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Blake et Mortimer
 
Victor Hugo 19/09 01:48
«Blake et Mortimer» victimes du casse du siècle
Un article passionnant de Daniel Couvreur sur les plus de 200 originaux de Blake et Mortimer se sont évaporés du coffre de la Fondation Jacobs.
http://plus.lesoir.be/114448/article/2017-09-16/blake-et-mortimer-victimes-du-casse-du-siecle


Et on y retrouve notre ami Daniel Maghen, qui se défend très bien...
Plus tard, le galeriste parisien Daniel Maghen a aussi vendu des planches. J’en ai vu 50 et une dizaine de couvertures du journal Tintin chez lui, ainsi que des calques de la Pyramide et de La Marque jaune. A mes yeux, ce qui était là ne pouvait provenir de la Fondation. Maghen m’a répondu qu’il avait des factures d’achat en règle et que ses avocats l’avaient assuré de son bon droit. »

«J’ai vendu des planches de Jacobs tout à fait officiellement avec des factures, nous indique Daniel Maghen, Pour ce qui concerne ceux qui me les ont vendues ou achetées, il est de mon devoir de préserver la confidentialité à ce sujet. Je dois protéger les intérêts de mon business.»

«Dans l’intervalle, on a constaté, à partir de 2015, une grande évasion de planches originales des aventures de Blake et Mortimer. Nous avons été alertés par des collectionneurs auxquels Daniel Maghen avait montré un lot d’une centaine de planches mais la Fondation n’existait plus.»


Quentin 19/09 10:31
Daniel Maghen a l'air d'être un vrai filou. Vendre des objets volés, ca s'appelle du recel. Et c'est pas parce qu'on a des factures que c'est légal.
Victor Hugo 19/09 16:08
Ratta!

http://plus.lesoir.be/114624/article/2017-09-17/blake-et-mortimer-le-jackpot-des-marchands-dart-serie-24
marcel 19/09 16:43
Je suis pas abonne au Soir, et l'info n'a semble-t-il été reprise nulle part.
On sait comment les planches ont été sorties de la Fondation ?... C'est une petite partie ou un grand nombre ?...
Victor Hugo 19/09 17:01
Moi non plus, ils font chier c'est marqué "Cet article réservé aux abonnés est exceptionnellement en accès libre", mais très vite il ne l'est plus. Je copie/colle ce que je peux alors.

François Schuiten sur l’héritage pillé de Blake et Mortimer: «La postérité de l’œuvre est compromise!»
Mis en ligne le 17/09/2017 à 08:48

Par Daniel Couvreur

Qui a joué avec les clés des coffres de la Fondation Jacobs ? Nous avons mené l’enquête pendant plusieurs mois pour comprendre comment plus de 200 originaux de Blake et Mortimer se sont évaporés. François Schuiten réagit vigoureusement à l’enquête du « Soir ».
Edgar P. Jacobs et Philippe Biermé (ex-responsable de la Fondation Jacobs) ont été très complices dans le travail. Le créateur de Blake et Mortimer le considérait comme son fils spirituel. © Jacques Labeye.
Edgar P. Jacobs et Philippe Biermé (ex-responsable de la Fondation Jacobs) ont été très complices dans le travail. Le créateur de Blake et Mortimer le considérait comme son fils spirituel. © Jacques Labeye.
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Lecture zen

Défenseur exemplaire du patrimoine belge de la bande dessinée, le dessinateur des Cités obscures, François Schuiten, a fait don de son vivant des planches les plus remarquables de son œuvre à la Fondation Roi Baudouin et à la Bibliothèque Nationale de France. Dans les années 1970, quand Jacobs cherchait un collaborateur pour terminer le second tome des 3 Formules du professeur Sato, il avait hésité à se proposer. Aujourd’hui, il se rattrape en travaillant sur un album d’hommage aux personnages de Blake et Mortimer. Dans l’entretien exclusif qu’il nous a accordé, il ne cache pas sa colère de voir disperser les joyaux de Jacobs. Un galeriste parisien est venu lui en présenter une trentaine dans son atelier.

Jacobs a-t-il été trahi ?

Il avait mis au point le scénario parfait : une Fondation pour la conservation des originaux, une maison d’édition pour s’assurer que ses livres continueront bien d’être édités, un studio pour veiller à l’archivage, à la restauration, à la reproduction de ses œuvres. Le dispositif était exemplaire. Chacune de ses planches est un trésor de minutie invraisemblable. Voilà pourquoi il voulait que ses planches échappent au monde marchand. S’il avait créé une Fondation, c’était pour que ça n’arrive pas. Il y avait investi ses deniers personnels. Il a été visionnaire en matière défense du patrimoine BD.

Comment se fait-il que personne n’ait tiré la sonnette d’alarme ?

d-20160209-G5V7D3 2016-02-23 23:51:37

« Deux cents planches dans la nature, c’est très grave ! » - François Schuiten

Il y a là un scandale absolu ! Je ne comprends pas que dans un pays si sourcilleux en matière de règles sur les héritages et les fondations, les pouvoirs publics n’aient rien contrôlé pendant trente ans ! Tout le monde savait qu’il existait une Fondation Jacobs, dont la mission est de protéger cette œuvre. On a assisté à un mécanisme extrêmement pervers. Les premières planches dérobées sont d’abord apparues en ventes publiques. Il n’y en avait jamais plus d’une à la fois. Du coup elles ont atteint des montants énormes, parce que tout le monde était convaincu que le reste était bloqué dans les coffres. Stratégiquement c’était remarquable. Et puis le rythme s’est emballé. Des paquets de planches sont apparus sous le manteau et j’en ai eu en main une trentaine…

Quelle a été votre réaction ?

