Blake et Mortimer

Les 454 commentaires sont triés des plus récents aux plus anciens .

Acces direct aux pages 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10


304. Victor Hugo - 19/09/17 17:07
« Blake et Mortimer » : le jackpot des marchands d’art
MIS EN LIGNE LE 17/09/2017 À 17:46 PAR DANIEL COUVREUR

Qui a mis Jacobs aux enchères ? Eric Leroy et Daniel Maghen, les deux grands experts parisiens de la BD, ont été les principaux marchands des planches de Blake et Mortimer.

Gaëtan Laloy préside la Chambre belge des experts en bande dessinée. Il connaît ses classiques, à commencer par Hergé et Jacobs, les maîtres du journal Tintin . Gaëtan Laloy appartient au cercle étroit des experts entre les mains desquels voyagent les plus précieux trésors du 9e Art. Dans le cadre de notre enquête sur la dispersion de l’œuvre de Jacobs, il a accepté de témoigner d’une scène interdite. Alors que chacun pensait les planches de Blake et Mortimer enfermées à double tour dans les coffres d’une banque de l’avenue Marnix, à l’abri de la Fondation Jacobs, voilà que des dizaines de pièces de musée se retrouvaient dans la chambre d’un hôtel bruxellois !

« J’ai eu en main, il y a un peu plus d’un an, près d’une centaine d’originaux de Blake et Mortimer , nous dit-il. Ces joyaux avaient été rassemblés par le galeriste Daniel Maghen. La personne qui les lui avait fournis ne pouvait les avoir trouvés que dans les coffres de la Fondation et les avoir revendus en bloc contre un gros chèque. La valeur marchande avoisinait les 2,4 millions d’euros. Ces planches se négocient aujourd’hui entre 75 et 150.000 euros pièce. Il y avait là des originaux du Secret de l’Espadon, du Mystère de la Grande Pyramide, de S.O.S. Météores, de L’Affaire du collier, du premier tome des 3 Formules du professeur Sato, une ou deux planches de L’Enigme de l’Atlantide aussi… Je ne jette en rien la pierre à Daniel Maghen. Il est galeriste. Lui, il a fait son boulot, contrairement au président de la Fondation Jacobs, Philippe Biermé ! Quand on sait la phobie qu’avait l’auteur de voir disperser ses originaux, c’est consternant. »

Toujours selon Gaëtan Laloy, avant Daniel Maghen, l’expert parisien d’Artcurial, Eric Leroy, avait négocié des dizaines d’autres originaux : « Il revendait les pièces à des collectionneurs de son réseau, en dehors du circuit des salles de vente publique. Au niveau de la qualité, Eric Leroy a eu le premier choix. Daniel Maghen est passé après. Mais dans un cas comme dans l’autre, ces planches ne pouvaient pas venir d’ailleurs que des coffres de la Fondation Jacobs ! Tous les marchands belges savent qu’il ne pouvait y avoir plus de trente planches perdues ou volées en circulation. »

Un galeriste bruxellois important sur la place mais qui préfère rester anonyme nous dit la même chose : « Personne à Paris ne s’est soucié de la provenance des planches ni des crayonnés, des croquis, des esquisses, des calques… dont on a également vu des piles sous le manteau. La moins chère de ces pièces se vendait 8 à 10.000 euros. Le marché de l’art autour de l’œuvre de Jacobs est devenu malsain. » Un de ses concurrents du Sablon partage le constat : « Je me suis demandé ce que je ferais si j’avais la possibilité d’acquérir cent planches d’un coup. J’ai consulté mon avocat. Il m’a dit que c’était de la dynamite, qu’il ne fallait pas toucher à ça, que ça péterait un jour. J’ai rencontré le plus important collectionneur au monde de l’œuvre de Jacobs, Raphaël Geismar, un Français de Hong Kong. Il m’a acheté une planche de Franquin et m’a confié, à propos des originaux de Blake et Mortimer, qu’il n’y avait désormais plus rien d’intéressant à aller chercher. Il était passé avant tout le monde et il a eu absolument tout ce qu’il voulait… »

En Belgique, l’expert de Banque dessinée, Thierry Goossens, a été l’un des tout premiers à vendre des originaux de Jacobs, dès les années 1990. Il connaît parfaitement l’œuvre et le marché. Il ne cache pas son dégoût pour ce qui se passe : « J’ai pu acheter des crayonnés, des calques, des esquisses, des études, quelques dessins épars de L’Opéra de papier, l’autobiographie de Jacobs, mais je n’avais jamais vu la moindre planche originale chez qui que ce soit. On trouvait parfois des cases coupées des albums du Mystère de la Grande Pyramide ou de La Marque jaune, des calques de L’Enigme de l’Atlantide. Certains de ces documents provenaient des cartons dérobés par Guy Imperiali, le demi-frère de Philippe Biermé, à la mort de Jacobs. Imperiali n’a cependant jamais eu, à ma connaissance, de planches originales. Et puis tout a changé dans les années 2000. Certains ont eu accès à des pièces que personne n’avait vues jusque-là. Un collectionneur étranger s’est payé des dizaines de planches, trois ou quatre couvertures des aventures de Blake et Mortimer, dont celles du Secret de l’Espadon et du Mystère de la Grande Pyramide. On est entré dans le règne de l’argent facile. »

Eric Leroy ne nous fera aucun commentaire sur celui ou ceux qui lui ont vendu du Jacobs. Comme Daniel Maghen, l’expert d’Artcurial se retranche, et c’est son droit, derrière le secret professionnel. « Des planches originales de Jacobs, on en trouve chez la plupart des grands collectionneurs européens de bande dessinée , nous dit-il. Mais je ne suis pas du tout le meilleur interlocuteur. Christie’s et certains de mes concurrents surtout, en ont vendu beaucoup plus. La valeur d’un Jacobs tourne aujourd’hui entre 60 et 120.000 euros. Mais si leur nombre sur le marché devait être aussi important que vous le dites, la cote pourrait en pâtir… »

« Je ne suis pas surpris de la réponse d’Eric Leroy , nous explique François Deneyer, familier de l’univers des marchands et des galeristes de BD, fondateur du Musée Jijé et de la Maison de la Bande dessinée. Il a donné partout instruction à ceux qui lui ont acheté du Jacobs de ne rien montrer. Un jour, j’ai été chargé par un grand collectionneur belge d’acheter la fameuse planche 8 de La Marque jaune, remise en vente chez Christie’s par celui qui l’avait acquise auprès d’Eric Leroy. Cette personne m’a confié qu’elle s’était fait réprimander par Leroy pour avoir mis la planche en vente publique. S’il veut que les ventes restent discrètes, c’est justement pour éviter que trop de planches ne passent en ventes publiques, car alors plus personne ne suit et les valeurs chutent. Hélas ! tout cela ne va pas dans le sens d’une clarification du marché. »

Qu’est-ce que Jacobs aurait pensé de ces prédateurs ? En 1983, l’auteur scandalisé écrivait à son ami Jacques Laudy qu’une planche des 3 Formules du professeur Sato , qui lui avait été subtilisée quelques années plus tôt, était « offerte à Paris au prix de 16.000 francs français » (2.400 euros). Une somme qu’il jugeait tout simplement indécente.

