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La machination Voronov de André JuillardYves Sente
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24 critiques
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Par :
Sep
   
(28 sept. 2006)
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On peut d'abord penser que cet album va être lourd à lire. Le dessin semble plus austère, si Ted Benoît semblait avoir légèrement alléger la mise en page par rapport à Jacobs, on consate ici tout de suite que Julliard a au contraire chargé un maximum ses pages. Le scénario semble lui aussi moins fluide que sur l'affaire Francis Blake, et rappelle un peu les passages les plus longs du secret de l'Espadon. Pourtant, la machination Voronov se lit d'une traîte, tant le récit est passionnant. L'apparente rigidité du dessin devient vite secondaire, et on s'aperçoit au fil de la lecture que le trait et la mise en page de Julliard sont plus proches de Jacobs que ne l'était Benoît. Sente nous livre un pur récit d'espionnage, et se révèle être un grand maître du genre. Tout comme l'affaire Francis Blake, on ne peut que s'étonner et féliciter les auteurs d'avoir su, avec une telle apparente facilité, poursuivre si brillemment le chef-d'oeuvre de Jacobs.
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Par :
Nevermore
 
(16 juin 2002)
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J’arrive un peu comme les carabiniers d’Offenbach pour commenter cet album, apparemment l’un des plus contestés de la série “B&M”, et je peux compter les cadavres dans les deux camps. Je vais quand même me lancer dans la bataille...
Les dessins de Juillard ne sont pas déplaisants et celui ci a réalisé une performance honorable. Pour le scénar, Sente a surtout commis le tort d’écrire une histoire d’espionnage (une de trop à mon avis après “L’affaire Francis Blake”). Certes, le scénario ne manque pas d’idées, et l’histoire se laisse lire, mais aucune inspiration réelle ne vient les marquer, et la plupart des séquences manquent d’originalité. C’est le genre d’histoire qui satisfait relativement quant on la lit, mais dont on risque d’oublier les détails six mois plus tard. L’ensemble m’a paru incroyablement long, et je pense qu’il faut en imputer la responsabilité à deux facteurs. D’abord un style plus verbeux que jamais dans les dialogues par rapport aux autres albums (laissons de coté les incontournables et inutiles commentaires accompagnant les actions). Ensuite, et parallèlement, le nombre particulièrement restreint de scènes d’action, l’album se résumant surtout à une série de pauses. J’ai également relevé quelques invraisemblances frappantes : ainsi, le temps incroyablement long que mettent les héros à comprendre que le virus est porté par des enfants, alors que tous savent depuis le départ que les jeunes rats semblent immunisés contre celui ci ; l’ambassade britannique qui choisit décidément très mal ses secrétaires qui relèvent forcément du K.G.B ; quant à Blake, le voilà transformé en Protée, capable tour à tour de se faire passer pour un assistant de Mortimer, et, pire, pour l’ambassadeur anglais en Union Soviétique, pourtant certainement bien connu du K.G.B. !
Un bon point pour la série : le rôle d’Olrik, qui n’est pas réduit à l’état de fantoche comme ce sera le cas pour l’album suivant “L’étrange rendez-vous”. Autre bon point : l’importance accordée aux femmes (il n’y en a pas moins de trois qui participent activement à l’histoire). Je pense que la confrontation de Blake et Mortimer avec un stalinien en Union Soviétique recelait de nombreuses potentialités à coté desquels Sente est passé (la séquence finale et décisive se déroulant par exemple à la Loubianka au lieu de n’en faire qu’un épisode mineur... l’intervention de Kroutchev à point nommé pour arracher les héros des griffes de Voronov... enfin bon, je rêve... c’est permis, non ?!)
Pour conclure, oui, l’album manque d’éclat, mais il n’est pas catastrophique... Mais c’est hélas le lot des excellentes séries : moins bon que les précédants... et paf ! le couperet tombe (franchement, est il vraiment crucial d’énumérer le sacro-saint credo jacobsien, et commencer à compter s’il y a autant de poursuites dans un souterrain que dans l’album X, ou s’il n’y a pas le traditionnel “fog” sur Londres comme dans l’album Y ?). Malgré les imperfections de “La machination Voronov”, je préfère un “B&M” moyen à un bon... (mettez la série de préférence que vous détestez le plus !)
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Par :
David
  
(14 mars 2001)
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Je suis désolé pour les puristes, mais " La machination Voronov" est loin d'être catastrophique, comme l'ont pourtant affirmé bon nombre de lecteurs.
Si graphiquement Juillard est moins à l'aise que Ted Benoît (qui a fait un magnifique travail sur le non moins réussi "L'affaire Francis Blake"), Yves Sente a écrit un scénario qui tient la route, et en haleine. Je suis d'accord, toutefois, sur un point: l'esprit de l'album s'éloigne un peu plus de l'esprit de Maître Jacobs.
Bref, rien de déshonorant dans ce 14e tome. Vivement "L'étrange rendez-vous" (surtout avec Van Hamme au scénario!).
Longue vie à Blake et Mortimer!
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Par :
Xavier
  