Cela se passait il y a un an et demi, via un galeriste français important à qui j’ai affaire régulièrement. J’étais émerveillé. Le travail de Jacobs est une épure de l’épure. J’ai découvert qu’il dessinait au dos de ses planches pour corriger certains détails en les passant ensuite à la table lumineuse. D’un côté, j’étais heureux de voir ça et ces crayonnés au dos des planches devraient aider les experts à reconnaître les faux. Ça me ramenait aussi à mes propres doutes, à mes propres repentirs. D’un autre côté, j’étais interloqué. Les planches étaient proposées entre 200 et 250.000 euros, en catimini… Je me demandais ce que faisait la Fondation. J’étais interloqué.

Vous n’avez pas songé à donner un coup de pied dans la fourmilière ?

C’est difficile. Tout le monde se tient, entre celui qui a sorti les planches du coffre, l’intermédiaire qui les vend, celui qui les propose aux collectionneurs… Chacun évite d’être transparent. Beaucoup d’auteurs contemporains vendent leurs planches pour vivre mais ce n’était pas le cas de Jacobs. La vente des planches de Blake et Mortimer ne bénéficie en aucun cas à l’auteur, disparu depuis trente ans, ni à sa Fondation, mais à des gens qui n’ont aucun respect pour l’œuvre. C’est là que j’enrage. Deux cents planches dans la nature, c’est très grave ! C’est toute la postérité de l’œuvre qui est compromise. Dans un pays qui se prétend la patrie de la BD, c’est à hurler de honte.

La Fondation Roi Baudouin détient désormais les clés du coffre : le pire est derrière nous ?

J’attends de voir l’ampleur des dégâts. Je voudrais savoir précisément ce qui manque. Cela devra être dit ! Alors seulement, on pourra se réjouir que le reste soit entre les mains de la Fondation Roi Baudouin. J’espère qu’il restera suffisamment de pièces pour honorer dignement la mémoire de Jacobs et monter la première vraie rétrospective de son œuvre car depuis sa mort, la Fondation n’a jamais fait son job.

Faut-il porter plainte ? Sera-t-il possible de récupérer tout ou une partie de ce qui a été volé ?

Il serait indispensable de localiser ce patrimoine et, à tout le moins de persuader les collectionneurs de pouvoir le répertorier et le reproduire. Il faudra aussi rendre des comptes car c’est le mot que je n’entends pas dans cette malheureuse histoire ! La Fondation Jacobs était devenue un lieu de non droit. Comment une Fondation a-t-elle pu exister aussi longtemps sans un inventaire du patrimoine qu’elle est censée protéger ! Comment aucun des organismes de contrôle public, pourtant nombreux dans ce pays, n’a jamais posé la question des actifs de cette Fondation, de leur inaliénabilité ?
Victor Hugo 19/09 17:07
« Blake et Mortimer » : le jackpot des marchands d’art
MIS EN LIGNE LE 17/09/2017 À 17:46 PAR DANIEL COUVREUR

Qui a mis Jacobs aux enchères ? Eric Leroy et Daniel Maghen, les deux grands experts parisiens de la BD, ont été les principaux marchands des planches de Blake et Mortimer.

Gaëtan Laloy préside la Chambre belge des experts en bande dessinée. Il connaît ses classiques, à commencer par Hergé et Jacobs, les maîtres du journal Tintin . Gaëtan Laloy appartient au cercle étroit des experts entre les mains desquels voyagent les plus précieux trésors du 9e Art. Dans le cadre de notre enquête sur la dispersion de l’œuvre de Jacobs, il a accepté de témoigner d’une scène interdite. Alors que chacun pensait les planches de Blake et Mortimer enfermées à double tour dans les coffres d’une banque de l’avenue Marnix, à l’abri de la Fondation Jacobs, voilà que des dizaines de pièces de musée se retrouvaient dans la chambre d’un hôtel bruxellois !

« J’ai eu en main, il y a un peu plus d’un an, près d’une centaine d’originaux de Blake et Mortimer , nous dit-il. Ces joyaux avaient été rassemblés par le galeriste Daniel Maghen. La personne qui les lui avait fournis ne pouvait les avoir trouvés que dans les coffres de la Fondation et les avoir revendus en bloc contre un gros chèque. La valeur marchande avoisinait les 2,4 millions d’euros. Ces planches se négocient aujourd’hui entre 75 et 150.000 euros pièce. Il y avait là des originaux du Secret de l’Espadon, du Mystère de la Grande Pyramide, de S.O.S. Météores, de L’Affaire du collier, du premier tome des 3 Formules du professeur Sato, une ou deux planches de L’Enigme de l’Atlantide aussi… Je ne jette en rien la pierre à Daniel Maghen. Il est galeriste. Lui, il a fait son boulot, contrairement au président de la Fondation Jacobs, Philippe Biermé ! Quand on sait la phobie qu’avait l’auteur de voir disperser ses originaux, c’est consternant. »

Toujours selon Gaëtan Laloy, avant Daniel Maghen, l’expert parisien d’Artcurial, Eric Leroy, avait négocié des dizaines d’autres originaux : « Il revendait les pièces à des collectionneurs de son réseau, en dehors du circuit des salles de vente publique. Au niveau de la qualité, Eric Leroy a eu le premier choix. Daniel Maghen est passé après. Mais dans un cas comme dans l’autre, ces planches ne pouvaient pas venir d’ailleurs que des coffres de la Fondation Jacobs ! Tous les marchands belges savent qu’il ne pouvait y avoir plus de trente planches perdues ou volées en circulation. »

Un galeriste bruxellois important sur la place mais qui préfère rester anonyme nous dit la même chose : « Personne à Paris ne s’est soucié de la provenance des planches ni des crayonnés, des croquis, des esquisses, des calques… dont on a également vu des piles sous le manteau. La moins chère de ces pièces se vendait 8 à 10.000 euros. Le marché de l’art autour de l’œuvre de Jacobs est devenu malsain. » Un de ses concurrents du Sablon partage le constat : « Je me suis demandé ce que je ferais si j’avais la possibilité d’acquérir cent planches d’un coup. J’ai consulté mon avocat. Il m’a dit que c’était de la dynamite, qu’il ne fallait pas toucher à ça, que ça péterait un jour. J’ai rencontré le plus important collectionneur au monde de l’œuvre de Jacobs, Raphaël Geismar, un Français de Hong Kong. Il m’a acheté une planche de Franquin et m’a confié, à propos des originaux de Blake et Mortimer, qu’il n’y avait désormais plus rien d’intéressant à aller chercher. Il était passé avant tout le monde et il a eu absolument tout ce qu’il voulait… »

