Suite aux événements récents où, en pleine rue, un jeune se faisait tabasser par la police alors qu'il était menotté dans le dos et que la personne qui est intervenue de façon sereine et pacifique pour arrêter cet abus s'est vue elle-même infliger des sévices corporels et a passé 48 H au poste; je trouve que cet album, en particulier, porte à réflexion. Après "Le maître de jeu", Grégory Charlet nous livre cet album, dont il est aussi le scénariste, et qui amène des questions pertinentes. Le monde de sa fiction est étrangement proche du nôtre, et son personnage principal, Gaël agit comme tout un chacun le ferait. Le graphisme est particulièrement abouti et les différentes ambiances réussies. La BD elle-même est d'une sobriété unique, pas de titre sur la couverture, pas d'explication de texte superflux. Bref, même si on est ici dans une fiction, où une part du récit va nous emmener dans un univers ésothérique; l'autre part du récit est troublante de similitude avec notre quotidien. Cet album en particulier a été un choc pour moi car il relatte une ambiance et une dérive bien réelles, mais aussi parce que je le trouve trés beau graphiquement et que les différentes séquences s'imbriquent de façon fluide et évidente, bref un énorme coup de coeur qui mérite à lui seul un petit coup de pojecteur.