Les Cités Obscures et Nous (20)

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501. herve - 20/06/04 21:52 - (en réponse à : c'est moi)
ET HOP UN SUPER MEGA yatta

500. spip - 20/06/04 21:52
Yatta!

499. Nikol@s - 20/06/04 21:50 - (en réponse à : concour de vitesse)
j'offre un yatta au plus offrant, et au plus rapide

498. Christophe - 20/06/04 21:41 - (en réponse à : Bagarreuse)
Au fait, en quoi cet article te semble marrant? Car si c'est par ce qu'il te semble un peu obscure, je peux te donner des explications. Si c'est à prendre au premier degré (que tu aies bien rigolé), tu m'en vois ravis.

497. Recherchiste - Sylvain - 20/06/04 16:54 - (en réponse à : sylvst@total.net)
A Bagarreuse: plusieurs des participants régulier de ce forum assistaient à la réunion en question, et les autres auraient bien aimé en faire partie... Il y avait eu un premier congrès Obscur en juin 1998 et, plus récemment, un autre en avril dernier.

496. Raymond - 15/06/04 19:03
Je viens de recevoir un message de Jean-Paul, qui participait régulièrement au forum jusqu'à 2 ans en arrière.

Il m'explique que "pour d'obscures raisons de filtre", il ne peut plus participer au forum, mais qu'il nous lit encore régulièrement.

Il me signale une nouvelle gravure de Schuiten, jamais vue auparavant, publiée à la p.47 du n°4 de la revue "Enjeux internationaux" (article "L'aventure coloniale dans la littérature" par Alain Brezault).

Il demande si quelqu'un peut identifier cette (nouvelle?) image.

Proposition : en chasse, les amis !

495. Altaïr - 14/06/04 13:48
benoit peeters passe en ce moment sur france inter sur la frontière invisible

494. René C37 - 12/06/04 14:15
En effet Crabouf, j'aime beaucoup ce que fait MAMathieu. D'ailleurs dans le deuxième Julius, la fin se rapproche quelque peu de celle de "La tour"...

493. Bagarreuse - 12/06/04 09:42
Vous avez lu cet article? Marrant, non?!

492. Crabouf - 12/06/04 03:17
Le bouquin de Mathieu est une nouveauté. Publié il y a quelques semaines à peine. En fait il est étonnant que les amateurs des CO ne soient pas également des amateurs du monde de Mathieu qui explore les frontièeres de la BD avec des jeux formels plutôt réjouissants.

491. nemOrtel - 11/06/04 22:21 - (en réponse à : attention)
Translation ne signifie pas seulement Traduction mais possède aussi une signification géométrique. Cerveau gauche, cerveau droit, on est parfois adroit d'être gauche.

490. Christophe - 11/06/04 22:07
*la 2,333e dimension, de Marc-Antoine Mathieu: Cela a déjà été dit mais ne me demande pas quand, je m'en souviens plus (il y a de cela plusieurs années). Par contre je ne l'ai jamais vu. Quelqu'un a-t-il l'album et peut en faire un scan ?
*"Lost in translation" : Waip! Je confirme, je l'ai vu de mes yeux vu. C'est tout à la fin du film quand à la réception de l'hôtel, il va au téléphone.

489. lyaze - 11/06/04 14:05
Et moi, j'aimerai bien savoir si finalement quelqu'un a vraiment vu un dessin de Schuiten dans "Lost in translation" de Sofia Coppola. Cela reste un mystère.

488. Crabouf - 11/06/04 13:48
Je ne sais pas si j'ai raté des répliques, mais il me semble que personne n'a mentionné que des extraits de Le Fièvre Urbicande figurent dans la 2,333e dimension, de Marc-Antoine Mathieu.

487. Recherchiste - Sylvain - 08/06/04 11:23 - (en réponse à : sylvst@total.net)
Voilà qui est surprenant! Il y a déjà eu une traduction de Nogegon dans "Heavy Metal", il y a plusieurs années, mais je n'aurais jamais associé DC avec ce genre d'entreprise (DC est l'éditeur qui a lancé Batman, Superman et un grand nombre de superhéros).

Il faut croire que les choses évoluent...

486. nemOrtel - 07/06/04 18:41 - (en réponse à : raymond)
Simplement le fait que l'éditeur soit DC comics, américain donc. Le prestige des Cités devrait s'en trouver grandi.