(23 mai 2000)
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Après avoir lu la quasi totalité des critiques écrites sur ce site , j'ai été très étonné de la diversité des opinions au sujet de cette "Machination Voronov". Certains adulent d'autres détestent.
Selon moi cette BD est remarquable en beaucoup de points: d'abord le scénario est, au contraire de ce qu'affirment injustement certain critiqueurs. tout bonnement excellent! Bien sûr il comporte quelques invraisemblances mais quel album de Jacobs ne comportaient pas nombres d'invraisemblances?????
LE PROBLEME EST QUE L'ON REPROCHE A CET ALBUM EXACTEMENT CE QUE JACOBS AVAIT L'HABITUDE DE FAIRE!!!:
- des textes et des dialogues trop longs....ce qui a toujours été la marque de fabrique de Jacobs...
-l'invraisemblance du scénario....TOUS le salbums de Jacobs en comportent...normal car il faisait de la science-fiction...et voilà que l'on reproche aux nouveaux auteurs de faire ce que faisait Jacobs!!!!! non, il faudrait un peu réfléchir avant de parler!!!
-en outre on dit que cet album ressemble à l'affaire du Collier, soi-disant le moins bon album de la série.....JE NE SUIS PAS DU TOUT D'ACCORD AVEC CETTE ANERIE! L'affaire du collier est justement, pour moi,un des meilleurs albums car il reste le plus réel et donc le moins science fiction des années 50! Laissez, messieurs-dames les critiqueurs la possibilité aux lecteurs de préférer le côté roman policier de la série que le côté science fiction.
-on reproche aussi aux auteurs le fait même d'avoir continué l'oeuvre de Jacobs...mais c'est ce que lui-même voulait. Donc, il devait bien savoir que sa série ne serait plus la même sans lui!
Un grand plus de cet album, c'est l'apparition comme ds le précédent DES FEMMES! mais ici elles font aussi partie des méchantes....
Enfin bravo au dessin de Juillard qui reste très bon même ds cette série.
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Par :
Alain
   
(04 avr. 2000)
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Je trouve qu'il y a beaucoup de soit disant lecteur qui nous parle de marketing, de copie.
Soit ils sont lecteurs et ils nous disent s'ils ont aimé
Soit ils se taisent et ne cherchent pas à jouer les journalistes ratés qui veulent jouer les intéresants.
Moi qui ne suis qu'un lecteur de base et très content de le rester, j'ai passé un très agréable moment et que ce soit écrit, dessiné par Jacobs ou non, cela n'a pas d'importance. L'important c'est le plaisir et pour cela je remerçie les auteurs
Quant au soit disant marketing, que ceux qui l'affirme nous offrent un tel plaisir ... ce sera plus intelligent que de critiquer n'importe comment.
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Par :
Froggy
 
(23 mars 2000)
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L'album est bon mais c'est tout. Il n'offre rien de plus. Il est sur qu'on en a pour son argent vu la densite des textes et la precision des dessins. Le dessin de Juillard est impeccable, B & M sont bien dessines, les decors sont irreprochables, les cadrages sont bons et les personnages secondaires bien dans le style de Jacobs. Cela me donne a penser que quelqu'un pourrait peut-etre redessiner le Prof Sato No 2. En fait, le probleme vient du scenario, je me suis souvent expliquer sur la stupidite qu'ont eu Van Hamme et Benoit de situer L'Affaire Francis Blake dans les annees 50. Jacobs dessinait des histoires qui lui etaient contemporaines. Que se passe-t-il ici? La meme chose, cela ne rime absolument a rien. On sait bien que l'album marquant qui fait constamment reference aux repreneurs de la serie est la Marque Jaune. Il se trouve que la Machination Voronov manque singulierement des elements qui font la marque jacobsienne. On trouve dans le desordre; des poursuites longues et fortement empreintes de suspense, des souterrains, de mauvais elements climatiques, des inventions scientifiques ( et non des decouvertes venant des mysteres insondables de l'espace ). La poursuite ici y est tres courtes, pas plus de 2 pages, peu de souterrains a part les egouts de Moscou mais qui servent tres peu en intensite dramatique, les mauvais elements climatiques se reduisent a une vague de chaleur sur Liverpool, ce ne sont plus le brouillard de Londres visiblement, ni les tempetes tropicales du Secret de L'Espadon ou encore la meteo folle de SOS Meteores. De plus, je ne vois pas pourquoi on voit la rencontre de John Lennon et Paul McCartney. C'est le genre de private-joke qui ne sert a rien dnas une telle serie, on la verrait plutot dans Asterix ou les Beatles y sont deja d'ailleurs. Pour continuer, l'histoire se deroule sur trop de temps. L'intrigue commence en Janvier et finit en Octobre. Juste le temps d'une gestation! C'est trop long pour une histoire a suspense.
Enfin, le defaut le plus flagrant est evidemment l'absence totale de confrontation entre Voronov et Blake et Mortimer. Ici, tout se passe par Olrik interpose qui agit plus en pantin-homme de main dudit Voronov (comme si il etait son Sharkey). Cela manque au suspense puisque B & M ne sont pas vraiment en danger de mort a part une fois au theatre. Donc, pas de grande mise en scene dans un grand decor tel Septimus ou Miloch de SOS Meteores qui chacun dans leur sanctuaire avec des dialogues grandiloquents et fortement litteraires menacent B et M des pires supplices. Hitchcock a dit que plus l'ennemi est reussi, plus le film l'est. Ici, Voronov est epouvantable mais il n'agit pas contre B & M, donc il n'agit pas contre nous, puisque nous sommes sense nous identifier aux heros. Nous ne ressentons rien. Et c'est dommage. Il me semble que Van Hamme et Sente ont oublie que Jacobs etait fan d'opera et que cela se ressentait dans sa bande dessinee. Bref, malgre les retournements de situation, l'intrigue un peu complexe (mais si facile a deviner toutefois), il reste encore beaucoup de travail afire si on veut que les nouveaux albums soient plus fideles a l'esprit. Je ne demande pas une copie conforme parce que cela est impossible, mais au moins un peu plus de respect a tout ce qui sert de fondement a l'esprit et qui en a fait tout le charme jusqu'a present. J'ai lu l'album avec plaisir mais pas avec delectation. C'est la difference entre un pudding un peu etoufe-chretien et une patisserie raffinee venant des meilleurs faiseurs. Do you see what I mean?
Pour conclure, cet album manque d'ame. Il a ete fait avec professionalisme mais a-t-il ete fait avec amour?
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Par :
Robert P
 
