Les 14 critiques de St Jo sur Bd Paradisio...

Hervé Bourhis est un nouveau venu à qui l'on devait déjà "Thomas ou le retour du tabou", une petite BD en noir et blanc (aux Humanos) qui, mine de rien, a enchanté, ému et fait rire ceux qui ont fait l'effort de le lire. Quand j'ai vu le nom de l’auteur sur la couverture du présent album, j'ai donc fait confiance. J'ai d'abord pensé que le dessin était de lui tant le style est similaire, mais il n’est en fait ici qu’aux commandes du scénario. Alors, qu’en dire ? Tout comme les rédacteurs précédents, je fais immédiatement le lien avec "Isaac le pirate" (surtout) et "Lincoln" (pour le type d'humour). Ingmar, frèle intello un brin flémard fait office de petit canard noir au milieu des siens : ces brutes sanguinaires que sont les vikings. Cet anti-héros se révèle tout de suite sympathique malgré ses défauts et c’est avec plaisir qu’on suit ses pérégrinations… mais j’attends le « petit plus » dans le prochain tome, qui pourrait hisser la série au niveau des références pré-citées. Donc, si vous ne connaissez pas Hervé Bourhis, ruez-vous d’abord sur « Thomas ou le retour du tabou » (collection Tohu Bohu des Humanoïdes Associés), qui malgré un aspect peu engageant vous surprendra.
Que vaut cette BD derrière ses dessins aguicheurs fortement influencés par les clichés manga & Disney ? Ben, ça peut se résumer à une succession de clichés, justement ; à une tentative forcée de recette à succès ; à des dialogues plats, des personnages quelconques, une succession de scènes mal amenées (pourtant ce n’est pas la quantité de pages qui manquent). Dans ce conte contemporain, une lycéenne banale, plutôt cruche et aux notes peu glorieuses, tombe par hasard sur un livre magique dans un couloir de l’école. Après l’avoir rendu à son propriétaire, metteur en scène de théâtre, elle devient « élue » – sans jamais avoir pratiqué l’art de la comédie auparavant - pour jouer le rôle principal d'une pièce plus vraie que nature. Un peu trop vraie d’ailleurs. Le premier tome se clôture sur un suspense qui est le seul élément réussi de cet album. Pourtant, on ne peut pas blâmer les auteurs de manquer de potentiel. D’ailleurs à ce propos… (soupir) : le Corbeyran du « Cadet des soupetard » me manque. Celui du "Réseau Bombyce" aussi (à quand la suite de cette fabuleuse série ???). p.S. : Si vous cherchez un bon moment dans ce style d’histoires un peu à la « Harry Potter », tournez-vous plutôt vers « Courtney Crumrin » de Ted Naifeh (chez Akileos) qui propose un vrai univers original.
Bon, ça se laisse lire mais est-il utile de faire une BD de souvenirs d'enfance (à moins d'avoir connu le périple aussi dense que celui de David B. cfr. "L'Ascension du Haut-Mal") ? C'est le genre de sujets dont on rigole dans les soirées entre amis, mais en faire un sujet de BD, je trouve ça un peu léger. S'en inspirer pour nourrir une idée forte de scénario aurait été plus approprié à mon avis. Si j'ai acheté cet album les yeux fermés, c'est avant tout poussé par mon intérêt pour le graphisme très particulier de Christophe Gaultier. Mais sur ce plan-là aussi : déception. Où est l'audace colorée que je trouvais dans "Grise mine" ? Ah, à propos, suis-je le seul à avoir lu cet album fabuleux, rayé du catalogue des éditions Paquet, laissé sans suite et visiblement renié par Gaultier lui-même (puisque même pas repris dans sa bibliographie). En tout cas si vous tombez dessus, ça vaut le coup d'oeil. Je vous recommande également plutôt la série "Le cirque aléatoire" (chez Treize étrange) plutôt que ce "Demi-course et casquette motul".
Les albums de "Diégo de la S.P.A." compilent des histoires courtes amusantes ou touchantes où le chien Diego (qui me fait penser au chanteur Renaud avec son bandana rouge) se fait successivement adopter par des maîtres diamétralement différents les uns des autres... pour finalement et inlassablement revenir à la fourrière et son vieux gardien, le sourdingue mais adorable Bernardo. Cette série est probablement la plus "jeunesse"/"tout pubic" du catalogue Fluide, et ne peut que plaire aux amateurs de "La belle et le clochard".
Voici un album bien sympathique, qui ne fera pas rire aux éclats mais dont la bonne humeur est communicative et c'est déjà beaucoup. Au fil des histoires courtes, on s'attache à des personnages hauts en couleur et très différents qui vivent dans un même immeuble, de la mamie aux chats au couple de gothiques, en passant par un homo philosophe. Ah si ça pouvait être aussi épique tout en étant convivial dans "le vrai monde", ce serait pas mal. Moi qui aimait le dessin de Coyote sans accrocher à ses BD précédentes, "Les voisins du 109" m'est donc une heureuse surprise, surtout qu'elle coïncide avec la découverte d'une autre série humoristique attachante: "Diego de la SPA" (Fluide Glacial)... scénarisée par Coyote.
