Les 185 critiques de Quentin sur Bd Paradisio...

Lune de guerre par Quentin
En lisant la critique de Yannick, je me suis dit qu'on n'avait pas dû lire la même BD. Je me suis donc replongé dans "Lune de guerre" et 7 ans après la sortie de l'album, mon verdict reste inchangé: c'est très mauvais. Une histoire complètement invraissemblable, dans laquelle le grotesque dispute au mauvais goût. 30 protagonistes coincés dans une auberge finissent soit par essayer de s'entretuer sans bonne raison, soit de sauter la femme de l'autre, soit de quitter cet enfer sans se prendre de pruneau dans l'aile. Le scénario est des plus ténu et aussi con que les participants à la noce. Le soi-disant "choc d'une rencontre exceptionnelle entre deux maîtres de la Bande Dessinée" a donné un regrettable flop.
Dans le petit monde clos des écrivains égocentriques, Simon admire le génie iconoclaste de Whale, tout en nourrissant de la pitié vis-à-vis de sa misère sentimentale et de sa folie grandissante. Les deux auteurs sont en panne d'inspiration, qui se double chez Whale d'une impuissance sexuelle, et qui est compensée chez Simon par une débauche d'adultères. Le principal intérêt de l'album se trouve dans le profil psychologique fouillé des personnages, mais également dans des dialogues incisifs (en tout cas dans la première moitié de l'album). L'intrigue est malheureusement assez peu développée et s'essoufle vite. Elle a les caractéristiques classiques des histoires centrées sur les auteurs en quête d'inspiration: longueurs, introspections nombrilistes maladives à la limite de l'insuportable, dénouement sans surprise au cours duquel l'auteur exorcise son blocage en ridiculisant ou en se libérant de celui envers qui il nourrissait un complexe d'infériorité. Malgré le fait que la deuxième moitié de la BD ne tienne pas les promesses du bon début, je trouve que cet album est le plus abouti parmi ceux que j'ai lus de Moynot. Les dessins sont réussis et le travail sur les couleurs est intéressant. Ca fait toujours plaisir de suivre un auteur qui se renouvelle tout en progressant.
Les albums de Loustal que je préfère sont toujours ceux qu'il fait en collaboration avec Paringaux. Depuis "Barney et la note bleue", les deux auteurs se sont toujours complétés à merveille et nous ont offert ce qui se fait de mieux en matière de polar en BD. La poésie et les métaphores du texte en voix off guide celle des dessins et développe un univers de paumés glauque et moite tellement dense qu'il prend aux tripes. "Le sang des voyous" est le plus noir des albums du tandem, mais la narration et la correspondance entre texte et image reste toujours des plus efficace. On en redemande!
René Caillé arrive enfin à Tombouctou après un véritable calvaire. Mais le pire est à venir puisqu’il doit traverser le Sahara pour rejoindre la France, via le Maroc, traversée qui va être encore plus éprouvante physiquement et psychologiquement. Pas vraiment de surprise dans ce second tome. Les faiblesses scénaristiques du premier tome s’accentuent (les jugements moraux trop politiquement corrects, la réécriture de l’histoire de Caillé, le rôle improbable d’Arafanba, les longs dialogues bavards et grandiloquents rendant les personnages distants, etc). L’histoire devient délirante, ce qui aurait peut-être pu bonifier l’album en représentant les divagations d’un René Caillé souffrant mille maux si l’épisode avait été mieux exploité et n’était pas si confus. La fin est plutôt décevante et ne parle pas de l’accueil de Caillé en France ni de sa réadaptation au pays. Tout cela aurait facilement pu être abordé, vu le grand nombre de pages (dont la lecture finit par être longue vu qu’il ne se passe pas grand chose). J’ai refermé ce livre en restant sur ma faim et avec le sentiment que Dabitch avait gâché une superbe occasion de raconter une histoire exceptionnelle – qui reste néanmoins originale dans sa forme actuelle. Les dessins de Pendanx, quant à eux, sont toujours aussi beaux et bien documentés.
Comme Alban, en lisant les premières pages, je croyais avoir affaire à une ènième version (plutôt fade) de la vie quotidienne facon Peyraud ou Christopher. Mais très vite, l'histoire bascule et on se retrouve face à une véritable intrigue. Ce premier tome prend le temps de bien planter le décor et les personnages. Le scénario est captivant et laisse présager des surprises pour la suite (heureusement que je n'ai pas vu le film, ce qui me permettra de goûter tous leurs effets). Un bon début.