485. Raymond - 07/06/04 18:17
C'est une traduction anglaise de Nogegon. Y a-t-il quelque chose de spécial à voir ?

484. nemOrtel - 06/06/04 01:34 - (en réponse à : Signe des temps?)

483. Raymond - 04/06/04 19:44
Cet article est intéressant, mais il se contente d'une interprétation politique qui ne m'intéresse que moyennement (on est en plein dans la fameuse "pensée unique" des intellectuels parisiens). J'admet quand même que ce type de lecture est légitime, et manifestement conforme à certaines intentions des auteurs

482. Crabouf - 04/06/04 18:08
http://www.liberation.fr/page.php?Article=211508

481. Crabouf - 30/05/04 23:09
Vu à Laval (en banlieue de Montréal), une structure en béton qui évoque (probablement par hasard) ce qui pourrait être un fragment de la structure d'Urbicande.

480. Christophe - 27/05/04 22:08 - (en réponse à : Pink)
La raison pour laquelle les articles de presses ne sont par répertoriés c'est que c'est un boulot considérable que personne jusqu'à présent ne s'est proposé de faire (il y a quelques années, j'avais entendu un collègue recherchiste m'en parler...). Mais si quelqu'un se propose, les portes d'EBBS lui seront grandes ouvertes, il peut compter sur Eilko pour cela, j'en suis sûr.

479. Raymond - 27/05/04 18:01
Je crois qu'on trouve cela dans le numéro du DBD consacré à Schuiten. On pourrait peut être ajouter ces information dans le "Catalogue Raisonné" disponible sur le Web grâce au travail de Théo, Quentin et Alex. (Encore un peu de travail, les amis ;-)

478. pfloyd2 - 27/05/04 12:31 - (en réponse à : lambillotte@hotmail.com)
pourquoi sur ebbs n y a t il pas aussi une section sur les articles de presses paru sur schuiten et peeters j en ai quelques uns mais je n ai plus les dates de parutions.

477. Christophe - 20/05/04 15:17
Sur les conseils de Théo, un nouvel album a été créé dans la galerie des images "Archives of Genius Questant"
"" d'EBBS. Il s'appelle Événements et contient les photos d'événements obscures.

476. Christophe - 17/05/04 20:42 - (en réponse à : christophe_compere@yahoo.com)
Pink, tu peux me les envoyer, je m'en occupe.

475. pfloyd2 - 17/05/04 12:23 - (en réponse à : lambillotte@hotmail.com)
bonjour je voudrais savoir comment faire pour contacter la personne qui fait les mise a jour sur ebbs car j ai quelques dédicaces a faire parvenir pour qu il puisse les mettre eventuellement sur son site.Et y a t il des gens parmi vous qui vont a spa?patrice email:lambillotte@hotmail.com

474. organisation amiens - 16/05/04 21:24
François Schuiten et Benoît Peeters seront sur les Rendez-Vous de la bande dessinée
d'Amiens 2004
le 5 juin prochain (parmi 70 auteurs), pour une rencontre-conférence, au thème un peu particulier, puisqu'il s'agira de s'intéresser au rapport entre leur oeuvre et celle de Jules Verne (qui vécut 25 ans à Amiens, et y mourut). Si vous voulez plus d'infos, rendez vous sur le site du salon, et cliquez sur le bouton "animations".

473. jouvray - 14/05/04 23:03
salut les copains, ça faisait longtemps....mais là je sors de la conférence pas trop fiction mais plutôt documentaire que Schuiten & Peeters ont donné à la bibliothèque de Lyon...Auparavant il y a eu une rencontre à la librairie Experience et ça a été un plaisir de parler technique BD avec Schuiten, son enthousiasme fait plaisir à voir et la passion qu'il a pour ce métier est contagieuse. A la conférence, ils ont surtout exposé les différentes facettes de leurs activités, cinéma, scenographie...Et puis une séance de signature ou l'on a pu discuter encore un peu...bref, je me suis replonger dans cet univers avec plaisir....ça m'a donné envie de tout relire ! à+ jj

472. Christophe - 14/05/04 22:16 - (en réponse à : Café Carto)
Voici ce que Théo m'a fait parvenir de l'événement:
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471. Raymond - 14/05/04 08:27 - (en réponse à : Nemo)
Oui ! tous les détails se trouvent sur le site Urbicande.be, dans la section "Carnets de l'archiviste"

