Les 475 critiques de Coacho sur Bd Paradisio...

On connaît l’engagement d’Etienne Davodeau et ses livres trouvent un écho dans les mass-médias qui fait plaisir aux passionnés de BD que nous sommes. Là, il s’associe avec le scénariste Kris pour mettre en image une nouvelle aventure sociale qui prend naissance dans le combat syndical. Tiré de faits réels (et les notes en fin de livre sont des sources d’information d’une grande richesse), les auteurs nous racontent comment René Vautrier, caméraman, va mettre en image le courage des ouvriers et va ainsi modifier profondément le panorama industriel de la région. Une œuvre forte et encore une belle réussite qui donne ses lettres de noblesse à la bande dessinée.
La collection Shampooing, je l’aime… Pourquoi ? Parce qu’elle est dirigée par LE Lewis Trondheim, celui qui… Enfin, vous savez quoi ! J’ai longuement hésité avant de lire cet album. Tout d’abord parce que le dessin me faisait une impression bizarre, comme de déjà vu. J’ai pensé à « Adieu Chunky Rice » de Craig Thompson… Et vu les gens remerciés en fin de livre par l’auteur, je me dis que cette impression est plus que confirmée. Ensuite, je n’ai pas été super emballé par le sujet. Je faisais donc confiance au goût sûr du Directeur de Collection, espérant une claque à la Morgan Navarro… Et bien non. Le côté naïf des personnages ne cachent pas une histoire forte et décalée qui prend aux tripes. Tout juste une histoire de rencontres impossibles quand on se fie aux réflexes naturels de ce bestiaire classique. Sous fond de cours d’Art, et de promesse d’exposition, on s’aperçoit que ces adolescents un peu niais et innocents sont manipulés par un personnage plus machiavélique. Je ne peux pas en dire plus sous peine de déflorer les secrets de cet album mais je peux en dire que … bof quoi. Deux cents pages pour en arriver à ça, cet ultra-classicisme, je me dis que JC Menu n’a peut-être pas tort quand il dit que les grands éditeurs dénaturent un peu la notion d’auteur « indépendant »… Restent quelques belles trouvailles graphiques et de beaux encrages mais bon… Pas de quoi se ruer chez votre dealer !
Après Palaces, Bureau des prolongations et l’Empire des Hauts murs, Simon Hureau nous revient avec la chronique de l’ordinaire sordide initiée pas son Colombe et la horde. Une province française qui ronronne voit arriver une jeune fille légèrement marginale et complètement décalée qui va faire des dégâts auprès des adolescentes locales. Dans son style si particulier, fait d’un trait immédiatement reconnaissable, l’auteur va camper son histoire en distillant habilement le climat, l’ambiance, le décor. Puis il va nous brosser un habile portrait de ses personnages principaux et nous décrire leurs moteurs psychologiques, leurs forces et, surtout, leurs faiblesses. Enfin, tout va entrer en conflit et il va malmener tout son beau monde pour nous secouer les tripes. A l’instar de ce qui se déroulait sous nos yeux médusés dans Colombe et la horde, Simon Hureau s’inspire encore d’un fait réel pour mieux nous bousculer dans nos certitudes petites-bourgeoises. Et une fois encore, malgré le brio évident de l’auteur, je suis à la limite de l’acceptable tant l’accumulation des caractères et des situations me semble exagérée. Je ne souhaite pas rentrer dans le détail de l’histoire, ni dans cette accumulation de faits sordides qui sont responsables de mes doutes, car je ne voudrais pas dévoiler les moments offerts de ce livre aux potentiels lecteurs qu’il pourrait rencontrer. Mais tout au long de ces 200 pages, il y a encore une descente aux enfers qui me semble trop grosse pour être réelle. Ceci n’est que mon avis et n’engage que moi car passé cet a priori, l’histoire se tient parfaitement et est ce coup de poing dans l’estomac attendu. On suffoque, on étouffe, on est révolté et on est soufflé par la conclusion. Un excellent album pour un auteur qui s’installe dans la peau d’un de ceux avec lesquels il faudra compter à l’avenir.