En Belgique, l’expert de Banque dessinée, Thierry Goossens, a été l’un des tout premiers à vendre des originaux de Jacobs, dès les années 1990. Il connaît parfaitement l’œuvre et le marché. Il ne cache pas son dégoût pour ce qui se passe : « J’ai pu acheter des crayonnés, des calques, des esquisses, des études, quelques dessins épars de L’Opéra de papier, l’autobiographie de Jacobs, mais je n’avais jamais vu la moindre planche originale chez qui que ce soit. On trouvait parfois des cases coupées des albums du Mystère de la Grande Pyramide ou de La Marque jaune, des calques de L’Enigme de l’Atlantide. Certains de ces documents provenaient des cartons dérobés par Guy Imperiali, le demi-frère de Philippe Biermé, à la mort de Jacobs. Imperiali n’a cependant jamais eu, à ma connaissance, de planches originales. Et puis tout a changé dans les années 2000. Certains ont eu accès à des pièces que personne n’avait vues jusque-là. Un collectionneur étranger s’est payé des dizaines de planches, trois ou quatre couvertures des aventures de Blake et Mortimer, dont celles du Secret de l’Espadon et du Mystère de la Grande Pyramide. On est entré dans le règne de l’argent facile. »

Eric Leroy ne nous fera aucun commentaire sur celui ou ceux qui lui ont vendu du Jacobs. Comme Daniel Maghen, l’expert d’Artcurial se retranche, et c’est son droit, derrière le secret professionnel. « Des planches originales de Jacobs, on en trouve chez la plupart des grands collectionneurs européens de bande dessinée , nous dit-il. Mais je ne suis pas du tout le meilleur interlocuteur. Christie’s et certains de mes concurrents surtout, en ont vendu beaucoup plus. La valeur d’un Jacobs tourne aujourd’hui entre 60 et 120.000 euros. Mais si leur nombre sur le marché devait être aussi important que vous le dites, la cote pourrait en pâtir… »

« Je ne suis pas surpris de la réponse d’Eric Leroy , nous explique François Deneyer, familier de l’univers des marchands et des galeristes de BD, fondateur du Musée Jijé et de la Maison de la Bande dessinée. Il a donné partout instruction à ceux qui lui ont acheté du Jacobs de ne rien montrer. Un jour, j’ai été chargé par un grand collectionneur belge d’acheter la fameuse planche 8 de La Marque jaune, remise en vente chez Christie’s par celui qui l’avait acquise auprès d’Eric Leroy. Cette personne m’a confié qu’elle s’était fait réprimander par Leroy pour avoir mis la planche en vente publique. S’il veut que les ventes restent discrètes, c’est justement pour éviter que trop de planches ne passent en ventes publiques, car alors plus personne ne suit et les valeurs chutent. Hélas ! tout cela ne va pas dans le sens d’une clarification du marché. »

Qu’est-ce que Jacobs aurait pensé de ces prédateurs ? En 1983, l’auteur scandalisé écrivait à son ami Jacques Laudy qu’une planche des 3 Formules du professeur Sato , qui lui avait été subtilisée quelques années plus tôt, était « offerte à Paris au prix de 16.000 francs français » (2.400 euros). Une somme qu’il jugeait tout simplement indécente.

By Jove! (Série 2/4)

En 1983, l’auteur belge Edgar P. Jacobs a été le premier auteur de bande dessinée au monde à créer, de son vivant, une Fondation d’utilité publique pour s’assurer de la pérennité de son œuvre. Il avait pris cette décision après le refus du principe d’une donation par le ministère des Finances. La Bibliothèque royale lui avait aussi fermé la porte, faute de place… En ce temps-là, les originaux de bande dessinée n’avaient pas la cote. La Chambre belge des œuvres d’art estimait la valeur moyenne d’une planche des aventures de Blake et Mortimer à 125 euros. Vingt-huit ans plus tard, en mars 2015, la planche nº 8 de « La Marque jaune » s’est envolée chez Christie’s pour 205.500 euros. Pourquoi était-elle mise aux enchères plutôt que d’être à l’abri dans les coffres de la Fondation Jacobs ? Mystère…

Pour assurer sa postérité, Jacobs avait mis en œuvre un plan visionnaire. Les Editions Blake et Mortimer se chargeraient de poursuivre l’édition de ses albums. Et le Studio Jacobs, propriétaire des droits d’exploitation de ses héros, financerait la Fondation, gardienne de l’ensemble de ses originaux. Mais rien ne s’est passé comme prévu…

En 1992, celui qu’il considérait comme son fils spirituel et le principal défenseur de sa mémoire, Philippe Biermé, a revendu les Editions Blake et Mortimer, puis le Studio Jacobs à Dargaud, filiale du groupe Média-Participations. Le conseil d’administration de sa Fondation s’est déchiré entre « pro » et « anti »-Biermé.

En 2014, las « des attaques gratuites et des guerres sans raison », Philippe Biermé a pris contact avec Moulinsart pour « donner un nouvel avenir » à la Fondation Jacobs. Philippe Biermé a demandé la mise en liquidation judiciaire de la Fondation Jacobs et, en 2016, le tribunal de première instance de Bruxelles l’a désigné comme liquidateur.

Deux anciens administrateurs de la Fondation, Pierre Lebedel et Charles Dierick, soutenus par Claude de Saint-Vincent, le directeur du Studio Jacobs et de Média-Participations contestent la liquidation. Mais sans attendre l’issue judiciaire, Philippe Biermé a fait donation des originaux de la Fondation Jacobs à la Fondation Roi Baudouin. Et pour ne pas abandonner le contrôle du droit moral, il a mis sur pied avec Moulinsart, gestionnaire des droits sur l’œuvre d’Hergé, une nouvelle Fondation Edgar Jacobs.