By Jove! (Série 2/4)

En 1983, l’auteur belge Edgar P. Jacobs a été le premier auteur de bande dessinée au monde à créer, de son vivant, une Fondation d’utilité publique pour s’assurer de la pérennité de son œuvre. Il avait pris cette décision après le refus du principe d’une donation par le ministère des Finances. La Bibliothèque royale lui avait aussi fermé la porte, faute de place… En ce temps-là, les originaux de bande dessinée n’avaient pas la cote. La Chambre belge des œuvres d’art estimait la valeur moyenne d’une planche des aventures de Blake et Mortimer à 125 euros. Vingt-huit ans plus tard, en mars 2015, la planche nº 8 de « La Marque jaune » s’est envolée chez Christie’s pour 205.500 euros. Pourquoi était-elle mise aux enchères plutôt que d’être à l’abri dans les coffres de la Fondation Jacobs ? Mystère…

Pour assurer sa postérité, Jacobs avait mis en œuvre un plan visionnaire. Les Editions Blake et Mortimer se chargeraient de poursuivre l’édition de ses albums. Et le Studio Jacobs, propriétaire des droits d’exploitation de ses héros, financerait la Fondation, gardienne de l’ensemble de ses originaux. Mais rien ne s’est passé comme prévu…

En 1992, celui qu’il considérait comme son fils spirituel et le principal défenseur de sa mémoire, Philippe Biermé, a revendu les Editions Blake et Mortimer, puis le Studio Jacobs à Dargaud, filiale du groupe Média-Participations. Le conseil d’administration de sa Fondation s’est déchiré entre « pro » et « anti »-Biermé.

En 2014, las « des attaques gratuites et des guerres sans raison », Philippe Biermé a pris contact avec Moulinsart pour « donner un nouvel avenir » à la Fondation Jacobs. Philippe Biermé a demandé la mise en liquidation judiciaire de la Fondation Jacobs et, en 2016, le tribunal de première instance de Bruxelles l’a désigné comme liquidateur.

Deux anciens administrateurs de la Fondation, Pierre Lebedel et Charles Dierick, soutenus par Claude de Saint-Vincent, le directeur du Studio Jacobs et de Média-Participations contestent la liquidation. Mais sans attendre l’issue judiciaire, Philippe Biermé a fait donation des originaux de la Fondation Jacobs à la Fondation Roi Baudouin. Et pour ne pas abandonner le contrôle du droit moral, il a mis sur pied avec Moulinsart, gestionnaire des droits sur l’œuvre d’Hergé, une nouvelle Fondation Edgar Jacobs.



La passion de Mortimer… et des Rolls Royce
PAR DA.CV.
L’image fait jaser. Dans le milieu de la BD, de nombreuses personnes ont vu Philippe Biermé au volant d’une Rolls. Le président de la Fondation Jacobs a la passion des belles anglaises et réfute les amalgames.

Philippe Biermé avec sa Rolls Royce Silver Wing 1952.
« Sur les bancs de l’école, je rêvais de posséder deux voitures : une 2 CV pour son allure sympa et une Rolls pour sa perfection. J’ai d’abord roulé en 2 CV pendant dix-sept ans et demi. Ensuite quand j’ai eu l’argent pour le faire, je me suis payé une Rolls. Les premières que j’ai acquises, au début des années 1990, étaient une Corniche neuve et une Silver Wing 1952. En ce temps-là, le fisc taxait encore les Belges sur leurs signes extérieurs de richesse. On m’a réclamé 33 millions de francs parce que je roulais en Rolls Royce. Mon comptable a prouvé que grâce à la vente de mes parts du Studio Jacobs et des Editions Blake et Mortimer, je possédais assez de millions pour me payer une Rolls. A l’époque, si on avait cent millions sur son livret, les intérêts étaient de 10 % : assez pour se payer une Rolls ! L’affaire a été classée mais l’image est restée, d’autant que j’ai continué à rouler en Rolls Corniche et en Bentley S3. »



Philippe Biermé: «Les originaux que j’ai vendus m’ont été donnés par Jacobs»
MIS EN LIGNE LE 17/09/2017 À 17:42 PAR DANIEL COUVREUR

Philippe Biermé répond point par point aux critiques dont il est objet depuis la mise en liquidation de la Fondation Jacobs. Dans l’entretien exclusif qu’il nous a accordé, il veut dissiper le flou et les soupçons qui entourent les ventes massives des originaux de Blake et Mortimer sur le marché de l’art.

Philippe Biermé en réunion de travail avec Jacobs et Claude Lefrancq
pour les Editions Blake et Mortimer. © Jacques Labeye.Philippe Biermé en réunion de travail avec Jacobs et Claude Lefrancq pour les Editions Blake et Mortimer. © Jacques Labeye.

Le galeriste Daniel Maghen a proposé une centaine d’originaux de Jacobs à la vente. Le dessinateur François Schuiten en a vu une trentaine à lui seul. On parle d’un chèque de 2,4 millions d’euros pour l’acquisition de ces pièces de musée. Info ou intox ?

Daniel Maghen a voulu m’acheter une dizaine de planches originales mais j’ai refusé. En bonus, il offrait de réaliser un ouvrage d’art sur Jacobs avec la Fondation. L’affaire est restée sans suite. Par conséquent, le chèque de 2,4 millions d’euros dont on parle, je ne l’ai jamais vu. D’ailleurs, je n’aime pas les chèques. Je les ai toujours refusés. Il y a trop de frais bancaires là-dessus ! Cette fausse information a probablement été répandue par un espion de Média-Participations qui travaillait chez Maghen naguère. Mais je ne suis pas étonné que ce galeriste ait pu avoir en sa possession une centaine de pièces car j’estime qu’il doit y avoir plus de 200 originaux en circulation. Pour ce qui me concerne, j’ai des lettres qui prouvent que les rares originaux que j’ai vendus m’ont été donnés par Jacobs.

Une dizaine de planches à peine sont passées en vente publique. Le reste a donc été vendu sous le manteau. L’idée ne vous heurte pas, alors que la Fondation Jacobs est censée détenir toute l’œuvre depuis la mort de l’auteur, en 1987 ?

