J'ai eu un peu de mal pour accrocher avec cette série. Le premier album semblait quelque peu malhabile tant au niveau du scénario que du dessin. Un dessin parfois un peu "rapide", des dialogues pas toujours tout à fait intelligible, et des scènes parfois tellement "brut-de-pomme" qu'on a un peu du mal à s'y attarder et à s'attacher aux personnages. Et pourtant ! Cela aurait été dommage de ne pas persévérer. En effet, on sent qu'il y a quelque chose dans ce premier album. Même sous les sentiments bruts, les personnages façonnés "made in fond du Bronx", on ne peut s'empêcher de sentir une grande sensibilité et une grande déchirure des personnages. Il fallait qu'ils se rencontrent... et ils se sont rencontrés.. Ne vous arrêtez donc pas à la fin du premier album, persévérez et lisez le second.. c'est du tout bon. Le tandem se sépare et se retrouve, suit son chemin, chacun de son côté et se retrouve dans les moments durs, difficiles.. et puis plus doux. c'est ce qui retroune le lecteur, ces moments de douceur, d'espoir et de tendresse, alors que rien n'est réellement épargné aux personnages. Ils gardent quand même quelque chose de précieux : l'espoir ! J'ai aimé. C'est très bon.
Y a pas à dire, mais certaines séries de Delcourt valent sérieusement l'intérêt du public, et "Le chant des Stryges" fait partie de celles-là. Delcourt qui n'a que 10 ans d'expériences, semble avoir compris beaucoup de choses, contrairement à certains autres éditeurs plus "expérimentés"... et leurs produits s'en ressentent. Les Chant des Stryges regroupe tous les ingrédients qu'il faut pour faire une bonne BD : de l'action, des émotions, du suspense, de l'étrange, des intrigues, des bons et des méchants, des dessins superbes et des personnages bien campés. Pas de confusion possible, les camps sont bien établis, les rôles aussi. Maintenant, on veut en savoir plus sur ces fameux stryges... et on s'en rapproche de plus en plus. Les auteurs ne manquent pas d'idée et de souffle, le rythme de la série s'accélère... la confrontation est inévitable... mais que va-t-il en ressortir.
Flûte, il va falloir de nouveau attendre plus d'un an pour avoir la suite !
Recueillie par Sillage après sa découverte sur une planète convoitée par une race extraterrestre en mal de terres, Nävis s'est intégrée à cette gigantesque communauté intergalactique. Elle est l'objet d'attention et de convoitise. Ce consul séducteur est-il aussi sympathique que sa première rencontre avec l'héroine le laisse présager ? En tout cas, Nävis se retrouve embringuée dans une intrigue mouvementée...
J'avais beaucoup apprécié le premier volume de cette jeune série, qui mélait astucieusement humour, action et réflexion (l'esclavage, le sacrifice d'une personne pour en sauver plusieurs, etc). "Collection privée" est nettement un ton en dessous. Nävis est parfois un peu agaçante, capricieuse et immature. Il y a quelques écarts de langage qui n'apportent franchement rien à l'ambiance ("ta gueule" notamment). Et puis, c'est le scénario dans son ensemble qui est moins réussi. L'intrigue met du temps à décoller : les dix premières planches sont une longue mise en place. On peut aussi regretter la mort expédiée de certains protagonistes de l'affaire (voir planche 44).
Sur le plan graphique, en revanche, c'est toujours aussi bon. Philippe Buchet sait soigner le look de ses personnages, notamment les méchants qui sont très réussis. Les couleurs sont bien employées, on retrouve des tons dominants sur des séquences entières.
Pas mal, malgré tout, ce second tome. Mais espérons que le prochain retrouvera le niveau du premier, c'est-à-dire au-dessus de la BD de SF moyenne.
Splendide ! J'ai rarement lu une BD qui pouvait libérer en moi tant d'émerveillement et d'émotion.
Tant par le charactère des dessins et des décors(qui font un peu penser aux serres Royales de Bruxelles-Laeken) que par les relations esquissées entre les personnages de cette histoire, l'album nous emmène dans un autre monde, parfois dur, parfois paradisiaque. J'imagine que d'autres que moi auront un petit pincement au coeur en refermant ce chef d'oeuvre.
L'outremangeur par Jean Loup
  
Cet album a reçu le prix René Goscinny. Si vous lisez les différentes critiques de "L'outremangeur" disponibles sur bdparadisio, vous constaterez que tout le monde ne partage pas cet enthousiasme. Pourtant, la collaboration entre Ferrandez et Benacquista me semble bien être une réussite.