470. Crabouf - 14/05/04 03:03
Au fait, il leur arrive de faire des conférences de mon côté de l'Atlantique?

469. Nemo - 14/05/04 00:09
Au fait, existe-t-il une liste des dates et lieux des conférences de FS & BP ?

468. Camille D. - 13/05/04 12:47
Le Café Carto était en effet très sympa. C'était pour ma part ma première participation à une "conférence-fiction" et j'étais surpris (agréablement) par la façon dont BP et FS ont parlé de leur monde et utilisé son caractère malléable. Par exemple, les statues-immeubles de Genova (que l'on voit dans la Route d'Armilia) sont devenues pour l'occasion du café carto un hommage de la ville de Genova aux grands cartographes des Cités obscures, dont le fameux Ortélius.

A chaque fois qu'ils parlent de leur création, les auteurs la modifient, lui donnent un sens, une interprétation particulière, ce qui fait que chacune de ces conférences devient comme une oeuvre (ou du moins un "moment d'art") à part entière. J'avais emmené un ami, qui ne connaissait pas du tout l'univers : il y est tout de suite rentré, exactement comme avec n'importe quel album de la série.
C'est ça qui est fort avec les Cités obscures : on en perçoit une infime parcelle, qui donne l'intuition d'une immensité, et qui éveille une curiosité, qui doit ressembler à celle ressentie par les grands explorateurs en leur temps.

Voilà, je tenait juste à dire que, décidément, c'était un bien beau travail que celui de ces messieurs.

467. Recherchiste - Sylvain - 13/05/04 11:06 - (en réponse à : sylvst@total.net)
*SOUPIR* C'est décidé, je déménage en Belgique!...

466. Theo - 12/05/04 08:45
Désolé d'interrompre quelque peu les réflexions sur le nouvel album que je n'ai pas encore eu le temps de lire !
Hier soir nous étions avec Icures au Café Carto. BP et FS nous ont fait une conférence, sans doute préparée spécialement pour l'occasion, de 50 minutes pleine d'humour. A l'aide d'images tirées pour la plupart des albums, ils ont réinventé des histoires, quelques fois délirantes, sur la cartographie, sur l'échangeur universel et autres inventions d'un wappendorf copinant avec De Vrouw etc. Franchement un grand moment de plaisir où l'on a pu savourer leur connaissance du monde obscur et leur capacité à raconter des histoires. La séance a été suivie d'une session de signatures où, fait exceptionnel, François a fait quelques dessins ! Bref, des moments de pur plaisir et une faculté de renouvellement sans faille. A cette occasion, ils ont pu nous réafirmer que la série des Cités Obscures allait perdurer de façon certaine et non pas d'une certaine façon ...

465. Raymond - 11/05/04 12:31 - (en réponse à : attention spoilers)
Très instructif ! cela me ramène à mon idée de départ.
Mais d’abord, il y a une évidence. Le titre, de même que le thème de la frontière, possède une formidable puissance d’évocation. Il garde son sens quelque soit la manière dont on lit cette histoire. Benoit Peeters donne 2 définitions possibles de cette « frontière invisible », mais on peut en trouver d’autres.

De fait, ce que j’apprécie le plus dans ce livre, c’est qu’on peut le lire (et le relire) selon divers « axes » d’intérêts.

- Tout d’abord, l’optique PSYCHOLOGIQUE, en s’attachant à l’histoire personnelle de Roland. Elle peut correspondre à l’interprétation que j’ai développé, ou éventuellement à d’autres (celle de Christophe ?). Schuiten s’est déjà exprimé, dans l’interview de BDP, sur son intention de remettre l’individu au premier plan, en laissant à l’arrière-plan le thème de l’architecture des cités.

- Ensuite, l’axe de la CARTOGRAPHIE, en tant que branche de la géographie. Schuiten a évoqué dans ses interviews le caractère trompeur des cartes, qui reproduisent sur une surface plane un monde courbe (plus complexe). Elles réduisent le monde à un schéma plus simple, induisent des concepts probablement dangereux. Je suis intéressé par l’avis de Camille qui travaille sur le sujet

- 3e axe, le regard FEMINISTE. C’est l’histoire de Shkodra, de sa tache au bas du dos. Nous avions fantasmé là-dessus, et pensé que ce mystère allait résoudre certains dangers (que cache le Mysterium Magnum ?), mais rien ne se produit. Il y a ces formes féminines qui réapparaissent, qui ont un sens. Isabelle a trouvé une très belle formule : « Il y a un monde sur le corps de cette femme et il y a une femme sur le corps du monde ». C’est une description exacte de ce que l’on voit, mais elle mériterait d’être développée. Mesdames, exprimez-vous !

