoires, aux albums, aux dessins aussi, mais c'est un tout. La BD c'est un art à part entière, même s'il est beaucoup snobé, j'espère sincèrement que l'apport de ses plus grands talents ne sera pas réduit à leurs qualités graphiques décoratives, mais qu'ils pourront rester en tant qu'auteur ou dessinateur de BD.

Extraire une case d'une BD, l'agrandir et porter un jugement sur la BD en question du genre "regardez ça, la BD ce n'est pas de l'art, c'est très joli mais vous pouvez pas comparer ça à la Joconde" ou en extraire les textes et dire : "regardez, la BD, ce n'est pas de la grande littérature, c'est incompréhensible et mal écrit ou peut pas comparer ça à du Balzac", c'est aussi absurde que d'aller desceller un bloc de pierre du mur d'une cathédrale et dire "Regardez, l'architecture, c'est vraiment pas de l'art, c'est tout cubique et tout statique on peut pas comparer ça à du Michel-Ange"

Je sais que tu ne dis pas ça non plus, mais ça revient un peu à dire ça en fait, c'est très réducteur pour le média bande dessinée lui même et je crois et j'espère que tu te trompes.

1046. pm - 11/01/19 13:06
Peyo c’est aussi quasi intouchable en originaux ( très peu circulent ) et Jijé c’est plutôt courant, tout a été vendu, donc pas hyper cher même si ça monte ces dernier temps. Dans ces deux cas ça s’accroche impeccablement au mur. Pour Jijé il faut faire attention car de nombreuses planches sont salies ou abîmées.

1045. pm - 11/01/19 13:01 - (en réponse à : Quentin)
Tu peux ne pas rentrer dans l’univers de Cabanes de «  Dans les villages » mais tu ne peux pas dire que ce n’est pas original. Personnellement je pense que c’est tellement original que c’est un genre à lui tout seul.
Sinon tu as raison, ma femme qui ne connait pas énormément la BD connait et aime Mattotti, dont le style est reconnaissable au premier coup d’oeil. Cabanes et Bezian ne lui diront rien, et pourtant j’ai une magnifique planche de Cabanes.
Pour ce qui s’accroche je pense que tu n’es pas très au courant , une planche d’Uderzo est un must absolu, vraiment magnifique et pas du tout dans mes moyens. Tu te trompes aussi sur Moebius, une planche du maître c’est bien souvent beaucoup plus cher qu’un dessin d’illustration ( souvent petits car les sérigraphie sont très agrandies, comme celles du Starwatcher ) et c’est curieusement en mouenne plus cher qu’une superbe Blueberry. Et ça s’accroche impeccablement au mur.

1044. Danyel - 11/01/19 11:36
"Qui verriez-vous ?" était une manière de suggérer le déficit de scénaristes dans les choix que je peux lire (je m'inclus dans la remarque).

1043. Bert74 - 11/01/19 11:14 - (en réponse à : Danyel)
Oui, il l'a dit. Facile 5-6 fois depuis 15 ans.
Comme disait Mark Twain : "S'arrêter de fumer est la chose la plus facile au monde. Personnellement, je l'ai déjà fait 4657 fois."

Bon effectivement, il ne viendra vraisemblablement pas chercher son prix (sortir du trou du cul de l’Angleterre pour aller dans le trou du cul de la France, aussi... A pardon, le Maître parle de "nombril" et pas de "trou du cul"...).

Mais je répondais surtout à ta question : "Qui verriez-vous..."

1042. Danyel - 11/01/19 10:52 - (en réponse à : Bert.)
Nan, mais il a clairement dit qu'il ne faisait plus parti du monde de la BD. Il refuserait probablement le prix s'il lui était décerné.

