Les 13 critiques de Ro sur Bd Paradisio...

Il ne suffit pas d'un contexte historique intéressant et d'un travail documentaire soigné pour réaliser une bonne BD, et la Malédiction d'Edgar est un bon exemple. Le dessin de Didier Chardez est assez moyen. Pas désagréable au premier coup d'oeil, il révèle à la lecture des personnages assez figés et des visages changeants et peu amènes. Quelques imperfections de gabarit viennent rabaisser encore ce dessin qui n'en reste pas moins de niveau acceptable. Une colorisation sympathique redore heureusement le blason de sa qualité professionnelle. Le scénario est très intéressant dans le sens où il nous montre les rouages de la politique-business des USA du milieu du 20e siècle. Nous y découvrons des personnages tous plus pourris et détestables les uns que les autres, ces mêmes personnages qui ont pourtant tous les pouvoirs et feront accéder qui ils le désirent à la présidence. Nombre d'anecdotes et de révélations historiques sont donc intéressantes dans ce récit. Hélas, l'adaptation en bande-dessinée est à mes yeux ratée. Nous n'avons plus droit qu'à une énumération de moments clés, de dialogues importants, chacun s'étalant sur un maximum de 4 cases. La narration est décousue au possible, le lecteur embrouillé dans un déroulement narratif dont il ne capte que quelques notions par-ci par-là. Les personnages se confondent les uns avec les autres (et le dessin n'aide pas à les reconnaître) et pas moyen de pénétrer ce récit autrement que comme une chronologie de manipulations digne d'un résumé de livre d'Histoire. Une lecture à laquelle on a du mal à s'attacher, dont les seules qualités à mes yeux sont les informations historiques ainsi glanées, mais qui passent sans doute nettement mieux en roman qu'en BD.
"Tu m'aimeras encore si je fais pipi au lit ?" raconte la vie d'un jeune couple sous la forme de petits dialogues, d'anecdotes, de moments câlins, de confessions sur l'oreiller. Le dessin est assez minimaliste, du crayonné simpliste dont les traits de construction ne sont pas effacés, de la BD qu'on croirait dessinée vite fait au stylo-feutre. Pas désagréable à lire mais sans qualité graphique aucune si ce n'est d'être simple et plutôt efficace. Le récit pour sa part ne présente guère d'intérêt. Certains se retrouveront dans l'aspect loufoque ou aveuglément amoureux de ces moments mignons ou insolites de la vie de couple, mais je n'ai guère été captivé. Les dialogues sont un petit peu rigolo, un petit peu attendrissant, mais sans jamais attirer un sourire franc ou une vraie émotion. On entre dans la vie privée de ce couple sans tellement s'y intéresser, sans fil rouge à même de captiver le lecteur et lui donner envie de lire la suite si ce n'est un peu de voyeurisme léger. Du quotidien amoureux banal dont la mise en image n'était sûrement pas indispensable.
Le second et dernier tome du Bouddha d'Azur vient de sortir, me permettant ainsi de découvrir la série dans son ensemble. Cosey y retrouve ses thèmes favoris : la montagne, l'esprit bouddhique, l'Himalaya et bien sûr une histoire d'amour atypique. Son dessin n'a pas changé, excellent quand il s'agit de représenter des paysages montagneux et des personnages en tenue tibétaine. Il est fluide et très agréable à lire. Je le trouve légèrement plus épuré et anguleux que dans certaines de ses oeuvres plus anciennes, ce que je regrette un peu, mais c'est une BD jolie à regarder et plaisante à la lecture. En outre la découverte du Bouddha d'Azur en lui-même est de toute beauté. Le récit intègre romance et Histoire du Tibet et de la Chine qui l'a envahi. C'est l'histoire de deux adolescents qui tombent amoureux dans une lamaserie tibétaine, mais qui seront séparés par le destin. L'un est anglais, obligé de quitter à regret son amour et le Tibet comme ce dernier est occupé par les Chinois. L'autre est orpheline, destinée à devenir la 5e réincarnation d'une prêtresse gardienne d'un trésor sur lequel les autorités Chinoises aimeraient bien mettre la main. On sent à la lecture à quel point Cosey maîtrise son sujet. Le traitement est très réaliste, prenant. On est bien plongé dans l'époque et les lieux grâce à des décors et personnages réussis, crédibles et relativement originaux. Les termes et mots tibétains sont nombreux, nécessitant d'ailleurs un certain nombre de légendes de bas de page. Par contre, je dois admettre avoir eu quelques difficultés à apprécier le récit à sa juste valeur. Faute à la narration je pense. Celle-ci est en effet assez décousue. Les albums sont denses et comportent de nombreuses pages (environ 80) mais on sent que l'auteur a beaucoup de choses à raconter, ce qui implique quelques ellipses, quelques passages un peu rapides, quelques sauts temporels pas toujours évidents. Résultat, l'atmosphère n'a pas réussi à m'imprégner autant que je l'aurais aimé et le récit m'a plu sans me charmer. Une bonne lecture, une série qui a l'énorme avantage de tenir en deux tomes bien denses et des décors et personnages dépaysants comme Cosey sait si bien nous les offrir.
