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La vie comme elle vient de Lewis Trondheim
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15 critiques
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Par :
yannick
   
(19 mai 2005)
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Je me demande encore comment j'ai fait pour ne pas découvrir cette série plus tôt ! "La vie comme elle vient" est sans contexte le meilleur tome de la série. L'histoire monte de plus en plus en puissance, nous prend par les tripes pour arriver à cette fin terriblement émouvante ! Le scénario est très accrocheur et on sent que l'auteur a du métier ! Cette bédé est une ode à la vie, son message est clair : profitons de la vie présente et aimons-nous les uns des autres. A mon avis, il est fort possible que les aventures de Lapinot puissent continuer puisque les tomes peuvent se lire indépendamment.
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Par :
Gautier
   
(14 déc. 2004)
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J'arrive avec un peu de retard, ça fait un bon bout de temps que l'album est sorti maintenant, mais bon je rentre tout juste, et j'apprends qu'un Lapinot est sorti, mais la fnac est fermée alors je vais voir ce que je trouve sur internet.
C'est donc après avoir lu pas mal de truc du genre BD malade et tout ça que je viens de lire ce dernier tome. Malheuresement, je n'ai pas su arrêter ma curiosité internautique avant de savoir que Trondheim irait jusqu au bout (trop d'impatience).
Donc j ai lu l'album à toute vitesse en espérant que le dénouement ne serait pas celui dont j'ai eu les échos. C'est que je suis un grand sensible et que la simple rupture avec Nadia me rendait malade ! Chaque situation dangereuse où les personnages se mettaient ; je "priais" pour qu'ils s'en sortent.
Je ne sais pas ce que fait Trondheim, je n'ai pas eu le coeur de voir les touches d'humour dans cet album, je ne sais pas si c'est de la BD malade ou quoi que ce soit, je ne sais pas si ça révèle sont mal-être (bien que ça semble évident). Ce que je sais, c'est qu'il casse tout, qu il me fait mal, que les personnages ont été édités, qu'ils ne lui appartiennent plus à 100%. Je crois que je le déteste, là, maintenant.. Ca durera peut-être pas, mais je suis vraiment triste. J'ai envie de lui dire : vas te soigner, c'est pas refiler ton mal-être aux autres qui va t'en libérer, tout ça, soit disant, pour faire passer un pauvre carpe diem.
Ce que je déteste le plus dans cette démarche, c'est de tout casser et de disparaître, même pas un mot d'un personnage après l'enterrement, enfoncer le clou une dernière fois, sur une image d'immeuble avec laquelle on ne peut partager aucune peine, je n'ai trouvé du réconfort que dans les grands yeux de Nadia.
C'est l'au revoir le plus infâme que je connaisse !
Je sais que vu la date, personne ne lira ça, mais bon j'avais besoin d'en parler, puisque l'auteur ne nous donne pas la moindre chance d'y réfléchir un peu avec lui, de comprendre, ça me ferait plaisir d'avoir des réponses !!
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Par :
Reger
   