La passion de Mortimer… et des Rolls Royce
PAR DA.CV.
L’image fait jaser. Dans le milieu de la BD, de nombreuses personnes ont vu Philippe Biermé au volant d’une Rolls. Le président de la Fondation Jacobs a la passion des belles anglaises et réfute les amalgames.

Philippe Biermé avec sa Rolls Royce Silver Wing 1952.
« Sur les bancs de l’école, je rêvais de posséder deux voitures : une 2 CV pour son allure sympa et une Rolls pour sa perfection. J’ai d’abord roulé en 2 CV pendant dix-sept ans et demi. Ensuite quand j’ai eu l’argent pour le faire, je me suis payé une Rolls. Les premières que j’ai acquises, au début des années 1990, étaient une Corniche neuve et une Silver Wing 1952. En ce temps-là, le fisc taxait encore les Belges sur leurs signes extérieurs de richesse. On m’a réclamé 33 millions de francs parce que je roulais en Rolls Royce. Mon comptable a prouvé que grâce à la vente de mes parts du Studio Jacobs et des Editions Blake et Mortimer, je possédais assez de millions pour me payer une Rolls. A l’époque, si on avait cent millions sur son livret, les intérêts étaient de 10 % : assez pour se payer une Rolls ! L’affaire a été classée mais l’image est restée, d’autant que j’ai continué à rouler en Rolls Corniche et en Bentley S3. »



Philippe Biermé: «Les originaux que j’ai vendus m’ont été donnés par Jacobs»
MIS EN LIGNE LE 17/09/2017 À 17:42 PAR DANIEL COUVREUR

Philippe Biermé répond point par point aux critiques dont il est objet depuis la mise en liquidation de la Fondation Jacobs. Dans l’entretien exclusif qu’il nous a accordé, il veut dissiper le flou et les soupçons qui entourent les ventes massives des originaux de Blake et Mortimer sur le marché de l’art.

Philippe Biermé en réunion de travail avec Jacobs et Claude Lefrancq
pour les Editions Blake et Mortimer. © Jacques Labeye.Philippe Biermé en réunion de travail avec Jacobs et Claude Lefrancq pour les Editions Blake et Mortimer. © Jacques Labeye.

Le galeriste Daniel Maghen a proposé une centaine d’originaux de Jacobs à la vente. Le dessinateur François Schuiten en a vu une trentaine à lui seul. On parle d’un chèque de 2,4 millions d’euros pour l’acquisition de ces pièces de musée. Info ou intox ?

Daniel Maghen a voulu m’acheter une dizaine de planches originales mais j’ai refusé. En bonus, il offrait de réaliser un ouvrage d’art sur Jacobs avec la Fondation. L’affaire est restée sans suite. Par conséquent, le chèque de 2,4 millions d’euros dont on parle, je ne l’ai jamais vu. D’ailleurs, je n’aime pas les chèques. Je les ai toujours refusés. Il y a trop de frais bancaires là-dessus ! Cette fausse information a probablement été répandue par un espion de Média-Participations qui travaillait chez Maghen naguère. Mais je ne suis pas étonné que ce galeriste ait pu avoir en sa possession une centaine de pièces car j’estime qu’il doit y avoir plus de 200 originaux en circulation. Pour ce qui me concerne, j’ai des lettres qui prouvent que les rares originaux que j’ai vendus m’ont été donnés par Jacobs.

Une dizaine de planches à peine sont passées en vente publique. Le reste a donc été vendu sous le manteau. L’idée ne vous heurte pas, alors que la Fondation Jacobs est censée détenir toute l’œuvre depuis la mort de l’auteur, en 1987 ?

Je ne vois là rien d’incroyable, au contraire. Quand je m’occupais des retouches des planches de Jacobs aux éditions du Lombard, bien avant la création de la Fondation, je voyais souvent passer des planches originales des anciens albums. La gouache blanche utilisée par Jacobs contenait du blanc d’argent qui noircissait avec le temps. Il fallait repasser là-dessus avant de réimprimer les albums. Je peux vous dire qu’il manquait déjà, à ce moment-là une vingtaine de planches de La Marque jaune. On avait tiré des fac-similés dont Jacobs lui-même était très satisfait.

D’où pourraient provenir tous les originaux mis en vente ces dernières années si ce n’est pas des coffres de la Fondation ?

Quand Jacobs est mort, les deux tomes du Mystère de la Grande Pyramide et du Secret de l’Espadon avaient déjà été réédités. Les originaux avaient circulé. Monique Amelrijckx avait aussi fait un essai de recoloriage de La Marque jaune. Jacobs ignorait que son compagnon, Paul-Serge Mairesse, alias Marssignac, avait fait de la prison et que c’était un faussaire professionnel. J’ai d’ailleurs porté plainte contre lui pour vol. Il a été condamné au franc symbolique, le tribunal estimant sans doute, à l’époque, que toutes ces histoires de bande dessinée ne valaient pas grand-chose. Entre-temps, il avait tout vendu, via un libraire de Charleroi. On n’a rien pu récupérer. Un autre exemple ? Un jour, Michel Vandenbergh, un honnête homme qui travaillait pour le CBBD, m’a contacté pour me dire qu’il était tombé sur trois planches originales en provenance des coffres de la Fondation, qui n’avaient fait l’objet d’aucun document de prêt. Qui fallait-il accuser ? En 2004, après l’expo Jacobs au CBBD, j’ai été aux coffres par hasard, faire un rapide inventaire des pièces prêtées. Elles étaient revenues sous cadre et j’ai eu la surprise de découvrir parfois, à la place de certains originaux, des fac-similés. Qui avait pris quoi ? Je n’en sais rien mais quelqu’un a rénové sa maison un peu plus tard…

Pourquoi avez-vous accepté d’authentifier des pièces mises en vente dont la provenance n’était pas claire ? En votre qualité de président de la Fondation, votre première mission n’était-elle pas de veiller à ce qu’elles rentrent dans le giron de la Fondation, plutôt que de les voir dispersées ?