(12 mars 2000)
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malgré la lourdeur du senario,malgré le manque de finition aporté au dessin
Juillard prétend avoir eu du mal a dessiner Blake, c'est peut-etre la raison pour laquel celui-ci est si souvent grimé, il n'empeche que c'est son personage le mieu réussi. Car pour ce qui est de Mortimer il y a encore beaucoup de travail. En regle general les traits des personnage son trop simplifier par rapport a du Jacobs.
Mais ce qui me choque le plus en dehors bien sur de la couverture (est t il vrai que dans un second tirage celle ci serait corrigé, car j'ai vu un essai de couverture sur votre cite qui ferait la couverture ideal voir la case 13 page 23) c'est un détail dans la mise en couleur qui n'avait pas encore été relevé a ce jour.
Lorsque l'on regarde les personnage, il sont la plus part du temps affublé de paumettes rose ou rouge sur le visage. Ce que j'avais deja remarque dans le volume de Ted Benoit. Alors que Jacobps n'a JAMAIS eu recours a cela.
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Par :
Miloch
(08 mars 2000)
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Ce très commercial opus nous offre un scénario indigne de Jacobs,purement espionnage, dans la ligne de l'Affaire FB (en moins bien)et très en dessous de l'Affaire du Collier pourtant le moins réussi des albums jacobsiens.Quant aux dessins, ils sont moins réussis que ceux de Ted Benoit, qui y consacre, certe, plus de temps mais qui fait vraiment du Jacobs "Haute Epoque".La couverure est catastrophique.Reste le plaisir immense de voir vivre ces personnages, ce qui m'incite à penser que la série doit survivre, mais à un rythme qui en garantisse la qualité (voir "l'Etrange RV"?)et surtout en retrouvant l'étincelle science-fiction perdue depuis Sato.La présence de personnages féminins est un plus indéniable.Les scénarios doivent être moins marqués dans le temps (les années 50), Jacobs très précis sur la géographie, restait évasif sur la période historique réelle.C'est le prix payé à des scénarios trop terre à terre...
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Par :
DIDIER
(01 mars 2000)
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Mais que diable allaient-il faire dans cette galère!!! (Juillard & Convard) Voilà des années que Jacobs me fait rêver, là c'est un cauchemard, action hachée, textes envahissants avec des polices de caractères qui frissent le ridicule, (il faudra bientôt vendre une loupe avec la BD). Graphiquement Julliard qui est un champion dans d'autres séries sort son épingle du jeu, mais tout juste, le scénario quand à lui est NAC et ne vaut pas la peine d'en parler. On fini par regretter que EPJ n'est pas bloqué le système comme Hergé. (Surtout quand on voit ce qu'ils ont fait avec la série TV)
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Par :
Morgan Di Salvia