Je ne vois là rien d’incroyable, au contraire. Quand je m’occupais des retouches des planches de Jacobs aux éditions du Lombard, bien avant la création de la Fondation, je voyais souvent passer des planches originales des anciens albums. La gouache blanche utilisée par Jacobs contenait du blanc d’argent qui noircissait avec le temps. Il fallait repasser là-dessus avant de réimprimer les albums. Je peux vous dire qu’il manquait déjà, à ce moment-là une vingtaine de planches de La Marque jaune. On avait tiré des fac-similés dont Jacobs lui-même était très satisfait.

D’où pourraient provenir tous les originaux mis en vente ces dernières années si ce n’est pas des coffres de la Fondation ?

Quand Jacobs est mort, les deux tomes du Mystère de la Grande Pyramide et du Secret de l’Espadon avaient déjà été réédités. Les originaux avaient circulé. Monique Amelrijckx avait aussi fait un essai de recoloriage de La Marque jaune. Jacobs ignorait que son compagnon, Paul-Serge Mairesse, alias Marssignac, avait fait de la prison et que c’était un faussaire professionnel. J’ai d’ailleurs porté plainte contre lui pour vol. Il a été condamné au franc symbolique, le tribunal estimant sans doute, à l’époque, que toutes ces histoires de bande dessinée ne valaient pas grand-chose. Entre-temps, il avait tout vendu, via un libraire de Charleroi. On n’a rien pu récupérer. Un autre exemple ? Un jour, Michel Vandenbergh, un honnête homme qui travaillait pour le CBBD, m’a contacté pour me dire qu’il était tombé sur trois planches originales en provenance des coffres de la Fondation, qui n’avaient fait l’objet d’aucun document de prêt. Qui fallait-il accuser ? En 2004, après l’expo Jacobs au CBBD, j’ai été aux coffres par hasard, faire un rapide inventaire des pièces prêtées. Elles étaient revenues sous cadre et j’ai eu la surprise de découvrir parfois, à la place de certains originaux, des fac-similés. Qui avait pris quoi ? Je n’en sais rien mais quelqu’un a rénové sa maison un peu plus tard…

Pourquoi avez-vous accepté d’authentifier des pièces mises en vente dont la provenance n’était pas claire ? En votre qualité de président de la Fondation, votre première mission n’était-elle pas de veiller à ce qu’elles rentrent dans le giron de la Fondation, plutôt que de les voir dispersées ?

Ce n’est pas moral que ces pièces soient sur le marché, je le reconnais. Mais il ne faut pas oublier que quand j’ai porté plainte après la mort de Jacobs pour le vol d’originaux dans sa maison du Bois des Pauvres, les coupables avaient été blanchis par la justice. Le tribunal a estimé que « possession vaut droit ». Parmi les indélicats, il y avait mon demi-frère, Guy Imperiali, qui a vendu tout ce qu’il avait pu dérober. Il avait une mansarde de pièces volées où j’ai vu une farde avec la couverture originale de Chlorophylle contre les rats noirs , que Raymond Macherot avait offerte à Jacobs ! Elle est arrivée, bien plus tard, entre les mains d’Eric Leroy. Tout ceci pour dire que puisque la justice avait donné raison aux voleurs, il n’y avait aucune raison de ne pas faire de certificat d’authenticité pour des pièces originales qui le justifiaient. En échange, j’en profitais pour exiger du vendeur la réalisation d’un fac-similé, afin de compléter les archives de la Fondation. J’ai arrêté de signer des certificats en 2010, après que le conseil d’administration de la Fondation me l’a interdit.

Eric Leroy est l’un des premiers experts cités, dès que l’on parle des ventes d’originaux de Jacobs. Vous le connaissez bien ?

Nous avons très souvent été en contact, non pas pour que je lui vende des planches mais pour me demander des certificats d’authenticité. Il m’invitait souvent au restaurant. Il m’a présenté au conseiller diplomatique Hubert Védrine ou au critique d’art Pierre Sterckx. Mais j’ai fini par me lasser de certaines de ses pratiques. J’ai eu le sentiment qu’il se servait de moi et des certificats pour augmenter la valeur de certaines pièces et pouvoir les revendre plus cher, à son profit, en Suisse ou à Hong Kong. Depuis bientôt deux ans, je refuse tout contact avec lui.

Il paraît qu’on vous a vu à Monaco et en Russie avec des œuvres d’art : encore une rumeur ?

Ah ! Ah ! Sachez que quand on entre en Russie avec une œuvre d’art, il faut payer 13 % de la valeur estimée de la pièce, avant même de savoir si on va réussir à la vendre. C’est une obligation légale. J’ai été plusieurs fois en Russie mais c’était pour vendre des tableaux personnels. Quant à Monaco, qu’est-ce que j’aurais été y faire ? J’ai vendu les deux sociétés que j’avais en Belgique, où on n’est pas taxé sur les plus-values. J’ai des preuves et des arguments pour casser toute cette machinerie destructrice montée contre moi !

Si 200 planches sont dans des collections privées contre la volonté testamentaire de Jacobs, n’est-ce pas la mission de la Fondation de les signaler volées, de porter plainte contre X ?

Je vous rappelle que c’est ce que j’avais fait après le décès de Jacobs et le pillage du contenu de sa maison du Bois des Pauvres. Je n’avais pas eu le soutien de la Fondation pour cette action en justice. Or je portais tout de même plainte, entre autres, contre le beau-fils de Jacobs, René Quittelier, et contre mon demi-frère, Guy Imperiali, qui avait emporté des cartons entiers de documents précieux. À l’époque, c’était Louis Bos le président de la Fondation. Il porte une lourde responsabilité sur ce qui s’est passé. La maison de Jacobs est restée ouverte à tout vent et ça arrangeait bien les voleurs. Puis, quand j’ai demandé la restitution des pièces disparues, la justice a répondu, en 1989, qu’il était légalement impossible de le faire. Après ces événements, il était clair qu’on ne pourrait plus jamais rien réclamer au nom de la Fondation.

Dany Dewilde, commissaire de « 9th Art » au Musée d’art contemporain de Gand, nous affirme que vous aviez déposé des fac-similés à la place des originaux inscrits dans la convention de prêt de cette exposition. Toutes les pièces conservées dans les coffres de la Fondation sont-elles bien des originaux ?

Vous m’apprenez quelque chose. Je ne vois qu’un grand trou dans ma mémoire. Je n’ai jamais rien organisé là-bas. Il doit certainement y avoir erreur sur la personne.


Daniel Maghen: «J’ai vendu officiellement avec des factures»
MIS EN LIGNE LE 17/09/2017 À 17:38 PAR DA.CV.

Expert et galeriste renommé, Daniel Maghen a mis en vente des fardes entières d’originaux de Jacobs. Il a accepté de répondre à certaines de nos questions mais invoque légitimement le secret professionnel pour ne pas répondre à la plus importante, celle qui concerne ses fournisseurs…

Daniel Maghen dans sa galerie.Daniel Maghen dans sa galerie.

