"La Terre sans mal" est le récit d'une quête. Une jeune linguiste se rend au Paraguay pour y étudier les Indiens Mbyas, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale. La venue du Karaï, l'Homme-Dieu, entraîne les Indiens dans un long périple qui doit les mener vers un paradis mythique. Mais le chemin est long et semé d'embûches...
C'est très beau. Je ne connaissais pas Lepage, mais il a une véritable personnalité graphique qui s'exprime sans doute pleinement dans cet album : la collection Aire libre est un cadre idéal pour les dessinateurs. Très bien maîtrisé, très agréable à l'oeil, vraiment. Mais le scénario n'est pas à la hauteur. Si vous avez lu les autres critiques, vous constatez qu'on oscille entre le génial et le moyen. Je rejoins cette dernière appréciation à cause du scénario. Le thème est pourtant alléchant, original et délicat. Anne Sibran n'a pas su l'exploiter. C'est lent, il n'y a pas de rythme, juste une succession d'épisodes plus ou moins barbants, et si on s'accroche c'est pour le dessin. On rêve à l'album que "La Terre sans mal" aurait pu être avec un bon scénario. Ce serait presque rageant.
Le prix des libraires accordé à cet album montre un évident penchant pour le dessin. La BD ne se résume plus à un joli trait : le scénario est au moins aussi capital, et je persiste à dire que celui de "La terre sans mal" plombe un one shot qui aurait pu atteindre de hautes sphères.
Toute la force de cette bande dessinée réside entre un graphisme épuré et une narration très recherchée. Algésiras propose aux lecteurs une mise en page des plus créatives. Un récit à la fois émotif et fantastique. Il nous faut pour cela faire abstraction de nos idées préconçues. Un univers dans lequel il est aisé de rentrer mais qui ne peut certainement pas laisser indifférent. Ce deuxième tome ouvre les portes d'un groupe appelé Candélabre, qui ,jusqu'alors, était inconnu. Seul quelques initiés sentaient leur présence. Un voyage de l'autre côté d'un miroir qui peu à peu sent le soufre. Sans nul doute une très bonne série qui se prépare.
Prenant, il n'y a pas d'autres termes... bien que le debut soit tres 'pedagogique' avec une retrospective un peu rebutante, 'secret defense' est un album agreable a lire. Il n'y a aucune nouveauté dans cet album mais plutot une succession de rebondissements plus ou moins attendus. La serie me fait de plus en plus penser a X-Files debuts foudroyants puis un ronronnement agreable avec des eclairs de pur plaisir...
Lisez le, appreciez le mais pour moi le cycle est terminé depuis XII the mystery - l'enquete.
Des dessins magnifiques, une mise en couleur sublime, un héros attachant, de l'action, de l'humour, une bonne histoire, un scénario drôle et des répliques piquantes ... D'accord, j'arrête les fleurs, mais vous l'aurez compris, j'ai littéralement flashé sur "L'Aile blanche" (de loin le meilleur album de la série) et les dessins de Marini. Les précédentes aventures de Gipsy sont, pour moi, beaucoup moins intéressants (graphisme moins réussi, héros "brut de décoffrage" intellectuellement limité, ...) même si la série s'améliore un peu d'album en album. Vivement le prochain s'il est encore mieux !!!!!!
Thyphaon, Kessako? Voici (une fois de plus) une bd dont je ne connaissais ni l’auteur, ni le scénariste que j’ai achetée les yeux fermés suite aux conseils des bd-cyberphiles. Pas un seul regret! Que dis-je, j’ai dévoré l’album! Pas une planche ratée, une palette de couleurs picturales qui se rapprochent tellement de la peinture gothique, un découpage aux couteaux,..
Côté scénar, rien à dire. On lorgne du côté d’Edgard Allan Poe ou Jean Ray. On ressent une atmosphère oppressante, inquiétante et mystérieuse à souhait. On ne peut expliquer ce qui se passe, mais quelque chose de pourri plane. Pourvu que les auteurs ne nous fassent pas languir trop longtemps pour nous concocter une suite.
Entre-temps, je vais me précipiter sur « Mother » de Sorel! Voila qui est dit!
Rien à ajouter à ce qui a déjà été fort bien dit, on attend aussi la suite avec une impatience monstre ... Seul petit regret: deux fautes de conjugaison viennent gâcher la fin (p.45): "cru" au lieu de "cruT" et "enverrai" au lieu d'"enverraiT". Mais que fait le correcteur chez Humano ? A-t-il été fasciné par les images au point d'oublier le texte ? (et on le comprendrait à moins)
C'est avec un grand plaisir que l'on retrouve Monsieur Jean mais un seul problème, mais de taille, vient gâcher quelques peu notre plaisir. Il manque la couleur... LES COULEURS qui faisaient beaucoup le charme des albums précédents. Le changement de format lui aussi ne se justifie pas vraiment pour une suite de petites nouvelles. Pourquoi alors avoir voulu publier un album dans la (très bonne) collection Tohu Bohu?