Fleurs d'ébène par Quentin
J'ai toujours aimé les albums de Warnauts-Raives, mais j'en préfère bien sûr certains à d'autres. A priori, le sujet de "Fleurs d'ébène" aurait dû me combler: une critique de la colonisation à la veille de l'indépendance de l'ex-Congo Belge. Et il est effectivement intéressant de redécouvrir ce Congo là - qui pourrait mieux nous le rendre que Warnauts et Raives? Mais il me semble que les auteurs ne se renouvellent plus vraiment et retombent dans des automatismes qui commencent à friser les clichés. On retrouve la dichotomie simpliste entre les mauvais blancs qui baisent les négresses tout en les méprisant et les bons blancs qui les baisent parce qu'elles baisent mieux que les blanches et sont moins compliquées (mais finissent quand même par en épouser une). Entre ceux qui vivent en Afrique par oportunisme ou arrivisme et ceux qui y vivent car ils s'y sentent en osmose et ne pourraient plus vivre ailleurs. Entre les corrompus et magouilleurs de tout poil et ceux qui ont une conscience professionnelle et des idéaux. Le tout s'amalgame autour de la mauvaise conscience héritée du fiasco colonial. Les paysages sont toujours aussi beaux et les couleurs des plus réussies. Les scènes de culs sont plus sulfureuses et les seins et fesses noires plus fermes que jamais. Mais on n'échappe pas au sentiment de "déjà vu" et il n'y a plus de surprise. Un bel album, agréable, mais qui ne figurera pas parmi mes préférés.
Nävis en a déjà vu de toutes les couleurs. Mais malgré toutes ses erreurs passées et tous les désabusements, elle y croit encore et continue de se battre pour un monde plus juste. Dans "infiltration", cependant, l'épreuve qu'elle affronte est sans commune mesure avec tout ce qu'elle a pu surmonter par le passé. Il s'agit de l'album le plus dur et le plus sérieux de la série, et aussi d'un des meilleurs, à mon avis. On y retrouve tout ce qui a fait le succès des albums précédents (au niveau du dessin, de l'action, du caractère de cochon de Nävis), mais le sujet dépasse en ambition tous ceux abordés jusqu'à présent. Le scénario est bien maîtrisé et réserve des surprises jusqu'à la dernière case. Ce neuvième tome est un excellent cru et j'espère que les albums suivants ne repartiront pas dans une toute autre direction sans traiter des profondes séquelles héritée de cet épisode.
Dikhil par Quentin
J'ai acheté cet album sur les conseils de la librairie Brüsel qui présente Joël Alessandra comme le nouveau Cailleaux. Ca commence en effet très bien, avec de beaux dessins balancés sur un rythme nonchalant, et un très beau jeu sur les couleurs. Ca foire malheureusement à partir du moment où le protagoniste principal fuit ses responsabilités en partant pour la corne de l'Afrique. Le rythme s'accélère, les événements se téléscopent, l'histoire et les personnages s'enfoncent dans les clichés, perdent toute crédibilité, et le tout finit dans un happy end d'une mièvrerie affligeante. Le livre est devenu un moyen pour l'auteur d'exorciser toute la mauvaise conscience accumulée lors de la mort de son père et lors de son travail de coopérant à Djibouti (comme expliqué en postface). Mais un effet thérapeuthique pour l'auteur peut avoir un effet soporiphique sur le lecteur. Ma frustration dans la deuxième moitié de l'album est bien entendu proportionnelle à mon enthousiasme dans la première moitié. Joël Allessandra est un auteur talentueux et plein de promesses, mais celles-ci devront être mieux tenues dans ses prochains albums.
Wimbledon Green par Quentin
Seth nous prévient d'emblée dans la préface: il ne faut pas prendre ce livre au sérieux. Il n'a d'ailleurs jamais été dessiné pour être publié et il n'était à l'origine qu'un exercice dans des carnets de croquis. Si on le prend comme cela, l'album est une grande réussite, et présente une critique caustique et amusante du monde des collectionneurs de comics. On voit rarement des choses si abouties sortir de carnets de croquis. Mais ce genre de projet a également ses limites. Dessin fait à la va-vite, histoire inaboutie, plombée de répétitions et de longueurs, qui n'a pas de vraie fin et qui laisse le lecteur sur sa faim. La forme de l'album reste néanmoins inhabituelle et par conséquent intéressante.