À qui avez-vous acheté et vendu des planches de Jacobs ?

J’ai vendu des planches tout à fait officiellement avec des factures. Pour ce qui concerne ceux qui me les ont vendues ou achetées, il est de mon devoir de préserver la confidentialité.

Les originaux de Jacobs sont rares sur le marché. Il avait fait don de toute son œuvre à sa Fondation : vous ne vous êtes pas interrogé sur la provenance de ces pièces de musée ?

Les pièces que j’ai vendues sont sur le marché depuis des années. Je me suis assuré qu’aucune déclaration de vol ou de perte ne les concernait.

Le testament de l’auteur était clair : toute son œuvre, y compris ce qui aurait été perdu ou dérobé, appartenait à la Fondation. Il n’y avait pas pour vous d’obligation morale à l’égard de la mémoire du maître ?

Vous me parlez de morale et de patrimoine. Je suis marchand d’art. Mon métier, c’est de rechercher les plus belles pièces à offrir à mes clients. La première planche de Jacobs qui a été vendue par un de mes clients avait été obtenue auprès d’Eric Leroy. J’ignore sa provenance et des années plus tard, j’ai eu moi-même des œuvres de Jacobs. À qui appartenaient réellement les originaux vendus ces dernières années ? Était-ce à la Fondation ? Je ne sais pas. Je n’ai pas connu Jacobs. Il n’a pas eu d’enfants. Avait-il ou non cédé des originaux à quelqu’un ? Je ne suis pas compétent en la matière. De son temps, les planches avaient peu de valeur et n’intéressaient personne !

Dans le milieu du marché de l’art, vous êtes cité comme le premier fournisseur de planches de Jacobs. C’est exact ?

Si tant de collectionneurs vous citent mon nom, c’est parce que j’ai montré ces pièces à ceux qui s’intéressent aux originaux de BD et à Jacobs, en France comme en Belgique ou ailleurs…

Plus de cent originaux auraient transité rien que par votre galerie : vous confirmez ou vous infirmez ?

Vous citez le chiffre d’une centaine de planches en circulation. Je pense que comme pour Hergé, Franquin, Peyo, Tillieux, on peut sans doute effectivement l’évaluer à une centaine de pièces en comptant les dessins, les planches, les crayonnés, les études…

À combien estimez-vous la valeur de vente de ces originaux de Jacobs ?

L’échelle de valeur d’une planche de Jacobs va de 40.000 euros à 200.000 euros.

Une nouvelle Fondation Edgar Jacobs remplace l’ancienne. Entre-temps, les orignaux ont été confiés à la Fondation Roi Baudouin : une bonne nouvelle pour la transparence des valeurs sur le marché de l’art ?

J’ai été informé d’un contentieux entre la nouvelle Fondation Edgar Jacobs et le groupe Média-Participations, propriétaire des droits d’édition des albums de Blake et Mortimer, parce que Nick Rodwell, président de Moulinsart, détenteur des droits de Hergé et concurrent de Média, fait partie des administrateurs de cette nouvelle Fondation. Cela ne me concerne en rien.

303. Victor Hugo - 19/09/17 17:01
Moi non plus, ils font chier c'est marqué "Cet article réservé aux abonnés est exceptionnellement en accès libre", mais très vite il ne l'est plus. Je copie/colle ce que je peux alors.

François Schuiten sur l’héritage pillé de Blake et Mortimer: «La postérité de l’œuvre est compromise!»
Mis en ligne le 17/09/2017 à 08:48

Par Daniel Couvreur

Qui a joué avec les clés des coffres de la Fondation Jacobs ? Nous avons mené l’enquête pendant plusieurs mois pour comprendre comment plus de 200 originaux de Blake et Mortimer se sont évaporés. François Schuiten réagit vigoureusement à l’enquête du « Soir ».
Edgar P. Jacobs et Philippe Biermé (ex-responsable de la Fondation Jacobs) ont été très complices dans le travail. Le créateur de Blake et Mortimer le considérait comme son fils spirituel. © Jacques Labeye.
Edgar P. Jacobs et Philippe Biermé (ex-responsable de la Fondation Jacobs) ont été très complices dans le travail. Le créateur de Blake et Mortimer le considérait comme son fils spirituel. © Jacques Labeye.
Cet article réservé aux abonnés
est en accès libre sur Le Soir+

Lecture zen

Défenseur exemplaire du patrimoine belge de la bande dessinée, le dessinateur des Cités obscures, François Schuiten, a fait don de son vivant des planches les plus remarquables de son œuvre à la Fondation Roi Baudouin et à la Bibliothèque Nationale de France. Dans les années 1970, quand Jacobs cherchait un collaborateur pour terminer le second tome des 3 Formules du professeur Sato, il avait hésité à se proposer. Aujourd’hui, il se rattrape en travaillant sur un album d’hommage aux personnages de Blake et Mortimer. Dans l’entretien exclusif qu’il nous a accordé, il ne cache pas sa colère de voir disperser les joyaux de Jacobs. Un galeriste parisien est venu lui en présenter une trentaine dans son atelier.

Jacobs a-t-il été trahi ?

Il avait mis au point le scénario parfait : une Fondation pour la conservation des originaux, une maison d’édition pour s’assurer que ses livres continueront bien d’être édités, un studio pour veiller à l’archivage, à la restauration, à la reproduction de ses œuvres. Le dispositif était exemplaire. Chacune de ses planches est un trésor de minutie invraisemblable. Voilà pourquoi il voulait que ses planches échappent au monde marchand. S’il avait créé une Fondation, c’était pour que ça n’arrive pas. Il y avait investi ses deniers personnels. Il a été visionnaire en matière défense du patrimoine BD.

Comment se fait-il que personne n’ait tiré la sonnette d’alarme ?

d-20160209-G5V7D3 2016-02-23 23:51:37

« Deux cents planches dans la nature, c’est très grave ! » - François Schuiten

Il y a là un scandale absolu ! Je ne comprends pas que dans un pays si sourcilleux en matière de règles sur les héritages et les fondations, les pouvoirs publics n’aient rien contrôlé pendant trente ans ! Tout le monde savait qu’il existait une Fondation Jacobs, dont la mission est de protéger cette œuvre. On a assisté à un mécanisme extrêmement pervers. Les premières planches dérobées sont d’abord apparues en ventes publiques. Il n’y en avait jamais plus d’une à la fois. Du coup elles ont atteint des montants énormes, parce que tout le monde était convaincu que le reste était bloqué dans les coffres. Stratégiquement c’était remarquable. Et puis le rythme s’est emballé. Des paquets de planches sont apparus sous le manteau et j’en ai eu en main une trentaine…

Quelle a été votre réaction ?