- 4e axe, la CONNAISSANCE DU MONDE OBSCUR. C’est ce qui intéresse spontanément les mordus de la série des CO. Chaque album nous fait progresser dans la connaissance du monde obscur, en nous présentant des villes, des sociétés différentes, qui sont identifiables sur une carte. On peut à la limite ne s’intéresser aux albums que de cette manière (c’est d’ailleurs à cela que sert le Guide des Cités). Dans la frontière Invisible, nous découvrons de nouveaux territoires, mais aussi de nouvelles énigmes (par exemple les créatures conservées dans les caves du centre de cartographie).

- 5e axe, la POLITIQUE. François Schuiten a déjà parlé dans ses interviews des références à la situation yougoslave. Pour la part, je suis frappé par une certaine ressemblance du maréchal Radisic avec Mussolini. De plus, certaines caractéristiques de la société sodrovnienne me font penser à la Russie Soviétique. Par ailleurs, la politique étrangère du maréchal me fait penser à celle d’Adolf Hitler, avec des annexions de territoire (Muhka), une volonté d’expansion sans frein, et un délire de toute puissance (il suffit de se rappeler son discours). On voit les effets d’ une telle dictature chez tous les personnages du livre. Il y a là toute une réflexion possible

- 6e axe, l’analyse ARTISTIQUE. Cela correspond par exemple à tes remarques, Nemo, sur le scénario, ou bien aux premières discussions sur le dessin de Schuiten, dont certains déplorent qu’il ait changé. Ce que j’ai noté de plus frappant à ce sujet, dans le tome 2, c’est l’utilisation du clair obscur qui se fait au détriment de la « belle image ». C’est particulièrement frappant dans le dernier chapitre, où l’on remarque que le visage du maréchal reste dans l’ombre, contrairement à la silhouette de Roland qui semble pâlir sous le soleil. Le ciel adopte un bleu excessivement foncé, les couleurs perdent toute nuance, certains personnages deviennent de simples silhouettes. Il y aurait quelque chose à dire, sur l’irruption du clair-obscur dans les Cités Obscures ;-)

J'en reste là. D'autres optiques vont peut-être s'ajouter par la suite à cette première énumération.

464. icures_boscets - 11/05/04 10:49
A propos de la polémique sur le changement de cap du cycle des CO, un extrait d'une interview de Peeters trouvée sur le net:

"Pour l’instant nous sommes dans une phase de suspens par rapport à beaucoup de choses: nous laissons un peu venir, en déplaçant un peu notre axe. L’univers pourrait être ce qu’il est aujourd’hui et fonctionner comme quelque chose "de complet". En même temps on peut considérer que quelque soit le nombre d’album qu’on ajoute il sera incomplet. (…) On pourrait ajouter autant d’albums qu’on veut, de toute façon il n’y aura jamais de totalité absolument stable des Cités obscures. C’est une des choses dont je suis heureux: avoir fait un système qui soit à la fois relativement riche et complexe, et en même temps toujours instable."

Et un petit mot sur la frontière...

"Ce titre de "La frontière invisible" qui est celui de notre dernier album pourrait être en même temps le titre de presque toute la série, parce qu’il s’agit bien de frontières invisibles, d'une frontière tout à fait incertaine, celle qui délimiterait les Cités obscures elles-mêmes. Parce que entre ce que nous avons fait, les albums visibles et ce que les lecteurs ont ajouté, il n’est pas du tout facile de savoir où on tracerait une ligne. "

Instructif non? :)

463. Raymond - 11/05/04 08:31
Le rapprochement ne me semble pas évident, mais on peut en effet y trouver quelque ressemblance. Le point commun, c'est l'attitude du scénariste (en racontant l'histoire) qui se distancie du personnage principal, et se moque un peu de lui. Hergé n'a jamais eu d'approche structuraliste de la BD (il ne savait probablement pas ce que c'est !), mais il était arrivé à une période de réflexion et de remise en cause. En racontant les "Bijoux", il se livre à un pastiche de son travail habituel. Chez Benoit Peeters, cet humour au second degré est constamment présent, même si certains récits paraissent fort sérieux.