La saga continue, froide et implacable. Callède déroule son fil avec une précision redoutable et nous offre une série vraiment palpitante qui, même si elle est inspirée d’un film comme « Virus », est en passe de venir la référence du genre en bande dessinée. Bon, j’avoue avoir eu une petite peur quand j’ai vu un conditionnel mal orthographié en première page mais tout fut vite balayé par le suspense savant de ce thriller haletant. Vivement le tome 4.
Stigmates par Coacho
Je ne pense pas être de taille à écrire quoi que ce soit de cohérent qu puisse être à la hauteur de Stigmates. Un livre que j’avais dans ma bibliothèque depuis si longtemps et que j’avais toujours refusé de lire… Pourquoi ? Je l’ignore… Peur d’un trait trop violent, d’un propos trop percutant ? Mais bon sang, c’est magnifique ! Une adaptation très personnelle de thèmes bibliques connus de tous, mais qui vous percute de plein fouet, vous bouleversant, vous ravageant. Le personnage principal est un marginal, vivant de peu, alcoolique, n’attendant plus rien de la vie. Jusqu’au jour où, par on ne sait quel miracle, ses mains s’ouvrent et le sang coule… Ces stigmates lui valent une vénération qui le font fuir plus encore et contribuent à l’isoler définitivement, avant de rencontrer de salvateurs forains. Mais là encore, et toujours à cause de ses stigmates, sa vie basculera définitivement et il se fermera dans un mutisme insondable. Jusqu’à ce que… Accablement, rédemption, souffrance, et résurrection, voilà l’histoire de la vie, de sa vie, pas très généreuse avec lui, mais qui pourtant, saura le reconduire à la place qui est la sienne. Le dessin de Lorenzo Mattotti, génie italien, vous agrippe pour vous balancer de gauche à droite sans ménagement, vous fait mal, vous irrite, vous assaille. Le trait est sombre, nerveux, puissant, et rythme le récit en phases qu’il faut savoir respecter pour mieux savoir prendre sa respiration. C’est brillant, hypnotique, et ce livre est bien le chef-d’œuvre annoncé.
Bon, depuis maintenant 6 volumes, on connaît le mécanisme de Spoon & White. C’est bourrin, speedé, plein de clins d’œil, et variablement drôle. Dans cet album, Courtney se fait enlever par un drôle de terroriste et l’agence, que les fans de 24H reconnaîtront, mandatera nos 2 héros pour la délivrer. Bon, là, il faut avouer que ça alterne le bon et le moins bon. Je suis plutôt fan en règle générale mais au bout du 7° tome, je me suis peut-être un peu détaché. Les gags tournent finalement beaucoup trop sur les mêmes axes, comme celui de Spoon et Gooffy. Le passage dans la gare de New-York nous offre le plaisir de voir, entre autres, la famille Simpson courir vers leur train, où encore Larcenet acheter un ticket mais le plus touchant, outre ce Jack Bistrow aux allures de rival de Painful Gulch, c’est bien de voir passer Roba avec Boule dans ses bras… Enfin, un bon délire de plus à lire pour les aficionados sinon, lisez les premiers tomes.
De nouveau en mission et de nouveau malmenée, l’héroïne fétiche de Morvan et Buchet continue d’en prendre plein la figure… Coincée par ses instincts primaires, et ses réactions intempestives et impétueuses, Nävis va faire les frais d’une manipulation qui la rendra amère. Avec cette volonté de toujours pousser plus loin la violence psychologique qu’il inflige à ses personnages, JD Morvan fini peut-être de se perdre car on finit par ne plus retenir que la faconde plus que le discours de fond. Un discours qui devient de plus en plus démagogique et perd de la finesse développée dans les premiers albums de la série. C’est dommage. Buchet quant à lui maîtrise ses personnages et s’amuse à créer tout un arsenal d’outils et de costumes qui rehaussent la richesse de la série. Ceci dit, la production ponctuelle qui force les auteurs livrer leur album annuel n’est-elle pas un risque de lassitude ou de routine ? Attention…