1041. Quentin - 11/01/19 10:42 - (en réponse à : Danyel)
En fait, pour qu'on se souvienne d'un dessinateur de BD dans le futur, on pourrait dire qu'il doit être un bon illustrateur dont on peut accrocher les dessins aux murs. Hergé, Franquin, Moebius, Mattotti, Schuiten, Bilal: on accroche leurs dessins aux mur sans problème. On se souviendra d'eux. Ils ont acquis le statut d'artiste qu'on expose en galerie. Jijé, Cabanes, Bézian, non. On peut reprocher beaucoup de choses aux héritiers d'Hergé, mais on peut en tout cas reconnaître qu'ils ont fait un excellent boulot pour faire reconnaître Hergé comme un artiste, un vrai, un qu'on peut exposer sans honte. Ils l'ont fait sortir des BD pour l'accrocher aux murs, pour le mettre sur des tasses et des T-shirts. Un autre chemin pour la postérité, ce sont donc les produits dérivés. Astérix, les schtroumpfs ne s'accrochent peut-être pas aux murs, mais ils sont entrés dans la culture populaire et ont les trouve également partout en merchandising. On se souviendra d'eux pendant longtemps (les produits dérivés se vendront sans doute toujours dans 100 ans).

1040. Stefan - 11/01/19 10:38
un barbu

1039. bert74 - 11/01/19 10:30
Mais qui verriez-vous comme pur scénariste ?

Ca me semble évident, et son nom remonte systématiquement dans la short-list d’Angoulême.

1038. Danyel - 11/01/19 10:22
Mattotti est reconnu auprès d'un public plus large que les bédéphiles plutôt comme illustrateur que comme dessinateur de bande dessinée. Et quand j'écris "reconnu", j'entends par là identifiable, pas célèbre. Pas sûr que beaucoup connaissent son nom. Car, au fond, peu de personnes mises en contact avec une image se soucient de savoir qui en est l'auteur.

Perso, je voterais pour Chris Ware.

Mais qui verriez-vous comme pur scénariste ?

1037. Quentin - 11/01/19 10:03 - (en réponse à : Stefan)
Les jardins d'Edena, c'est quand même une grosse merde illisible sur la fin. Le succès populaire de Moebius en BD vient de Jodorowsky. Son succès auprès de ses pairs vient de BD plus expérimentales et plus confidentielles (Arzach, Major fatal).

Mais pour moi, Edena c'est surtout la maison d'édition qui faisait des produits dérivés absolument superbes: cartes postales, posters, portfolios. Peut-être gagnait-il plus d'argent là dessus? Il était en tout cas meilleur en tant qu'illustrateur (le meilleur!) qu'en tant que dessinateur de BD car il n'avait pas grand chose à raconter et que ses délires oniriques passaient beaucoup mieux en illustration qu'en narration. Ses illustrations avaient beaucoup de succès à l'époque en tout cas; on les voyait partout, on pouvait les acheter partout. Encore aujourd'hui, si on regarde les sites internet dédiés à Moebius, ce sont ses illustrations qui dominent, pas ses planches. Moebius a aussi travaillé sur des projets de films hollywoodien. Donc même s'il ne vendait pas beaucoup de BD, il devait quand même bien vivre de son travail.

D'accord avec pm que Mattotti est archi reconnu et qu'on se souviendra de lui dans longtemps. Cabanes et Bézian par contre, non. Ils ont beau être de bons dessinateurs, ils n'ont rien d'original à raconter, et ils n'ont pas l'intelligence de s'associer à des scénaristes qui ont des choses à dire. Cabanes avait pourtant trouvé un bon filon avec ses Colin Maillard et ses années pattes d'eph, mais il a malheureusement abandonné ce genre pour se perdre ailleurs. Bézian avait aussi trouvé un créneau dans ses trucs fin de siècle, mais il l'a lui aussi abandonné pour faire des trucs quelconques. Il n'a pas su rebondir. Il a manqué d'ambition.

1036. suzix@bdp - 11/01/19 09:55
il faut vraiment courage et détermination pour se vouloir auteur de BD. Et sans doute artiste en général. Mais auteur de BD contrairement à musicien, c'est en plus un truc très solitaire. J'imagine à peine la passion qui les anime. Moi je pourrais pas. Ce n'est pas que je ne suis pas capable de m'enthousiasmer par mes propres envies ou pas un idéal de vie c'est que je suis pragmatique ... et peut-être un peu lâche. C'est quoi la phrase?

"Le salaud c'est parfois un gars formidable qui renonce", Sorj Chalandon.

...