(25 févr. 2000)
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l'ambition n'était déjà pas très louable le résultat est à la hauteur des espérances.
Cette "Machination Voronov" n'a pas sa place dans la série "Blake et Mortimer", et ce pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, et même si le scénario n'est pas à mettre à la poubelle, l'histoire de ce nouvel album sombre dans l'espionnage/contre espionnage déjà vu. Comme on a pu le lire, le scénario de Sente aurait sa place dans un film
de James Bond mais, il semble que cette équipe n° 2 ait oublié l'aspect fantastique et innovant qui a fait une grande part du succès de la série. Ici rien. Une alarme bactériologique tente tant bien que mal de donner cet image scientifique mais ne fait pas illusion. Et cette fois l'excuse du premier album post Jacobs et des retrouvailles entre Blake & Mortimer et le public ne peut justifier les carences graves du scénario. Alors que Ted Benoit et Jean Van Hamme réorientront plus que probablement les héros vers des aventures plus fantastiques dans "L'Etrange Rendez-Vous", Julliard et Sente vont à rebrousse-poil et sortent un polar.
Ensuite, même avec beaucoup d'application, le dessin de Julliard n'est pas toujours à la hauteur. Pour preuves, un Olrik complètement raté une fois à l'action, un Francis Blake cammouflé par des déguisements, certaines attitudes des personnages semblent les mettre à l'étroit dans leurs costumes amidonnés. Et un gros manque d'audace dans les décors, ici nul équivalent à l' escapade Ecossaise qui a donné ses galons à Ted Benoit, la consigne semble être ne sortons sous aucun prétexte des sentiers battus.
Enfin le grotesque clin d'oeil aux films de James Bond. Je ne suis pas contre le principe des références mais celle-ci est vraiment trop béante et complétement inutile. Le clin d'oeil au "Sceptre d'Ottokar" se révèle, lui, beaucoup plus intelligemment amené.
Pour en conclure avec cette machination, on ne pourra que regretter le mercantilisme de l'éditeur qui prétextant l'impatience des lecteurs [un peu de bon sens voyons ! Jacobs lui même prenait de longues année de réflexion entre chaque album, et doit on vous le rappeler il a fallut patienter 17 ans ("Les 3 Formules du Professeur Sato" en 1979) pour avoir une nouvelle aventure ("L'Affaire Francis Blake" en 1996)], nous jette en patûre un album bien moulé dans un cadre marketing. Espérons que "L'Etrange Rendez Vous" rectifiera le tir (même si nous devons encore patienter 4 ans).
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Par :
Jules
(24 févr. 2000)
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J'ai longuement réfléchi à ce sujet, et je me décide enfin à vous soumettre mon opinion.
J'ai lu trois fois La Machination Voronov et mon opinion est désormais sûre : c'est très mauvais.
Tout d'abord voyons l'histoire. Le plus gros reproche c'est que, si c'est une bd moyenne, c'est malgré tout un mauvais Blake et Mortimer. Il faut plus qu'un banal scénario de James Bond pour intéresser le lecteur, nostalgique ou simple "non-initié". Où est le fantastique d'anticipation si cher au grand Jacobs? Un virus venu de l'espace, c'est vraiment minable. Surtout qu'il n'est même pas utilisé pour tuer l'ensemble de la population occidentale, mais juste pour quelques personnalités, avec une histoire tordue de gamins contaminés qui font bisou et tout le bataclan. Mais en plus c'est mal rafistolé: pourquoi Wardynska n'a pas prélevé 11 échantillons au lieu d'avoir à en voler un? Comment Mortimer, éminent physicien, se transforme-t-il si facilement en biologiste (sacrilège! Mortimer n'est pas polyvalent comme Tournesol!)? Et le temps d'incubation de la bactérie (12 heures! Qu'est-ce qu'on rigole!)? Et une multitude de petits détails qui doivent faire se retourner le rigoureux EPJ dans sa tombe (Une fusée à cinq moteurs qui n'en a plus que quatre deux cases plus loin; des déguisements un peu faciles alors que le pro dans ce domaine, qui se laisse d'ailleurs trop facilement berner, c'est Olrik...).
Sans parler de la technique narrative, qui est à hurler de rire ou d'indignation : beaucoup trop lourd à digérer, cet album, avec de la matière pour beaucoup plus. Jacobs faisait dense mais pas lourd, il prenait son temps ( Dans La Marque Jaune ou SOS Météores, Sente pourrait apprendre à fairte une vraie course poursuite palpitante ). Et puis Jacobs mettait beaucoup de texte, mais il complétait sans jamais répéter. Et il manque les traditionnels souterrains jacobsiens. On ne s'improvise pas scénariste, Mr Sente, mais on n'a pas non plus le droit d'imiter le maître comme un débutant, et en plus c'est malhonnête. Une fusillade dans un parc un peu trop ressemblante à un passage de L'Espadon, un Blake dans une situation un peu trop ressemblante à celle de l'"Affaire Francis Blake" ( coincé dans une cellule, avec le même Olrik à la porte ), et j'en passe...
Donc: un scénario vraiment rafistolé, mais en plus mal rafistolé.
Le dessin: André Juillard, quel atout intéressant pour vendre un peu plus un album qui risque fort de ne pas durer après le choc de la sortie ( un genre de nouveau SATO tome 2). Mais là encore quelle déception! Une couverture qui déjà repousse le lecteur potentiel ( un peu comme celle de l'Affaire du Collier, encore un point commun avec un album très moyen ). Dans tout l'album on cherche à reconnaître Blake et Mortimer, mais de toute façon l'ensemble du dessin est raide, banal ( quel cadrages navrants ). On est loin du style charmant, sûrement influencé par son expérience publicitaire, de Jacobs. Chez lui tout était stylisé mais évitait superbement la raideur. Le dessin de Juillard ( par ailleurs génial dans ses productions ) s'améliore un peu dans les dix dernières planches, mais on est plus dans TINTIN que dans Jacobs. Et pas du meilleur Tintin (plutôt les Picaros que L'Affaire Tournesol ou Les Bijoux, si vous voyez ce que je veux dire...)
Et contrairement à ce qu'on a pu entendre ou lire ici ou là, les couleurs n'aident pas. Convard devrait lire ce que Hergé et Jacobs lui même avaient comme conception de la couleur : l'APLAT. Et la couleur doit rester identique en toutes circonstances pour chaque personnage. Pas devenir toute sombre la nuit, ou éclairée par taches. On éclate de rire au "Mortimer" case 10 planche 36. Et dans le noir, les faisceaux de lumière doivent être comme aux planches 9 ou 13, pas comme aux planches 29-32 (cf. les scènes de nuit dans La Marque Jaune : un modèle).
Résumons : un scénario mal fichu, un dessin très plat mais loin d'être clair et encore moins "ligne claire" ( vivement le prochain Plume aux vents ). Attendons un peu la parution de L'Etrange Rendez-Vous. On n'a aucune idée de sa date de sortie, mais on sait qu'avec un scénariste expérimenté comme Van Hamme et un dessinateur comme Benoit ( voilà un vrai talent de la ligne claire, et en plus aussi posé, soigneux et travailleur qu'il faut, LUI. Pas le genre à expédier un demi-album en trois mois. ), le résultat peu être digne de Blake et Mortimer. En tout cas on l'espère : il faudra ça pour redonner la joie aux lectuers de La Machination Voronov.
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Par :
Noémie
  