(27 juil. 2004)
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---Attention Spoiler ------
Bonjour,
J'ai lu vos commentaires avec intérêt. Vous évitez de juger une oeuvre en se basant sur la vie de l'auteur (Contre Sainte-Beuve!) et c'est tant mieux.
La BD elle-même est très forte. Courageuse. Difficile. Déprimante. Trondheim est sans doute un des rares à pouvoir faire passer une telle pilule à Dargaud. Il est vrai que la série est dédiée à Guy Vidal, qui a lancé Poisson Pilote chez Dargaud, justement, et qui est mort prématurement l'année dernière (tous les details dans un des carnets de Sfar). Dargaud ne pouvait refuser.
Et puis, cette BD est construite comme un piège. Elle s'appuie sur les codes que connaissent tous les lecteurs et les détourne à mi-chemin. Tout d'un coup, on perd pied. Pendant la première moitié, nous avons une description très Lapinot/Trondheim de cette vie de trentenaires qui énerve ou réjouit les lecteurs (mêmes réactions que par rapport à Monsieur Jean). L'arrivée de nouveaux personnages, un peu artificielle pour atteindre les 13 bibliques, se fait en douceur. Richard fait des blagues. On passe à peu près naturellement d'un personnage à l'autre. Marion, qui prophétise la mort, est traitée par la dérision. On s'attend à tout sauf à un drame. Ca irait contre les codes du genre.
Cette structure me rappelle précisemment Psychose, de Hitchcock, où, de la même façon, les codes du polar sont délibérément détournés pour perdre le spectateur (dans Psycho, par exemple, on change de héros 3 fois dans les premières 40 minutes).
Puis donc, à partir du moment où les filles annoncent ensemble leurs ruptures, c'est le basculement. On ne rigole plus. Richard essaye de rattraper la situation entre Lapinot et Nadia mais la situation dramatique est trop forte, elle entraîne les personnages dans le drame -on a presque l'impression que Trondheim, qui dit être souvent entraîné par ses personnages, essaye de les sauver mais n'y parvient pas. Richard, encore, va subir les conséquences de ses provocations puériles. On ne joue plus.
Après cet éclatement, tout est possible. Oui, l'auteur a cassé son jouet. A déchiré l'écran. A rayé les bandes. Tout est permis. La suite est rocambolesque mais passe sans le moindre mal. L'enchaînement des malheurs. La distribution de coups. L'incendie, le cancer, le gros chien, les agressions en série. On se lâche. Le lecteur est pris dans la spirale du rythme accéléré. Comme l'a dit quelqu'un, c'est exactement un rythme cinématographique. Et ça marche.
Enfin, dénouement au cimetière. Lapinot est bien mort. Aucun des autres personnages n'a pour autant changé, pas de redemption hollywoodienne. Mais l'humour de Richard est trop noir, on ne rit plus. Tout le monde revient chez Nadia pour un dernier pot avant de se quitter pour longemps. Jusqu'aux deux dernières cases, je n'ai pas vu venir le dénouement déchirant - même si tellement classique - de cette BD, dont la grisaille ne laisse pas passer le moindre optimisme.
Trondheim vient de nous livrer un de ses textes les plus originaux, les plus forts. L'ultime Lapinot est certainement le meilleur. Reger
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Par :
Zou

(20 juil. 2004)
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Au vu des nombreuses critiques positives concernant cet album, je me suis décidé à lire ce nouveau Lapinot. Et finalement je me dis : "tout ça pour ça ?". Cet album n'a rien d'extraordinaire par rapport aux autres de la série, les personnages continuent leur petit bonhomme de chemin dans la vie, mais n'évoluent malheureusement pas. Richard joue encore le boute-en-train de service, Titi est toujours le mec le plus mature de la bande, Nadia se prend toujours autant la tête pour des petits rien...quant à Lapinot, il est encore au centre de tout ce petit monde, se charge d'apporter un peu la morale quand les situations l'exigent, comme d'hab' il est dépassé par les évènements et ne sait pas trop où se situer entre ses potes, sa copine et les imprévus qui lui tombent dessus.
Bref, pas de quoi s'extasier devant cet album; c'est bien mais sans plus, comme le reste de la série en fait... On a tous nos albums préférés dans cette série, le mien reste le tome 0 (Slaloms), car il apportait vraiment du neuf dans le paysage de la BD de l'époque, et puis c'est aussi à partir de cet album que Lewis a construit les bases de sa sympathique série.
Quoi dire d'autre ? Ah oui ! La fin ! Cette fameuse fin dont tout le monde parle. Franchement, il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Même si on ne s'y attend pas trop, je dois vous avouer qu'elle ne m'a fait aucun effet particulier, je n'ai ni souri, ni pleuré, ni frissoné, ni quoi que ce soit. Disons que ça finit un peu en queue de poisson, pour tout dire je la trouve un peu ratée. Dommage également que la scène de l'enterrement ait été si mal gérée. Les personnages n'arrivent plus à sortir de leur carcan, ils sont prisonniers de leur rôle. Devant une situation si peu banale, tous auraient dû fondre en larme, comme c'est le cas dans la vraie vie justement, au lieu de quoi ils ne changent pas d'un iota, Richard continuant à faire ses blagues à deux balles et Nadia n'esquissant même pas une larme. C'est dommage...
Bref, pour conclure, lisez l'album si vous avez le temps, il y a des trucs pas trop mal, mais si vous le loupez, c'est pas grave, c'est pas la fin du monde, il n'y avait pas non plus de quoi s'extasier.
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Par :
Moi226
   