Cela se passait il y a un an et demi, via un galeriste français important à qui j’ai affaire régulièrement. J’étais émerveillé. Le travail de Jacobs est une épure de l’épure. J’ai découvert qu’il dessinait au dos de ses planches pour corriger certains détails en les passant ensuite à la table lumineuse. D’un côté, j’étais heureux de voir ça et ces crayonnés au dos des planches devraient aider les experts à reconnaître les faux. Ça me ramenait aussi à mes propres doutes, à mes propres repentirs. D’un autre côté, j’étais interloqué. Les planches étaient proposées entre 200 et 250.000 euros, en catimini… Je me demandais ce que faisait la Fondation. J’étais interloqué.

Vous n’avez pas songé à donner un coup de pied dans la fourmilière ?

C’est difficile. Tout le monde se tient, entre celui qui a sorti les planches du coffre, l’intermédiaire qui les vend, celui qui les propose aux collectionneurs… Chacun évite d’être transparent. Beaucoup d’auteurs contemporains vendent leurs planches pour vivre mais ce n’était pas le cas de Jacobs. La vente des planches de Blake et Mortimer ne bénéficie en aucun cas à l’auteur, disparu depuis trente ans, ni à sa Fondation, mais à des gens qui n’ont aucun respect pour l’œuvre. C’est là que j’enrage. Deux cents planches dans la nature, c’est très grave ! C’est toute la postérité de l’œuvre qui est compromise. Dans un pays qui se prétend la patrie de la BD, c’est à hurler de honte.

La Fondation Roi Baudouin détient désormais les clés du coffre : le pire est derrière nous ?

J’attends de voir l’ampleur des dégâts. Je voudrais savoir précisément ce qui manque. Cela devra être dit ! Alors seulement, on pourra se réjouir que le reste soit entre les mains de la Fondation Roi Baudouin. J’espère qu’il restera suffisamment de pièces pour honorer dignement la mémoire de Jacobs et monter la première vraie rétrospective de son œuvre car depuis sa mort, la Fondation n’a jamais fait son job.

Faut-il porter plainte ? Sera-t-il possible de récupérer tout ou une partie de ce qui a été volé ?

Il serait indispensable de localiser ce patrimoine et, à tout le moins de persuader les collectionneurs de pouvoir le répertorier et le reproduire. Il faudra aussi rendre des comptes car c’est le mot que je n’entends pas dans cette malheureuse histoire ! La Fondation Jacobs était devenue un lieu de non droit. Comment une Fondation a-t-elle pu exister aussi longtemps sans un inventaire du patrimoine qu’elle est censée protéger ! Comment aucun des organismes de contrôle public, pourtant nombreux dans ce pays, n’a jamais posé la question des actifs de cette Fondation, de leur inaliénabilité ?

302. marcel - 19/09/17 16:43
Je suis pas abonne au Soir, et l'info n'a semble-t-il été reprise nulle part.
On sait comment les planches ont été sorties de la Fondation ?... C'est une petite partie ou un grand nombre ?...

301. Victor Hugo - 19/09/17 16:08

300. Quentin - 19/09/17 10:31
Daniel Maghen a l'air d'être un vrai filou. Vendre des objets volés, ca s'appelle du recel. Et c'est pas parce qu'on a des factures que c'est légal.

299. Victor Hugo - 19/09/17 01:48
«Blake et Mortimer» victimes du casse du siècle
Un article passionnant de Daniel Couvreur sur les plus de 200 originaux de Blake et Mortimer se sont évaporés du coffre de la Fondation Jacobs.
http://plus.lesoir.be/114448/article/2017-09-16/blake-et-mortimer-victimes-du-casse-du-siecle


Et on y retrouve notre ami Daniel Maghen, qui se défend très bien...
Plus tard, le galeriste parisien Daniel Maghen a aussi vendu des planches. J’en ai vu 50 et une dizaine de couvertures du journal Tintin chez lui, ainsi que des calques de la Pyramide et de La Marque jaune. A mes yeux, ce qui était là ne pouvait provenir de la Fondation. Maghen m’a répondu qu’il avait des factures d’achat en règle et que ses avocats l’avaient assuré de son bon droit. »

«J’ai vendu des planches de Jacobs tout à fait officiellement avec des factures, nous indique Daniel Maghen, Pour ce qui concerne ceux qui me les ont vendues ou achetées, il est de mon devoir de préserver la confidentialité à ce sujet. Je dois protéger les intérêts de mon business.»

«Dans l’intervalle, on a constaté, à partir de 2015, une grande évasion de planches originales des aventures de Blake et Mortimer. Nous avons été alertés par des collectionneurs auxquels Daniel Maghen avait montré un lot d’une centaine de planches mais la Fondation n’existait plus.»



298. froggy - 06/07/17 18:36 - (en réponse à : seb)
En principe, il y en a un de prevu a la fin de l'annee dessine par Aubin, il s'appellera Huit heures a Berlin.

297. sebpernet - 06/07/17 09:06
Quelqu'un sait pour quand est programmé le prochain B et M ?

296. TILLIERTON - 15/12/16 08:50
Le DBD Hors-série n'est pas mal non plus .
Ce "8 heures à Berlin" s'annonce prometteur.

295. herve - 14/12/16 22:42
Dans "l'héritage Jacobs", Juillard confie (page 138)vouloir "se mettre en congé de B&M"

Sinon, je viens de terminer L'héritage Jacobs :

Sorti en même temps que "le testament de William S" de Sente & Juillard, cet ouvrage est certainement le livre le plus complet que j'ai lu sur la période post-Jacobs.
Jean -Luc Cambier et Eric Verhoest, qui avaient déjà signés un inoubliable "Blake e Mortimer [histoire d'un retour]" en 1996, nous offrent un magnifique recueil d'entretiens avec les différents repreneurs de Blake et Mortimer (scénaristes et dessinateurs ).
Le tout est accompagné d'une iconographie abondante, parfois inédite (les crayonnés du prochain album "huit heures à Berlin", par exemple) assez bluffante pour un tel livre.
La présence de nombreuses esquisses, crayonnés, reproduction d'ex-libris ,mais aussi d'entretiens sans langue de bois, en font un ouvrage passionnant. Pour ma part, j'ai mis pas mal de temps à le parcourir, allant de temps en temps regarder les albums de Blake et Mortimer pour me remémorer certaines planches.

Même si on s'en doutait, on découvre ici la pression exercée par l'éditeur sur les dessinateurs pour sortir leur album à temps, mais aussi les tensions entre auteurs, notamment entre Jean Dufaux et Antoine Aubin, ainsi que le rôle réel d'Etienne Schréder sur les derniers albums de Blake et Mortimer.
Une analyse assez réaliste des auteurs vient compléter ces entretiens.
Un ouvrage que les admirateurs de nos célèbres héros britanniques doivent lire, by jove !

