Je ne connaissais pas Grenson. Je ne peux donc pas juger de l'évolution de son trait (lisez pour cela l'avis de Thierry Bellefroid) mais le résultat est assez impressionnant. On est loin de la révolution graphique, mais Grenson semble à l'apogée de son art : le trait est précis, clair, minutieux, aussi à l'aise dans le traitement des visages (le héros séducteur ou les charmantes jeunes femmes qui croisent sa route) que dans celui des décors. Adaptation à l'histoire ou choix pertinent du dessinateur de la série ? En tout cas, Grenson colle parfaitement à l'univers de cette BD et permet au lecteur d'y entrer -et d'y rester- avec plaisir.
Dufaux, de son côté, livre un scénario bien ficelé. Les personnages sont habilement brossés, les séquences bien découpées, la progression de l'histoire semble aller de soi. Bref, notre homme connaît bien son affaire et sait donner au lecteur l'impression qu'il peut se laisser aller dans la découverte de cette BD.
En clair, une bonne BD que je ne saurais trop recommander aux amateurs de bons dessins et de scénario bien conçu. Très sympa, quoi !
Voici donc le troisième tome de la série Zentak inaugurée avec "La Passe des Argonautes" et poursuivie avec "Les Roches Bleues". J'ai déjà eu l'occasion de dire du mal de ces deux albums, au scénario pour le moins confus. J'ai quand même jeté un coup d'oeil à cette suite et fin (provisoire ?) de la série. Je dois avouer que c'est un peu mieux, mais on reste bien loin du niveau que le lecteur est en droit d'exiger.
Le scénario part nettement moins dans tous les sens qu'au cours du premier tome (réellement catastrohique sur ce plan). Les personnages sont cette fois connus, et même s'ils ne sont pas attachants, on arrive à peu près à comprendre ce qui se passe. Comme dans les deux autres albums, les références sont nombreuses, que ce soit Porco Rosso qui apparaît planche 19 ou l'infiltration de l'IA qui pompe sans se cacher la scène de l'attaque de l'Etoile noire dans Star Wars. Certaines séquences sont vraiment parachutées (planches 33 à 36) et on se demande vraiment ce que ça apporte à l'histoire. Il aurait fallu ajouter des planches à un album trop court qu'un scénariste peu scrupuleux n'aurait pas agi différemment...
Au total, cette trilogie ne vaut pas le détour. Il faut vraiment être un mordu peu regardant du cyberpunk pour y prendre plaisir. On attend donc une série qui tienne la route dans l'univers de la matrice pour oublier définitivement ce Zentak au scénario bâclé.
Alors là je suis pôsitivement surpris!!! JK Bloche ne m'avait jamais vraiment accroché et je m'était arreter après le quatrième opus. Et puis j'ai acheté le dernier juste pour voir et je l'ai dévoré. Le style est devenu plus sérieux,mais le personnage garde quand meme ce petit côté maladroit et l'histoire se lit a une vitesse incroyable. Bref on a vite fini l'album. Maintenant je vais compléter ma collection? EN ATTENDANT LE PROCHAIN AVEC IMPATIENCE..
Le premier volume de cette série était carrément catastrophique. Le scénario était incompréhensible, jouant sur l'embrouille cyberpunk et les termes futuristes dans chaque phylactère. Réprimande ou prise de conscience ? Quelle qu'en soit la raison, on peut reconnaître au scénariste Jean-Pierre Pécau un sursaut salutaire dans ce deuxième album. Les premières planches tentent de clarifier l'intrigue alambiquée de "La Passe des Argonautes", comme s'il s'agissait pour l'auteur de faire son mea culpa et de repartir sur de bonnes bases.
Louable intention, donc. Mais cette série reste d'un niveau bien faible en regard de la plupart des autres productions Delcourt. Le dessin est honnête, malgré certains emprunts à Appleseed ou à L'Incal (voir ma critique du premier album sur le forum bd paradisio) et une certaine banalité du trait. C'est évidemment le scénario qui fait principalement défaut. L'humour est lourdingue. Il n'y a aucune trouvaille scénaristique. Aucun héros n'est attachant. On a droit à une planche entière d'ébats sexuels entre deux personnages, exactement comme dans les mauvaises séries B, et cela tombe comme un cheveu sur la soupe, une possible attraction entre eux n'ayant jamais été mise en scène. Peu importe, ça fait un peu avancer l'histoire, et puis on va pas s'embêter à construire une intrigue crédible, hein.