J’avais quelques inquiétudes avant la lecture de ce tome 2 pour la simple et bonne raison que tous les lecteurs de ma connaissance s’égosillaient contre le vide de celui-ci… Pour ma part, je l’ai trouvé très bon ! Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un album jeunesse de la trame de l’intrigue ne peut pas être alambiquée, complexe ou trop sérieuse. Là, nos 5 petits personnages sont livrés à eux-mêmes et commencent à s’organiser, mais gardent encore un peu de cette insouciance de leur âge… Enfin, Fabien Vehlmann n’hésite pas à d’abord faire de Leïla et Dodji des leaders incontestés, puis à jouer avec les peurs fortes des enfants. Il va même assez loin dans la violence, quelle soit de situation ou morale. Mais malgré tout, le récit reste équilibré et plein d’un espoir salvateur pour ses jeunes lecteurs. Le dessin de Gazzotti est lisible, propre, net. Moi, j’aime, mais je suis déjà client de Soda alors ! Quoi qu’il en soit, mon a priori s’est transformé en contentement et je suis donc un soutien de cette belle série. Espérons que je ne sois pas le « Seuls » … ! ;o)
Suite et fin du diptyque dessiné par Humberto Ramos et scénarisé par Paul Jenkins. Après la déferlante des thriller ésotériques à la Da Vinci Code, Révélations a peut-être pâti d’une certaine saturation. Et pourtant, le premier album ouvrait grand la porte d’un thriller passionnant. Mais je dois avouer que la fin de cet album laisse, sinon perplexe, pour le moins un peu déçu… Bien entendu, je n’en dirai rien pour vous en préserver le dénouement mais on s’attend autre chose de moins… conventionnel… Reste le dessin de Ramos qui, personnellement, me fascine. Du crayon qui griffe la page, des couleurs subtilement distillées, des effets photoshop présents mais légers, des cases et des compositions splendides, de la matière, du grain, c’est vraiment admirable. Les scènes de pluie ou macabres sont dans le prolongement de ces belles photographies du cinéma à la Sev7n. Tout au plus puis-je reprocher la 1° case de la page 58 qui montre l’Inspecteur Charlie avec l’imperméable qui flotte au vent vers l’arrière alors que sa fumée de cigarette monte droit au-dessus de lui, mais ça serait pinailler ! Donc forcément à lire si vous avez entamé le diptyque, sinon… juste pour admirer le talent d’Humberto Ramos.
Bon, autant le dire tout de suite, je suis un tantinet déçu par a tournure des évènements. Les mauvaises langues diront que c’est normal avec JD Morvan mais la critique est aisée et blablabla. Si le sujet de base, qui avait été brillamment traité dans le premier tome de cette série, était risqué au niveau de l’utilisation de certains poncifs, il n’en était pas moins intéressant pour le scénariste qui se permettait quelques digressions pour nous interpeller et nous faire réfléchir. Dans cette dernière livraison, les risques entrevus au début de Reality Show se révèlent réels et handicapent lourdement l’histoire. On est dans la starification facile, le débat d’idées peut-être un peu simpliste, et des mises en situation un peu grossière. A trop produire Morvan s’essoufflerait-il ? Très personnellement, je le pense quand je vois certains autres de ses travaux et ça me peine… Comme à chaque fois, animé de bonnes intentions, révolté et engagé, JD Morvan fait feu de tout bois pour dénoncer l’innommable. Dans sa quête d’absolu, il en finit par devenir par trop démagogique et provoque, du moins chez moi, un sentiment de rejet plus que d’empathie, et pourtant, je le rejoins sur bien des thèmes… Ca faisait longtemps que je n’avais pas vu un scénariste avoir recours aux bulles de pensées pour expliquer maladroitement ce que pense un personnage… Alors certaines scènes sont toujours d’une efficacité redoutable, comme celle avec la fille du Maire de Grenade, et le dessin de Porcel, vif, aiguisé, augmente cette sensation de malaise, mais le tout reste en dessous de ce qui a été fait. Néanmoins, toujours optimiste, et en souvenir des 3 premiers tomes, je reste indulgent dans ma note !