294. froggy - 14/12/16 22:19 - (en réponse à : Marcel)
Selon le forum d'en face concurrent mais neanmoins ami que tu refuses de frequenter (heureusement pour nous, tes frequentations d'ici sont excellentes. LOL), Le testament de William S. serait le dernier Juillard. Mais je ne sais pas si c'est vrai.

293. marcel - 14/12/16 10:25
Je ne crois pas que ca ait ete signale ici mais un prochain diptyque est en preparation, sur scenario de Sente, mais dessine par Peter Van Dongen et Teun Berserik.
Van Dongen a peu publie en France, mais il avait assiste Theo Van Den Boogaard pour ses tests de reprise (refuses).

292. TILLIERTON - 29/11/16 19:04
J'ai entraperçu les 2 premières planches de "huit heures à Berlin ", crayonnées. Un modèle du genre, un régal .

291. froggy - 29/11/16 17:43
290. TILLIERTON - 29/11/16 13:49
Pour illustrer la politique éditoriale, quand ils ont remercié Aubin pour la conclusion de "l'onde Septimus" provoquant et prenant l'initiative d'un ratage total. Il est étonnant d'avoir trouvé un dessinateur ayant accepté de terminer dans ces conditions


Aubin ne me semble pas etre rancunier vis-a-vis de Dargaud car il est en train de plancher sur une nouvelle aventure de B&M intitulee Huit heures a Berlin prevue pour la fin 2017. Je presume que cette fois-ci, il a fait inclure dans son contrat une clause qu'il le finira seul et ce quelque soit le temps que cela prendra.


286. herve - 29/11/16 09:49
Ce livre est surtout une critique sur la politique éditoriale de Dargaud, poussant les auteurs à produire de plus en plus vite, au détriment de la qualité


C'est exactement ce que je pense. B&M n'est pas un produit industriel comme les autres, on ne peut pas les faire a la chaine. Comme toute autre oeuvre artistique d'ailleurs.

290. TILLIERTON - 29/11/16 13:49
Pour illustrer la politique éditoriale, quand ils ont remercié Aubin pour la conclusion de "l'onde Septimus" provoquant et prenant l'initiative d'un ratage total. Il est étonnant d'avoir trouvé un dessinateur ayant accepté de terminer dans ces conditions

289. TILLIERTON - 29/11/16 13:43
C'est la plus sympa. Combien d'exemplaires par rapport à la classique, très moche ?

288. herve - 29/11/16 13:39
je viens de passer à La Fnac et il ne reste plus un seul exemplaire de l'édition avec couverture alternative Fnac du "Testament de William S."

287. TILLIERTON - 29/11/16 10:01
D'ailleurs, je suis à peu près certain que le rythme va s'accélèrer. No1 des ventes, une part de marché substantielle, y'a des pépettes à prendre . C'est la politique du tiroir-caisse et les auteurs eux-mêmes ne crachent pas dans la soupe. C'est l'évolution, triste, de la BD, où il ne subsistera bientôt que des méga-blockbusters

286. herve - 29/11/16 09:49
Ce livre est surtout une critique sur la politique éditoriale de Dargaud, poussant les auteurs à produire de plus en plus vite, au détriment de la qualité

285. Piet Lastar - 28/11/16 18:49 - (en réponse à : herve)
Confirmes-tu le regard critique porté aux repreneurs ?

284. herve - 26/11/16 13:06
je suis en train de lire "l'héritage Jacobs".
Très intéressant.
Très belle iconographie
Ce sont les mêmes auteurs que "B&M, histoire d'un retour" (épuisé à ce jour)qui signent cet ouvrage.

283. Piet Lastar - 26/11/16 10:52
Voici une série qui divise les lecteurs. Inconditionnels de Jacobs, fans de SF, admirateurs de la redondance texte-dessin, british lover, ...

Cette passion m'échappe un peu. Pour moi, cette série compte quelques purges (Espadon, Atlantide, Piège, Formule, 30 deniers, Onde).
Bien souvent, le début du récit m'accroche puis trop de SF et de longueurs scénaristiques et textuelles m'ennuient terriblement, comme dans Pyramide, Marque, et Rendez-vous, par exemples.

Mes préférences vont à SOS Météores et à la Machination Voronov.

Des avis éclairants sur "L'héritage Jacobs" ?

282. lobabu - 25/11/16 17:33
"La machination Voronov"! Heureusement que c'est le week-end...

281. lobabu - 25/11/16 17:30
C'est cinglant mais aussi partisan. "L'affaire Francis Blake" est pas mal bien que très inspirée des "39 marches" mais pourquoi pas. "L'étrange rendez-vous" est risible,"L'onde Septimus" une purge.
Par contre, il ne cite pas "L'affaire Voronov", le meilleur depuis la reprise ni "Le bâton de Plutarque" ou "le serment des 5 lords". C'est vrai qu'ils sont de Sente. Je confesse bien aimer ce scénariste. Ce que j'apprécie particulièrement, c'est sa capacité à intégrer dans l'aventure des éléments/personnages historiques. C'est vrai que des fois il se plante, mais il vaut largement les autres scénaristes

280. marcel - 25/11/16 16:24
En regardant les pages presentees dans cet article, je me demande si Juillard ne serait pas lui aussi passe a SketchUp. Faudrait que je voies de plus pres mais cette impression de personnages poses dans un lieu trop grand et trop ordonne, avec une profondeur bizarre...

279. herve - 24/11/16 23:28
Un article assez voire très cinglant sur le dernier "Blake et Mortimer" ici

278. froggy - 09/02/16 23:45 - (en réponse à : marcel)
Le temps passe tellement vite que je croyais Le Journal d'un Ingenu plus vieux que cela, une fois de plus et comme d'habitude, tu as raison, puisque l'album est sorti en 2008. Il faut dire que cet album est tellement bien que j'ai l'impression de l'avoir toujours lu alors qu'il y en a d'autres, je ne m'en souviens deja presque plus une semaine apres les avoir lus. Bizarre autant qu'etrange, n'est-il pas?

277. marcel - 09/02/16 23:01
Ainsi, en 2004, pm nous annoncait fierement un scoop sublime (post #219), un B&M dessine par Bravo ecrit par Sfar

Ah oui, mais ca c'est bien anterieur au Journal d'un ingenu, c'est l'editeur qui a refuse leur projet (les cons, ils doivent s'en bouffer les doigts), et les premieres planches sont trouvables (et elles sont sublimes).

276. froggy - 09/02/16 22:55 - (en réponse à : marcel)
Le B&M de cette annee s'appelle Le testament de William S. selon des informations venant du forum d'en face concurrent mais neanmoins ami. Comme nos heros sont anglais, William S. est evidemment William Shakespeare et non William Saurin.