(21 févr. 2000)
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J'étais un peu sceptique lorsque j'ai commencé la lecture de cet album. En effet, bon nombre de critiques "autorisés" avaient descendu sans vergogne cette "Machine A Sous Voronov", d'autres spécialistes jacobsiens avaient crié au scandale et au nivelage par le bas. Moi-même était un peu réticente à entamer cet album vu la masse "pesante" des textes pendue au-dessus des têtes de ces deux valeureux héros. Néanmoins, j'ai passé un très bon moment. Après une lecture concentrée de trois heures (hé oui, il n'en faut pas moins pour faire le tour), j'ai refermé l'album en me disant : vraiment pas mal du tout ! Un bon scénario, un bon dessin (quoi qu'en disent certains !) et une ambiance dans laquelle j'ai baigné le reste de la journée... Je ne sais pas s'il est bon de reprendre d'anciens héros (tels que Spirou, Blake et Mortimer ou - pourquoi pas un jour - Tintin ;-))... mais si l'on arrête deux secondes de se poser des questions à s'arracher les cheveux, l'album La Machination Voronov nous plonge dans une époque qui, si elle avait dûe être recréée avec d'autres héros, aurait fait hurler à nouveau les spécialistes au plagiat etc... Cet album ne pouvait exister qu'avec B & M.. On les retrouve avec plaisir, ainsi que les couleurs de Jacobs... Vraiment, j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cet album et j'ai même davantage pris de plaisir à lire celui-ci que l'affaire Francis Blake... Faites-vous votre propre opinion, mais ne vous laissez pas décourager par les critiques... Il en vaut de toute façon la peine.
Avis d'une lectrice "non-autorisée" ;-) ...
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Par :
pgorloo
  
(21 févr. 2000)
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Arrêtons de tergiverser , ce nouvel épisode de B&M n'est rien d'autre ( au préalable) qu'un coup de marketing pour amortir l'investissement du rachat des droits par Dargaud !
De plus , il est vrai que l'histoire est loin de l'univers jacobs (fantastique , exotique , etc..).
Il est aussi vrai que celui qui a retenu le dessin de la couverture a fait une grosse boulette; ça ne ressemble a rien dut tout , ce n'est pas accrocheur et c'est complètement amorphe. Ayant vu les autres projets de couvertures dans l'album , il y avait nettement mieux.
Mais à part ça même s'il est vrai que les dessins des personnages ne sont pas exceptionnels (c'est pas Jacobs non plus qui les a dessinés !), finalement on peut dire que c'est pas mal du tout ; l'histoire est captivante , bien ficelée et de plus on retrouve ses héros favoris .
Il ne faut pas être mesquin , tout ce que les "aficionados" de B&M attentaient , leur a été donné . C'est pas tout à fait du Jacobs ; c'est vrai , mais il faut dire que si on est pas contant , finalement c'est à prendre ou a laisser car E.P.Jacobs ne reviendra plus.
Moi , en tous cas , j'ai vraiment passé un très bon (et long) moment à lire cette BD de " cru supérieur"
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Par :
remm
 