Ce n’est pas moral que ces pièces soient sur le marché, je le reconnais. Mais il ne faut pas oublier que quand j’ai porté plainte après la mort de Jacobs pour le vol d’originaux dans sa maison du Bois des Pauvres, les coupables avaient été blanchis par la justice. Le tribunal a estimé que « possession vaut droit ». Parmi les indélicats, il y avait mon demi-frère, Guy Imperiali, qui a vendu tout ce qu’il avait pu dérober. Il avait une mansarde de pièces volées où j’ai vu une farde avec la couverture originale de Chlorophylle contre les rats noirs , que Raymond Macherot avait offerte à Jacobs ! Elle est arrivée, bien plus tard, entre les mains d’Eric Leroy. Tout ceci pour dire que puisque la justice avait donné raison aux voleurs, il n’y avait aucune raison de ne pas faire de certificat d’authenticité pour des pièces originales qui le justifiaient. En échange, j’en profitais pour exiger du vendeur la réalisation d’un fac-similé, afin de compléter les archives de la Fondation. J’ai arrêté de signer des certificats en 2010, après que le conseil d’administration de la Fondation me l’a interdit.

Eric Leroy est l’un des premiers experts cités, dès que l’on parle des ventes d’originaux de Jacobs. Vous le connaissez bien ?

Nous avons très souvent été en contact, non pas pour que je lui vende des planches mais pour me demander des certificats d’authenticité. Il m’invitait souvent au restaurant. Il m’a présenté au conseiller diplomatique Hubert Védrine ou au critique d’art Pierre Sterckx. Mais j’ai fini par me lasser de certaines de ses pratiques. J’ai eu le sentiment qu’il se servait de moi et des certificats pour augmenter la valeur de certaines pièces et pouvoir les revendre plus cher, à son profit, en Suisse ou à Hong Kong. Depuis bientôt deux ans, je refuse tout contact avec lui.

Il paraît qu’on vous a vu à Monaco et en Russie avec des œuvres d’art : encore une rumeur ?

Ah ! Ah ! Sachez que quand on entre en Russie avec une œuvre d’art, il faut payer 13 % de la valeur estimée de la pièce, avant même de savoir si on va réussir à la vendre. C’est une obligation légale. J’ai été plusieurs fois en Russie mais c’était pour vendre des tableaux personnels. Quant à Monaco, qu’est-ce que j’aurais été y faire ? J’ai vendu les deux sociétés que j’avais en Belgique, où on n’est pas taxé sur les plus-values. J’ai des preuves et des arguments pour casser toute cette machinerie destructrice montée contre moi !

Si 200 planches sont dans des collections privées contre la volonté testamentaire de Jacobs, n’est-ce pas la mission de la Fondation de les signaler volées, de porter plainte contre X ?

Je vous rappelle que c’est ce que j’avais fait après le décès de Jacobs et le pillage du contenu de sa maison du Bois des Pauvres. Je n’avais pas eu le soutien de la Fondation pour cette action en justice. Or je portais tout de même plainte, entre autres, contre le beau-fils de Jacobs, René Quittelier, et contre mon demi-frère, Guy Imperiali, qui avait emporté des cartons entiers de documents précieux. À l’époque, c’était Louis Bos le président de la Fondation. Il porte une lourde responsabilité sur ce qui s’est passé. La maison de Jacobs est restée ouverte à tout vent et ça arrangeait bien les voleurs. Puis, quand j’ai demandé la restitution des pièces disparues, la justice a répondu, en 1989, qu’il était légalement impossible de le faire. Après ces événements, il était clair qu’on ne pourrait plus jamais rien réclamer au nom de la Fondation.

Dany Dewilde, commissaire de « 9th Art » au Musée d’art contemporain de Gand, nous affirme que vous aviez déposé des fac-similés à la place des originaux inscrits dans la convention de prêt de cette exposition. Toutes les pièces conservées dans les coffres de la Fondation sont-elles bien des originaux ?

Vous m’apprenez quelque chose. Je ne vois qu’un grand trou dans ma mémoire. Je n’ai jamais rien organisé là-bas. Il doit certainement y avoir erreur sur la personne.


Daniel Maghen: «J’ai vendu officiellement avec des factures»
MIS EN LIGNE LE 17/09/2017 À 17:38 PAR DA.CV.

Expert et galeriste renommé, Daniel Maghen a mis en vente des fardes entières d’originaux de Jacobs. Il a accepté de répondre à certaines de nos questions mais invoque légitimement le secret professionnel pour ne pas répondre à la plus importante, celle qui concerne ses fournisseurs…

Daniel Maghen dans sa galerie.Daniel Maghen dans sa galerie.

À qui avez-vous acheté et vendu des planches de Jacobs ?

J’ai vendu des planches tout à fait officiellement avec des factures. Pour ce qui concerne ceux qui me les ont vendues ou achetées, il est de mon devoir de préserver la confidentialité.

Les originaux de Jacobs sont rares sur le marché. Il avait fait don de toute son œuvre à sa Fondation : vous ne vous êtes pas interrogé sur la provenance de ces pièces de musée ?

Les pièces que j’ai vendues sont sur le marché depuis des années. Je me suis assuré qu’aucune déclaration de vol ou de perte ne les concernait.

Le testament de l’auteur était clair : toute son œuvre, y compris ce qui aurait été perdu ou dérobé, appartenait à la Fondation. Il n’y avait pas pour vous d’obligation morale à l’égard de la mémoire du maître ?

Vous me parlez de morale et de patrimoine. Je suis marchand d’art. Mon métier, c’est de rechercher les plus belles pièces à offrir à mes clients. La première planche de Jacobs qui a été vendue par un de mes clients avait été obtenue auprès d’Eric Leroy. J’ignore sa provenance et des années plus tard, j’ai eu moi-même des œuvres de Jacobs. À qui appartenaient réellement les originaux vendus ces dernières années ? Était-ce à la Fondation ? Je ne sais pas. Je n’ai pas connu Jacobs. Il n’a pas eu d’enfants. Avait-il ou non cédé des originaux à quelqu’un ? Je ne suis pas compétent en la matière. De son temps, les planches avaient peu de valeur et n’intéressaient personne !