Le dessin est tout à fait à la hauteur et participe grandement à l'atmosphère du récit. Ce dernier est très psychologique. Ne vous attendez pas à des poursuites à la Starsky et Hutch ou à des séances de tirs à la Stallone ! Le héros est un flic, mais c'est surtout un être humain particulièrement tourmenté dont la souffrance est le fil rouge de l'histoire. "L'outremangeur" est le récit d'une rédemption.
On a donc là un très bon album. Si vous aimez des BD comme "Le cahier bleu" de Juillard, les Tito ou même "Monsieur Jean", ne passez pas à côté de cet "Outremangeur" délicieusement humain.
Qu'est-ce qu'il a, ce troisième tome?
On pourrait dire que les auteurs s'essoufflent, mais ça me parait un peu facile:
La guerre des cochons contre les poulets, l'invention de la Royal Air Force par Merlin et Tartine qui balancent les chevaliers en armure sur la tête des envahisseurs, de l'humour bien subtil (Invention de l'huile solaire pour dérouiller les armures) ou bien gras ( "Vomi avec des morceaux de carottes" pour brainstormer), il a tout pour être aussi riche que les précédents, et taxer le scénariste de bâclage ou de faiblesse est injuste.
Alors? Pourquoi, au lieu d'éclater de rire comme pour les précédents, on sourit, on pouffe, on s'amusotte?
Le trait est là, l'histoire est au rendez-vous...
Je ne sais pas. Peut-être la lenteur (Les pages entières présentant le roi d'Angleterre en gros plan pour ... rien.) Le conteur qui prend un peu trop de place (quoique...) ou l'esprit "gaminerie" qui manque (beaucoup d'adultes dans cette histoire, vous ne trouvez pas?)?
L'ambiance plage triste qui nous rappelle nos vacances de toussaint en Bretagne du Nord? (Qui ne s'est jamais collé une semaine entière de Monopoly en attendant la fin de la pluie ou des vacances?)
Aucune idée. C'est comme la mayonnaise. Des fois ça prend pas, et impossible de dire pourquoi.
Cependant, pour une mayonnaise ratée (disons plutôt moins réussie), elle reste quand même vachement bonne, et c'est un moment de lecture très agréable.
"La Fin du monde : petits contes noirs" est une agreable petite curiosite.
Le dessin en noir et blanc est soutenu par peu de dialogues, mais beaucoup de texte. Il choisi d'illuster ces contes en ombres chinoises. L'ambiance noire est assuree. Elle dilue une atmosphere bien a elle a mis chemin entre les brouillards londonien et les cauchemars qui se cachent dans les ombres d'une chambre d'enfant.
Les histoires sont une succession d'histoires d'une pages, tres noires.
La ou l'album devient un veritable plaisir c'est dans les liens qui se tracent d'une histoire a l'autre. Au fil de l'album, c'est un univers entier qui se met en marche. Ce n'est pas juste une fin du monde. C'est un univers qui se met en place. Un ou deux autres volumes seraient en preparation.
La comparaison qui vient inevitablement a l'esprit c'est "les idees noires" de Franquin, mais ici le resultat est moins depressif et plus poetique.
Ce petit bonhomme de merlin, c'est vraiment une trouvaille ! C'est vrai qu'on nous a déjà fait le petit Spirou, le petit... (heu, l'inspiration ne me vient pas comme ça..) mais le petit Merlin, c'est carrément génial. Petit bonhomme un peu loufoque, un peu philosophique, un peu garnement.. accompagné de son ogre préféré et de son beau cochon tout rose. Peu auraient osé, et c'est gagné (heu, c'était gagné...). C'est vrai que c'est une BD tant pour gosses que pour adultes (peut-être même davantage pour adultes d'ailleurs).. mais le troisième album de la série n'a pas tenu les promesses des deux premiers. Il s'essoufle. Certains gags restent encore excellents, mais l'histoire en général est un peu ennuyeuse. Beaucoup moins de dynamisme, de rebondissements... et je trouve que le fait d'interrompre à plusieurs reprises le récit par le "dragon conteur" (je sais, c'est un principe narratif bien connu), mais cela rompt complètmenet le charme et le rythme, tout en n'apportant absolument rien de supplémentaire au récit. Qu'il intervienne au début et à la fin, c'est déjà bien, mais plus, cela devient de l'abus.