Sinon, j'ai relu quelques vieilles interventions et il semble que tout le monde a eu des projets de faire un B&M. Ainsi, en 2004, pm nous annoncait fierement un scoop sublime (post #219), un B&M dessine par Bravo ecrit par Sfar alors qu'Herve nous annoncait dans le post #215 que Juillard quittait la serie.

12 ans plus tard, il semble que Bravo a prefere dessiner une enorme suite suite a son Spirou & Fantasio, Le Journal d'un Ingenu, on annonce 250 planches publiees en un seul volume et Juillard dessine toujours les scenarios de Sente. Quant a Dufaux, on avait parle d'une trilogie qui aurait commence avec L'Onde Septimus. Comme tout cela ne s'est pas realise, je me pose la question; nous aurait-on menti?

Le probleme avec le Dufaux est qu'on esperait une explication a son album abscons et confus dont la lecture s'apparente a un pensum. Il n'en sera rien a priori a moins que les predictions "marcelliennes" ne s'averent aussi rigoureuses que celles de pm et d'Herve. Du coup, je ne sais plus ce qu'il faut esperer.

275. torpedo31200 - 09/02/16 20:43 - (en réponse à : marcel - post # 274)
Pas encore officiel, mais Revoir Paris # 2 de Schuiten serait vaguement prévu pour septembre, voire novembre.
Donc oui, le Blake & Mortimer est certainement repoussé à 2017 ou plus loin.

274. marcel - 09/02/16 14:41
Bon, le B&M de 2016 est un Juillard/Sente, le 2017 est un Aubin (donc a priori scenarise par Bocquet et Fromental), donc torpedo semblait bien prevoir en annoncant 2018 pour le Schuiten.
Je constate donc que Dufaux a fait son petit album bien pourri que tout le monde a trouve naze, puis il a lache l'affaire. Tant mieux.
Bon, j'avais trouve Le baton de Plutarque tres mauvais aussi. Mais je suis curieux de savoir ce que Bocquet et Fromental peuvent faire sur les personnages... Memoires d'un 38 et Les aventures d'Herge sont tout de meme 2 excellents albums, et leur travail separement ou avec un autre complice sont egalement souvent tres reussis (Le prive d'Hollywood, Dorian Dombre, Jamais deux sans trois, Ivan Casablanca...).

273. marcel - 29/12/15 21:14 - (en réponse à : Torpedo)
Je comprends mieux, du coup.
Et je fais semble-t-il partie des mauvaises langues...

272. TILLIERTON - 29/12/15 19:11
Ca va être dur d'intercaler et d'inventer des histoires en respectant la chronologie. Une majorité des histoires se déroule dans les années 50. Ne pas se planter pour assurer la cohérence des dates. Alors? Faire vieillir les personnages et les transposer dans les 60's ou les 70's

271. torpedo31200 - 29/12/15 17:51 - (en réponse à : post # 270 add)
Pour être plus clair, Dufaux aurait investi des efforts et donc une certaine somme pour protéger son travail.
(Les mauvaises langues diront qu' il aurait mieux fait de se payer un co-scénariste...)

270. torpedo31200 - 29/12/15 17:47 - (en réponse à : marcel - post # 269)
D' après ce qu' on m' avait rapporté, Dufaux avait "cadenassé" son contrat pour que Blake & Mortimer (groupe Dargaud) ne change pas une ligne de son scénario.

Et d' une manière générale quand un auteur s' attaque à une licence qui vends à plusieurs centaines de milliers d' exemplaires, je les encourage à s' octroyer les services d' un ou plusieurs avocats ou juristes, si ils en ont les moyens.
Car ce sera selon moi la grande évolution des 10 ou 20 années à venir (ça a un peu commencé aux USA). Les marques prendront plus d' importance et les auteurs ne seront pas plus estimés par leurs éditeurs.

269. marcel - 29/12/15 13:37
Ben, c'est fait avec Dargaud, non ?... Je veux dire, il attaque pas une production pirate...

268. torpedo31200 - 29/12/15 12:55 - (en réponse à : marcel - post # 267)
J' y crois car ça fait quelques années que la rumeur circule. Au moins 3 ans.
Mais plutôt en 2018, le temps qu' il finisse Revoir Paris 2 (fin 2016 ?) et qu' il se choisisse un bon avocat avant de s' attaquer à la licence.

267. marcel - 29/12/15 10:08
Dans la grande serie "Les nouvelles que t'y crois pas", on annonce pour 2017 un Blake et Mortimer dessine par... Schuiten ?! Sur scenario de Thomas Gunzig et Jaco Van Dormael.
Et sinon, une autre histoire devrait etre ecrite par l'excellent duo Bocquet et Fromental, mais je ne sais pas pour quel dessinateur (Aubin ou Juillard ?...).

266. pierrecédric - 05/06/12 17:44
^^

265. lobabu - 08/10/11 19:15
Ah, mais je peux déjà t'annoncer les deux grands ressorts de l'intrigue: des filles à poil et de la magie noire...

264. marcel - 08/10/11 14:15
Le prochain Blake et Mortimer dessine par Aubin (dont j'ai adore le dessin sur le precedent) devrait etre signe Jean Dufaux. Je suis curieux de voir ce que ca peut donner, le ton habituel de Dufaux etant assez eloigne, a mon sens.

263. lobabu - 11/04/08 22:39 - (en réponse à : lien rag)
Qu'est-ce qui te permet de croire que Sente (ou Van hamme) ne croit pas aux histoire qu'il raconte? A partir du moment où tu es scénariste, c'est une condition de base, au moins quand tu fais ton boulot honnêtement. D'autre part, ce n'est pas parce que l'on croit à ses histoires qu'elles sont bonnes; autrement Uderzo ferait de bons albums. D'accord, là, je suis limite mauvaise foi, mais quand même. Mais je maintiens ce que j'ai écrit: il est de bon ton d'allumer Sente à chaque album(et quelque soit la série), et je trouve cela franchement immérité.

262. Lien Rag - 11/04/08 21:54 - (en réponse à : lobabu)
Euh, tu fais une petite erreur je crois: on ne critique pas vraiment Sente par rapport à Van Hamme mais les deux par rapport à Jacobs.
Et la différence majeure tenait à ce que lui au moins croyait aux histoires qu'il racontait, et que ça se voit jusqu'à présent (malgré les limites effectives des deux albums que tu cites).

261. sonatine - 11/04/08 15:30 - (en réponse à : Rough)
Nan j'ai bon mais mes exemples sont mal choisis... ( j'ai pas le talent des reprenneurs)
ensuite dire que cela peut passer par le dessin, c'est possible, mais avec un autre genre de dessin et un autre dessinateur, parce que comme tu le dis si bien, c'est tres(trop) figé....

260. Yan - 11/04/08 15:15
Utile ou inutile, je pense que cette question est hors-sujet.
Les récitatifs de Jacobs créent un style unique (et difficilement reproductible si j'en juge les reprises lourdingues), une petite musique qui change tout.
Supprimez-les, il n'est pas sûr que le résultat sera meilleur.