Les sous-sols du révolu est pour moi un des meilleurs albums de Marc-Antoine Mathieu ce qui, au regard de la qualité des albums précédents, en fait tout de suite un chef d’œuvre – ce qui est d’ailleurs le sujet du livre. L’album présente une réflexion extrêmement poussée sur l’art, la représentation du réel, la conservation des œuvres et leur exposition, servie avec une intelligence rare, un humour très fin, et une sensibilité pleine d’humilité qui, ultime qualité, met en pratique la théorie discutée dans le livre par un va et vient incessant entre différentes chaînes de représentés et de représentants. Il est vrai que le lien entre les différents chapitres semble ténu, le fil conducteur étant la découverte des diverses fonctions et aspects du Louvre plutôt qu’une histoire construite linéairement - cela déconcertera les lecteurs s’attendant à lire une BD classique. Mais il existe bel et bien un fil conducteur et la construction du livre, qui fait penser à l’histoire publiée dans l’album collectif sur « Le retour de Dieu », inscrit tous les chapitres dans un très grand dessein, en incluant d’ailleurs le lecteur qui devient partie intégrante de l’œuvre par une ultime mise en abyme sur le mystère liant l’œuvre au regard et sur les spécificités du 9e art. Plus encore que dans ses précédents albums, Marc-Antoine Mathieu fait constamment appel à l’intelligence et à l’œil du lecteur, qui se transforme en complice d’Eudes le Volumeur et en élément essentiel de son œuvre. C’est tout simplement génial. Nul doute que des livres seront écrits pour décrypter l’incroyable richesse de celui-ci, contribuant ainsi à reproduire la chaîne des experts dont Eudes ne constitue qu'un maillon.
Alors Qu'"adieu maman" était pour moi LA révélation de 2005, "Le retour de l'éléphant" est une très grande déception. La première moitié des mini-récits sont sans queue ni tête; la seconde traite à mot couvert de la médiocrité et de l'insignifiance de la vie, mais d'une manière fort peu convaincante qui rend la BD elle-même insignifiante et médiocre. Bizarre comme certains auteurs peuvent produire des albums absolument indispensables et d'autre parfaitement dispensables.
Dans ce quatrième tome, le professeur Bell reste le maître de l'étrange et du burlesque. La nouveauté tient au fait qu'une petite fille aux boucles blondes (la fille d'Humpty Dumpty) lui ravit la vedette et porte l'album à bout de bras, naviguant entre les flaques de sangs et de cervelle, les rêves héroïnomanes de Bell, et ses prouesses sexuelles avec une nymphomane (en rajoutant les partouzes d'ecclésiates dans les catacombes, ce quatrième tome est le plus pornographique de la série). Ca égayera ses vacances, mais elle perdra ses derniers pans de naïveté lorsqu'elle se fera entraîner par Bell dans un plan foireux qui aura d'effroyables conséquences. Malgré quelques hauts et bas dans le rythme de la narration (de beaux passages bien développés sur plusieurs pages entrecoupés de quelques événements insignifiants et censés être drôle), le tout reste d'excellente facture, et confirme que Tanquerelle est bien le dessinateur qu'il fallait pour reprendre la série.
En huit histoires courtes crayonnées, Nikolaï Maslov dresse un portrait d'une partie de l'union soviétique contemporaine - alcoolisme, misère économique et sociale, usines désaffectées, fossé entre le monde urbain et rural, entre les générations. Chaque histoire est relativement prévisible et contient un mini-drame quotidien insignifiant pour le monde qui continue à tourner mais pourtant révélateur de la déliquescence de la société sociétique. Maslov est un peu le Ferrandez ou le Tito de l'ex-URSS. La lecture de cet album ne laisse aucun souvenir mémorable; juste un sentiment diffus de misère sociale. Intéressant, mais à mon avis pas assez pour justifier son prix de 20 euros.