Bref, je continue à aimer cette série, et à recommander à ceux qui ne l'auraient pas encore lue de la découvrir (surtout les Tomes 1 & 2) .. mais j'espère vraiment que le quatrième reprendra un peu du poil de la bête ! Courage, nous sommes de tout coeur avec vous ;-) !
Je pensais me régaler avec cet album mais malheureusement c'est un grand raté !!!
Et oui quelle déception , on a le droit a des " gags " plus que médiocres et qui ne m'ont pas du tout fait rire .
J'ai pourtant beaucoup aimé le tome 1 , le coté décalé et l'humour enfantin était nouveau et surprenant.( fou rire en perspective ...)
Mais là on a l'impression d'avoir un mauvais Astérix chez les Anglais!Et oui la barre était trop haute et les auteurs sont en manque de vraies inspirations .Déliré ne suffit pas à faire suivre le lecteur les yeux fermés !!
Non le lecteur attend désespérément quelque chose qui ne vient pas et on finit la lecture de cette BD sans grandes surprises et sans satisfactions.
L'humour est dure à faire passer c'est vrai alors à la prochaine mais avec plus d'idées j'espère!
L'association de Guibert et de David B était en soi une promesse de bonheur bédéphile. Guibert, je le rappelle, est le coauteur (avec Sfar) de "La fille du professeur", chef d'oeuvre d'humour et de posésie paru chez Dupuis. David B, lui, a également un chef d'oeuvre à son actif avec "L'ascension du haut mal", autobiographie en BD qui a été saluée par la critique.
"Le capîtaine écarlate" était donc une réussite annoncée. Ce qui n'empêche pas de s'émerveiller devant l'étonnant travail graphique de Guibert, qui a proprement adapté son trait à l'ambiance du récit. Les couleurs sont magistralement employées, on peut repérer des séquences entières à leur ton dominant. Le découpage, volontairement classique, renforce le scénario en donnant l'impression de faire un retour dans le temps. Le scénario de David B, bien construit, se veut une sorte de biographie imaginaire de l'écrivain Marcel Schwob. La lecture du dossier en fin d'album est d'ailleurs vivement recommandée, puisqu'en plus d'une nouvelle de cet auteur, on obtient de nombreux éclairages sur la conception de l'abum.
La critique ne s'y est pas trompée : "Le capitaine écarlate" a été accueilli avec enthousiasme. C'est une BD à posséder, pas de doute.
Le premier album de cette nouvelle série m'avait laissé un assez bon souvenir. J'ai dû le relire, comme d'hab, avant d'entamer le second. Et même en relisant les deux d'un coup à la suite l'un de l'autre, je m'y perds. Je ne comprends plus rien. Les personnages, trop nombreux, trop entrecroisés, les "fées", dont le statut n'est pas encore très clair non plus, l'intrigue en elle-même, reste très floue... Mais où les auteurs veulent-ils en venir. Est-ce vraiment obligatoire de faire des scénarios impigeables pour pouvoir attirer l'attention d'un éditeur actuellement ? Je suis très déçu.
On retrouve avec plaisir les deux frères Stalner dans tout leur talent. Des dessins extra-ordinaire, des décors et des couleurs à faire pâlir d'envie plus d'un... Le fer et le feu, dont on n'entend pas souvent parler dans la presse spécialisée, et pourtant, à mon avis, l'une des meilleures séries des deux compères. On y retrouve tous les ingrédients d'une aventure remplie d'intrigue, d'amour, de complots, de fidélité et de traîtrise... A ce troisième album, on suppose que le suivant sera le dernier, tous les élements sont en tout cas en place maintenant pour le dénouement final. Que les femmes sont belles au pays des Stalner !
Revoilà donc Siméon Nevzorof, le comptable aux dents longues. La suite de ses aventures nous replonge dans la Russie de 1917, avec son lot de violences et d'incertitudes. Siméon, comme dans le premier tome, cherche à tirer son épingle du jeu et joue au petit comte. Sans vraiment abuser personne, si ce n'est lui-même peut-être. Et Ibicus étant d'humeur capricieuse, les choses se gâtent pour notre anti-héros dans ce second volet. Siméon, Siméon, vers quoi te conduit cet homme mystérieux qui semble marcher dans ton sillage pour mieux te happer le moment venu ?
Rabaté est encore une fois magistral. Son trait est splendide, fabuleusement maîtrisé, atypique mais mémorable. L'histoire, qui appelle un tome trois (j'espère !), est toujours aussi bien menée. C'est à se demander pourquoi vous êtes encore en train de me lire au lieu de courir chez votre libraire préféré pour acheter Ibicus...