259. Rough - 11/04/08 15:01 - (en réponse à : sonatine)
sonatine - 11/04/08 10:46 - (487836)
A ma connaissance, les récitatifs ne sont pas redondants chez Jacob ...
Ils apportent une notion que le dessin ne peut retranscrire.
"Le capitaine ouvre prudemment la fenêtre."
"Le capitaine ouvre la fenêtre d'un geste sûr."
"Le capitaine ouvre silencieusement la fenêtre."




en effet tu te trompes mon cher Dimitri ;)

dans les exemples que tu cites, seul le dernier me parait objectivement valable, ( et encore, un grand comme Eisner aurais trouvé une solution visuelle à mon avis ), et encore, en jouant sur le contraste de cases précédemment "bruitées", on peut le suggérer.

Les deux autres peuvent tout à fait être représentés graphiquement, il suffit de jouer sur la gestuelle et de soigner le comportement faciale.

je pense également que les récitatifs sont hypra chiants,parasites et inutiles chez Jacobs, et je pense que sa passion pour le théâtre et son gout pour le littéraire y sont pour beaucoup. Mais bon, ça n'a jamais été ma tasse de thé, je trouvais ça trop, "figé" comme graphisme, trop ligne clair, et surtout, qd j'étais môme trop "scientifique", trop sérieux. mais là c'est une affaire de goût, tu connais mon amour pour l'école opposée: la ligne marcinelle ;)

en revanche, j'ai pris un pied monstre à lire le formidable détournement de Pierrot avec et Philippe et Francis et attends la suite avec impatience.

ps: je suis en train d'encrer les 3 dernières cases de mon tome 2,( et ensuite bonne chance à Jean Marc Krings pour la relève )) et ensuite, j'attaque les projets avec Pierrot ;) et pas forcément ce dont je t'ai parlé à bulle en Val , héhé ;)

258. sonatine - 11/04/08 10:46
A ma connaissance, les récitatifs ne sont pas redondants chez Jacob ...
Ils apportent une notion que le dessin ne peut retranscrire.
"Le capitaine ouvre prudemment la fenêtre."
"Le capitaine ouvre la fenêtre d'un geste sûr."
"Le capitaine ouvre silencieusement la fenêtre."

Mais je peux me tromper bien entendu, je n'ai lu qu'un Blake et Mortimer...


257. Kilroy - 10/04/08 22:30 - (en réponse à : Pour ou contre ?)
Il est amusant de voir à quel point les albums de B&M suscitent systématiquement intérêt ou rejet. dBD s'est lui aussi laissé aller au jeu de la double chronique, le pour et le contre... Quoiqu'il arrive, l'éditeur a misé sur le succès. Les piles d'albums sont impressionnantes en librairies comme en grandes surfaces.

256. feldoë - 10/04/08 21:34
J'ai relu les Sarcophages avant de lire aujourd'hui le nouveau paru. J'avais un préjugé négatif car les 1ères pages visibles sur internet m'avaient semblées naïves et peu inspirées. Pourtant, j'ai trouvé les 3 intéressants, et je n'ai pas vu venir la surprise de la fin : c'est pour moi de la bonne bd classique et j'apprécie que la série vive toujours dans cet esprit.
Je suis donc d'accord avec le commentaire précédent, sauf pour ce qui concerne SOS Météores, qui reste pour moi le meilleur de la série : l'ambiance pluvieuse, la banlieue parisienne des années 50, la qualité totale : scénario, dessin, couleurs (le bleu de la couverture de l'eo !), mais la réminiscence d'une lecture d'enfance y est peut-être pour quelque chose.

255. Lobabu - 10/04/08 20:26
Franchement, je suis assez sidéré de la condescendance pour ne pas dire plus avec laquelle beaucoup traitent Sente. Que lui reproche-t-on exactement? C'est un faiseur? Oui, et alors? Van hamme aussi...Il est moins bon que Van Hamme? Peut-être sur l'ensemble des séries mais sur Blake et Mortimer, laissez-moi rire. Je voudrais qu'on m'explique par a+b en quoi les albums de Van Hamme sont supérieurs (j'aime beaucoup Van hamme, je précise)? "L'affaire F. Blake" était correct sans plus (et en tout cas sans aucune surprise: qui peut croire un instant à la trahison?). "L'étrange rendez-vous" n'a strictement aucun intérêt. Par contre, "La machination Voronov" est excellent et "les sarcophages" sont tout à fait convenables. Sente a au moins deux intérêts:
1. il éclaire la jeunesse de ses personnages et les ancre dans le réel.
2. il nous épargne les récitatifs à la Jacob qui n'avaient absolument aucun intérêt, mis à part celui de ralentir l'action (du genre "Le capitaine ouvre une fénêtre" au-dessus d'un dessin où Blake...ouvre une fenêtre!). Au moins n'a-t-il pas chercher à singer les défauts du créateur.
Soit dit en passant, et au risque de me faire lyncher, il faut arrêter de prétendre que Jacob n'a fait que des chef-d'oeuvre. Les 6 premiers, chapeau! Mais après?..."L'énigme de l'Atlantide" est absolument illisible de nos jours, de "SOS Météores", on ne retient que la poursuite (bien ralentie par les récitatifs!!), et je ne parle pas des 2 derniers qui sont nuls. Alors Sente? Eh bien, j'aime bien, mais je dois sûrement faire partie des gens qui ne comprennent rien. D'ailleurs, j'avoue, je n'avais pas capté la dernière image des "sarcophages", et effectivement, j'ai été surpris par la fin de cet album. De tout évidence, il y a des gens très subtils qui avaient tout compris depuis longtemps, tant mieux... Si ce sont les mêmes qui avaient accusés Sente de recopier "Le comte de Monte-Christo" pour "La vengeance du Comte Skarbek", je suis un peu rassuré sur leur capacité d'analyse!...
Désolé d'être un peu énervé, mais il ya des moments où il faut éviter de raconter n'importe quoi...
Sur ce, bonne soirée



 
Actualité BD générale
Actualité editeurs
Actualité mangas
Actualité BD en audio
Actualité des blogs des auteurs
Forum : les sujets
Forum : 24 dernières heures
Agenda : encoder un évènement
Calendrier des évènements
Albums : recherche et liste
Albums : nouveautés
Sorties futures
Chroniques de la rédaction
Albums : critiques internautes
Bios
Bandes annonces vidéos
Interviews d'auteurs en videos
Séries : si vous avez aimé...
Concours
Petites annonces
Coup de pouce aux jeunes auteurs
Archives de Bdp
Quoi de neuf ?
Homepage

Informations légales et vie privée

(http://www.BDParadisio.com) - © 1996, 2018 BdParadisio