Sincèrement, c'est en m'attendant à mieux que j'ai acheté cette BD mais ça reste une bonne BD. Les Voyages du Docteur Gulliver n'est pas une adaptation directe de l'oeuvre de Jonathan Swift, c'est une version enjolivée, parfois différente. Une version où Gulliver est un docteur marié et amoureux mais où le manque d'argent pousse sa femme à vendre ses cheveux et son mari à prendre la mer comme chirurgien de bord. Une version où les Lilliputiens sont bien des nains de six pouces de haut mais ils ne passent pas leur temps à faire la guerre comme dans l'oeuvre de Swift ; ce sont au contraire les humains qui s'entretuent pour des motifs futiles comme le côté par lequel doivent être commencés les oeufs à la coque. Une version où un parrallèle très net est fait entre les Lilliputiens et les Indiens du Nouveau-Monde, vivant en harmonie et destinés à subir toute la force de l'invasion cruelle des Européens. Un récit original et bien construit. Quant au dessin de Kokor, il est fort plaisant tant son trait est souple et maîtrisé. Et même si je n'aime que moyennement son encrage je trouve ses planches très jolies. Par contre, j'ai eu nettement plus de mal avec sa colorisation que je trouve... dommage. Je trouve en effet dommage que l'auteur ait fait le choix d'une teinte jaune-orange ou alors verdâtre pour presque chaque planche, le genre de colorisation qui donne la même couleur à tous les éléments d'une image sans soucis de réalisme. J'aurais nettement préféré un autre style de colorisation mais c'est sans doute une affaire de goût. De même, je ne trouve pas le récit toujours très bien structuré. Certains passages disposent d'une narration assez confuse, des ellipses un peu trop grandes pour permettre au lecteur de se faire une bonne idée de ce qu'il s'est passé entretemps, des flash-backs presque oniriques dont je me suis demandé à plusieurs moments quels étaient leurs interêts. En outre, ce qui s'entame comme un voyage humaniste très sympathique s'enfonce un peu dans la philosophie et la dénonciation un peu facile des noirceurs de l'humanité. Le contraste entre cette noirceur et le personnage parfait et bon de Gulliver me semble un peu artificiel. Je ne me suis en effet que peu attaché au personnage de Gulliver du fait de la "perfection" qu'il affiche, comme un petit saint au-dessus des foules violentes. Mais ce sont là deux défauts, celui de la narration et celui de la thématique que prend le récit, qui ne m'ont pas empêché de trouver le récit plaisant et prenant. Une belle BD dont j'aurais aimé qu'elle me plaise encore davantage car elle ne manque vraiment pas d'originalité et de réussite dans son introduction. J'en conseille en tout cas la lecture. PS : Ah si, il y a aussi un autre défaut : au moins 2 très grosses fautes d'orthographes dans les dialogues qui font vraiment tâche dans une édition de cette qualité.