Dans le milieu du marché de l’art, vous êtes cité comme le premier fournisseur de planches de Jacobs. C’est exact ?

Si tant de collectionneurs vous citent mon nom, c’est parce que j’ai montré ces pièces à ceux qui s’intéressent aux originaux de BD et à Jacobs, en France comme en Belgique ou ailleurs…

Plus de cent originaux auraient transité rien que par votre galerie : vous confirmez ou vous infirmez ?

Vous citez le chiffre d’une centaine de planches en circulation. Je pense que comme pour Hergé, Franquin, Peyo, Tillieux, on peut sans doute effectivement l’évaluer à une centaine de pièces en comptant les dessins, les planches, les crayonnés, les études…

À combien estimez-vous la valeur de vente de ces originaux de Jacobs ?

L’échelle de valeur d’une planche de Jacobs va de 40.000 euros à 200.000 euros.

Une nouvelle Fondation Edgar Jacobs remplace l’ancienne. Entre-temps, les orignaux ont été confiés à la Fondation Roi Baudouin : une bonne nouvelle pour la transparence des valeurs sur le marché de l’art ?

J’ai été informé d’un contentieux entre la nouvelle Fondation Edgar Jacobs et le groupe Média-Participations, propriétaire des droits d’édition des albums de Blake et Mortimer, parce que Nick Rodwell, président de Moulinsart, détenteur des droits de Hergé et concurrent de Média, fait partie des administrateurs de cette nouvelle Fondation. Cela ne me concerne en rien.
marcel 19/09 17:29
Merci Victor.
marcel 19/09 18:10
Daniel Maghen a l'air d'être un vrai filou. Vendre des objets volés, ca s'appelle du recel. Et c'est pas parce qu'on a des factures que c'est légal.
Ca peut etre pire que ca. De ce que j'en lis, si c'est le type de la fondation qui a sorti les œuvres pour les remplacer (ou pas) par des fac-simile, y a carrément association de malfaiteurs.
Sérieusement, y a quelqu'un du serail qui n'était pas au courant que Jacobs avait donne tous ses originaux a sa fondation ?... Meme si on t'assure que la provenance est autre, tu te mefies... Ou t'es un escroc et tu t'en fous, tu vends. Si possible discrètement.
bert74 19/09 19:18
Le fisc belge probablement lésé mis à part (j'ose espéré qu'il saura s'y retrouver par ailleurs), il n'y a pas d'autre escroquerie que morale, car j'ai compris que la fondation créée par Jacobs de 1) n'a jamais été officiellement récipiendaire des planches de l'artiste et de 2) n'existe plus (liquidée par le fameux Philippe "homme de confiance" Biermé). Donc pas de victime hormis les amateurs qui voient se privatiser des oeuvres que l'auteur souhaitait mettre à la disposition de tous.

Mais, même si ce n'est pas le cas sur le plan légal, cela prends quand même du reste toute les caractéristiques d'un vol organisé par un quarteron d'individus à l'éthique plus que douteuse : le fondé de pouvoir-voleur, les galeristes-trafiquants, les acheteurs-receleurs.
Qu'il se cachent tous derrière des belles déclarations du type "j'avais le droit", "j'ai fait mon métier" ou encore "j'ai payé sur facture" ne rend leur ignobilité que plus crasse...

Tout est relatif bien entendu, mais des fois ça donne quand même envie de ramasser les points Goodwin à la pelle.
Victor Hugo 19/09 19:39
Vous êtes quand même des salauds! Qui peut douter de l'honorabilité et de l'honnêteté de Daniel Maghen?
 
Décès d'auteurs
 
froggy (Quentin) - 18/09 23:32
Il y a une chose que j'ai apprise en Afrique est de ne pas juger les gens avec mes valeurs, mes bons sentiments judeo-chretiens et mes pensees nees des philosophes francais du Siecle des Lumieres. Pour te donner un exemple, j'ai eu ainsi un peu de mal avec la polygamie que j'ai constate immediatement le lendemain de mon arrivee avec nos voisins. Nous arrivons avec nos normes a nous pour juger des gens qui en ont d'autres

Tiens, un autre cliche, il y a plusieurs Afrique, celle du Nord, celle subsaharienne (ou j'ai vecu), celle plus au sud, celle orientale etc. J'ai ecrit plus tot que l'Afrique est compliquee et ce n'est rien de l'ecrire. Il faut voir aussi bien le bien que le mal qu'ont fait les colons europeens aux populations locales. Le bien, creer de l'irrigation en utilisant les nappes d'eau (tres) profondes. Le mal; montrer le clinquant et le cote derisoire de la civilisation occidentale; imposition du concept de l'etat-nation apres la decolonisation a des populations pour qui la notion de frontiere n'existe pas et n'a aucun sens, celles nomades par exemple. Et tellement d'autres!

Je me suis peut etre mal exprime sur le cote raciste des Peuls, j'aurai peut etre du ecrire qu'ils le sont mais ils ne le savent pas. Je me souviens que la premiere fois ou j'ai entendu un noir traite un autre de "Sale negre!", cela a fait bizarre.
 
Elisez la meilleure série... TERMINEE !!
 
froggy (A la cantonade) - 18/09 23:34
Comme vous le savez, je ne suis plus d'ici, je me contenterai de poser cette question qui peut sembler stupide, que veut-dire "nioub"?
marcel 19/09 01:30
Dommage, c'est de l'anglais (de cuisine). Newbee => Nioub.
lobabu (suzix) - 19/09 08:42
T'es sûr que que c'est avec 2 "e" à la fin, "newbee"?
marcel 19/09 14:32
Non. Et je suis pas Suzy.
marcel 19/09 14:33
C'est "newbie", bien sur.
 