Rhhhhaaaa quel album ! Le Boulet que j’aime, le Boulet que j’adore ! Problématique soulevée : comment, avec une couv’ que je n’estime pas forcément très réussie, et un contenu aussi dense et éloigné de l’univers des autres albums, ce tome 5 va-t-il trouver sa place dans la collection jeunesse de Glénat ? Car en effet, dans cet album, l’auteur abandonne le principe d’un gag par page pour se laisser aller à une histoire au long cours où Raghnarok, notre jeune petit dragon, va pouvoir entrapercevoir son futur. Mais la drôlerie habituelle des albums précédents a laissé la place à un fonds de tendresse, de sauvagerie et d’amour qui surprendra les plus jeunes ! Un album au fond plus sombre finalement mais où les amateurs du blog de Boulet trouveront de vraies pépites à chaque planche. Des dessins lâchés, au trait vigoureux, des compositions magnifiques (aaaaaah ce dragon juché sur un immeuble !), des cadrages osés et, autre changement notable, une couleur directe qui fait saliver ! Vraiment, de bout en bout, cet album transporte son lecteur dans un univers chaotique et sombre, mais avec humour et tendresse pour un résultat de grande classe.
Depuis les 2 premiers tomes, je trouve cette série inventive et intelligente. Les auteurs se jouaient des poncifs du genre et inventaient, surprenaient les lecteurs. Ce tome ci, intitulé « Madame », se concentre sur l’inévitable pivot de la série, la mort personnifiée en femme froide et fatale. Depuis les débuts de la série, ce personnage se fait détester mais cette haine permet de mieux apprécier les autres personnages. Incontournable, cruelle et impitoyable, elle fait régner un climat de tension étouffant, épouvantable. Elle continue de s’acharner sur Kim et sa descendance mais je e voudrais pas vous dévoiler l’intérêt d’une intrigue que, pour ma part, j’ai trouvé plus que mince… En fait, on tombe petit à petit dans les travers d’une série victime de son succès et qui a du mal à se renouveler… Les situations deviennent convenues et les personnages ont des réactions qui elles aussi deviennent conventionnelles et donc peu surprenantes… Une histoire qui peine un peu à se boucler avec un fond de morale un peu naïf… Quoi qu’il en soit, les plus curieux d’entre vous ne manqueront pas de lire cet album car, tot comme moi, ils penseront trouver des réponses sur l’énigmatique personnage qu’est Madame… Sinon, cet album ne serait pas plus nécessaire que ça…
Un sujet particulièrement difficile abordé ici par, une fois n’est pas coutume, un homme. Olivier Ka se délivre d’un poids, d’un démon, celui de l’acte de pédophilie dont il a été victime… L’odieux, l’indicible, l’inacceptable, raconté par un duo brillant. A la première personne, et avec une voix off lancinante, on est captivé rapidement par l’ambiance de ce récit autobiographique au point de ne plus pouvoir lâcher le livre avant de l’avoir fini. J’ai parfois eu peur que cette fascination ne soit qu’un voyeurisme mal placé mais non, c’est bien l’inquiétude, la compassion, l’empathie, la révolte, et le désir de voir comment Olivier arrive à supporter tout ça qui nous étreint… Le tout est magnifiquement mis en image par Alfred. Magnifiquement au sens de la puissance, non pas de la facilité et de l’esbroufe. L’extrême complicité des deux auteurs a sûrement grandement contribué à cette osmose frissonnante mais il y a aussi ce mélange de pudeur, de pardon, de résignation et d’amour qui prend aux tripes. Ceci étant, il manque un petit truc pour que ce soit la grande baffe. Et peut-être est-ce dû au fait d’avoir confié son histoire à Alfred qui est responsable de ce sentiment ? Là où Neaud révolte, ou Raphaël Terrier ((A)mère) percute, où Corbeyran et Amélie Sam (Elle ne pleure pas elle chante) envoûtent, Olivier Ka et Alfred arrive à toucher mais sans nous bousculer. Mais que cela ne vous empêche pas de lire un des plus touchants albums de l’année.
Connaissez-vous l’auteur, entre autres, des fameux Carroulets ? Non ? Voilà une lacune qu’il vous faudrait combler d’urgence. D’un humour aussi fin que grinçant, Tofépi est en passe de devenir un monument d’un genre dévoyé par trop de livres médiocres. Poco Woki est un petit indien qui décide de partir à la chasse. Et, bien entendu, rien ne va se passer comme il le croyait et cela va déclencher une cascade de situations improbables et hilarantes. En chapitres très courts de 3 ou 4 pages, dont chacune se présente en gaufrier de 12 cases, Tofépi va nous imposer une rythme ébouriffant pour un récit d’une drôlerie jubilatoire. Fait de non-sense, d’absurde, de grotesque, un pur délire dans le choix de la galerie de personnages, une iconographie impeccablement choisie, l’histoire de ce petit indien ne vous laissera pas indifférent, je m’y engage. Exceptionnel.