Arzach, c'est un monument, entends-on par-ci par-là par des bédéphiles qui ont connus les années septantes et l'étonnante explosion de la bd adulte en France. Comme ils ont raison. Cet ouvrage semble être le "A bout de souffle" de la bande dessinées à une époque où toute une nouvelle génération de créateurs de BD émergeait (Bilal, Caza, Druillet, Moebius alias Giraud...). Dernièrement mon voisin m'a dit qu'il n'aimait pas cette bande dessinée. Ses arguments semblent irréfutables: "Y se passe rien, Y a rien à lire, c'est trop simpliste, le héros a une sale gueule, ça vaux pas XIII ou Lanfeust, ça c'est pas de la bd de tapette". Que répondre à ça? Comment expliquer l'inexplicable, le vertige étrange que j'éprouve à chaque fois que je relis cet album. "Relis-la, et plutôt deux fois qu'une mon frère!". S'aperçevant de mon exaspération et mon embaras face à mon incapacité à traduire EN MOTS mon admiration devant ce chef-d'oeuvre d'art graphique MUET, il me dit alors: "Ce Moebius y dessine quand même bien!"
C'est déjà ça, une chose après l'autre, l'histoire de la bd ne saurait s'apprendre en un jour.
C'est pourquoi, lorsque je me suis aperçu qu'il n'y avait aucune critique de cet album sur Bd Paradisio, je décidai d'écrire sur cette album qui m'est culte. Car il FAUT lire Arzach, il faut avoir lu Arzach pour comprendre ce qu'est la bande dessinée aussi certainement qu'il faut avoir vu "Citizen Kane" pour comprendre ce qu'est le cinéma. Et cela pour des années encore.
Fan incontestable des auteurs et de la serie, j'attendais avec impatience (trop peut etre) la conclusion de ce deuxieme volet des aventures de Carmen.
Je l'ai dévoré des que je l'ai acheté et arrivé aux dernieres pages, je me suis demandé ce qui suscitait chez moi une certaine frustration. Peut etre le fait de ne pas evoir les planches d'actions, de "recourir" à Bugg comme sauveur ultime, de voir Carmen "metamorphosée" sur la derniere page. Enfin, une impression de vitesse tant dans le dessin que dans la construction du scenario qui ait que je suis reste sur ma faim, decu par rapport aux 4 premieres BD. Mais il faut toujours un numero que l'on prefere et un que l'on aime moins. SI je n'ai pas trouvé celui de la premiere categorie, j'ai celui de la seconde.
Ca ne m'empechera pas d'acquerir le prochain volet ;-)
Pimousse
Liens de sang par vanicaramel
  
On ne peut pas s'empêcher de penser à Seven et à l'Associé du Diable, surtout que certaines images ressemblent à des arrêts sur image au cinéma.
C'est l'histoire de Sam Leighton, un jeune bouseux pas moche, qui "monte à la ville" (New York, glauquissime) pour jouer au flic. Mais voilà-t-y pas qu'il croise, pendant son enquête sur des meurtres moches, une belle poule nommée Gladys, le genre à virer nympho dès qu'elle a un coup de trop dans le nez. Gladys, c'est la poule à Joe Beaumont. Et Joe Beaumont... c'est l'ange noir de la ville...
C'est hyper-tordu comme scenario, mais c'est diablement efficace -malgré le coup des taches vertes qui demeurent inexpliquées, genre l'auteur s'est dit, merde c'était une bonne idée mais là je sais plus comment résoudre la question, alors tant pis je les laisse, je vais quand même pas tout refaire...
Je trouve que cet album, comme tous les autres de F.BERGESE, s'inscrit parfaitement dans la lignee des Buck DANNY cree par J.M. CHARLIER & V. HUBINON.
Le niveau des details graphiques est toujours aussi epoustouflant ainsi que le realisme du scenario. Comme a l'accoutumee Sonny TUCKSON (alias FROGGY)ajoute une bonne dose de fantaisie dans cet univers hyperealiste.
Le fait de revoir des personnages vus dans d'autres albums est aussi une excellente chose.
Lionel
PS: J'aimerais bien savoir s'il y a eut une plainte de deposee par la Coree du Nord. Il y en avait eut une de la part de l'Ex-Yougoslavie apres la publication de l'Escadrille Fantome.
Excusez le fait qu'il n'y a pas d'accent mais je suis sur un clavier QWERTY.