462. nemo - 10/05/04 23:09
Sérieusement, je me demande si la piste "Frontière invisible" = "Bijoux de la castafiore" des COs n'est pas à explorer... Il me semble d'ailleurs que Peeters a écrit un essai sur les "Bijoux", non ?

461. nemo - 10/05/04 22:57 - (en réponse à : icures_boscets )
Si je comprend bien, la surprise c'est qu'il n'y a pas de surprise :-)

En lisant la "Frontière Invisible", je me suis surpris à faire un curieux rapprochement à ce sujet avec "Les Bijoux de la Castafiore". Comme dans l'album de Tintin, on s'attend à ce qu'il se passe quelque chose d'extraordinaire et puis rien ! Je me souviens de ma déception quand enfant, j'ai lu pour la première fois les "bijoux"; J'étais outré, Hergé s'était moqué de moi ! Finalement les 'Bijoux' sont devenu un album culte pour certains (dont Peeters, non ?). Bon de là à transformer cette sensation de lecture en analyse, il y a un pas que je franchirai pas. Mais libre à vous...

460. Christophe - 10/05/04 21:49
D'autre part, lors de la séance de signature l'autre jour, il a été apposé sur mon album plusieurs cachets que vous pouvez retrouver ici.
Et finalement, pour ceux que cela intéresse (car je ne suis pas sûr que mon message soit bien passé), j'ai quelques cartes postales à distribuer, l'avant de la carte ressemble à ceci et l'arrière à cela.

459. Christophe - 10/05/04 21:38 - (en réponse à : Interprétation Spoilerisé)
Diable! Voilà des analyses fortes intéressantes. Surtout que n'ayant pas compris cette histoire de la même manière, il va falloir que je la relise.
Ne vous êtes vous pas un jour, quand vous étiez enfant, couché dans l'herbe à contempler les nuages? A y voir des nuages en forme de visages, de voitures, d'arbre... Ma compréhention de cette aventure c'est ça: un pauvre Cremer ayant un trouble de la personnalité, qui interprétait tout et cela à outrance. Au point de voir une carte sur la peau d'une jeune femme. Schuiten nous dessinant par extrapolation des paysages non pas comme ils sont mais comme Cremer les voyait. Et donc la dernière page était pour moi également la page qui résume tout: Il n'a rien appris puisqu'il continue à interpréter. Il allait donc selon moi sombrer dans une dépression et serait interné dans un asile.
Voilà pourquoi, je trouvais cette histoire étrange.

458. icures_boscets - 10/05/04 11:29
Malgré ma longue absence du forum, je tenais à réagir aux propos qui ont été tenus ces dernières semaines, car le forum a été très actif ! Forcément, la sortie d’un nouvel album, ce n’est pas tous les jours…

A propos du tome 2 de La Frontière Invisible, il revient beaucoup ici d’argument du genre : ce n’est pas comme d’habitude, c’est banal, on aurait attendu du fantastique, la femme ne joue pas le même rôle que dans les précédents albums… C’est oublier que l’univers de BP et FS, a fortiori celui des CO, est basé sur la surprise. Ce qui est très fort dans ce dernier album, c’est qu’une grande majorité des lecteurs attendaient tout autre chose, avaient imaginé une toute autre fin. Tout le monde est surpris par ce retour de situation : toute cette énigme que nous lecteur avons fantasmé, cette attente du tome 2 (deux ans c’est long !) trouvent leur résolution dans le fantasme même du cartographe. Dans cet album, l’imagination du personnage principal et du spectateur se rejoignent, ce qui est merveilleux. C’est une sorte de pont (je n’ose pas dire de passage…) entre le monde de la BD et le monde du lecteur, entre le monde clair et le monde obscur… L’ambiguïté sur laquelle se base l’univers des CO est donc plus que jamais présente dans ce dernier album. Je rejoins ici les points de vues très pertinents de Raymond et Camille.