(15 juil. 2004)
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Voilà un super album de Lapinot!!! J'ai adoré cette histoire et la fin!! Quelle fin!! Très beau découpage!!!
Après cette lecture, je comprends pourquoi "L'accélérateur atomique" est le numéro 9 de la série !!! Bravo Lewis Trondheim!! Car c'était bizarre de lire le neuvième tome alors que le 8 n'était pas sorti! Mais pour le comprendre il faut donc lire le 8 et là ... surprise...! Bon... excellent, à lire d'urgence ainsi que toute la série!! Encore bravo! Félicitations!!!
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Par :
Xavier R.
   
(11 juil. 2004)
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Franchement, je ne comprends pas les critiques négatives concernant cet album. C'est déconcertant. Pour ma part, j'ai adoré. Effectivement, fallait pas s'attendre à une BD d'action, Lapinot c'est une BD sur le quotidien de la vie, de nos vies, et ça fait du bien, car le ton est toujours juste.
Lapinot c'est aussi une BD sans tabou, qui parle aussi de la mort, mais je ne vais pas plus en avant sur ce sujet, afin de ne pas révéler la fin de l'album.
La fin ? elle m'a ému, comme beaucoup de monde d'ailleurs, j'ai même eu de la peine à y croire. J'espère que Trondheim va poursuivre sa carrière magnifique de dessinateur scénariste et poète de notre temps. Merci Lewis et merci Lapinot!
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Par :
Saluther

(11 juil. 2004)
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Je suis sans doute l'un des plus grands fans de Lewis Trondheim, du très commercial Donjon au plus discret Approximativement, je le suis avec acharnement.
Mais je dois reconnaître que ce dernier album de Lapinot (série ô combien merveilleuse), m'a bien déçu. Même les petits détails du quotidien qui me touchent habituellement énormément, ne m'ont rien fait cette fois-ci. Sans doute est-ce parce que la sensibilité des personnages est devenue trop grossière pour s'insérer dans mon esprit, ou bien peut être est-ce parce que les personnages s'enfoncent de plus en plus dans leurs psychologies propres à en devenir de simples stéréotypes, transformant les nouveaux albums de Lapinot en fable où les réactions de chaque protagoniste seraient prédéfinies et terriblement prévisibles.
Les ficelles du scénario sont effectivement énormes (comme l'a dit un autre internaute avant moi) et certaines situations amenées difficilement. De plus, la fin dont tout le monde parle tant est réellement mauvaise, désolé je ne trouve pas d'autre mot, les situations s'enchaînent sans suite logique et m'ont parfois perdu : je serai incapable de résumer l'album car tout son intérêt ne réside en fait que dans cette fin : brusque et mal gérée par l'auteur.
La dernière page relève du pauvre cliché (le coup du répondeur, pfff) et la scène de l'enterrement est horripilante, les personnages restant enfermés dans leurs caractères propres sans changer devant une situation pourtant peu banale : on n'y croit pas !
Bref, la magie n'opère plus, espérons que les prochains albums (s'il y en a) rattraperons le coup.
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Par :
Franz
(08 juil. 2004)
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Les non-aventures de Lapinot connaissent un fin qu'elles ne méritaient certes pas. Trondheim, le fin ciseleur des petits riens qui font la vie, nous avait habitué à son regard précis et à ses personnages si réels, confrontés au quotidien aux mêmes problèmes que nous...
Alors quelle déception quand, dès les premières pages, pointent les grosses ficelles indignes d'un blockbuster hollywoodien... De présages tirés par les cheveux en personnages de sinistre augure arrivant comme un cheveux sur la soupe, l'intrigue se déroule, lente, insipide, convenue. Là où pétillaient dans les albums précédents les aphorismes frappés au coin de la vraie vie, on ne trouve plus que des remarques cousues de fil blanc - de fil noir, plutôt, vu la teneur de l'histoire. Tout l'album converge maladroitement vers ce but: mal finir. Il faut des larmes, il faut du noir, il faut apitoyer le lecteur! Alors on sort la grosse artillerie... Non, non, trois fois non, ce brouet indigeste ne peut se ranger aux côtés des oeuvres de Monsieur Trondheim !
A la sortie de l'album, reste le sentiment d'un gâchis, bien dans l'air misérabiliste du temps actuel de la bédé... Dommage, très dommage, cette bédé ressemble à une mauvaise fiction de la télé française, destinée à faire pleurer dans les chaumières... Indigne de l'immense talent de la bédé qu'est Lewis Trondheim !
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Par :
herve
  