1035. Stefan - 11/01/19 09:42
(désolé c'est bourré de fautes ci dessous, j'écris ça vite, j'ai un peu honte de certaines fautes qui viennent de me sauter aux yeux)

1034. Stefan - 11/01/19 09:38
Ok, comme je disais ça dépend de ce que tu appelles succès.

Moi j'étais parti sur avoir un nom qui parle au gens en dehors du milieu très fermé et réduit des "fans de bd" : Hergé Franquin, Goscini, Uderzo, Moebius, Bilal, Druillet, Tardi, Pratt, Peyo, Van Hamme, Sfar, Sattouf, Satrapi, Vives, Zep... par exemple, entrent à mon avis dans cette catégorie.

Torpedo était plus sur un critère de vente, sortir régulièrement des albums qui se vendent à plus de 10 000 exemplaires. On y retrouve peut être un peu les mêmes que moi, mais ce ne sont pas tout à fait les mêmes. ça serait bien d'avoir les chiffres de ventes sur l'années 2018 par exemple pour se faire une idée plus précise, j'ai réussi à trouver qu'un top 10 qui n'est pas très parlant pour se faire une idée. le dixième meilleurs est encore à 90 000 exemplaires, mais il en sort plus de 5000 par ans des albums. D'après le rapport de l'acbd, en 2016, sur 50305 seul 95 étaient tirés à plus de 50000 exemplaires (ça veut pas dire que pour tous ces 95, il y a eu plus de 50000 vente). Il n'y a pas le détail dans le rapport, mais il doit bien y avoir 2000 ou 3000 sous les 5000 exemplaires (je me trompe Torpédo?). 53% des auteurs gagnent moins qu'un smic et 36% sous le seuil de pauvreté.

le rapport de l'acbd 2016 est téléchargeable ICI

un article de libération sur le sujet

Toi tu es plus sur l'idée, soit d'avoir été reconnu par ses pères, soit d'avoir réussi à avoir une carrière longue.

C'est un point de vue qui se défend. A mon avis il est faussé par le fait que le marché a énormément changé ces 40 dernières années et qu'un auteur comme Cabanes ou Andréas, s'ils commençaient aujourd'hui avec les oeuvres qu'ils sortaient il y a 40 ans, sans leur publique acquis au fil des ans, sans leurs relations actuelles dans le milieu, ils seraient complètement noyés dans la masse, chez un tout petit éditeur, et risqueraient de passer inaperçus, de ne rien vendre et d'abandonner pour trouver un autre boulot au bout de quelques albums. J'exagère peut être, tu as peut être les poils qui se hérissent, mais il est indéniable qu'il est beaucoup plus difficile de commencer aujourd'hui et de se faire remarquer dans le marché sur-saturé actuel que ça ne l'était il y a quarante ans. Avec des si on peut mettre Paris en bouteille, on peut difficilement prouver quoi que ce soit, donc, pas la peine de s'attarder là dessus, pourquoi pas, finalement.

Prenons même encore plus restrictif, admettons que si tu as déjà entendu parlé d'un auteur, c'est qu'il a déjà eu suffisamment de succès pour arriver à tes oreilles et que c'est déjà pas mal. Ben même là, on peut pas vérifier par nature de la définition, mais je suis convaincu qu'il est hautement probable qu'il existe des génies ultra doué dont tu n'ais jamais entendu parler. (je pourrais te parler de certains auteurs que je connais qui galèrent, mais on tombera sur l'autre point subjectif du débat, le talent, tu me soutiendras peut être qu'ils n'en ont pas, je ne serai pas d'accord)

Pour certains auteurs c'est dur de montrer ses oeuvres. C'est quand même souvent se foutre à poil, livrer quelque chose de très personnel, ça demande un certain courage, un certain ego même. Chez les éditeurs, et surtout dans les grosses boites, il y a pas mal de gens complètement à côté de la plaque (de mon point de vue). Tu leurs parles de BD, tu as l'impression qu'ils te parlent de dentifrice. Ils te parlent de marché, de format, de recettes d'une BD à succès (qui, dans les fait ne marchent jamais). Un type vraiment bon, mais un peu en marge des modes de ses contemporains, et pas sûr de lui, il tombe sur un gars comme ça à son premier essai, ça peut le décourager définitivement.
La plupart des auteurs reconnus aujourd'hui ont essuyé un paquet de refus, parfois brutaux avant d'arriver à percer. On ne voit que ceux qui ont persévéré, mais il y en a un paquet qui abandonnent, et dans le lot des très bons qui auraient peut être pu faire carrière. Ils abandonnent soit parce que matériellement, il n'y arrivent pas et finissent par faire autre chose (comme le dit déjà Torpédo plus bas), soit parce qu'ils sont écœurés ou découragés (parfois un peu des deux). Sortir un album, même chez un petit éditeur, ce n'est déjà pas facile, mais en sortir deux, trois, quatre, c'est encore plus dur.

