Les 86 critiques de Sep sur Bd Paradisio...

Très belle série de Dufaux et Labiano sur la grande dépression des années 30. Dufaux a choisi de nous faire suivre un bout de la route d'une famille peu ordinaire (le père est un braqueur de banques, la mère une riche héritière fuyant sa famille, Dixie, la fille, est probablement le personnage le plus adulte de cette famille). L'histoire est racontée par Dixie elle-même, ses sentiments, ses impressions, sa perception de ce monde qui ne veut pas d'eux. Si l'histoire est un peu tirée par les cheveux, le récit de Dufaux n'en demeure pas moins de toute beauté, empli d'une certaine poésie qui lisse un peu la dure réalité de l'époque. Le dessin de Labiano est très beau, je ne connaissais pas ce dessinateur qui est à la limite du dessin réaliste et du dessin humoristique dans les traits de ses personnages. Le tout est admirablement servi par de très belles couleurs. Scénario symptahique + beau dessin + belle mise en couleurs = BD agréable à lire. N'est-ce pas l'essentiel ?
Etait-il possible de faire mieux que le Sursis ? Gibrat l'a fait. Le défi était pourtant de taille, et le choix de l'auteur de continuer dans la même veine historique était risqué. En effet, il allait devoir subir les inévitables comparaisons avec son précédent chef-d'oeuvre. Mais son scénario était suffisamment solide pour qu'il prenne le risque d'aller au bout de son idée. Résultat : "Le vol du corbeau", c'est encore mieux que "le Sursis". Etait-il cependant nécessaire de lier les personnages des deux histoires ? Pas forcément, ça ne rajoute rien, sinon une unité entre les deux récits. Mais ça n'enlève rien non plus, donc, pourquoi pas. Le dessin est encore plus beau sur le Vol du corbeau, peut-être aussi parce que Gibrat nous offre des vues de Paris que l'on peut reconnaître. On peut donc comparer avec la réalité, et plus que jamais, le réalisme de son dessin est fabuleux. Quant à ses couleurs, ses lumières, tout est irréprochable. Avec "le Sursis" et "le Vol du corbeau", l'auteur nous donne sa vision d'une époque pas si lointaine. La vie sous l'occupation. Sans en faire trop, sans se perdre dans les clichés mille fois vus et revus sur la seconde guerre. Une vision de l'occupation qui, pour bien des Français, devait être plus proche des récits de Gibrat que des livres d'histoire. Rarement le mode d'expression qu'est la BD aura été si bien employé.
Lassé des séries sans fin, j'étais depuis quelques temps déjà à la recherche d'auteurs réalisant des séries courtes et terminées. C'est presque par hasard que j'ai attrapé dans les rayons de mon libraire les deux tomes du "Sursis". Je connaissais Gibrat pour la BD Marée Basse, un one shot apocalyptique sympa. Je feuillette les premières pages du Sursis, quelle claque ! Ce dessin, ces couleurs... D'une telle beauté. Chaque case mériterait d'être agrandie et accrochée au mur du salon. Mais je restais inquiet quand au scénario. Ca n'avait pas l'air de raconter grand chose. Finalement, après un court instant d'hésitation, j'achetais les deux tomes du "Sursis". C'est vrai qu'il ne se passe pas grand chose. Mais comme c'est bien raconté. Julien, évadé d'un train en destination d'un camp de travail allemand, se réfugie dans une maison innocupée de son village et de là, observe la vie sous l'occupation de ses concitoyens. Sur cette base, Gibrat nous livre une récit à la fois émouvant, drôle, surprenant de réalisme. Le Sursis, tome un et deux, est certainement une des plus belles BD qu'il m'ait été donné de lire. Un grand bravo à l'auteur.
Suite et fin de l'intermède "Zone rouge", "Dernière issue" est une BD palpitante. Sans doute le tome le plus réussi de la série pour le moment, Swolfs nous offre ici une double intrigue en mêlant une histoire d'évasion à une sombre machination scientifique. Le résultat est à la hauteur des espérances. Toujours pas d'amélioration notoire au niveau du dessin de Griffo, qui reste tout de même très bien fait mais semble décidemment régresser un peu sur cette série. Est-ce volontaire de le part du dessinateur, afin de mieux coller aux ambiances du récit ? En tout cas, il faut admettre que le duo Swolfs/Griffo est parfaitment assorti sur cette série.