Ce n'est peut-être pas le meilleur album de M-A Mathieu ni le plus original, ce n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre à même de plaire à tout public, mais les Sous-sols du Révolu est un très bon album qui fourmille d'idées excellentes. Il nous emmène dans les profondeurs du Musée du Révolu, ou bien du Musée du Voleur, ou de l'Oeuvre du Muselé, ou de... Bref, un Musée du Louvre magnifié, onirique, comme M-A Mathieu sait si bien retranscrire son univers absurde et ordonné à la fois. On retrouve une structure de récit proche de "L'ascension" sauf que ce sont vers les profondeurs mystérieuses que nos deux héros se dirigent. On retrouve des jeux sur l'image et des reflexions sur l'art qui rappelleront "Julius Corentin Acquefacques". Des décors et des planches dans le style typique de l'auteur. Bref, l'amateur de M-A Mathieu ne sera pas dépaysé. Chaque chapitre nous amène à découvrir une portion des coulisses du Musée, lieux et métiers qui ont indubitablement une origine réelle mais qui sont ici sublimés comme dans un rêve aux allures gothiques et absurdes. Réflexions autour de l'art, des métiers du musée, de l'histoire de l'art. Les idées sont nombreuses, les éclairs d'intelligence aussi, et l'humour est bien présent amenant de vrais éclats de rire au cours de la lecture. Il faut cependant avouer que le rythme un peu lent et l'ambiance typique de M-A Mathieu ne pourra peut-être plaire à tout public. Il manque en effet quelque chose qui donne véritablement envie au lecteur d'aller jusqu'au bout de l'intrigue. Il faut accrocher aux idées et à l'humour de l'auteur sans quoi l'ennui a des chances de surgir. Par bonheur, moi j'y ai accroché. Un grand moment de lecture pour un album qui manque peut-être un tout petit peu de liant pour forger un souvenir inoubliable dans l'esprit du lecteur.
Si j'avais dû me fier à la seule couverture qui ne paie vraiment pas de mine, j'admets que je ne me serais pas intéressé à cette BD. Par chance, j'avais déjà beaucoup apprécié les deux oeuvres précédentes des deux auteurs : "La nuit de l'inca" et "Dieu qui pue, Dieu qui pète". Grâce à cela, je ne suis pas passé à côté de ce bijou d'intelligence et d'imagination ! Le dessin de Duchazeau est assez typé. D'aucuns le comparent à celui de Sfar ou Blutch, moi je lui trouve un style bien personnel. Trait fin, beaucoup de hachures, quelques ombrages, il donne à mes yeux une atmosphère éthérée et magique qui relève le récit puisque c'est exactement ce qui lui convient ici. Quelques cases et planches travaillées - décors de Bagdad, de villes indiennes ou de palais des mille et une nuits - sont formidables. D'autres cases sont un peu plus épurées et font davantage ressortir leurs couleurs un peu trop simples : elles me plaisent un peu moins. Mais dans l'ensemble, j'aime. Ceci dit, je dois avouer que c'est surtout le scénario que j'admire dans cet album. Bourré d'intelligence, il surprend le lecteur à chaque page, chaque dialogue. Pourtant, le récit prend le choix difficile de raconter toute l'histoire dès le début par la prédiction irréfutable d'une devineresse. Mais c'est pour mieux contourner les prévisions, étonner le lecteur, permettre une narration que je considère comme parfaite de concision et de densité. Il se base essentiellement sur 5 personnages excellents, très différents et forcément complémentaires. Leurs dialogues regorgent de perspicacité mais aussi de beaucoup d'humour, un humour frais et moderne. L'intrigue s'attache en outre à réfléchir sur l'art du conteur, que l'on peut bien sûr rapprocher de celui de tout écrivain, cinéaste ou auteur de BD de nos jours. Comment chaque conteur s'adapte-t-il à son public, comment peut-il espérer faire changer l'esprit de ses auditeurs, le peut-il seulement, quelle est la force ou les pouvoirs d'un conte, comment peuvent-ils se présenter pour toujours évoluer ou se répéter inlassablement avec la même force,... Tant de réflexions qui passent avec douceur dans un récit captivant qui peut s'apprécier aussi bien sur l'aspect de l'aventure, de l'humour ou de la simple relation entre les personnages que sur le plan du débat d'idées. 64 pages d'un récit dense, admirable à tous points de vue, doux et léger, dur et lucide, drôle et intelligent, aventureux et bavard. Une mine d'intelligence et d'imagination. Chapeau messieurs Vehlmann et Duchazeau !