Quelle déception! Alors que l'histoire semblait particulièrement intéressante (un gamin dont la vie est écrite dans un livre, et ce livre qui tombe dans de mauvaises mains), le scénario pourrait tenir sur une feuille de papier à cigarette tant il est simplet. Rien de bien original, une intrigue rapide et sans intérêt, des clichés ultra-prévisibles et un oubli total dès que l'on referme l'album. A moins d'offrir un tome 2 extraordinaire, je ne vois pas comment les auteurs pourront rattraper un tel navet.
Permettez-moi de réagir face aux critiques (que font-elles ici ? Ne se doivent-elles pas d'être constructives?) virulentes de certains lecteurs.
J'ai savouré avec délice ce superbe album de Virginie Broquet (Morovache, Seuil BD) et Pascal Rabaté (Un ver dans le fruit, Ibicus, etc...).
La dégustation a commencé par la situation de l'action : une famille de beaufs parigots de passage dans un bled près de la Loire va se faire narrer par l'ivrogne de service (en échange de quelques bouteilles de Savennières) toutes les innondations et crues du village.
Le dessin de Broquet est adapté à l'histoire : des pastels vifs (roses/mauves, jaunes/verts) façon tâches de vin aquarellées, un patchwork éclatant au service d'un trait sans retenue.
On imagine bien Pascal Rabaté sirotant un p'tit rouge tout en prêtant l'oreille au comptoir d'un bistrot pour récupérer ses brèves de comptoir...(???)
En bref, faites l'effort de dépasser le dessin (s'il ne vous sied pas) et vous rirez de bon coeur aux situations cocasses de cet album qui a du corps, une belle robe et dont on peut dire que l'éditeur a eu du "nez" afin de le publier.
Vincent
Librairie Oscar Hibou
33000 Bordeaux
oscarhibou@caramail.com
J'aurais tendance à dire une fois de plus "on attendait I.R.S, c'est Moréa qui est venue.
En effet, on m'avait annoncé I.R.S comme la version Lombard de Largo Winch et je n'avais jamais entendu parler de Moréa et ecnore moins des Editions Soleil.
Clairement, le successeur de WInch c'est Moréa qui est beaucoup plus passionant et qui ajoute en plus une petite touche de science-fiction qui la différencie quand même de Largo W.
Bref, une grande réussite et surtout une idée géniale que cette vie universelle du côté des dragons ou des anges.
Les dessins font fort penser à Manara mais avec un scénario béton derrière.
J'espère une seule chose c'est que les auteurs pourront tenir la cadence car s'il faut de nouveau attendre deux ans pour avoir la suite, ça fait long !
Passionnante découverte que cette série...
Même si le style de héros seul contre tous a déjà été souvent exploité je n'ai pas de souvenir d'un personnage comme Tower. Schéma classique peut-être mais ici le héros est loin d'être un enfant de choeur, ancien terroriste retiré après avoir "distraitement" détourné une grosse somme à l'IRA, il vit paisiblement en Italie jusqu'au jour où un nouveau terroriste entre en jeu en utilisant son nom et ses méthodes. Là ça ne lui plaît pas d'autant plus qu'on s'agite autour de lui au point qu'il doive replonger. Et là les souvenirs remontent, pas toujours drôles pour sa femme ni pour lui, la révélation de sa dernière action clôt d'ailleurs le premier tome sur un coup de théâtre. Idem pour la fin du second tome, ça me rappelle un peu les "chutes" de fin de page des illustrés de ma jeunesse...mais ça marche.
Violent, réaliste mais personnages consistants, on entre facilement dans l'histoire même si on a difficile d'éprouver énormément de sympathie pour ce tueur se découvrant se soudain des états d'âmes (voir ses réactions vis à vis de sa femme ou avec l'otage).
Tower est un personnage dur, dans un monde dur qui va devoir se battre pour récupérer un semblant de vie normale...la quête est intéressante, on attend la suite.
Le dessin semble parfois un peu maladroit mais le 2e tome montre déjà une évolution certaine, les couleurs par contre ne sont pas le point fort de la série mais n'empêchent pas d'apprécier la lecture de cette série passionnante.
A suivre...