Découverte pour moi de cette jeune femme de 30 ans qu’est Peggy Adam. En mettant en scène ses personnages, elle va nous emmener sur les pistes de ses propres réflexions sur le devenir d’une presque trentenaire, quand la vie vous place devant des moments clés. Marie et Véra vivent une vie animée, parfois un peu dissolue, et leur entourage, Paul, Joao, Josie et les autres, sont autant de repères en mouvement qui n’aident pas à la stabilité désirée et effrayante à la fois. Le chemin est quelque peu chaotique et le lecteur est souvent déstabilisé. Ca manque un peu de liant mais c’est aussi le fait d’une certaine forme d’angoisse qui est ainsi bien rendue. Tout en bichromie, Peggy Adam va a l’essentiel, même si parfois, elle s’organise de façon un peu maladroite. Quoi qu’il en soit, il y a un fort potentiel et cet album ne sera à prendre en considération que dans l’ensemble des quatre saisons qui composeront l’intégralité de l’histoire. A découvrir…
Sentiment étrange après la lecture de cet album. Un sentiment mitigé, qui balance entre enthousiasme et déception. Le contexte de l’histoire, si je dois en écrire 2 mots, est celui d’un joli gîte du Roussillon dans lequel 5 amis vont se retrouver pour 4 jours à regarder une éclipse. Durant ce séjour, quelques règlements de comptes auront lieu, conséquence d’un cap des 35 ans difficile à négocier pour chacun d’entre eux. Tromperies, trahisons, déceptions, peurs, solitude, alors qu’ils ont tout pour être heureux, le questionnement existentiel qui les ronge les pousse tous à la faute… Tout d’abord, l’intérêt de cet album est principalement de trouver 2 auteurs qu’on a l’habitude de lire sous un autre genre. Le Joe Bar Team pour Fane, et les 500 idées pour glander au bureau de Jim par exemple. Là, dans un récit plus sérieux, intimiste, dans le genre en poupe qu’est le « roman graphique », on veut voir ce qu’ils ont dans le bide. Une intro avec les 2 auteurs nous apprend qu’ils ont travaillé à 4 mains, créant chacun 3 personnages et leur donnant vie avec des pensées qui leurs sont intimes. On sent ainsi une sacrée vitalité chez ces personnages animés des sentiments de leurs créateurs qui se servent de tout ça comme d’un immense défouloir. 300 pages très rythmées qui passent par un panel d’émotions fortes… L’amour, la culpabilité, la colère, la rage, le fou rire, tout ce qui fait le ciment d’un groupe d’amis qui se connaissent depuis longtemps… On sent bien la dérive de certains comme l’hyper protection des autres… Tout cela fait un chaos sentimental rugueux et explosif. On comprend ce qui amène Jean-Pierre à ce qu’il fait ce week-end, sa lâcheté aussi, mais on comprend moins d’autres personnages. Des scènes de flash-backs sont plus fluides que d’autres (Dominique aux alentours de la page 190) et d’autres sont vraiment confuses (pour ajouter au chaos mental du personnage ?). La scène de la diseuse de bonne aventure est une bonne excuse pour une sorte de confrontation finale mais rompt avec le charme et le déroulement du reste du récit. Je n’ai pas été trop friand de cette partie même si elle réserve des moments poignants et hilarants. La présence d’Hubert n’y est d’ailleurs pas étrangère ! Par principe, je râlerai sur un peu d’orthographe, ça me choque toujours autant. Exemple 1° case de la page 38 où on goinfre le « d » de « furibond », massacrant au passage Adamo ! Pour le reste, j’ai été plutôt fan. Un dessin dynamique, des plans vraiment très jolis, de vraies gueules prenantes, les auteurs nous ont régalé. Et comme quoi on peut jouer sur un dessin semi-réaliste et faire passer des émotions. Le découpage est fluide et on ne voit pas passer le week-end. Ca va vite, c’est prenant, et on passe de spectateur à acteur de cette tranche de vie qui contient assurément des bouts de nous. Le lecteur se sent ainsi complice de situations qu’il aura déjà vécues mais la dédramatisation de l’ensemble, pourtant parfois tragique, permet ce recul nécessaire et confortable pour apprécier le bouquin de bout en bout. Comme toute tranche de vie, elle commence sans vrai début, et finit sans vraie fin. C’est ce qui fait le charme et la frustration du genre. Alors quoi ? On s’emballe pour le côté road-movie statique ou on s’éteint pour le roman un peu inutile qui traite de sujets sans vraiment les approfondir ? De nature optimiste et enthousiaste, je vote pour le bon moment passé avec JP, Dom, Hubert, Isa, Jan et Héléna pendant 300 pages que je n’ai pas vu passé. Un chouette album.