1033. pm - 11/01/19 01:40 - (en réponse à : Stephan)
Je n’ai pas dis ça, mais ils sont publiés et reconnus. Cabanes a même été Grand Prix d’Angoulême. Mattotti est un artiste internationalement reconnu. Je pense qu’il y a pire que ces deux là comme artiste maudit.
Il ne s’agit pas de succès populaire comparable à Hergé mais ce n’est pas forcément indispensable pour l’avenir. La postérité on n’en sait rien.

1032. stefan - 11/01/19 00:56
Donc, si je te comprends bien, pour toi, le succès de Mattotti, Bézian ou Cabanes est comparable à celui d'Hergé, ils sont inscrit durablement dans le patrimoine culturel de l'humanité pour les siècles à venir?

1031. pm - 10/01/19 23:49 - (en réponse à : stephan)
Ce n'est pas 90 ans après la mort d'Hergé qu'on célèbre aujourd'hui mais 90 ans après la naissance de Tintin.
Cabanes ses premières Bd ont plus de 40 ans. Je ne sais pas s'il sera célèbre un jour, j'ai des doutes, mais dire que dans 50 ans il ne sera plus du tout distribué ce n'est pas certain non plus.

1030. Stefan - 10/01/19 21:05
Honnêtement, juste 90 ans après leur mort, ça m'étonnerait qu'on célèbre encore beaucoup Mattotti, Bézian, ou Cabanes, avec toute l'admiration et le respect que j'ai pour eux, faudra chercher longtemps, je le crains, des gens qui sauront qui c'est. Déjà aujourd'hui c'est pas évident.

1029. torpedo31200 - 10/01/19 20:35 - (en réponse à : pm - post # 1027)
OK Edena s' est vendu à 30 000 et c' est le plus grand succès de Moebius (L' Incal a fait beaucoup + sur la durée mais difficile d' évaluer la part de lecteurs venus pour Jodorowsky). Mais si c' est 30 000 sur 25 ans (les fameux chiffres cumulés des éditeurs), ça ne fait que 1200/an. Et si c' est bien 30 000 sur la première année, c' est à la fois énorme et hors norme dans son oeuvre.

Si tu regardes les tirages d' Inside Moebius, on était aux alentours de 1500 ex., peut-être 2000.

1028. torpedo31200 - 10/01/19 20:28 - (en réponse à : pm - post # 1026)
Oui mais l' humanité est amenée à disparaître, comme toute forme de vie.

Après, à échelle BD et vaguement humaine, si tu vas dans une librairie spé BD et que tu demandes à 100 personnes si ils connaissent Mattotti, je ne suis pas certain que tu dépasses les 10/100.

1027. pm - 10/01/19 19:57
Le monde d’edena est scénarisé par Moebius.
Je ne sais pas à combien d’exemplaires sont sortis des ovnis peu faciles d’accès comme Arzach ou le Major fatal en première édition, sans doute autour de mes chiffres, peut être un peu moins mais pas 1000 ou 2000. De plus ces bouquins sont multiréédités.
Évidemment si tu prends Viamor, son carnet édité quasi manuellement à 200 exemplaires n&s, si difficile à trouver...

1026. pm - 10/01/19 19:52 - (en réponse à : Torpedo 1024)
Ça dépend sur quelle échelle de temps mais sur une échelle humaine je ne pense pas. Les artistes de l’antiquité gracque sont toujours dans les musées, les pyramides de Gizeh toujours visités, la grotte de Lascaux...Donc non, tout n’est pas appelé à disparaître à cette échelle.

1025. pm - 10/01/19 19:48
Tiens, qu’est devenu Baron Brumaire, un auteur talentueux dont on n’entend plus parler ?

1024. torpedo31200 - 10/01/19 19:34 - (en réponse à : pm - post #1021)
Mais tout disparaît et tout est amené à être oublié.
Même PierreCédric.