(18 févr. 2000)
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Franchement, beaucoup de bruit pour pas grand chose. Juillard ferait mieux de faire du Juillard, cet album est un peu laborieux du point de vue dessin.
En ce qui concerne le scénario, ce n'est pas vraiment mieux, je n'avais pas aimé "l'affaire Francis Blake" qui n'utilisait pas - ou très peu - (comme "l'affaire du collier", d'ailleurs, ce qui, à l'exception de la visite des catacombes, en fait un album assez atypique et plutôt faible) les ressorts fantastiques traditionnels chez Jacobs (du type "réalité décalée", ou "science-fiction plausible").
Dans le cas présent, la bactérie est extraterrestre, c'est bien le seul élément "bizarre". Et assez mal exploité dans une histoire d'espionnage plutôt poussive. Tout est prévisible, les rebondissements sont téléphonés, bref, cela manque d'imagination. On est fort loin du "piège diabolique" ou de "SOS météore".
En définitive, si c'est pour faire du Jacobs sans respecter son esprit, il ne reste guère plus qu'une affaire purement marketing...
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Par :
David
  
(14 févr. 2000)
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Eh ben moi je l'ai vraiment bien aimé ce de dernier Blake & Mortimer. Comme j'avais acheté "Affaire Francis Blake" de Ted Benoit et Van Hamme, et que je l'avais bien aimé, je me suis dit pourquoi pas lire ce nouvel opus de nos deux héros, réalisé par un nouveau tandem. Contrairement à certains, je trouve le scénar béton, et le fait que les enfants se fassent inoculé la maladie par leurs propres parents, qui ensuite ne pourront plus les toucher ne me choque pas, car ce genre d'embrigadement de familles entières dévouées à une cause s'est déjà vu dans l'histoire, et en particulier à cette époque. Malgré les sacrifices que cela impose, le fanatisme a toujours existé. Soit, brisons là pour les "extravagances". Comme à chaque fois pour un B&M, je me prépare psychologiquement et physiquement, en me disant que ce n'est pas une BD que je finirais en 30mn. Comme ça, ça va tranquille, et pour une fois les narratifs sont passés comme une lettre à la poste. Côté dessin, je dirais que Mortimer est effectivement moyennement réussi, mais bon on ve pas faire chier le monde pour si peu. Bien évidemment c'est de la ressucée de Jacobs, mais c'est normal, non ? Vous voyez B&M dessiné par Larcenet ou Tarquin, vous ? C'est tout à fait normal qu'ils gardent le style graphique, sinon le lectorat ne s'y retrouverais plus. Moi je dis tant qu'ils nous pondent des B&M aussi palpitants du début à la fin, qu'ils continuent, ça me va ! J'aimerais juste retrouver des aventures en plusieurs volumes dans des contrées lointaines et exotiques ayant un lien avec l'archéologie. (vous voyez où je veux en venir ?)Style la Grande Pyramide quoi !!
voilà, donc toutes mes félicitations à Juillard et Sente, et bonne chance à Ted Benoit pour finir ses dernières planche de "l'étrange rendez vous".
a tchao !
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Par :
Sp|ne

(09 févr. 2000)
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Ce n'est pas vraiment une réussite... au niveau du dessin, disons que c'est une bonne imitation... j'imagine nos valeureux dessinateurs avec leur pile de B&M sur le coin de la table à dessin pour voir comment Jacobs dessine une main, un visage, une attitude... Au niveau du scénario, c'est très faible... il y a beacoup trop d'invraissemblances. Ce n'est pas parce qu'on se trouve dans une BD que les ficelles doivent être grosses. Le plus invraissemblable étant cette histoire de parents/espions qui injectent la bactérie mortelle à leurs enfants... et de ce fait ne pourront plus jamais s'en approcher, ni les embrasser... mais le scénariste ne s'embarasse pas de ces considérations : du moment que l'histoire va dans le sens où il veut qu'elle aille... Personellement j'ai mis 2 semaines à terminer le bouquin.
Si c'était à refaire??? J'achèterais autre chose...
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Par :
Alain
  
(07 févr. 2000)
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Assez d'accord sur la critique. Après l'avoir presque terminé (avec grand plaisir) l'album sans me poser de question, je réalise que la plus pure tradition est conservée, tout est parfaitement cloné, alors que les auteurs eux-mêmes évoluent... Il y a certainement un intérêt à cette BD, puisqu'il y a un public (dont je fait partie). Mais c'est vrai qu'on aimerais un engouement pour du neuf !
Finalement un produit marketing de bonne facture, y-a-t-il une vraie volonté de créer ? Fait-on des remakes de Chaplin ?
Alain
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Par :
Charly
  
(01 févr. 2000)
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J'ai oublié dans ma critique précédente :
Surveillez certains décors : les fans de l'école franco-belge y reconnaitrons des lieus connus, issus des mondes d'Hergé ou des clins d'oeil à d'anciens albums de Jacobs...
Encore Charly
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Par :
Charly
  