Orbital est la premier tome de ce qui semble appeler à devenir une très grande série BD SF, une vraie bonne série de qualité qui va marquer les années à venir. Le dessin est excellent. Les traits eux-mêmes sont relativement simples et pas plus impressionnants de maîtrise que ça même si on doit vraiment mettre au profit du dessinateur qu'il ne rechigne vraiment pas au travail et à présenter des décors grandioses et détaillés. C'est surtout la colorisation qui fait toute la force des planches à mes yeux. Les couleurs sont excellentes, élégantes, harmonieuses, très joliment travaillées. C'est un vrai bonheur de lecture que de parcourir de telles planches. D'autant plus que l'histoire est vraiment à la hauteur du dessin. Sur une trame de fond assez classique à mi-chemin entre Valérian et Sillage se dessine des scénarios à la fois simples et complexes, intelligents et prenants. Les personnages, pour le moment encore un peu inexplorés, ont l'air justes et bien construits. Le ton du scénario est adulte et intéressant. Moi qui suis très réticent aux séries à rallonge, je me prends à espérer franchement que cette série voit un très grand nombre de tomes paraitre, tomes que j'achèterais tous sans hésiter je pense, d'autant plus si la série est constitué de cycles de 2 tomes à chaque fois.
J'ai lu hier les 3 premiers tomes de Top 10 et là, paf, d'un coup, je lui mets la note maximale. En effet, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu une BD avec autant de plaisir, sans lui voir le moindre défaut, et bien au contraire en lui trouvant un nombre énorme de qualités. Le dessin est très bon, pour commencer. Détaillé, précis, bourré de détails et de clins d'oeil, joli, tout ce qu'il faut, quoi. Bon, j'ai eu un peu de mal au tout début avec les perspectives mais passé 20 pages, je n'ai plus eu aucun soucis du tout, bien au contraire. Idem pour le scénario : il y a tellement de personnages, le monde imaginé là fourmille tellement dans tous le sens, que j'ai eu quelques tous petits soucis à m'y intégrer. Mais arrivé à la fin du premier chapitre, au quart du tome 1, j'étais parfaitement entré dans l'histoire, y prenant déjà le plaisir qu'il allait ensuite encore me procurer à chaque page, chaque dialogue, chaque chapitre. On est loin des oeuvres sombres auxquelles Alan Moore m'a habitué (et que j'aime tout autant) : ici, le ton est léger, l'humour est très présent, et je me suis même pas mal marré. Et pourtant, cette part de légèreté s'intègre à la perfection avec des histoires policières presque banales si elles n'avaient pas pour protagoniste des dizaines de super héros, de dieux, de monstres, d'aliens, etc... La structure du récit s'apparente énormément à celle de séries télévisées comme Urgences ou NYPD Blues : on suit à la fois les enquêtes et la vie privée de toute une équipe de policiers, sans jamais que le rythme ne baisse. J'ai été en permanence captivé, plongé dans ces histoires multiples et simultannées. Moore reprend à sa sauce nombre de références des comics et de l'imaginaire et les mélange pêle-mêle dans un fouillis qui prend une forme parfaite et m'a fasciné et vraiment ravi. C'est vraiment très bon au niveau du scénario, non pas parce que l'intrigue est complexe et forme un tout à la manière des Watchmen, mais parce que tout au long de la Bd on suit une multitude d'histoires toutes aussi prenantes, amusantes, attisant la curiosité ou le simple plaisir de suivre les personnages auxquels on s'attache très très rapidement. Vraiment prenant, vraiment bien foutu, sympa, excellent ! D'ailleurs, le dessinateur et sans doute Moore au passage, s'amusent à glisser en permanence des clins d'oeil et autres personnages rapportés dans les décors et les rues bondées de Neopolis et d'ailleurs. On y retrouve par exemple (parmi beaucoup d'autres) Wallace et Gromit, les Fous du Volant, Asterix et Obelix, Darth Vader, Donald, le légionnaire E.T. de Warner Bros, StarGate SG1 et même (et ça m'a surpris dans un comics) Ulysse 31 !