Entièrement d’accord Raymond avec ton analyse psychologique du personnage de Crémer. La dernière image de l’album est en effet somptueuse : elle se révèle progressivement au lecteur, et je pense aussi que ce dessin contient toute l’explication des deux albums. Roland a besoin de prendre du recul, d’adopter notre point de vue : il ne peut voir le corps de la femme qui se dessine sur le paysage, puisqu’il se trouve au cœur de celui-ci. D’un autre côté, le chemin qu’il emprunte semble monter : le hors champ de l’image ne nous dit pas vers où… On peut penser qu’il s’élèvera assez haut pour trouver le recul (à la fois le recul physique et psychologique) nécessaire pour avancer dans la vie. Il doit franchir une étape, un cap.
Ce qui déroute ici beaucoup les fidèles lecteurs des CO est, il me semble, que tout se passe en dehors des cases dans cet album : la vision de Roland y est si forte que tout est vu à travers son regard… Le lecteur est déstabilisé, il doit faire un grand effort pour imaginer le monde de Roland « objectivement ». Ce qui se révèle évidemment impossible. Vécu comme une frustration par le lecteur, cette démarche est au contraire au cœur des CO : c’est pour cela que cet album est un des plus aboutis de la série : il rejoint aussi la démarche de BP et FS. Ils vont visiblement faire évoluer l’univers des CO en innovant ailleurs que dans la BD, ils vont franchir un cap dans leur exploration du monde des CO, tout comme leur personnage va quitter la cartographie qu’il a mal comprise pour faire autre chose, regarder le monde différemment.

Pour finir, si Roland échoue, comme tu le dis Némo, c’est pour mieux rebondir : il se rend compte de son échec, et peut maintenant modifier sa vision des choses. La fin de l’album, comme toutes les fins de la série des CO, est totalement ouverte, et c’est cette ouverture qui donne une dimension si forte aux deux albums de la Frontière Invisible.

Voilà mon point de vue, que ce débat fort intéressant continue !

457. Raymond - 09/05/04 21:13
C’est vrai qu’à la lecture du tome 1, on pouvait rêver que la tache d’apparence surnaturelle sur la peau de Shkodra allait révéler un mystère, qu’il allait se passer quelque chose. Mais finalement, il n’y a pas de phénomène fantastique, et les événements surviennent de façon logique. Rien ne vient sauver les personnages de leur destin. Tout ce qui leur survient n’est que la conséquence de leur actes. C’est particulièrement triste pour Shkodra, dont on peut deviner qu’elle va retrouver une situation sordide. C’est cependant logique, car si elle « sent » les choses et les gens de manière plus juste que Roland, tout son passé lui a appris la résignation (n’oublions pas qu’elle n’est qu’une fille de joie). Son personnage n’est pas comparable à Tina (Brüsel) ou Minna (l’ombre d’un homme) qui mènent leur vie de façon énergique, et se révèlent capables de changer le destin d’un homme.
Il y a un personnage qui me semble lucide, c’est M. Paul, qui rebondit de façon étonnante dans le tome 2. Manifestement, il a bien analysé la situation, et a compris qu’il fallait faire des compromis. Il a décidé de survivre, en abandonnant son idéal de cartographe. Il retrouve un poste de responsable, mais son sort n’est pas vraiment enviable, car il devient corrompu. Contrairement à lui, Roland reste assez « pur » (et naïf), et je ressens de la sympathie pour lui.
Faut-il être pessimiste avec cette histoire. Je ne crois pas. On peut deviner que Roland va encore vivre de nombreux échecs, mais il reste intègre, et il montre une touchante bonne volonté. Je pense qu’à la longue, il va apprendre. Après tout, même Candide parvient à une espèce de sagesse après ses multiples déboires

456. Nemo - 08/05/04 23:00
Merci Raymond pour cette analyse intéressante. Je partage entièrement tes points de vues sur la "Fontiére invisible".
L'absence d"intelligence émotionnelle" (et l'hypertrophie de l'intelligence analytique débouchant sur une forme de folie), est d'ailleurs un thème récurrent des COs. Je trouve ce thème traité de façon géniale dans l"Enfant Penchée" à travers les relations de Mary et du prof Wappendorf. Ce thème est aussi au centre de la "Fiévre d'Urbicande". Ce qui est troublant dans la F.I. c'est que ce thème me semble traité de façon 'ultime'. Aucun personnage ne semble posséder une once de lucidité. Sauf peut-être Shkodra tellement lucide qu'elle en est devenue désespérée et passive, simple spectatrice de sa vie détruite par un passé qu'elle refuse même d'évoquer. Pourtant, j'ai l'impression qu'il suffirait de peu de chose pour qu'elle reprenne le goût de vivre (ou au moins qu'elle ait envie de retrouver ce goût): Que Roland l'aime vraiment pour ce qu'elle est, et pas pour ces taches sur son corps. Mais ça, Roland en est incapable. Souvent dans les COs, c'est un personnage féminin qui sauve de l'échec, du désespoir, de l'ennui, le personnage masculin. Ici, ce devrait être Roland qui sauve Shkodra. Mais Roland échoue absolument.