Renaud De Heyn a entrepris un voyage que la plupart d’entre nous ne fera jamais: il est allé à la rencontre de l’Islam et des Musulmans du Pakistan. Dans la plupart des récits de voyages, l’auteur n’est qu’un observateur extérieur nombriliste décrivant ses problèmes et prenant cliché sur cliché (le photographe de Guibert). On en apprend plus sur les préjugés et l’ignorance de l’auteur que sur la société visitée (Shenzen et Pyongyang de Delisle). Même Abdallahi qui traite du voyage de René Caillé, un Français converti à l’Islam, ne nous apprend finalement pas grand-chose sur les autres cultures et religions. Mais De Heyn nous offre un récit de voyage très différent, centré sur les hommes qu’il rencontre et qui se racontent à travers leurs conversations plus que sur les paysages ou les impressions superficielles de voyages. Comme il le dit lui-même : « Je me suis assez vite rendu compte que ce que je savais du monde musulman n’était qu’une grossière caricature (…) J’ai essayé de découvrir de quoi il s’agissait sans tenir compte de ce que je savais, puisque c’était très souvent faux ». On redécouvre avec De Heyn les vertus du dialogue qui fait si souvent défaut dans les autres récits de voyages, surtout que le dialogue en question se fait ici avec « l’ennemi » de notre époque (les talibans du confins du Pakistan et de l’Afghanistan). Essayer de comprendre le point de vue de ‘l’autre’ sans le juger a permis à l’auteur de faire des rencontres fantastiques. Dans sa BD, il nous en présente quelques morceaux choisis, allant de l’inconnu qui lui offre une hospitalité sans borne sans rien lui demander en retour (donnant inévitablement mauvaise conscience à l’auteur quand il pense à la manière dont il traiterait son hôte s’il venait à le rencontrer chez lui en Belgique) à l’Allemand nazi converti à l’Islam et pouvant vivre son antisémitisme sans honte. Bien entendu, le lecteur peut choisir de ne retenir que ce qui renforcera ses préjugés (la tolérance et l'hospitalité d’un côté, ou l’antisémitisme et le machisme de l’autre). Mais il aura également le choix de prendre les trois volumes de « la tentation » comme un tout démontrant la diversité qui caractérise les religions et leurs adeptes et concluant que l’important n’est pas la croyance mais la manière dont on la vit.
L'heroic fantasy n'est généralement pas ma tasse de thé mais, intrigué par les critiques précédentes, j'ai acheté l'éveil du Kurran et j'ai également été positivement surpris par cette histoire très humaine, prenant place dans un univers créé de toutes pièces avec ses animaux, son architecture, ses traditions vestimentaires, ses hiérarchies sociales, ses croyances, quelques pouvoirs surprenants (mais jamais farfelus ni exagérés comme c'est trop souvent le cas dans les albums de ce genre), le tout étant détaillé et tout à fait cohérent. L'histoire est attachante, et est centrée sur l'apprentissage d'un adolescent appelé à devenir un des plus grands prêtre de son peuple, mais devant pour cela apprendre à grandir et à maîtriser ses émotions, ses frustrations et ses peurs. On referme l'album avec le sentiment d'avoir lu une belle histoire, certe un peu dramatique mais finissant d'une manière appaisée lorsque les shamans restaurent l'ordre du monde et permettent au temps de suivre son cours. Un premier album faisant preuve d'une grande maîtrise et étant d'une très bonne qualité. A découvrir.
Quand les cités brûlaient, la discussion chauffait sur BDP. Pourtant, aucun intervenant n’a mentionné cette BD parlant des jeunes et des cités. C’est d’ailleurs plus tard que je suis tombé par hasard sur cet album, en fouinant dans une librairie. Album qui s’inscrit dans la continuation de "paroles de taules/taulards/parloirs" et "paroles de sourds", mais qui est cette fois publié par la comédie illustrée (et non plus Delcourt), mais toujours en collaboration avec le festival de Blois qui fait décidément un travail remarquable pour élargir le répertoire de la BD tout en faisant une œuvre citoyenne. On a comme d’habitude une belle brochette d’auteurs, tous intéressants même si certains sont plus connus que d’autres. La seule réserve que j’émets se trouve au niveau des récits. Je ne sais pas si c’est le sujet qui est moins dramatique que la prison ou les sourds, ou bien si ca tient au fait qu’Omond remplace maintenant Corbeyran pour les scénarios (je pencherais plutôt pour la deuxième option), mais on ne se prend pas la même claque que dans les précédents albums de la "série". De nombreux récits développent les thèmes rebâchés que "la cité, c’est pas si mal que ca" ou bien que "la diversité culturelle est un enrichissement". On apprend finalement assez peu de choses, et les histoires personnelles ne sont pas vraiment poignantes. Mais le tout sort néanmoins des sentiers battus, reste d’un bon niveau et est à découvrir.