Qui a dit que Jean Van Hamme avait perdu la main ? Avec cet album, digne des meilleurs Thorgal, je pense qu'il va reconquérir une partie de son public qui l'a un peu délaissé ces dernières années. Comme tous les albums de la série, "Le sacrifice" est très vite lu, mais n'allez cependant pas croire qu'il ne se passe rien dans cette "dernière aventure". Je suis même sûr que certains trouveront le rythme trop soutenu et que cette aventure aurait pu être racontée sur deux albums. Car, malgré le peu de texte, l'histoire n'en est pas moins très dense, et comme toujours dans cette série, captivante. En outre, le peu de textes laisse une grande liberté à Rosinski. Dont le travail est époustoufflant. "La vengeance du conte Skarbek", en comparaison, ressemble plus à un essai qu'à une oeuvre abouttie. Et on se rend compte très vite à quel point les aventures de Thorgal supportent parfaitement le passage à la couleur directe. Pour vous en convaincre, jetez donc un oeil sur les planches 6 à 18, qui sont selon moi le passage le plus réussit de l'album. En faisant voyager ses personnages sans cesse d'un monde à l'autre, Van Hamme a fait plaisir à son vieux complice, et ce dernier le lui a bien rendu en livrant des cases de toutes beautés. "Le sacrifice" est une grande réussite, à tous les niveaux, ne boudez pas ce dernier Thorgal scénarisé par Van Hamme.
Voilà un album qui mérite une seconde lecture afin de bien comprendre l'intrigue. En grand maître, la pirouette scénaristique, Mythic nous a pondu un scénario intrigant à souhait, et très prenant dès les premières pages. Le dessin de Kas est toujours impeccable, même si j'ai noté ça et là de petites erreurs de proportion dans les bras et la tête du personnages principal. Il n'y a en revanche rien à redire aux magnifiques couleurs de Graza qui complètent avec brio le trio d'auteurs.
Fin de ce premier cycle envoûtant, "le trésor" porte bien son nom et résume à lui seul ce qu'est la série. Car Djinn, bien plus qu'une simple série de BD fort bien faite, est avant tout une perle du genre. Scénario fantastique et illustrations de toute beauté, Djinn emporte le lecteur dans un univers à la foix réel et merveilleux. Mais si cet album clôt le premier cycle, le parcours initiatique de Kim ne fait lui que commencer. Elle est devenue ce Djinn que sa grand mère a cessé d'être dans le même album. Voyons ce que Dufaux lui réserve à l'avenir...
Si les deux premiers tomes étaient très bons, "le tatouage" est excellent. L'histoire, pleine d'intrigues, redémarre ici de plus belle, après une petite baisse de rythme dans le tome Deux. Kim s'identifie de plus en plus à sa grand-mère Jade, acceptant le jeu du harem, tandis que les complots politiques entrent de plus en plus en jeu. Thriller, érostisme, exotisme... Djinn, c'est tout cela à la fois, et même un peu plus. Une lecture savoureuse, toujours servie de main de maître par la très talentueuse Mirallès.
La recherche d'Igor est ici mise en attente, involontairement, puisque Vlad se retrouve coincé dans cette "Zone rouge". On se demande d'abord pourquoi cette péripétie inattendue, puis on rentre à nouveau dans le jeu scénaristique de Swolfs pour se laisser entraîner par les mystères de cette zone coupée du monde. Si Swolfs continue de nous sortir des clichés pour ce type d'histoire, il le fait toujours avec brio. Résultat, un album qui une fois de plus tient parfaitment la route. Par contre, le trait de Griffo ne progresse décidemment pas sur cette série, comme s'il avait du mal a se familiariser avec ses personnages. Un bon album, avec une petite dose de suspens habilement distillée.
Toujours rien de bien original dans le scénario, et, comme je l'ai déjà dit précédemment pour cette même série, les personnages sont particulirement caricaturaux. Dans cet album, celui qui remporte la palme est le fils dégénéré de Guiniev. Mais bien que risible à souhait, ce personnage n'en est pas moins fort inquiétant. Et, si on se laisse prendre au jeu de cette petite série B, il faut reconnaître qu'on passe un bon moment avec cet album. Curieusement, j'ai l'impression que le dessin de Griffo a quelque peu régressé par rapport à Gicomo C. Non pas sur les décors qui sont irréprochables, mais dans les personnages qui semblent de plus en plus figés et rigides. Est-ce le froid de Sibérie qui bloque ainsi Griffo ? Malgré ces quelques défaults, ce tome 2 constitue un bon album, où on en apprend un peu plus sur la personnalité d'Igor.