On connaissait Peyraud pour ses chroniques du quotidien (« Il pleut » à La Comédie Illustrée ou « Premières chaleurs », chez Casterman) et Alfred pour son imagination burtonienne (« Abraxas ») ou jeunesse (« Octave », chez Delcourt également). Leur rencontre leur a permis de sortir de leur répertoire habituel. Alors, passé cette très belle couverture, que trouve-t-on ? Encore un album-introduction de série ! Oui mais ici, petit coup de coeur. S’il ne révolutionne pas le neuvième art, cet ouvrage me semble synthétiser un certain type de bande dessinée qui s’est développé ces dernières années. La lecture n’a effectivement pas été sans me rappeler "Ring circus" (par Chauvel & Pedrosa, chez le même éditeur), par le graphisme et le ton, ou encore certaines ambiances d’« Isaac le pirate » (de Blain, chez Dargaud). Le monde du « Désespoir du singe » ne se contente toutefois pas de singer ces prédécesseurs. L’action se passe en bordure d’une mer imaginaire menacée de disparaître, sous un régime de terreur allégorique. La ville portuaire est secouée par des attentats tandis que la vie de Josef bascule : de ses émois sentimentaux à ses convictions idéologiques, tout le pousse à la dissidence. P.S.: une petite note négative pour le coloriste. Avec des couleurs plus travaillées et des lumières plus contrastées, cet album aurait pu être grandiose.
Après « Zanzibar », une aventure qui avait quelque peu éloigné Basil et Victoria des sombres ruelles de leur Londres 19e siècle… ben… plus rien. Un silence de plusieurs années avant de voir réapparaître ces deux petites canailles que nous croyions disparues à tout jamais du patrimoine de la BD. Voici donc un retour inespéré pour une série sous-estimée (malgré un prix à Angoulême pour le T2). Il faut dire qu’elle est inclassable, avec ce mélange de dessin « jeunesse » et d’humour corrosif, référentiel et irrévérencieux. « Série inclassable » ou « mal classée », Basil et Victoria n’en est donc pas moins une lecture chaudement recommandée pour tous ! Dans ce tome 4, nous retrouvons les deux garnements, échoués sur une île au large de l’Ecosse. Ils y feront des rencontres incongrues, en commençant par 4 petites rouquines répondant au doux nom de soeurs Mc Dalton.
Etant amateur de Blacksad principalement pour des raisons graphiques, cet album a bien entendu attiré mon attention. Rien qu'en le feuilletant, on découvre au travers d'aquarelles préparatoires une rare concision de mouvements et d'atmosphères. Les dessins étant commentés par le dessinateur lui-même, l'ouvrage se justifie pleinement. Là où le bas blesse, c'est au niveau du prix : alors que "Blacksad, l'histoire des aquarelles" devrait être un ouvrage de référence pour les apprentis dessinateurs de BD pas forcément fortunés, l'éditeur en a fait un album de luxe pour collectionneurs. C'aurait été beaucoup plus cohérent de le faire sous une formule "bonus" comme celle de la première édition de Giacomo T12 : l'album de la série vendu emballé avec un second album "making-of", le tout moyennant un surcoût tout à fait abordable.
Personne n'est en mesure de nier la grande qualité graphique des albums Blacksad. Les grands enfants que nous sommes y retrouvons des qualités graphiques disneyiennes mises au service d'histoires pour ado-adultes. Les personnages animaliers et les atmosphères très réussies de Guarnido renforcent la force expressive de la narration de Canalès. Narration impeccable... pour un scénario qui ne l'est par contre pas trop. On passe un agréable moment de lecture, ce n'est pas ça... mais les histoires de Blacksad donnent tout de même l'impression d'être trop convenues. Avec ce troisième tome, on est même en droit de penser que la forme sauve le fond. Pas l'album de l'année tant attendu, mais une série à suivre, avec des personnages attachants... en espérant des récits plus originaux et à la hauteur des dessins dans les prochains tomes.
Yves Sente se débrouille pas mal pour un "parvenu". Ah ben oui, on s'expose à des critiques potentielles quand on est directeur éditorial d'un très gros groupe BD et qu'on peut ainsi débuter une carrière de scénariste pour des auteurs et des séries à succès (Blake et Mortimer). Ceci dit, je ne lui jette pas la pierre : il aurait eu tort de se priver d'opportunités qui lui permettent de réaliser des rêves. Bien sûr, ça suscite et suscitera encore bien des jalousies. Mais le bougre n'est pas dénué de talent, même s'il n'est pas Van Hamme. On ne convainc pas des Juillard, des Rosinski, des Boucq (hé oui, ceci est un scoop) en étant nullissime non plus, hein. Donc voilà, ceci pour dire que ce Skarbek est un bon album, magnifiquement mis en image par un Rosinski qui semble depuis peu donner un nouveau souffle à son dessin (même dans le dernier Thorgal en date) ! Par contre, je ne puis vous dire si vous aimeriez ce second tome si vous n'aviez pas aimé le premier puisque moi j'ai accroché depuis le début.