Hum... Oui bon finalement, je m'attendais à pire avec ce tome 11 des Chroniques. L'histoire est potable, moins foutage de gueule que quelques-uns des tomes précédents à mon goût, même si on sent qu'on est encore loin de comprendre où Froideval veut vraiment en arriver avec cette série à rallonge où le scénario affiche complètement qu'il a été étiré de plus en plus sans véritable structure. On sent que l'histoire peine à avancer, le tout n'est pas équilibré, on n'a pas envie d'aller voir plus loin dans l'histoire mais tant pis, la BD continue... C'est... essouflant à la longue... C'est ça que je trouve qu'il manque aux Chroniques, c'est une bonne structure de scénario : quelque chose qui fasse qu'on considère l'histoire entière comme un tout où chaque partie est indispensable et qu'on aie envie en permanence de savoir la suite. Et sinon, la mise en page, quel massacre ! C'est toujours aussi illisible. Des cases de texte en haut à droite qui répondent à d'autres en bas à gauche, pfff... J'ai le sentiment d'avoir lu plusieurs pages à l'envers hier tellement le texte est mal placé. Et les cases et les images elles-mêmes sont toujours dans tous les sens... Vous voyez la mise en page d'Andreas ? Prenez son opposé total et vous avec les Chroniques... Un seul véritable plaisir à la lecture du tome 11 : ça sent la fin et ça fait du bien.
C'est suite aux très bonnes critiques produites sur cette BD que j'ai acheté les deux tomes des Arcanes de Midi-Minuit. Et je dois avouer qu'en comparaison des éloges qui en sont faites ici, j'ai été fortement déçu. Outre le dessin qui est très bon quoique parfois un peu décevant (les visages derrière les pare brises des Hélions par exemple), les décors et les couleurs sont très agréables également. Aucun véritable reproche à faire au dessin, donc. Par contre, j'ai trouvé l'histoire résolument axée sur l'action et c'en est bien souvent décevant. Cela donne l'impression de lire une aventure de James Bond : un scénario un peu superficiel histoire d'appâter le lecteur, puis une suite des scènes d'action et de rebondissements qui n'en sont pas vraiment. Rien de vraiment captivant à tel point que, personnellement, j'ai trouvé la lecture de ces deux tomes un peu éprouvante. Il n'y a pas de mystère : les indices indiquant qui sont les coupables sont donnés dès le départ. Il n'y a donc aucun suspense, aucune réelle envie de découvrir "la vérité" et d'aboutir à la fin de l'histoire. Ne serait-ce que dans le concept de Midi-Minuit ce couple cousin-cousine interchangeable, j'ai bien du mal à voir son utilité. A aucun moment, le fait d'être un homme ou une femme ne donne un quelconque avantage ou désavantage aux héros : il aurait pu s'agir d'un simple héros ordinaire que cela n'aurait rien changé à l'affaire. Alors pourquoi ajouter cela ? Parce que le fantastique plait aux lecteurs ? De manière générale, je dirais que le monde qui est créé là, ainsi que ses personnages principaux, sont bons et très plaisants de manière générale, mais franchement, il aurait pu en être tiré bien plus de profondeur et d'intérêt qu'une simple suite de scènes d'action. J'ai le sentiment de n'avoir qu'effleurer la superficialité d'un monde en lisant ces deux tomes et d'être resté sur ma faim sans avoir obtenu ce que j'aurais aimé et pu recevoir de ce monde de Midi-Minuit.