"Igor mon frère" constitue une très bonne entrée en matière pour cette nouvelle série. Délaissant le western de Durango et le romantisme du Prince de la nuit, Swolfs a pondu un scénario âpre et froid, en parfaite symbiose avec le dessin un peu figé de Griffo. La grosse faiblesse du scénario étant le côté "russe caricatural" (involontaire je pense) que Swolfs a donné à ses personnages. Ici, pas de surprise, on sait exactement dès les premières pages le genre de réactions que nous réservent les différents protagonistes. Du coup, à vouloir faire trop sérieux, il ressort de cet album un petit côté ridicule. Cela dit, ce tome 1 reste un bon album pour une série qui promet d'être une bonne série "B".
Second tome du premier cycle, on retrouve avec bonheur tous les ingrédients du tome 1. Le dessin devient moins figé, plus fluide, tandis que les couleurs gagnent encore en beauté. De son côté, le scénario continue sur sa ligné, simple, direct, efficace, et terriblement original cependant. Seul petit regret : ça se lit très vite, et c'est dur de refermer une aussi magnifique BD.
Second cycle ? Qu'est-ce qui sépare cet album des autres ? Pour moi, la fin d'un cycle doit donner des réponses, conclure une période. Et un nouveau cycle doit lancer de nouvelles aventures et de nouvelles énigmes. Ici, on a droit à la continuité d'une aventure qui reste inachevée. Ce n'est pas ce que j'appelle un "nouveau cycle". Cela dit, le Scorpion demeure une très bonne et très belle série, toujours magnifiquement servie par le dessin magnifique et les couleurs somptueuses de Marini. Côté scénario, "Au nom du père" souffre des mêmes symptômes que les précédents opus : ça n'avance pas beaucoup. Certes, on nous dévoile ici l'identité du père du Scorpion (est-ce vraiment une surprise ?). Mais c'est peu de choses pour un album de 46 pages. D'autant que tout le monde l'avait déjà deviné. C'est dommage que cette série traîne tellement en longueur, car elle risque de lasser le public. Il faudrait plus de rebondissements, et surtout, une fin. Ne peut on pas en finir avec cette "recherche du père" et cette lutte contre Trebaldi ? Ca ne voudrait pas dire la fin des aventures du Scorpion, simpement un départ vers de nouvelles aventures. Je trouve que cete série se prêterait parfaitement à des aventures s'étalant sur un format de 2 ou 3 albums. Au moins, il y aurait du renouvellement.
Dufaux et Mirallès s'associent avec bonheur pour mettre en oeuvre la série la plus envoûtante qui soit en BD. Dans ce premier l'album, le scénariste nous plonge d'emblée dans son univers. Rapidement, les personnages et le décors sont plantés. Souhaitant connaître l'histoire de sa grand-mère, Kim Nelson suit le même parcours que son aïeule. Un scénario simple mais original, mêmant habilement érotisme et exotisme. Et je n'imagine personne d'autre que Ana Mirallès pour le dessin de cette série. Si son trait est parfois un peu figé, ses couleurs sont superbes, et contribuent pour beaucoup à la réussite de cette album. Un premier tome tout en beauté et en finesse.
15 albums, et à chaque fois le même sentiment d'une fin ratée. En ce sens, cet album ne fait pas exception à la règle. Giacomo C est une série plaisante à bien des niveaux, mais si les aventures en elles-mêmes sont intéressantes, les dénouements sont toujours malvenus et sentent le bâclage. Comme si Dufaux ne savait jamais comment conclure ses aventures. Pourtant la série est prometteuse, mais à chaque fois ça tombe à plat. Quand j'ai appris que cet album allait clôre la série, je m'attendais à une fin, une vraie, alors que là, rien n'est terminé. San Vere est mort... Et alors ? Giacomo a disparu on ne sait où ? Et alors ? Non, rien n'est fini, mais cette fin "définitive" reste dans la lignée de toutes les fins de la série : décevante. C'est dommage, d'autant plus quand on sait ce dont est capable Dufaux. Niveau graphique par contre, la série a toujours été en progressant. Même si je ne suis pas un fan de griffo, j'ai appris, sur cette série principalement, à apprécié son travail. Je l'avais découvert sur "SOS Bonheur" de Van Hamme, et j'ai par la suite acquis la série "Vlad" scénarisée par Swolfs, que de chemin parcouru entre les deux. Et ce chemin s'appelle "Giacomo C". Un gros regret donc à la fermeture de ce dernier album. Je m'attendais à beaucoup mieux de la part de ces deux auteurs.
