Le détective - tome 1 de Gérard Goffaux
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Par :
Thierry Bellefroid
(01 mai 2000)
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« Le détective » par Goffaux, dans la collection « petits meurtres » des éditions du Masque.
Le Belge Gérard Goffaux a créé les aventures de Max Faccioni aux éditions Michel Deligne. Un petit éditeur bruxellois aujourd'hui disparu (Michel Deligne, en revanche, possède toujours une librairie qui a tout de la caverne d'Ali-Baba pour collectionneurs de BD !). Son personnage a ensuite connu des fortunes diverses (et des éditeurs tout aussi divers) pour finalement être publié... aux Etats-Unis. Les éditions du Masque ont eu l'idée d'en proposer une édition intégrale riche d'un peu plus de 120 pages (deux autres volumes s'y ajouteront) que ne devraient pas bouder les lecteurs de Torpedo et autres séries du genre. Le détective au nez d'aigle est un cliché sur pattes. Feutre mou sur la tête, imper sur le dos, ce boxeur de première classe évolue dans le New York et le Chicago des années qui suivent la prohibition. Il a sa morale à lui et c'est pour tenter de la comprendre qu'un journaliste se met en quête d'informations à son sujet. Il n'est pas le seul à s'intéresser au passé de Faccioni. Un mystérieux commanditaire le paye très cher pour en savoir toujours plus. Et le journaliste raconte ce qu'il trouve dans les carnets de l'ancien détective ou ce que lui narrent les quelques témoins de sa vie qui sont toujours vivants. Peu à peu, le lecteur retrouve toutes les pièces manquantes. Il découvre pourquoi Faccioni est un être à part et pourquoi ceux qui l'ont croisé se souviennent de lui. Marqué par le meurtre de ses parents, recueilli et élevé par le meurtrier de ceux-ci, sa vie entière sera vouée à l'exercice d'une vengeance trop longtemps attendue pour être parfaite. Les événements s'enchaînent avec un minimum de temps morts (rendus nécessaires par la structure de la narration obligeant de repasser de temps à autre par le journaliste enquêteur avant de replonger dans le passé de Faccioni). Les personnages, pour clichés qu'ils soient, tiennent la route. Et le récit, lui, tient en haleine jusqu'à la fin. C'est du polar à l'américaine au point qu'on jurerait qu'il s'agit d'une traduction d'un auteur ricain (fautes d'orthographe comprises, malheureusement...). Quant au dessin de Goffaux, son encrage et son découpage précis le rendent particulièrement efficace. D'autant que les clairs-obscurs sont maniés avec beaucoup de savoir-faire. Les amateurs de série noire apprécieront forcément ce modèle du genre.
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