(08 juil. 2004)
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Je vais être très concis dans ma critique : malgré les nombreux "spoilers" lus sur le forum de BDP, je n'ai pu m'empêcher d'acheter ce huitième volume (si quelqu'un peut m'expliquer la numérotation de la série, je suis preneur). J'avoue à ma grande honte, avoir acquis pour la première fois un exemplaire de la série désormais incontournable, à mes yeux, "Lapinot". Même si, comme moi, on connait à l'avance la fin, cette BD mérite LE détour : 46 pages excellentes de vie ," comme elle vient", 46 pages de vie ordinaire, et une fin euh... bref une fin. Un dessin certes simple mais que vient relever un scénario pleins de rebondissements (sans compter le final). Une BD à acheter d'urgence !
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Par :
troglo92
   
(06 juil. 2004)
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Ca commence comme un Lapinot, pas franchement vite, car il n'aime pas le stress le Lapinot... mais au fur et à mesure, la tension monte, les ennuis s'enchaînent et s'enchevêtrent, jusqu'à l'apothéose où ce qui ne devait pas arriver arriva (Aaaaarrrgggg ! Je suis obligé de ne rien dire pour ne pas gâcher le plaisir des fans de Lapinot et de Trondheim).
Quelle journée de merde ! Tous nos protagonistes devaient se retrouver chez Lapinot et Nadia pour une fiesta entre potes. Et il y a cette cinglée qui vient fiche le zouk avec ses prévisions à la mord-moi-le-nœud…
Ce Lapinot est selon moi le meilleur de la série. Lewis Trondheim est au sommet de son art. Le scénario m’a tenu en haleine du début à la fin : construction 20/20, déroulement 20/20, chute 20/20 (quoique…), dessin 100% Lewis.
J’avoue qu’à la lecture de la dernière page, j’avais la gorge serrée et quasi les larmes aux yeux. Vivement le prochain Lewis !!!
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Par :
Kieran
   
(06 juil. 2004)
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"A la folie" c'est clair. Bravo Trondheim pour sa cohérence, bravo pour son histoire et bravo pour son dessin.
Je comprends très bien les réticences des critiques précédentes à parler de l'histoire ... ce n'est pas nécessaire tout est dans le titre.
Le titre justement : "la vie comme elle vient", il contient déjà toute l'histoire de cette album curieux qui mélange si bien une BD plus traditionnelle et cette "nouvelle vague" (appellation oh combien naze d'ailleurs) de la BD française.
Franchement les derniers albums de Trondheim me faisaient encore douter de son talent à raconter ce qu'il voulait, mais avec ce nouvel album de Lapinot, on ne peut que regretter son retrait partiel du monde de la BD.
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Par :
Coacho
   