J'ai rarement été aussi déçu par un scénario de BD de science fiction. Il sera bien difficile de sortir cette série du bourbier de médiocrité dans lequel elle s'est enlisée.
Nouveau cycle d'aventures pour l'alsacien Claus Zollner dit "le boche". Le premier cycle (6 albums) a raconté les péripéties de Claus, de Marie et du petit Léo, tout trois pris dans la toumente de la seconde guerre mondiale. Au terme du 6ème tome, nos trois personnages, accompagné du trouble Garcin-Lacour étaient en partance pour l'Indochine. Ce pays étant censé représenter pour eux une nouvelle vie, une havre de paix et de prospérité.
Amère déception, car a peine arrivé sur le sol d'Indochine, l'agitation commence à se faire sentir : attentats sur des français, population hostile, montée du commmunisme révolutionnaire, raids sur des positions françaises etc...
C'est donc dans un contexte conflictuel que va de nouveau évoluer Claus. Ce premier tome est d'une lecture agréable, l'aventure est bien présente dans ce contexte de poudrière latente. Ce n'est pas vraiment l'aspect aventure, somme toute classique, qui a retenu mon attention mais bien l'aspect humain et "vie de la colonnie".
L'aspect humain d'abord, avec un tas de personnages agissant les uns par idéalisme ou amour (le docteur allemand épris d'une indigène) les autres étant motivés par le pouvoir et l'argent.
Daniel Bardet n'est pas tendre avec les français : magouilleurs, profiteurs, prétentieux, tortionnaires, rien que des défauts. Certains pourront parler de stéréotypes dans sa description du colonialisme - exactions sur les populations indigènes - entraînant de ce fait un ras le bol des populations indigènes, elles mêmes manipulées par les rebelles communistes. Pouvoir, contre- pouvoir, l'histoire se répète sans cesse.
Reste "le boche", qui comme à son habitude est pris entre les différentes factions en présence et qui agit par instinct en fonction des événements et des situations.
En conclusion une bonne Bd mélant politique, histoire et aventure, avec un paumé de service qui est le jouet involontaire des évènements, un "Thorgal" des temps modernes si j'oserais dire.
Au niveau dessin, Boutel ne se débrouille pas mal, même si son dessin n'est pas encore totalement maîtrisé. On sent chez ce dessinateur une volonté de bien faire et sa marge de progression est évidente.
Heu... Alors là, je n'ai pas compris. Autant Dufaux est très prolifique ces temps-ci, autant, il nous a habitué à de la qualité, autant j'ai toujours beaucoup aimé Giacomo C (surtout les 2 premiers, comme beaucoup je suppose), mais là.. je suis abasourdi. Cet album est nullissime ! Je dirais même plus : nullissime ! Mais enfin, qu'est-il arrivé ? Giacomo n'a absolument aucun relief, aucune épaisseur, aucun charisme. Lui qui nous avait habitué à sa finesse d'esprit, son libertinage et sa séduction, nous voilà bien marris. Ouh que je suis déçu. L'album entier est inodore, on n'éprouve aucun plaisir à retrouver nos personnages habituels. Aucun ressort, aucun dynamisme. La trame de l'histoire même est trouble (ces jeux de lettres auraient pu être un bon thème (surtout dans la Venise de l'époque), mais même la motivation de celles-ci est peu probable et relativement inconsistante). Enfin, bon, vous aurez compris que ce n'est certainement pas le meilleur album de la série.. et j'ai peur du syndrome Van Hamme (série à rallonge, quand tu nous tiens... !). Monsieur Dufaux, avez-vous réellement encore quelque chose à faire dire ou à faire vivre au sieur Giacomo ? Sinon, attendez à nouveau l'inspiration avant de nous resservir le nouveau opus, parce que là, c'est pas bon du tout !