Comès est et restera pour moi un auteur unique de BD, l'inventeur d'un style, un vrai conteur. Il a su me bercer par bon nombre de ses albums d'une ambiance de contes et légende, d'un véritable bon cru. On ne va pas rappeler les grands classiques tels que Silence, La Belette ou Eva... mais les ambiances noir et blanc, réhaussées par le trait de Comès sont absolument uniques. Comme le dit Thierry Bellefroid dans sa chronique, c'est la première fois que Comès nous fait quitter les contrées belges ardennaises, pour nous conter l'histoire de trois indiens.. et nous faire goûter d'autres ambiances, dont celle du silence... Silence profond, intense et superbe. Des planches silencieuses qui nous racontent pourtant tellement de choses... qui n'auraient probablement pas eu la même intensité si elles avaient été racontées.. Les dialogues viennent ensuite meubler ce silence, mais la richesse de ceux-ci et la consistance des personnages nous font une fois de plus nous incliner devant l'auteur. C'est un album que je n'hésiterai pas une seconde à offrir en cadeau, même à des non-initiés, juste pour le plaisir de leur faire connaître un moment similaire à celui que j'ai moi-même connu à la lecture de cet album.
De Metter n'étant pas un scénariste très doué (Emma , 1-2-3 tomes, est d'une beauté à couper le souffle, mais alors, quel scénario débile ! et en plus ça rappelle l'ovniesque Mother de Sorel), il fait bien de s'associer avec Marazano qui a pondu
là une histoire passionnante d'enquête policière sur fond d'hommage aux Sorcières de Miller.
Les personnages sont parfaitement caractérisés (la vieille folle qui fait du gringue à Joe est effrayante !), le découpage très cinématographique et l'ambiance glauque à souhait. Seul défaut à mon avis: la toute dernière planche, avec "la morale de cette histoire, c'est..."
La Première Guerre mondiale, tout comme le XVIème siècle, fournissent régulièrement en décors les bandes dessinées historiques. L’Ange endormi, deuxième tome de la Croix de Cazenac, se déroule en février 1915, et échappe heureusement au piège de la littérature illustrée : le découpage des planches, la sûreté du dessin, le soin apporté à la couleur équilibrent heureusement des descriptions psychologiques qui, le déroulement de l'intrigue aidant, auraient sans cela tendance à devenir envahissantes. Le métier d'agent secret, il est vrai, multiplie plus que de raison les situations scabreuses et les cas de conscience, alors si vous y ajoutez en plus une situation pré-révolutionnaire, une guerre mondiale et le fatalisme slave, vous pouvez mesurer qu'au terme du second tome de la série l'affaire devient complexe. Et encore, il ne s'agit là que du décor, car vous découvrirez, en sus, une histoire de famille digne de Martin du Gard, une croix aux pouvoirs inquiétants, et un séminariste bloqué au fond d'une grotte en compagnie d'une jeune espionne transie de froid.
En attendant l'entrée en scène des Bolchéviques, l'insurrection des Ukrainiens et les mutineries de la mer Noire, profitez donc du confort moderne pour grelotter par procuration dans l'hiver russe, tandis que Boisserie et Stalner vous préparent un troisième tome qui devrait sentir le conflit de génération, le Sang de mon père.
Je n'ai lu que le premier tome de la série "Le cadet des Soupetard", mais je ne suis pas sûr qu'un habitué de cette série identifiera rapidement le trait de Berlion dans "Lie-de-vin". Il faut dire que la couleur directe, ça change beaucoup de choses, et ce one shot a visiblement été l'occasion pour le dessinateur d'expérimenter une technique différente. Il s'en sort fort honorablement, et l'on peut affirmer que le dessin est le point fort de cet album, même si des grincheux remarqueront que Berlion n'est pas Gibrat dans sa maîtrise de la couleur directe.
Côté scénario, c'est tout de même plutôt sympa. Il ne se passe pas grand chose, c'est sûr, mais c'est voulu et l'ambiance est bien rendue. Il faut naturellement aimer ce genre d'histoire, sinon vous allez vous ennuyer ferme. On peut avoir de belles émotions avec ce contexte de vie quotidienne, mais "Lie-de-vin" n'étant pas plus l'égal du splendide "Sursis" côté récit que côté dessin, on n'en ressort pas bouleversé. Il manque un petit quelque chose dans tout ça, même si on a du mal à identifier ce fichu manque. On referme cependant l'album en se disant que ça n'était pas mal du tout - ce qui est déjà bien, non ?
Cet album annoncé comme étant le cinqième opus de la série m'a énormément déçu. Avec un 4°tome plus que médiocre, voila que Mythic remet ca.C'est a croire qu'il a besoin d'argent pour bacler autant ses sénarios! Quant au dessin de Jigounov, il progresse dans le sens contraire.