(05 juil. 2004)
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Cela faisait un moment que je n’avais plus proposé de critiques sur BDP. La lassitude peut-être, les mauvais albums, souvent, le temps d’écrire, assurément. Puis, samedi 3 juillet, je suis allé acheter "La vie comme elle vient". Histoire de voir mon pote Lapinot que je n’avais plus vu depuis trop longtemps, à part pour cette incursion dans le monde de Spirou qui m’avait laissé un bon souvenir.
Seul quelques instants, je me suis assuré que personne ne viendrait troubler ma lecture, à commencer par ma ravissante petite fille… Je sais, la paternité rend benêt, mais j’assume !
Je le savais déjà, cet album serait l’objet de ma 100° critique !
Avant de lire la première planche, je repensais aux multiples implications du travail de Lewis dans ma vie de tous les jours, et à ce coup de semonce lu dans son dernier "Carnet de Bord" et confirmé par lui ici-même sur ses intentions, non pas d’arrêter la BD, mais bien de lever le pied…
Le risque de schizophrénie guette tout scénariste aussi productif que Lewis.
Après la révélation que fut pour moi "Approximativement", et je ne m’étendrais pas ici sur les raisons profondes de mon affection pour ce travail psychanalytique qu’il a sublimé, je fus empreint d’une certaine appréhension à la lecture de ce tome 8 des aventures de Lapinot.
Tome 8 ? Oui, qui sort après le tome 9 mais qui, en comptant le tome 0 et "Les carottes de Patagonie", représente en fait le 11° tome des aventures du myxomateux ! Et oui, c’est ça Lewis Trondheim !
Je ne veux rien révéler de l’intrigue de cet album et je vais m’attarder sur le type de sentiments qu’on éprouve à la lecture de ce type d’album.
Lewis Trondheim est un aventurier du quotidien. Un poète du rien, un Mozart de la platitude. D’un élément aussi insignifiant que la réservation d’un billet d’avion, enfin, insignifiant, pour qui n’accorde aucune importance à cela, il est capable de vous faire un 48 planches haletant !
Parce que le jeu, difficile s’il en est, est de rendre palpitant la platitude.
Certains albums donnent dans la lenteur pour créer une ambiance ("Lupus" dans un genre nordique, ou "Où le regard ne porte pas…" dans un genre latin pour des albums récents) dans laquelle nous nous laissons porter, submerger, et dont les sentiments nous parlent…
Lewis s’adresse d’abord aux jeunes adultes, voire jeunes parents, qui sont face à ces petits drames du quotidien, les contrariétés, les stress divers, les responsabilités que l’on veut fuir, la nostalgie et tout ce qui fait le parcours de ces participants à la vie de société telle qu’elle est aujourd’hui.
On s’amuse d’un rien, on a peur de tout, l’insouciance guide les pas de certains, la névrose guette les autres…
Alors nous voilà dans un monde qui oscille entre paranoïa et schizophrénie, encore, et qui, a bien y regarder est croqué avec une acuité exceptionnelle.
Tous ces moments, toutes ces situations, tous ces quiproquos, tous ces non-dits nous parlent… Nous avons tous ressenti, ou vécu quelque chose de similaire aux situations que décortique et expose Lewis Trondheim… Le frisson vous parcoure l’échine pour ses amours inavouées, le sourire vous vient aux lèvres à telle situation loufoque et difficile à vivre, le rire explose à certains moments de cette pureté absolue que le quotidien peut revêtir…
Ces émotions, Lewis les drapent avec tout son talent dans un mélange d’humour enrobé d’acidité. Cet humour qui, s’il revêt plus de la causticité cynique et ironique, n’en est pas moins la politesse du désespoir.
Je ne prétends pas que Lewis est désespéré mais je reste persuadé qu’il est particulièrement affecté par ce qu’est la vie, marqué par des cicatrices qui, même si elles peuvent paraître superficielles, n’ont sont pas moins douloureuses quand elles sont multipliées à l’infini du quotidien…
Alors le propos peut parfois relever de la catégorie de l’humour alors qu’il est en fait un vrai drame personnel. Nanti Lewis ? Avec les sujets qu’il traite, il est la démonstration vivante de ce qu’on peut bien gagner sa vie et éloigner les contraintes matérielles, mais ne pas moins être profondément affecté par son entourage, son environnement, et ne jamais arriver à vraiment s’en soustraire. Manu Larcenet est proche de ce paradoxe de vie qui les fait vivre de ce qu’ils dénoncent souvent…
Mais pourquoi Lapinot, ce ridicule petit lapin et ses amis animaliers peuvent faire écrire autant de choses ? Et bien pour tout cela, pour la simplicité de son propos qui en constitue en fait toute la complexité.
Une petite soirée entre amis, une petite poignée de personnages, un motif, et voilà Lewis qui brosse avec brio la toile de fond de son intrigue qui lui permettra de déboucher sur ce qui pourrait être un coup de théâtre pour les non-initiés, mais qui n’est en fait qu’une confirmation de l’inéluctable destin prêté à son personnage par l’auteur.
Une fois encore, les petits défauts, petites tares des uns et des autres, les nôtres donc, viennent rythmer ce lent débat qui n’est qu’un sprint vers une fin en apothéose. Oui, je dis bien en apothéose car ma centième critique sera dédiée à un album qui m’a ému, vraiment…
Car la lecture du message qui est laissé sur le répondeur de *****, après l’accélération de la situation finale, tous ces petits riens qui ont conduit à cette fin si évidente et si poignante, cette fin qui n’est en rien une surprise, ce message donc, fut pour moi l’occasion de laisser une larme perler sur ma joue.
Pris d’un sentiment d’impuissance, je n’ai pas été en mesure d’accepter sans révolte ce qui m’était proposé tout en applaudissant de tout mon être cette décision…
Comment faire pour ne pas révéler cette fin ? Je ne suis pas adepte du spoiler et finalement, je préfère laisser cette surprise à tous les lecteurs, à tous les amis de Lapinot et lire cette aventure avec autant de délectation que j’ai pu en avoir.
Monsieur Lewis Trondheim, je ne vous remercierai jamais assez pour ce que vous me procurez, et ce que vous communiquez à vos lecteurs… Et si vous n’êtes pas le prochain Président d’Angoulême, c’est à n’y plus rien comprendre… En même temps, il faut juste prendre la vie… comme elle vient !
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Par :
Valéry Germain
   