(01 févr. 2000)
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Excellent album !
On y retrouve l'ambiance de Jacobs, le style du dessin en est plus proche que dans l'album précédent.
Très bon scénario, fourni. Une BD de 64 pages qui vous tient en haleine. Pas un truc qu'on lit en 20mn !
Bon boulot, à réitérer... Bravo !
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Par :
Philippe D
  
(31 janv. 2000)
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Bon scénario, excellents dessins le retour des héros de mon enfance. Mon 1er album SOS météores fin des années 50, celà ne rajeunit pas mais c'était à mon avis le plus fouillé au niveau dessin de Jacobs.
J'ai lu une critique "autorisée" sur votre site, n'en déplaise à son rédacteur le dessin n'a pas d'âge ou de périodes réservées à proscrire. La preuve mes enfants 21 et 19 ans ont "dévoré" cette BD et ont apprécié sa qualité graphique.
Deux équipes pour faire 1 Blake et Mortimer par an c'est très bien, elles concervent les atmosphères Jacobs c'est encore mieux.
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Par :
BLACK
(29 janv. 2000)
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c'était, ce qu'on appelle une horreur
heuresement, 60 pages c'est pas trop quelle nulité
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Par :
Albert
   
(28 janv. 2000)
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Et ben ça c'est fort !
J'ai lu le dernier Blake et Mortimer et je n'ai pas pu m'arrêter jusqu'à la fin !
Je commence juste par le point négatif : la couverture ! Quelle horreur ! Comment peut-on être si bon à l'intérieur et si mauvais à l'extérieur ? C'est du champagne en bouteille plastique !
Le scénario vaut le détour. Il y a plusieurs rebondissements, une solution de l'enigme que l'on ne voit pas tout de suite, des aspects scientifiques et historiques. C'est du tout bon !!
Quant à Olrik, il n'a pas le rôle du "patron" des bandits, mais il faut se rappeler que dans les aventures écrites par Jacobs, c'était déjà quelques fois le cas (L'Espadon, La Marque Jaune, l'Affaire du collier), mais je pense qu'il est tout de même nécessaire dans une aventure de Blake & Mortimer. Ce n'est pas toujours le Parrain des "méchants", mais ça rajoute encore au côté "sympathique" et attachant à ce personnage et cela donne plus de nuances à son pouvoir.
Pour revenir au scénario, la période guerre froide colle bien avec l'univers de Blake & Mortimer toute en références aux années 40. Je crois que c'est le premier scénario de Yves SENTE : il fait une entrée remarquée et remarquable.
Pour le dessin, c'est bien aussi. Je suis d'accord avec l'intervenant précédent : c'est mortimer qui est le moins bien réussi, mais tout est relatif car Julliard s'est quand même drolement bien débrouillé (sans oublier Convard et ses couleurs).
En ce qui concerne la grosse machine marketing, et ben, je ne la trouve pas si grosse que ça ! Effectivement, l'album a été tiré à 600000 exemplaires, mais c'est pour répondre à la demande. Mais je n'ai pas beaucoup vu de coup médiatique ou du pub matraqueuse. Pas (encore) d'ex-libris en pagaille, pas de sérigraphie dans toutes les boutiques, pas de stylos, ni de PQ B&M, etc. C'en est presque décevant...
Cet album ne dénote donc pas dans la collection des B & M, bien au contraire. Je pense même que même si l'on n'aime pas particulierement Blake et Mortimer, le scénario est assez intéressant pour que l'on se laisse prendre au jeu.
J'espere qu'ils nous en prépare un autre...
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Par :
Thierry Bellefroid
(27 janv. 2000)
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Une chose est sûre, quelles que soient les qualités intrinsèques de cet album, il aura fait parler de lui dès avant sa sortie. Présenté comme un événement, porté par la notoriété de Juillard et par l'anecdote « du directeur éditorial qui avait remis son projet de scénario de manière anonyme et l'avait emporté par ses qualités sans faire usage de son statut dans la maison... »(1), « La machination Voronov » que certain collègue malveillant mais caustique a définitivement rebaptisé « La machine à sous Voronov » n'est pas loin de provoquer un séisme médiatique. Et quelques jours à peine après sa sortie, cet album que tout le monde semble avoir lu fait déjà l'objet d'âpres disputes entre critiques, journalistes spécialisés ou simples aficionados. Bref, un objet de discorde dans les ménages.
Alors, faut-il qu'à mon tour je me jette dans l'arène des « pour » ou dans celle des « contre » ? J'avoue être un peu las de ces discussions sur l'héritage de Jacobs, sur la question de savoir si la barbe du professeur Mortimer est bien dessinée ou encore sur l'intérêt de revenir à la période de la guerre froide. Mais, comme je viens de lire cet album et comme la chronique que vous lisez en ce moment s'intitule « je viens de lire », mon job est de dire ce que j'en ai pensé.
L'histoire, d'abord. Classique récit d'espionnage, de savant fou et de complot « mondial » déjoué par de valeureux héros sans peur et sans reproche, elle n'est ni mauvaise ni extraordinaire. Mais elle me semble presque plus proche de l'univers du Guy Lefranc des débuts que de celui de Blake et Mortimer. L'auteur tire finalement assez peu parti du côté « britanissime » de la série, pas plus qu'il ne situe l'histoire dans un contexte d'anticipation scientifique qui est pourtant la marque de fabrique de Jacobs. C'est donc une histoire d'espionnage traditionnelle, avec des bons très bons et très courageux (y compris -enfin !- une femme) et des méchants très méchants et sans scrupules. Avec des échanges de prisonniers à la frontière allemande et des agents qui passent un peu trop facilement les frontières au nez et à la barbe de ceux qui les recherchent sur tout le territoire de l'ex URSS.
Le dessin, ensuite. Je n'ai pas envie d'entrer dans la polémique. Je dirai simplement que Juillard fait mieux du Juillard qu'il ne fait du Jacobs. Quand un dessinateur possède un tel talent, on a forcément l'impression qu'il le gâche à vouloir se couler dans le style d'un autre qui, du reste, n'est pas du tout le sien. Ca sent le travail, pas toujours heureux, mais souvent très honnête. Mais ça reste moins convaincant que Ted Benoît.
Enfin, le style. C'est là que j'ai le plus de réserves. Que l'on continue à faire vivre Blake et Mortimer, soit. Mais qu'au nom d'une certaine nostalgie (qui fleure bon les acheteurs potentiels de trente à soixante ans !) on se sente obligé de pratiquer de la BD dans un genre qui n'a plus cours depuis au moins trente ans, ça me dépasse un peu. Faut-il à tout prix que chaque phylactère menace de tomber sur les personnages tant il est lourd de phrases inutiles et littéraires ? Faut-il continuer à indiquer au-dessus de chaque case, dans des récitatifs tout aussi inutiles, ce que le dessin nous montre par ailleurs ? La BD a évolué. Serait-il sacrilège de rendre Blake et Mortimer lisibles et digérables ? Car si le but est non seulement de continuer à vendre des albums aux nostalgiques qui ont tant aimé la série, il est aussi de se faire un nouveau public. Mais comment un jeune lecteur -même « éduqué » à la lecture des BD de ces vingt dernières années par ses aînés- peut-il avoir envie de se plonger dans un album pareil ? La question est posée...
(1)Pour ceux qui l'ignoreraient encore, Yves Sente est en effet l'actuel directeur éditorial des éditions du Lombard en plus d'être le scénariste de « La machination Voronov ».
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Par :
Kundera
  