1023. torpedo31200 - 10/01/19 19:28 - (en réponse à : pm - post # 1018)
Si tu veux évaluer le lectorat d' un auteur, faut la faire sur ses titres les moins vendeurs, les fans hardcore. Pas sur ses meilleurs ventes avec scénariste (qui amène aussi parfois des lecteurs)

1022. pm - 10/01/19 18:46
La faute ( c’est terrible d’écrire des messages sur bdp avec un iphone plutôt ancien et des gros doigts )

1021. pm - 10/01/19 18:45
Nan, mais arrêtez, Mattotti est archi reconnu, pas seulement par le monde de la BD, même s’il vend peu de livres.
Je ne parle pas de tirage mais de l’idée que le monde puisse passer à coté d’un génie, qu’il y ait une perte définitive pour l’humanité par la faite de tous les éditeurs.

1020. marcel - 10/01/19 18:32
Effectivement, il y a plein de noms mais j'en citerais un seul : Mattotti. Il est "connu" a l'international, il a bosse pour le New Yorker ou Vanity, il a realise l'affiche du festival de Cannes... Et il vend combien d'albums ?... Surement moins que... Leo, au hasard.

1019. marcel - 10/01/19 18:27 - (en réponse à : post 1003)
Ah tiens ?... Bsk signe maintenant Benoit Barale ?... J'avais bien aime Le journal de Benoit, mais je l'avais perdu de vue depuis.

1018. pm - 10/01/19 18:14
Les tirages de Moebius tournaient autour de 30 000 ( L’incal, le monde d’Edena...), je ne parle pas de ses carnets évidemment.
Carlos Nine oui, c’est vraiment marginal.
Will Eisner je ne sais pas mais 1000 ça m’étonne quand même.
Sinon oui, des gens doués passent à autre chose ( Lidwiine, De Crécy...). Même Cabanes, cité au dessus, a eu un gros moment de flottement qui lui a fait dessiner une série médiocre Belagamba et a dû abandonner, après l’avoir reprise, sa série la p’us personnelle «  Dans les villages », vraiment unique et inclassable dans le paysage de la bande dessinée.

1017. Stefan - 10/01/19 18:13
Je suis plutôt complètement d'accord avec Torpédo (et Laurent)

(pardon pour Max Cabanes.)

1016. torpedo31200 - 10/01/19 17:53 - (en réponse à : pm - post # 1014)
Les gens ne s' intéressent pas aux artistes mais à leurs oeuvres.
Beaucoup ignorent que des Will Eisner, Carlos Nine ou Moebius (sous ce pseudo) vendaient très peu en France. 1000, 2000 parfois moins, plus rarement au-dessus.

1015. torpedo31200 - 10/01/19 17:50 - (en réponse à : pm - post # 1014)
Les indés, très souvent associatifs, ne paient pas beaucoup. Et oui, on peut supposer qu' il y a qq personnes très douées qui envisagent de gagner un peu + de 600 €/mois et se réorientent vers un "vrai travail" (au sens rémunéré et exténuant du terme).

1014. pm - 10/01/19 17:44
Nan, Stéphane, tu cites des gens tous connus et publiés et tous très talentueux, sauf un.
Je sais bien que sous le nom de Moebius il ne vendait pas beaucoup, raison pour lasuelle je posais cette question, qui, par définition, ne peut pas avoir de réponse. Donc, y a-t-il un type ultra talentueux, voir franchement génial, qui n’aurait publié qu’un ou deux albums, puis disparu faute d’éditeurs. Avec les éditeurs indés j’ai quand même des doutes.

1013. torpedo31200 - 10/01/19 17:44 - (en réponse à : stefan - post # 1010)
Cabanes avec un S à la fin. Preuve qu' il n' est pas si connu.

Le succès, pour un auteur, c' est ne pas travailler pendant 1 an, grâce aux droits d' auteurs. Ou pouvoir envisager une location sans caution extérieure.
(Donc vendre qq dizaines de milliers d' exemplaires)

1012. stefan - 10/01/19 17:39
Pardon pm, j'ai lu un peu vite.

Oui, je pense vraiment qu'il y a des gens très talentueux qui n'arrivent même pas du tout à se faire publier.

Quand tu vois comment certains galèrent maintenant et essuient des centaines de refus avant d'y arriver. Il y en a, pour tout un tas de raisons qui abandonnent avant, et dans le lot, il peut y avoir des très très bon.