455. Raymond - 08/05/04 11:43 - (en réponse à : ATTENTION SPOILER)
Eh bien, il faut maintenant que je réponde de manière plus détaillée
Camille, Isabelle, vos commentaires sont plein de pertinence, mais plutôt que de débattre sur le sens général du titre (la frontière invisible), je vais développer quelques réflexions sur la psychologie du personnage principal. Il me semble que ce récit contient d’abord un message tout simple, de nature éthique.
Lorsque j’ai pu rencontrer Benoît Peeters à la séance de dédicace, celui-ci a écrit sur mon album : « Pour Raymond, ce roman d’apprentissage ». C’est par cette évidence que je vais commencer. L’idée apparaissait déjà à la lecture du premier tome. La structure du récit, c’est le voyage du personnage principal (comparable à celui de Candide, ou de Wilhem Meister) ainsi que la succession de ses expériences professionnelles, amoureuses ou politiques. En résumé, les auteurs nous racontent un épisode des « années d’apprentissage de Roland de Cremer ».
Je te remercie, Nemo, pour ton rappel de l’interview de Schuiten, et de ses déclarations sur la cartographie. Je ne sais pas exactement ce qu’est le «fantasme du cartographe » (syndrôme qui n’existe probablement qu’en Sodrovnie), mais il pourrait correspondre à un processus psychologique fréquent (dans d’autres métiers). Schuiten parle du « fantasme d'un jeune homme qui n'est pas encore confronté au monde mais qui a fait des études et qui va découvrir la différence entre ce qu'il fait sur le papier, ce qu'il fait en carte et la réalité » Il arrive souvent que l’on confonde le monde avec une de ses représentations, que celle-ci soit une carte, une technique, ou un modèle de pensée. Cette erreur est commune chez l’apprenti qui découvre les secrets d’un métier. Et Roland n’est rien d’autre que cela : un apprenti !
Je ne suis pas un cartographe, mais j’ai aussi vécu, comme Roland, une période de fascination lors de la découverte de mon métier. On évoque souvent les limites de la pensée scientifique, en oubliant qu’elle peut être un outil formidable, qui procure un sentiment de puissance. Roland est fasciné par les cartes, et par la connaissance qu’elles donnent. Il a une intelligence que je qualifierai de «géométrique ». Pascal parlait de « l’esprit de géométrie », en l’opposant à « l’esprit de finesse ». En neurobiologie, on connaît le phénomène d’une dominance de l’hémisphère gauche, (cette partie du cerveau responsable de fonctions telles que le calcul, l’analyse des formes, le langage), et ce processus est particulièrement fréquent chez l’homme . Chez Roland, son intelligence analytique lui suffit pour appréhender le monde, et pour se diriger dans la vie. Il se préoccupe moins du reste, c’est-à-dire tout ce qui relève de l’hémisphère droit, comme la musique, ou l’intuition. Il est un cartographe brillant, mais il n’a aucune intelligence émotionnelle. On le constate dès ses premières discussions avec M. Paul, homme d’expérience, qui lui reproche de ne savoir lire que des cartes, de ne pas comprendre la vie.
Roland est amoureux de Shkodra, mais ses sentiments sont confus. Il ressent bien sûr une attirance sexuelle, mais il se fourvoie ensuite en concentrant son attention sur la tache qui semble correspondre aux frontières de l’ancienne Sodrovnie. Il ne sait pas analyser ses sentiments amoureux, et sa conscience ne peut concevoir que des motivations théoriques, ou professionnelles. Il a probablement raison d’un point de vue cartographique (cette tache est à la fois une provocation et un mystère), mais il se trompe complètement d’un point de vue humain. Il est ignorant du monde des femmes, et se conduit comme un butor avec Shkodra. Il tient à cette femme, dont il est amoureux, et s’enfuit avec elle, croyant ainsi la sauver d’une menace, qui n’existe que dans ses propres représentations. Il n’a pas compris les enjeux de la lutte de pouvoir qui se déroule dans le Centre de Cartographie. Il pense naïvement qu’il faut d’abord être le meilleur cartographe du Centre, et que le plus « savant » de tous va dominer sa profession.
Le lecteur découvre de multiples formes féminines dans les paysages que traverse Roland, et ce détail n’est pas anecdotique. Il révèle l’incapacité de Roland à voir ces formes. De même, il ne voit pas ce qu’il devrait faire avec Shkodra. Il reste obsédé par la question de la frontière, cette ligne que tout cartographe doit pouvoir définir, et il se reproche continuellement pendant son voyage de ne pas savoir où il est (alors que le vrai problème, c’est plutôt qu’il ne sait pas où il va). Il pense que tout (la politique, le pouvoir, la science, et même Shkodra ) peut se maîtriser grâce la connaissance des cartes. Ce n’est que lorsqu’il se trouve en présence du maréchal Radisic qu’il réalise son erreur.
On apprend toujours grâce à ses erreurs. C’est manifestement la conviction de Roland à la fin du récit, qui réagit de façon naive et sympathique. Il part plus loin, pour mieux apprendre et comprendre le monde, et pour devenir un grand cartographe. Il va rencontrer d’autres personnes, et faire d’autres expériences. Mais arrivera-t-il à progresser ?
La dernière image du livre donne une réponse sibylline à cette question. Roland marche dans la nature, perdu dans ses pensées, et suit le bord de la falaise dont la forme représente une femme allongée. Il ne s’en rend pas compte, et arpente le chemin, en se répétant qu’il doit «tout réapprendre, réapprendre à regarder, réapprendre à observer ». Il ne voit toujours rien. Cette dernière image est magnifique. Elle résume toute l’histoire !