Les albums de Michel Rabagliati sont des petites bises d’air frais qui balayent nos fronts plein de sueurs en été… D’une plume légère et d’un ton frais, il nous promène dans les recoins de Montréal avec une presque insouciance délicieuse. Des souvenirs d’enfance aux recettes de cuisine, des travaux de rénovations au sport, nous sommes spectateurs d’éléments simples de la vie mais toujours justes… C’est très légèrement suranné mais jamais désuet… Les bloopers de fin d’album sont très drôles et le tout confirme que la série Paul est une très grande série.
Ah, c’est toujours un grand plaisir de retrouver Paul. Pour ce 5° album, l’auteur nous invite à suivre Paul lors de vacances en famille à la … pêche ! De petites saynètes qui s’entremêlent, Rabagliati va encore faire étal de toute sa classe et nous offrir de vraies bouffées de purs sentiments. Avec grâce, il parvient toujours à jouer de cette corde sensible qu’est la nostalgie tout en gardant une immense pudeur. Des flash-backs personnels qui cependant touchent de manière universelle chaque lecteur. Il n’hésite pas à titiller les travers de son entourage mais avec une tendresse qui fait mouche. Au détour du livre, et à sa toute fin, une allusion à une grossesse délicate ne pourra pas vous laisser insensible et vous trouverez sa conclusion vraiment habile… Encore un très grand livre. D’un point de vue personnel, j’ai été moins touché par cet album que par « Paul a un travail d’été » mais là, on entre dans des considérations de lecteur gâté ! Que cela ne vous empêche pas de découvrir un album riche, tendre, drôle, émouvant et d’une grande délicatesse.
Cet album est le premier de Michel Rabagliati en tant qu’auteur de BD. Dans cette introduction à une série qui comporte pour l’instant 4 tomes, l’auteur nous conduit sur les chemins de son enfance, chargée de souvenirs aussi bons que difficiles. Dans un habile numéro de flash-back, il transpose ces éléments et évènements riches en émotions par ce qu’il imagine que son enfant traversera à son tour. Grâce à un ton qui lui est propre et unique, Rabagliati va arriver à nous bercer de situations qui pourraient immédiatement sombrer dans l’inintérêt le plus total ou, pire, dans la mièvrerie guimauve. Mais non, il responsabilise le lecteur en même temps qu’il se responsabilise lui-même et nous offre un plaisir de lecture rare, riche, émouvant, drôle. Un cocktail qui me plaît, et qui est réussi. Le trait fin et essentiel de Rabagliati n’est jamais dans l’excès ni la duperie et confirme qu’une bonne bande dessinée est une alchimie difficile dont seuls certains auteurs parviennent à maîtriser les ingrédients. Michel Rabagliati est de ceux-là.
Si je tenais à chroniquer cet album, c’est plus sur l’aspect graphique que pour le fond de l’histoire en elle-même. Même si l’humour gore, l’horreur à la sauce thriller de Léturgie contient trop de clichés et de poncifs pour réellement passionner le lecteur. Pourtant, l’album reste de bonne facture et fait passer un bon moment mais non, vous ne tenez pas le chef-d’œuvre du genre en le lisant ! Mais c’est plutôt du côté de Richard Di Martino qu’il faut loucher et se rendre compte de sa progression depuis Malek Slimane ! Gestion du mouvement, composition des cases, gestion des décors, le dessinateur se lâche, se sent à l’aise avec ses personnages et ça se ressent du côté du lecteur. Alors voilà, à vous de juger finalement !
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