Je me souviens... des BD de ma vie....
 
froggy 19/09 00:12
Je me souviens de mon professeur de mathematiques a Niamey qui avait une tres belle collection de BD. Il me preta Les Phalanges de l'Ordre Noir qui venait de sortir en France et qu'on lui avait apporte. Cette BD m'a marque a vie car elle me fit decouvrir tout un pan du 9e Art que j'ignorais encore, celui de la BD pour adultes issue de Pilote, d'(A suivre), Charlie, Fluide Glacial, L'Echo des Savanes etc. Jusqu'a present, de Pilote, je ne connaissais qu'Asterix et les series de Charlier. Comme vous le savez, je ne me cantonnais alors qu'aux BD de chez Dupuis et du Lombard. Tout d'un coup, je decouvrais qu'il existait des BD tout aussi passionnantes et meme plus traitant de sujets differents ayant trait a la politique, a l'economie, ou humoristiques qui decrivaient les moeurs et coutumes de mes concitoyens. De ce genre de BD, je ne connaissais que Les frustres de Bretecher que je lisais chaque semaine dans l'hebdomadaire d'actualite, Le Nouvel Observateur, Le Nouvel Obs' comme on disait alors.

Dans la foulee, je lui empruntais ses Reiser, Lauzier, Goetzinger, Comes, Tardi, Pratt etc que je devorais plutot que de lire Fondements de la metaphysique des moeurs de Kant qui etait a mon programme de philosophie. On se demande bien pourquoi. J'ai un peu oublie Kant, il n'en est pas de meme pour tous ces albums.

35 ans plus tard, je lui en suis toujours gre.
marcel 19/09 01:34
Je ne saurais dire si le "declancheur" chez moi des BD adultes a ete le premier tome de Sambre ou La femme du magicien (lus grace a la bibliotheque). Je pencherais plutôt pour le second. La decouverte du magazine (A suivre) a fait le reste.
 
L'appart à Grasse, la ville de la Rose
 
froggy 18/09 23:35
Echange femme de 40 ans contre 2 de 20.
Piet Lastar 18/09 23:58
Ou 4 de 10 ?
ou 1/2 de 80 ?
froggy (Piet) - 19/09 00:14
4 de 10, je ne suis pas pedophile!

1/2 de 80, je ne suis pas gerontophile non plus. Et puis quelle moitie aurais-je?
Piet Lastar 19/09 00:22
Je me demandais quelle proposition te rebuterait le plus.
Par contre, une de 40 me semble la meilleure
 
nouvelles cotes bdm
 
froggy 19/09 00:34
Je remonte ce sujet et c'est surtout a Philippe que je m'adresse qui me semble etre la personne de ce Forum la plus adequate pour repondre a ma question. Mais si d'autres veulent bien repondre, elles sont la bienvenue, of course.

Sur le forum d'en face concurrent mais neanmoins ami, dans le sujet consacre a Clifton, un intervenant y a fait remarquer que les cotes des derniers titres de cette serie d'avant la reprise par Turk et Zidrou etaient tres elevees. Etonne, j'ai verifie sur ebay qui est ma seule source d'inforamtion a ce sujet et effectivement, j'y ai vu qu'Elementaire, mon cher Clifton! est a 75 euros, Jade est a 50. etc.

Ce n'est pas la premiere fois que je constate cela avec les cotes des derniers Rubine et du dernier Bernard Prince par exemple. Je presume que la cote elevee de ces albums s'explique par le fait qu'ils n'ont eu qu'une seule edition et qu'ils n'ont pas (encore) ete reedite dans une integrale, nonobstant le fait que ces albums appartiennent tous a une serie plus ou moins prestigieuse.

Ma question est donc toute simple: peux-tu me citer d'autres exemples de serie ou les cotes des derniers titres parus dans une serie s'est egalement eleve a un niveau presque stratopherique pour les memes raisons?

Question subsidiaire: le BDM qualifiait les collectionneurs des numero 1 de chaque serie de "Jivaros", comment appelle-t-on ceux qui collectionnent les fins de serie? Si il y en a bien sur.
Piet Lastar 19/09 00:43
Les derniers Tif & Tondu, de même que le dernier Ric Hochet (inachevé)par exemples...
marcel 19/09 01:52
Tiens ? Mes Clifton de Rodrigue (tres mauvais, j'ai arrete apres Jade) valent donc quelque chose.

Sinon, puisque tu veux des exemples, j'ai constate que les 4 derniers Luc Orient sont beaucoup plus cotes que les précédents, malgre l'integrale. J'imagine que c'est juste parce que les tirages ont ete moindres ?...
marcel 19/09 01:58
Sinon, c'est le dernier Dany et les deux Aidans sur Bernard Prince qui ont une grosse cote.
Sur Tanguy et Laverdure, et c'est expliquable, celui de Coutelis a une enorme cote (contrairement aux précédents et suivants).
bert74 19/09 10:45
le BDM qualifiait les collectionneurs des numero 1 de chaque serie de "Jivaros", comment appelle-t-on ceux qui collectionnent les fins de serie?

Les "suce-bites" ?

OK, OK ===>
marcel 19/09 14:34
comment appelle-t-on ceux qui collectionnent les fins de serie?

Des gérontophiles ?...

(Bert, tiens la porte, je sors aussi).
 