454. edgar - 08/05/04 11:02
Mardi 11 mai 2004, à 19h00 : "Cartographie de l'invisible : le monde des Cités obscures" au Café-restaurant Voyageurs du Monde - 51 bis rue Ste-Anne - 75002 Paris - tél: 01 42 86 17 17 - Métro: 4 septembre ou Bourse.

453. Nemo - 08/05/04 00:55
Je viens de relire les tome 1 et 2 et rien ne s'éclaire.
Pour le dire directement, je suis très déçu par cette "frontiere invisible" et c'est bien la première fois que cela m'arrive pour un album de Cités Obscures. On est à mille lieues de "la Tour", de "l'enfant penchée" et même bien loin de "L'ombre d'un homme" qui me semble finalement bien plus intéressant.

Bref, vous aurez compris que je ne partage pas l'avis de Raymond qui considère qu'il s'agit d'un des meilleurs album de la série :-) Mon avis est plutôt qu'il s'agit du plus mauvais (ou du moins bon et de très loin). Je suis peut-être passé à coté de quelque chose. Mais après la lecture et re-lecture je n'ai guère envie de chercher ce quelque chose...

Camille, Je partage ton avis sur le "délire interprétatif" de Roland. Mais je ne partage pas ton avis sur le 'caractère mystèrieux des CO' qui serait réaffirmé avec force par les auteurs dans cet album. Au contraire, tout me semble horriblement "banal" par rapport aux autres albums. Comme Isabelle, je suis resté en dehors de l'album et agacé par tous les personnages. Agaçante aussi la réduction des personnages feminins à des "objets", ce qui me semble en contradiction compléte avec tous les autres albums de la série. Agaçante encore la fin de l'album qui me semble baclée.

Je suis curieux des arguments de ceux qui ont aimé l'album

452. Isabelle - 06/05/04 20:40
Oui je pense que Camille touche quelque chose de juste dans ce retournement de la fin: Il y a un monde sur le corps de cette femme et il y a une femme sur le corps du monde. Le jeune cartographe ne s'est donc pas si trompé que cela.
Mais il reste tout de même un personne que l'on perd de vue. Si sa jeunesse et sa naïveté sont sympathiques de prime abord, on hésite à le suivre pour franchement refuser ses délires (que l'on ne comprend d'ailleurs pas).
Je crois que c'est la première fois qu'il y a ce genre de chose dans la série, car si beaucoup de personnages des Cités sont des incompris, le lecteur est toujours avec eux et surtout il n'est jamais largué quant aux action que fait ce personnage. Là, oui: le personnage agit et on se dit "mais pourquoi fait-il ça ?" Il a très clairement une idée derrière la tête, mais nous, non. Je suis donc restée en dehors d'une bonne partie de l'album. Je dois dire que ce sont vos discussions qui éveillent ma curiosité et me donnent envie de relire l'ensemble.



 
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