(05 juil. 2004)
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Je viens de lire le dernier Lapinot (quoique, avec vous, on ne sait jamais...)
et je dois bien dire que vous m'avez bien eu ! Le ton plus grave tout en restant toujours du Lapinot (l'humour est toujours là, le tarot en guise d'avatar simili-fantastique pour torpiller le quotidien,...), la construction du récit vers sa chute est splendide et la fin (cette série de moments suspendus, cette grande image qui fait qu'on comprend tout de suite).
Cette série m'a fait rire, sourire, m'a touché parce que ces animaux sont bien humains mais je ne pensais pas reposer un Lapinot avec la gorge serrée...
Donc encore merci. (M. Trondheim, pour ma prochaine dédicace, je vous demanderai Nadia !)
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Par :
Kettu
   
(02 juil. 2004)
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Simplement phénoménal. L'amour à l'état pur. La passion, à pleines bouffées.
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Par :
bidule
   
(01 juil. 2004)
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Fort, très fort...!! Je redoutais un peu la sortie de cet album, me disant que ce serait redondant, etc, etc, ... Erreur fatale !
Je tiens simplement à dire : bravo et merci, Mr Trondheim ! Vous avez été au bout de votre logique sans faire de concession et j'espère que les formidables aventures de Lapinot vont laisser une trace indélibile dans le paysage incertain de la Bande dessinée dite "nouvelle". Je vous remercie pour cette belle leçon.
Et l'album, qu'est-ce qu'il vaut ??? Je préfère ne rien dire et vous laisser la surprise. Je suis certain que cet album aura un très grand retour du public et c'est le meilleur que je lui souhaite... Laissons faire les autres et prenons la vie comme elle vient...
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