Marc
Cette série s'inscrit dans la collection "Bulle Noire" dédiée au polar, mais c'est un polar sans gangsters ni flics. Ce premier récit en 2 tomes nous présente des personnages attachants, profondèment humains. L'histoire commence quand Ellen, une jeune infirmière sorte de fil rouge de la serie, et son mari perdus en mer découvrent un cargo abandonné. Sur ce navire, se trouve un homme gravement brûlé et menotté. La première idée serait qu'il soit un prisonnier mais cet homme va livrer un tout autre récit a Ellen : un tragique histoire d'amour entre un écrivain voulant mettre en scène sa propre mort ( "quand tout va mal, se retirer du jeu" : la stratégie du lézard bleu qui donne son nom a la série ) et une amie d'enfance dont l'arrivée inattendue va tout bouleverser. Récit véridique ou version romancée des faits pas l'écrivain ? Toujours est-il que l'émotion est au rendez-vous dans cette histoire. Pour ce qui est du dessin et des couleurs, rien d'exceptionnel mais cela est lisible et efficace et le tout sert bien cette belle histoire.
Evidemment, beaucoup vont crier au plagiat : c'est du Largo Winch féminin, où va-t-on si tout le monde fait la même chose, etc, etc... Hé bien moi, j'ai aimé cette petite "Winchette" avec ses airs à la Manara. Sexy, intelligente, elle vit et bouge dans un monde futuriste, qu'elle découvre sous un autre angle, depuis qu'elle a appris qu'elle était immortelle. Des mondes parallèles (à la Thorgal ?), des véhicules (à la cinquième élément de Besson ?), des Anges et des Dragons (à la .. ?) oui, d'accord, Arleston ne s'est pas gêné de prendre de-ci de-là des petits éléments "porteurs" mais l'ensemble tient bien la route.. et on en redemande. En outre, Moréa a de l'humour et a une dimension émotionnelle "authentique", ce qui manque souvent aux personnages de science-fiction de nos jours (oh, c'est une drôle de formule ça ;-))..., même si en fin de compte, elle se rend compte que tout le monde n'est peut-être pas aussi "blanc" qu'elle ne l'aurait aimé. Recette qui marche, série prometteuse... : à découvrir absolument !
Quentin vient d'emménager avec ses parents dans un manoir breton à l'abandon. Passionné de fantastique et de surnaturel, il voit en rêve des créatures étranges : les stryges. Il découvre bientôt dans la cave du manoir un vieux manuscrit relatant des faits vieux du siècle dernier où il est question d'une île au large du manoir, où disparut un certain Von Harbow après avoir invoqué dans l'église ce démon qui commence à obséder sérieusement Quentin.
De son côté, Andréas Von Harbow, magnat de la firme Finalsoft et descendant du disparu, monte une gigantesque jeu de rôle, prenant ce dernier pour prétexte de tests pour le lancement d'un nouveau jeu vidéo. Pour ce faire, il envoie sur l'île (beinh tient, justement, la revoilà !) les quatre meilleurs "joueurs-rôlistes" du moment : Kyle, Talia, Lebien et Beauverger. Les joueurs devront retrouver un grimoire traitant d'une race aussi mystérieuse et antique que terriblement dangereuse : les stryges. Débarquant sur le lieu de ce jeu qui n'en est pas un, les joueurs n'ont pas encore commencé que, déjà, ils sont cueillis à froid par la mort de l'un d'eux : Beauverger, morbide dépressif, est retrouvé empalé sur une croix. Suicide, accident ou terrible rencontre ? Sur l'injonction de Von Harbow, pour qui les enjeux financiers et personnels semblent gigantesques, les joueurs décident de continuer.
Corbeyran (à qui l'on doit déjà le scénario de la série "Le Chant des Stryges") et Grégory Charlet sont d'impitoyables maîtres de jeu, qui seuls connaissent le scénario et toutes ses possibilités et ne laissent au lecteur aucune possibilité d'y échapper. Tous ces destins, prêts à s'enchevêtrer à cause d'une passion commune pour le jeu et le fantastique, forment l'ossature d'un univers angoissant. Le mélange du quotidien et du surnaturel renforce cette sensation d'inquiétude. Si le lecteur s'apprête à devoir sursauter à chaque instant, c'est aussi grâce à des dessins et des couleurs qui soutiennent parfaitement le mécanisme d'un jeu qui tourne doucement mais inévitablement au cauchemar. Ce premier épisode fixe les règles du jeu et installe l'histoire. Le prochain fera entrer le lecteur de plain-pied dans cette quête ô combien dangereuse vers un être mythique : et il sera fin prêt, parce qu'il apprend avec cet album que se faire peur, c'est aussi se faire plaisir.
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