(19 janv. 2000)
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Je ne suis certainement pas un spécialiste de Blake et Mortimer mais j'ai toujours aimé les BD fortes en scénario et comme en plus côté dessin, y a rien à jeter , bref : c'est une de mes Bd favorites.
L'affaire Voronov, je n'en avais pas lu la moindre ligne en prépublication, l'effet de surprise a donc été total.
Résultat des courses : du scénario très très costaud et un dessin très fin bien que je préferre celui de Ted Benoit.
Le scénaro est dignes des plus grands E.P Jacobs, avec des rebondissements à n'en pas finir, des bons alliés et des mauvais russes et tout ça se retrouve ensemble pour lutter contre le mal en personne avec en prime un course contre la montre, bref une histoire comme on les aime.
Carton rouge , comme on dit sur BFM : les textes sont d'une longeur infernale et ça finit par relever plus du roman que de la bande dessinée.
Le début est un peu longuet et la BD aurait mérité de tenir sur moins de pages.
Carton vert (c'est commça qu'on dit ?) : une fois que vous êtes à la page 20, on ne peut plus vous adresser la parole jusqu'à la fin du bouquin.
Excellent départ comme scénriste de la part de Yves Sente dont on pourrait se demander à lire cette série s'il ne ferait pas mieux de tout arrêter pour ne plus faire que ça : c'est un des top scénaristes de notre époque et Dieu sait si c'est le bas qui blesse dans la BD actuelle. (là, je ne vais pas me faire des amis)
Tellement bon dans le côté rétro et années 50 que c'est à se demander si ce n'est pas un problème d'être à la fois bon là-dedans et censé être - en tant que directeur éditorial - la personne responsable de touver des nouveaux talents chez Lombard.
C'est un peu comme si vous demandiez à Chopin d'être engagé chez EMI pour trouver ce qui se fait de mieux actuellement en rap : j'exagère un peu, ok mais lisez La machination Voronov et vous comprendrez !
En tout cas, ça donne vraiment l'impression d'être du grand Jacobs mais nous sommes en 2000, ce qui passe quand même un tout petit peu moins bien, peut-être parce qu'entre-temps on a vu des tonnes d'autres BDs et que c'est peut-être un peu restrictif d'essayer d'imiter le style Jacobs à tout prix.
Mais c'est tous le débat des reprises des anciennes séries par rapport aux nouvelles.
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