1011. torpedo31200 - 10/01/19 17:38 - (en réponse à : pm - post # 1008)
Tout est possible.
Surtout pour Moebius, qui ne vendait pas beaucoup de son vivant.

1010. stefan - 10/01/19 17:35
Là, la discussion risque de devenir compliquée, ça dépend un peu de ce que tu appelles "succès", et la notion de talent est un peu subjective, mais comme ça je dirai qu'il y a un paquet d'exemples de gens qui sont ultra bons et qui sont totalement inconnus du grand public et pas toujours très connu des "amateurs".

Je suis certain que Marcel pourra nous en sortir une liste longue comme le bras. Moi je pense, je sais pas, à des gens comme Max Cabane, dont parlait Danyel il y a peu. Bézian, pour moi est un dessinateur fabuleux et qui est pas vraiment mis en avant. Chabouté peut être, Wally Wood, même peut être Andréas, tous ces gens ont leur groupe de fans plus ou moins importants qui les suivent, mais je ne suis pas sûr que leur nom parlent à grand monde en dehors de leur petit cercle de fans. Plus pointu, peut-être, Vincent Hardy est pour moi un cas de génie absolu dont quasiment personne n'a entendu parler (sauf Marcel bien sûr).


1009. Victor Hugo - 10/01/19 17:20
Sachant que la plupart des éditeurs sont complètement cons, c'est très possible.

1008. pm - 10/01/19 17:12
Des gens sansbtalents qui publient et ont même du succès, au moins pendant un temps, il y en a plein en effet. Ce n’est pas si grave car le temps fait le tri.
Mais est ce qu’il y a vraiment des gens très talentueux qui n’arrivent pas à se faire publier ?
Est-ce qu’un génie, par exemple du niveau de Moebius ou Franquin pourrait passer inaperçu auprès de l’ensemble des éditeurs ? J’ai peine à le croire.

1007. torpedo31200 - 10/01/19 17:08 - (en réponse à : stefan - post #1006)
Vrai.

Mais la phrase de Desproges citée par Victor Hugo, concernait plutôt les auteurs qui se lamentent de ne pas avoir de succès par manque de talent (ça existe). Et qui ignorent donc que les deux concepts n' ont rien de commun.

1006. stefan - 10/01/19 16:53
malheureusement succès et talent sont très décorrélés.

Il y a heureusement des gens talentueux qui ont du succès mais il y a aussi des gens sans talents qui ont du succès et des gens très talentueux qui n'en ont pas.

1005. Victor Hugo - 10/01/19 16:47
Ca me fait penser à la citation de Pierre Desproges:J'aimerais avoir une pensée pour tous ces artistes qui n'ont pas de succès sous prétexte qu'ils n'ont pas de talent.

1004. torpedo31200 - 10/01/19 16:39 - (en réponse à : post # 1003)
Ca commence à faire qq bouquins d' auteurs qui racontent leurs galères de dessinateurs.
Un jour, ça rejoindra peut-être ceux/celles qui racontent leurs maladies.

1003. Quentin - 10/01/19 16:28

1002. Stefan - 10/01/19 00:19 - (en réponse à : Froggy)
En gros, dans un dossier, présenté à des éditeurs on trouve un résumé de l'histoire, une petite note d'intention qui décrit l'esprit du truc, éventuellement une présentation des personnages principaux et au moins trois planches finalisées. Comme c'est surtout ça qui va être regardé et lu, il faut bien les choisir, bien les soigner, elles doivent donner envie et si il y en a un peu plus on le met quand même. La taille du dossier varie beaucoup d'un projet à l'autre, c'est pas forcément toujours judicieux de faire un truc trop gros.

Pour ta question, un auteur non publié va avoir tendance à envoyer au plus de monde possible mais il vaut mieux pour éviter de faire perdre du temps à des gens qui pourraient t'en vouloir, éviter d'être trop incohérent et s'assurer que le projet a un minimum d'affinité avec la maison à laquelle on envoie.