Japon par Quentin
Les BD japonaises envahissent nos rayons mais que savons-nous au juste de ce pays? 16 auteurs (moitié Franco-Belges et moitié Japonais) nous donnent leur vision d’un lieu au Japon en une quinzaine de pages. Des auteurs triés sur le volet par Frédéric Boilet et qui représentent la crème de la BD d’auteur des deux pays, en tout cas pour le côté francophone avec Schuiten, Neaud, Sfar, Boilet, Aurita, Davodeau, Guibert, De Crécy (la seule erreur de casting étant Prudhomme), car côté Japonais, à part Taniguchi et Takahama, ca aurait pu être mieux. Résultat ? Mitigé. On se retrouve face à l’éternel problème des albums de ce genre (voir par exemple l’Association en Egypte, etc.). Le format réduit, l’ignorance des auteurs Européens et le manque de distanciation des auteurs Japonais encourage un traitement réducteur du sujet, se limitant aux clichés (les filles en mini-jupes et en bottes de cuir), aux anecdotes (le tri des poubelles), au nombrilisme, au folklore (les temples) ou un refuge dans l’imaginaire pour éviter de traiter du sujet imposé. On se trouve face à une collection d'essais hétéroclites, n'ayant pas toujours grand chose à voir avec le Japon, mais proposés par de tout grands auteurs qui ne font jamais rien de vraiment mauvais. On peut donc acheter les yeux fermés puisque chaque lecteur appréciant ces auteurs y trouvera sûrement son compte. Les dessinateurs Européens qui s’en sortent le mieux sont peut-être ceux qui jouent explicitement avec les clichés (Schuiten, Sfar) et ceux qui avouent leurs limites et leur ignorance (Neaud). Mais dans ce duel euro-asiatique, les auteurs qui sortent du lot et dominent le terrain restent au final ceux qui jouent à domicile. Taniguchi et Takahama nous offrent deux petites perles de simplicité et d’émotions retenues, et n’ont besoin que de quelques pages pour étreindre le cœur du lecteur et appeler ses larmes. Trop fort! A quand le match retour en France?
Je redoutais une nouvelle série pour enfants qui ne me plairait pas trop (dans le genre d'Esteban). Et bien pas du tout. Messire Guillaume débute on ne peut mieux, avec un scénario très bien construit et très efficace qui tient en haleine et donne fort envie de lire la suite. Le moyen-âge qui nous est présenté est crédible, et la présence de l'alchimie et du monde spirituel n'est ni trop lourde ni trop légère - juste comme il faut. Les personnages sont tous bien typés, avec une forte personnalité, et sont très attachants chacun à leur manière. Même les enfants sont loin d'être mièvres ou naïfs et portent véritablement l'album sur leurs épaules comme les adultes qu'ils sont en train de devenir. J'ai vraiment fort apprécié les dessins (surtout les visages et les passages brumeux) et l'utilisation judicieuse des crayonnés qui permettent de faire passer énormément de choses. Les couleurs sont elles aussi très réussies. Tout cela laisse présager le meilleur pour la suite, que j'attends avec impatience.
Voila une manga comme je les aime, qui aborde des thèmes difficile sans détours et s'en sort magistralement. Il n'y a pas à dire; les auteurs Japonais osent là où les auteurs occidentaux s'auto-censurent ou s'enferment dans la facilité. L'histoire? Des adolescentes japonaises mal dans leur peau, se sentant abandonnées à leur sort, souffrant dans leur solitude et leur malaise, se mutilant pour exprimer leur souffrance, se prostituant pour établir un semblant de lien affectif. Vient alors Mitsuko qui leur offre l'attention dont elles manquaient et la rédemption dans le suicide. L'album mélange différents genres, tels que le tableau social, thriller, et récit fleur-bleue entre copines, ce qui fait qu'on ne tombe jamais dans le larmoyant ni dans le trop sérieux, malgré la lourdeur et l'importance des thèmes abordés. L'auteur est un vrai équilibriste qui trouve toujours le ton juste - un véritable tour de force dans le cas présent. Quand on voit les niaiseries que la BD franco-belge sert aux adolescents, on ne peut que conclure que la manga Japonaise a encore de beaux jours devant elle.
Je viens de finir l'intégrale du premier cycle publiée pour les 20 ans de Delcourt. Grosse déception. Cette série me fait penser à une sorte de sous-James Bond et de Nomad, en plus lourd et en plus con. Une course poursuite des plus classiques, sans grande surprise, avec des personnages caricaturaux, peu attachants et sans grande profondeur psychologique. J'ai trouvé ça médiocre et sans intérêt, mais si vous aimez les gros vaisseaux spaciaux, les grosses motos, les gros fusils-mitrailleurs, les gros muscles, les gros nénés, les grosses ficelles, et si vous n'aimez rien tant que relire la même histoire pour la Xeme fois, n'hésitez pas : cette série vous enthousiasmera.
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