Bref,si vous n'aimer vraiment pas vous ennuyer, achetez le mais pensez aux conséquences: les auteurs gagneront de l'argent pour avoir créer un navet!
Une bonne série d'aventures assez trépidante. Si le scénario s'avère dans sa trame principale, trop classique et trop déjà vu, l'humour par contre, fait mouche. Les personnages sont attachants et bien campés et les répliques fusent dans tous les sens. Le dessin est beau mais inégal, toute les planches n'ont pas été soumises aux mêmes soins. Les références au théatre et à une littérature qui mettait en scène les animaux sont abondantes et bienvenues car dans ce récit, comme dans ceux de La Fontaine, il y a une corespondance directe entre les espèces d'animaux et leurs caractères (le renard est rusé, le loup est un fonceur).
Les trois tomes d'Emma font partie d'un plus vaste projet. Christian De Metter veut réaliser plusieurs séries autour de l'identité : comment chaque rencontre participe de l'élaboration de notre personnalité... Dans cette première série, se déroulant à Paris en 1922, le personnage principal, Alex, a le profil idéal de par son amnésie qui le prive de repères et le rend malléable à souhait. Sortant de clinique, il se plonge dans une retraite volontaire et se met à peindre intuitivement des autoportraits. Il devient alors l'observateur assidu de sa propre personne, ses autoportraits étant autant de miroirs de l'ame mais le miroir est déformant et l'image représentée devient un Alex différent et inconnu. Parallèlement, il rencontre Emma, une femme envoutante,sensuelle, mutine et très mystèrieuse qui va devenir son modèle. Le désir qu'elle fait naitre en lui met à mal son esprit qui se perd entre fantasmes et réalité... Meme le troisième tome terminé, il reste encore des zones d'ombre qu'un futur "Journal d'Alex" ( recueil de textes + croquis ) lèvera peut-etre...
Mais venons-en enfin au traitement graphique d'une histoire qui semble parfois accessoire : c'est tout simplement superbe et les trois tomes fourmillent de cases envoutantes, les crayonnés apparents sous le pinceau, le choix de la palette de couleurs contribuent à créer une atmosphère étrange et captivante. Effectivement, du point de vue BD, on pense à Kent Williams ( particulièrement à "Tell me dark" ) que De Metter apprécie beaucoup. Mais on peut aussi remonter ( comme pour Williams ) à Egon Schiele, peintre autrichien, héritier de Klimt et des expressionnistes ( Kokoschka en particulier ). Les paysages de Schiele représentent souvent des arbres effeuillés dans une atmosphère glaciale comparable à celle de ce Paris de l'automne-hiver 1922. De plus Alex, apparait peu après la mort de Schiele, a grosso modo son age, lui ressemble vaguement mais surtout l'autoportrait tient une place importante dans l'oeuvre de Schiele ( une centaine ) de meme que les "rousses ecorchées" ( Suzon et Emma ). Certaines poses d'Emma rappellent étangement ces femmes, en particulier "Femme assise aux genoux" ou "Nu allongé sur le ventre".
Enfin, il faut noter que les peintures d'Alex ( sauf celles représentant Emma ) ont été faites par Frédéric Poncelet ( entre autres choses, auteur de "Relecture" chez Ego comme X ).
Pour le premier album de la série, cela part plutôt bien. Dufaux, loin de ses penchants fantastiques habituels nous plonge ici dans l'amérique des années trente, à l'époque du New Deal. Ce qui explique cet attention au social très rare en bande dessinées. Seulement voilà, les problêmes sont très vite esquissés, et les personnages trop archétypals pour qu'ils nous touchent vraiment. L'histoire démarre trop vite, on a à peine le temps de s'attacher aux personnages et à leur quotidien, grossièrement dépeint qu'ils doivent déjà fuir au plus vite. Comme c'est souvent le cas des albums de 48 pages, la psychologie et la description du milieu sont sacréifié à l'action. Pourquoi dès lors avoir choisi ce format à la place d'un format plus libre (comme beaucoup d'éditeurs le permettent à l'heure actuelle)qui aurait permis de mettre les choses en place plus profondément? Ce n'est que le début et attendons d'avoir lu le reste pour trancher sur cette série qui est prometteuse. Le dessin de Labiano est très beau et très attirant. Aucune faute de goût, une mise en scène intelligente et des planches d'une grand homogénéité dans le découpage et leur mise en page.
Pour qui aime la petite histoire dans la grande, il sera servi,quelque petits hommages à Hergé,le Lotus Bleu,voir la scène du petit chien blanc qui conduit au fleuve.les dessins,la couleur dans la tradition "ligne claire".J'espère seulement que les amateurs de la série n'attendront pas plus de deux ans pour voir la suite et qu'ils seront un peu plus "respectés"que sur certaines séries de la collection Vécu.
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