Ca ne doit pas être chose aisée de reprendre une série à succès. Il y a la quasi certitude d’être hué dans un premier temps. De manière parfois injustifiée, d’ailleurs : pourquoi certains lecteurs s’en sont-ils pris à "La belle province", dernier album en date de Lucky Luke, alors que – sans être un chef-d’oeuvre -, l’album remontait de quelques niveaux en comparaison aux derniers Lucky signés Morris ? Certes, le cas de Spirou est différent puisque Tome et Janry avaient acquis la meilleure notoriété de repreneurs de la série depuis Franquin, et que leur succéder s’avérait un défi ardu. Alors oui, sans doute le nouveau et second "Spirou et Fantasio" de Munuera et Morvan manque encore de fond. Le dessinateur ne s’est pas encore approprié pleinement tous les personnages et le scénariste privilégie sans doute encore trop l’action au détriment de la psychologie… Mais il me semble normal de prendre le temps de connaître à fond les différents intervenants d’une série aux nombreux albums avant de s’engager dans la maîtrise d’épisodes plus profonds. Tome et Janry n’ont pas pondu "La vallée des bannis" du premier coup, à ce que je sache. Et puis entre "Paris-sous-Seine", première tentative quelque peu maladroite (notamment à cause d’un Champignac dénaturé) et cet "Homme qui ne voulait pas mourir", je trouve qu’il y a déjà une sacrée progression !!! Spirou devient plus typé, et le méchant cousin Zantafio nouvelle mouture est terrible ! Je reste donc confiant dans l’évolution que peuvent apporter les nouveaux auteurs de Spirou.
Là, je trouve les critiques formulées précédemment sur cet album fort dures. "Mertownville" reste à mon sens une série atypique et intéressante dans l'avalanche de nouveautés en cette période de fin d'année. Une série d'autant plus admirable qu'elle est signée par un nouveau venu. Bien sûr, ce deuxième tome est un tome de transition, moins diversifié et surprenant que le premier puisqu'il ne s'attarde que sur un aspect : l'initiation, comme le titre l'indique. Là où "Lydia" semblait composé de plusieurs chapitres, cet album-ci ne paraît composé que d'un seul. L'aspect qui m'a cependant un peu déçu, c'est le dessin, qui me semble plus expédié. L'usage original de la couleur numérique et ce mélange d'influences manga-comics-roman graphique me séduisent cependant toujours autant. J'espère que l'auteur est conscient qu'il va falloir frapper fort au volume suivant puisqu'il sera déterminant sur la qualité de l'ensemble de la série.
Fille de flic, Zoé est jolie fille, batteuse, mais héroïnomane. Elle essaie pourtant de décrocher et de se consacrer pleinement à sa passion du rock. Sous le chantage, elle acceptera une dernière fois de refourguer de la dope. Mais bien sûr, ça tournera mal... L’adaptation de roman en bande dessinée s’est souvent soldée par des échecs artistiques cuisants. N’est pas Tardi qui veut. Et parmi les quelques rares noms qui relèvent le pari avec brio, il faut noter celui de Chauzy. Après avoir adapté Jonquet avec les excellents « La vie de ma mère » (d’une insupportable dureté) et « D.R.H » (qui dénonce le cynisme de ceux qui se contentent d’observer les dérives psychologiques humaines), le dessinateur réinterprète un texte de Villard. Il s’agit à nouveau de roman noir poignant mais dramatique. Avec son lot de pourris et son lot d’intègres, répartis aussi bien au sein de la police que dans la pègre à Paris. Déprimant mais fort.
Il est des bandes dessinées qui possèdent un petit quelque chose d’indéfinissable, qui procurent le même plaisir que lorsqu’enfant on se plongeait dans sa lecture favorite. Le scénario n’est pas particulièrement technique, le dessin comporte encore ses petites imperfections… mais ça rend l'ensemble d'autant plus touchant, fascinant… envoûtant même. Courtney Crumrin est une sorte de petite cousine de Harry Potter, en moins politiquement correct. Très humaine, peu sociable, voire même misanthrope, elle se laisse parfois tenter par un mauvais usage de la magie. Le traitement noir et blanc de l’américain Ted Naifeh n’est pas sans me rappeler celui de Risso pour « Je suis un vampire » (Albin Michel). Bref, du haut de gamme !

 
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