C'est comme d'autres ici par l'intermédiaire des très nombreux posts sur le forum de ce site que j'ai découvert Candélabres. J'avais déjà vu la Bd avant sans vouloir l'acheter : le dessin me rebutait, je dois l'admettre : je le trouvais un peu simple, sans dynamisme et aux décors trop vides. J'avais l'impression de voir une suite de scènes figées, souvent répétitives, et très accès sur les visages (pas toujours constants) des personnages. Pourtant, à force d'entendre forces louanges sur le scénario, je me suis laissé tenter à acheter les trois tomes. Et je dois avouer ne pas avoir été déçu. Je conserve une réserve sur le dessin qui n'est pas mon style, mais sans doute car j'ai une trop grande habitude des très grands dessinateurs de BD. Néanmoins deux choses sont vraiment de grande qualité dans cette série. Tout d'abord le scénario qui vous accroche vraiment et vous fait dévorer les tomes les uns après les autres. Ce n'est pas vraiment le suspense (certaines "surprises" n'en sont pas vraiment tant les indices sont nombreux (SPOILER - je veux parler de Chryseïs par exemple - SOILER)), ni la complexité du récit, mais plus l'inconnu, l'envie de savoir, l'envie d'aller plus loin dans cette histoire qui, même si le thème n'est pas complètement original, est très bien menée et intelligente. Puis second bon point, la sensibilité du récit, une sensibilité que je n'aurais pas cru pouvoir apprécier moi-même et pourtant... L'essentiel de l'histoire réside dans les relations entre personnages et leurs émotions, et la façon dont tout ceci est transmis au lecteur est très réussie.
Voilà une série qui m'a attiré par son originalité : originalité dans les couleurs, le style, le personnage de la poupée et aussi le scénario. Ce monde de religion-marketing me rappelle fortement celui de Sha (quoique je préfère le scénario de SkyDoll) et cette guerre entre adorateurs d'Agape et de Dominique me rappelle aussi Avant l'Incal en ce qui concerne le conflit entre anarcho-psychotiques d'un côté et la société décadente et ses tv-addicts de l'autre. Pourtant, malgré ces réminiscences scénaristiques, les auteurs ont su créer de l'originalité dans leur monde. Les personnages sont attachants et bien dessinés, et les couleurs sont esthétiques même quand elles se veulent kitschs. Pourtant à la lecture du tome 2, je ne me sens pas encore convaincu. Il m'apparaît tout d'abord quelques incohérences entre les comportements des personnages entre le tome 1 et le tome 2 comme si le scénario avait changé en cours de route. Puis l'histoire qui promettait au départ de pouvoir devenir originale et nouvelle, avec un développement intéressant des personnages de Noa et de ses deux compagnons de voyage, se recadre à la fin du tome 2 dans un scénario un peu bateau de complot politiques sans grand envergure avec l'option d'une éventuelle prophétie réalisée. En bref, j'attends des tomes suivants qu'ils me montrent que l'histoire de SkyDoll se révèle un peu moins superficielle qu'elle risque de le devenir si la tendance de la fin du tome 2 se poursuit.
J'ai découvert cette série récemment grâce à l'opération de promotion des Editions Soleil avec leurs tome 1 à 3€. Et j'ai été vraiment agréablement surpris. D'une, j'aime bien le dessin et la colorisation. Mais surtout le scénario me plait beaucoup. Il y a une énorme part de mystère (moi qui ai du mal à sortir de ma période Andréas, ça m'arrange bien) et l'histoire se complexifie de tome en tome, ajoutant plus de profondeur et d'interêt à mes yeux. A la fin du tome 3, beaucoup de choses se sont expliquées depuis le début, mais il reste encore une énorme part de mystère toujours grandissante. Si j'avais quelques reproches à faire, ils viendraient : - du dessin qui n'est pas toujours parfait (notamment le corps de l'unique femme humaine de l'histoire). - de la confusion que certains dessins et "choix de races" entrainent : il semble exister une planète des ours bruns et une des ours bleus (n'ayant pas vu de différence physique flagrante entre les deux races à part la couleur, je me suis cru dans le tome 2 sur la même planète que sur le tome 1). Je me demande également encore si les monstres de la mine du tome 1 sont de la même race que les "colonisateurs" dont on parle ensuite... Le tome 3, tout comme le tome 2, nous permet dès le départ de découvrir de nouveaux personnages et approfondit encore les fondations du scénario de cette histoire. Au mystère déjà compliqué des morts et réincarnations, des colonisations de planètes mutliples et autres mutations en monstres insectoïdes, s'ajoute une histoire de paradoxe temporel qui ne fait encore qu'aggrandir la part d'inconnu et attiser la curiosité de lecteurs tels que moi. En résumé, voilà une série dont j'attends la suite avec impatience.

 
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