Les auteurs publiés ont en général établi un lien avec le ou les éditeurs qui les ont déjà publiés, donc tendance à leur en parler en premier. C'est parfois d'ailleurs dans leur contrat d'édition, la contrainte de devoir présenter les prochains projets en exclusivité à la maison et de ne présenter à d'autres qu'en cas de refus. Il y a même parfois des clauses d'exclusivité tout court et je crois bien qu'il y a eu des cas d'auteurs ayant signés des contrats d'exclusivité et voyant tous leurs projets suivants refusés par l'éditeur. Je sais pas si quelqu'un ici en sait plus, je sais plus trop dans quel cadre j'ai entendu parler de ça.

Après, ça arrive souvent, surtout si l'album précédent s'est mal vendu que l'éditeur ne republie pas les projets suivants, l'auteur, peut faire alors jouer d'autres relations nouées au fil du temps, où repartir un peu de zéro et envoyer à tout le monde.

Parfois aussi c'est l'auteur qui va voir ailleurs, à la recherche d'un éditeur plus gros capable de lui donner plus de sécurité financière, plus de garanties, et c'est normal, c'est pas facile de vivre de ce métier.

Les auteurs et les éditeurs passent pas mal de temps en festival et sur facebook, à se rencontrer, créer des liens créer des réseaux. Beaucoup d'auteurs sont des ours pour lesquels c'est très pénibles, certains arrivent à l'éviter, mais c'est assez compliqué de se tenir à l'écart, d'autres prennent leur pied à se créer des réseaux de relations de travail parfois très hypocrites. C'est un milieu assez étrange avec des gens très chouettes mais aussi des gens pas très fiables, beaucoup d'aigreur aussi.

Les auteurs qui vendent beaucoup, je crois que la plupart du temps, ils peuvent tout se permettre, en général, ils ont plutôt carte blanche. Mais ça doit dépendre des gens aussi. Il y a des éditeurs avec plus ou moins de volonté de cadrer les auteurs et des auteurs plus ou moins enclins à suivre des directives. Quand tu as galéré pendant des années et que tu as la chance de te retrouver dans la position de pouvoir décider de faire ce que tu veux, c'est d'autant plus tentant d'en profiter.

Sur les auteurs moins confirmés, beaucoup d'éditeurs donnent pas mal de directive, et ça peut aussi parfois flinguer des albums. Quand un auteur avec un style original et personnel se retrouve avec un éditeur qui essaie de le forcer à rentrer dans un moule qui ne lui correspond pas du tout parce que ce que fait cet auteur lui rappelle vaguement un autre truc qui a bien marché chez un concurrent ça peut complétement flinguer un livre.

Parfois aussi certains auteurs sont persuadés de détenir l'idée du siècle, mais en change tous les deux jours, écoutent rien ni personne et l'éditeur qui pensait pouvoir cadrer un minimum l'auteur se retrouve avec un livre auquel il ne croit plus du tout mais le sort quand même pour tenter de couvrir au moins une partie des frais engagés sur l'avance.

Et puis avec tout ça, il faut pas oublier qu'on a souvent non pas un mais deux ou trois auteurs, voir plus sur un livre, un responsable éditorial avec un commité de direction au dessus de lui qui rame pas toujours dans le même sens, des rachats de boites, tout ça sur un album qui met au minimum une bonne année à naitre voir parfois plus, il peut se passer pleins de trucs. Un peu comme dans tous les métiers en même temps, en fait. Mais là difficulté ici c'est qu'on cumule pas mal de paramètres qui rendent le milieu pas facile à gérer. On est sur de l'art, donc des critères subjectifs et changeants. Dans un milieu sur-saturé en terme d'offre, où il est encore possible de gagner beaucoup d'argent, mais où la grande majorité n'arrive pas à en vivre. On est sur un travail, même sur les albums à plusieurs, où on passe beaucoup de temps seul devant sa planche ou son écran (à noter que depuis quelques années beaucoup d'auteur se regroupent dans des ateliers). Le produit final reste relativement cher et très long à produire, difficile à vendre trop trop cher, avec donc des marges faibles. Très peu de couverture médiatique, ou de publicité. Et moi, quelque part, ce qui me déprime le plus quand je vais dans les librairies spécialisées, ce n'est pas de voir le paquet immense de trucs qui me semblent sans intérêt et mauvais, c'est au contraire de constater qu'il y a aussi des quantités de trucs qui ont l'air vraiment bien et dont je n'ai parfois même pas entendu parler et qui vont disparaitre.



 
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