La corde au cou nous ramène loin en arrière, à l'heureuse époque où Morris et Goscinny tenaient les rennes de Lucky Luke (ou plutôt de Jolly Jumper...). S'il n'y avait pas les noms d'Achdé et de Gerra sur les couvertures, on pourrait croire que cette aventure est du duo mythique. "La belle Province" était une franche réussite, "La corde au cou", encore meilleure, installe définitivement les repreneurs de Lucky Luke à leur place et devrait faire taire leurs détracteurs. La reconversion de Laurent Gerra en scénariste est surprenante de réussite. Quant à Achdé, même s'il conserve certains tics graphiques (je pense notamment à certaines expressions de surprises des personnage -ex : page 21 case 7-), on ne voit pas la différence avec le dessin de Morris de la grande époque. Une très belle reprise.
Je suis un peu mal à l'aise à la lecture de cet album. Voyons d'abord les points positifs : en premier, le dessin, (faussement) simple, efficace, majestueux. Le traitement en noir et blanc colle parfaitement au récit. Ensuite, le scénario, lui aussi fabuleux. Sans doute une des plus grandes réussites scénaristiques de cette année. Alors, d'où vient ce sentiment de malaise ? Tout le monde connaît l'histoire de Landru. Faire une victime de ce criminel, est-ce bien vu ? Cette idée aurait collé à une histoire fictive, mais là, on parle de Landru, un assassin qui a malheureusement existé. N'est-ce pas dangereux de lui donner des "circonstances atténuantes" ? Bien sûr, on ne sait pas ce qui s'est réellement passé à l'époque, et n'oublions pas que lors de son procès, Landru a toujours nié les faits. Est-ce pour autant une raison de raconter son histoire de cette façon ? Il s'agit tout de même vraissemblablement d'un des pires criminels de l'histoire. Du coup, après lecture de l'album, je reste sur une impression un peu mitigée, ce qui est d'autant plus dommage car, comme je l'expliquais plus haut, il s'agit sans doute d'un des meilleurs albums de l'année.
Une série intéressante dans son concept, puisque le dessinateur reste le même (Serge Fino), et le scénariste change pour chaque cycle. Ainsi, la série conserve un air de fraîcheur et de constant renouvellement très agréable. Contrairement à beaucoup d'autres séries qui, dans le temps, voient leur scénario s'essouffler au fil des albums tandis que le dessin progresse, ici, le trait de Fino va en s'améliorant tandis que l'histoire est à chaque fois prenante et originale. A ce jour, trois cycles sont parus, j'espère qu'il y en aura d'autres.
Malgré l'évident talent de J. Martin et des ses collaborateurs, je n'ai jamais accroché à l'esprit d'Alix. Je les ai cependant tous lus, jusqu'à Vercingétorix, cherchant à comprendre les raisons du succès de cette série, en vain. J'ai retenté l'expérience avec "C'était à Khorsbad"... toujours pas. Pourtant, le dessin est élégant, les décors somptueux (c'est d'ailleurs ce que j'ai toujours préféré dans le dessin de Martin), mais décidemment je n'arrive pas à plonger dans l'histoire. Finalement, les seuls albums de J.Martin que je conserve dans ma bibliothèque sont les séries documentaires : "les voyages d'Alix"...
Suite à la lecture et à l'engouement qu'à provoqué chez moi la lecture de "La corde au cou", j'ai eu envie de me replonger dans la lecture de quelques Lucky Luke. Je me suis mis devant ma bibliothèque, les yeux fermés, et est attrapé au hasard le premier livre qui me tombait sur la main. Et je suis tombé sur cet intégrale. Avouez que le hasard aurait pu faire les choses plus mal. Car "La diligence", Le pied tendre" et "Dalton city" sont trois incontournables de la série. Vous me direz qu'il y en a beaucoup d'autres (notemment les 31 premiers albums, parus chez Dupuis). Mais dans ce trio d'albums, les auteurs étaient tous deux au sommet de leur art. Goscinny a atteint là des sommets dans l'aventure humoristique. Quant à Morris, son trait avait atteint une maturité étonnante. Ce n'est que bien des années après que son style est devenu plus incertain. Mais à cette époque, le génie artistique du créateur de Lucky Luke était à son apogée. Trois albums incontournables !
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