Que venez-vous de lire et qu'en avez-vous pensé? (18)
 
froggy 18/09 23:02
Caza, Scenes de la vie de banlieue, l'integrale

Cette nouvelle edition de cette mini-serie m'a fait faire un veritable voyage dans le temps puisqu'elle m a ramene dans les annees 70, annees de ma folle adolescence bercees d'une tendre insouciance ou je me preoccupais plus de savoir ce qu'il y aurait dans le prochain Spirou, le journal de la bonne humeur, quel bon film passerait ce soir la tele (sauf le mercredi, le vendredi et le samedi) et ce que maman aurait prepare pour le diner. J'oublie volontairement les pantalons pattes d'eph' et les emissions des Carpentier ou officiaient regulierement Mireille Mathieu et Dalida. C'etait aussi le temps ou on ne parlait pas encore du malaise des banlieues et des cites HLM dont les habitants continuaient a voter communiste. Georges Marchais venait de remplacer Jacques Duclos, homme dont je n'aimais pas la figure comme celle de Michel Poniatowski pour faire bonne mesure car je ne veux pas me montrer trop sectaire. C'etait aussi un temps qui etait toujours sous l'influence de Mai 68 avec ses utopies et ses reves d'un monde meilleur. Mao etait toujours vivant avec sa cohorte de fideles en France, ce qui faisait dire aux humoristes que la difference entre un maoiste francais et un maoiste chinois etait que le francais en avait ras le bol alors que le chinois en avait juste un petit peu dans le fond. Pendant ce temps-la, au Cambodge, les Khmers Rouges massacraient allegrement ses congeneres au nom de leur ideologie. Scenes de la vie de banlieue est parfaitement representatif d'un certain etat d'esprit qui predominait alors. En cela, je trouve qu'elle est un tres bon document sociologique.

J'ai fait la connaissance de cette serie quand j'ai decouvert Pilote Mensuel (Matin, quel journal!) que je lisais en recueils au tout debut des annees 80. N'ayant pas encore tout a fait 20 ans et vivant alors en banlieue parisienne, je ne pouvais qu'etre sensible a cette bande qui avait tout plaire, tout d'abord, une BD completement differente de ce que je lisais alors dans Spirou et Tintin (le journal des jeunes de 7 a 77 ans) et puis elle parlait de sujets qui etait dans l'air du temps avec ses themes sur l'ecologie, l'abrutissement des masses sous-proletariennes par les medias et, visez mon regard, la television surtout, le mode de vie citadin devenu un enfer compare aux bienfaits de la vie a la campagne, (l'habitat rural contre l'habitat urbain), la societe de surconsommation (deja!), la Citroen 2 CV compare a tout le reste du parc automobile, etc. C'est plein de choses qui me sont immediatement revenues a la memoire en relisant, un effet Madeleine garanti.

Lire cela aujourd'hui prete evidemment a sourire car beaucoup des preoccupations d'alors ont disparu, n'ayant plus lieu d'etre et d'autres les ont remplacees. Il en est ainsi des habitants des HLM decrits par Caza qui ne sont plus les memes en partie. Les seules drogues consommees dans la BD sont des pilules de LSD qui sont une marque de contestation. L'album est composee de plusieurs histoires courtes aux themes divers et varies et qui tournent souvent vers l'onirique, le fantastique et meme l'horreur en quelques occasions, comme nous le montre la couverture choisie par les Humanoides Associes pour cette nouvelle edition. Je ne pense pas que ce soit tres interessant pour vous que je vous raconte le contenu des histoires courtes, ecrivons tout simplement qu'elles sont en parfaite symbiose avec l'epoque.

Mai 68 etant passe par la et Pilote n'etant plus le journal d'Asterix et Obelix, il y a un peu de nudite dans cet ouvrage aussi bien feminine que masculine, ce qui est assez rare pour etre souligne meme en 2017. Et il n'y a pas que Mai 68, qui soirt passe par la, il y a aussi Druillet auquel on ne peut pas penser en de multiples occasions quand on lit l'ouvrage. Autant l'ecrire tout de suite, je n'aime pas du tout le dessin de Druillet auquel je suis completement refractaire. Ce n'est pas ce que ce n'est pas bien, ce n'est pas pour moi. Pour reprendre une exemple de conversation recente, Druillet est pour moi ce que Ribera est pour Lobabu. J'ai essaye mais je n'y arrive pas. Caza ne fait pas du Druillet a tort et a travers, il n'est pas a lui ce que Seron fut a Franquin, disons qu'en quelques occasions, on constate son influence sur l'auteur. Un autre dessinateur auquel je n'ai pas pu m'empecher de penser est Sole. Je trouve leurs styles tres proches l'un de l'autre meme si ils sont parfaitement identifiables. Il y a des planches ou Caza restitue tres bien l'angoisse et la peur, il y a un petit cote Lovecraft chez lui. Un seul petit defaut, il y a un aspect mecanique dans son dessin qui l'empeche d'etre sensuel quand il dessine une jolie jeune femme entierement denudee. On admire la plastique de la dame en question mais on reste etranger, cela laisse froid le lecteur.

Note finale, 3.25/5. J'ai bien aime, j'en recommande la lecture mais je me demande sincerement ce qu'un lecteur qui n'a pas connu ses annees-la en pensera.
froggy (Marcel post#1018) - 19/09 00:41
Une des formes d'humour ici est de considerer le Canada comme responsable des qu'il y a un probleme. "Something is wrong? Blame it to Canada!"

Tu en en vois un exemple dans le long metrage South Park: bi gger, longer, uncut (j'adore le titre original qui est tres ose pour ici a cause de son sous-entendu, je ne connais pas le titre francais) ou au deuxieme tiers, les USA font la guerre au Canada pour une raison completement farfelue.

Maintenant, tu comprendras mieux le contexte de cette BD si tu ne le savais pas deja.
marcel 19/09 01:43
J'ai bien sur vu le film de South Park (je crois qu'ils avaient traduit le titre littéralement), et sa celebre chanson Blame Canada ("it is not even a real country anyway").
Meme mieux, j'ai joue au jeu video Stick of truth (je joues tres peu, mais celui-là m'a eclate), et il y a toute partie ou on part au Canada. Et on se retrouve des la frontiere passee dans un jeu tout pourri des annees 80, en 2D pixellisee degueulasse.
J'ai l'impression qu'ils sont un peu aux américains ce que les belges sont aux français.
marcel 19/09 01:46
Et c'est pas un raison farfelue : Terance et Philip ont perverti leur belle jeunesse en leur apprenant des gros mots ("shut your fucking face, you uncle fucker"). Et les gros mots, c'est le mal !
 

 
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