C'est un de ces albums qui sollicitent le lecteur. Non, ce n'est pas du gros nez passe-partout ni du trait consensuel. Pour entrer dans "Le réducteur de vitesse", il vous faudra dépasser votre possible aversion de départ pour un graphisme original qui n'est pas très attractif. On a pu faire la même critique au "Maus" de Spiegelmann ou à "L'ascension du Haut-Mal" de David B. Ceux qui les ont lu comprennent sans doute ce que ce parallèle implique : il faut un petit effort pour entrer dans leur univers, mais on est sacrément récompensé. Christophe Blain se lit de même.
L'auteur a servi dans la marine. "Le réducteur de vitesse" n'est pas une atobiographie, mais Blain s'inspire de personnages réels pour donner vie à son équipage (le médecin blagueur par exemple). Le scénario est extrêmement original : on a rarement lu en BD les aventures d'un appelé qui vomit systématiquement ses tripes quand la mer tangue ! Original donc, mais aussi sacrément bien mené sur 76 planches. Hé oui. Fan des 44 pages et de la BD vue et revue, ne jetez pas trop vite la pierre à Christophe Blain car son travail mérite vraiment le coup d'oeil. Et puis, on est chez Dupuis, l'éditeur des "Femmes en blanc" et autres BD grand public. Vous voyez bien qu'on est en terrain connu ! Et si vous êtes un bédéphile averti, réjouissez-vous de voir la collection Aire Libre s'enrichir d'un nouveau titre à sa dimension.
Ce Dodier est un génie: regardez les dessins, il ne sont pas sensationnels mais ils permettent de rester terre à terre, c'est-à-dire qu'il a voulu rester tres proche de la "réalité française", style tres modeste mais qui paye. L'auteur veut rester dans la veracité sans echapper un seul espoir d'evasion, ce n'est pas permis avec Jerôme K Bloche, on reste sur une histoire qui peut arriver à chacun de nous et cela tous les jours et c'est ce qui fait le charme de cette série. Si vous hésiter à commencer une nouvelle série, achetez celui-la, vous m'en direz des nouvelles!
Que reste-t'il de nos amours ?
Le dessin est bien, vraiment, sur 8 planches (allez, 9 parce que c'est vous), le scénario est bien sur euh... les premiers albums de la série ?
Le héros, il n'a pas vraiment le choix, mais entre fornication et quête de puissance, il n'a pas le temps pour discuter... Et en plus, il ne se passe pas grand chose de ce tome... Allez, que Wis meurt brillamment, et ça pourra peut-être rattraper une série en chûte libre !
Ah, ce monde de mort nous réserve encore des surprises ! De sociétés secrètes en confréries plus ou moins opposées au pouvoir central, M. Descendres est pris dans un beau sac de noeud !
Le dessin est toujours aussi fouillé et précis, le scénario se complexifie un peu (il est pas évident de faire le lien entre la fin du T1 et le début du T2) et de nouveaux protagonistes arrivent... Un chef d'oeuvre en devenir !
Les critiques précédentes sont élogieuses. C'est Normal. Cette une série à lire absolument…
J'aime beaucoup les dessins de Marini au niveau de "Gipsy" et le style de Dufaux avec des séries comme "Samba Bugatti" et "Fox". Mais là, le dynamisme des graphismes de Marini lié au talent de conteur de Dufaux donne une série excellente. Une idée intéressante est le fait que la narration se déroule de 3 points de vue différents : Vicky Lenore la flic qui enquête, le clan et son champion Aznar Akeba et enfin Drago et Camilla les rapaces. Entre ces changements de points de vue, un certain nombre de flash-back, le rythme digne d'un policier ou d'un film fantastique, de très bons graphismes, les personnages prennent vie et la BD n'a rien à envier au cinéma.
Déçu par le tome 9 des Chroniques de la lune noire , je deviendrais méfiant avec les séries à rallonge. Mais ici avec cette série de 4 tomes, je doute que Dufaux et Marini nous déçoivent avec les 2 derniers. Alors, lisons et relisons déjà ceux-ci jusqu'à ce que paraisse le prochain opus.
Je suis pourtant un adepte de la série mais là, j'avoue, je commence à décrocher. Certes la série reprend les grands thèmes de l'Heroic Fantasy avec les Orques, les nains, les magiciens, les dragons, etc. Cependant, les premiers tomes sont intéressants au niveau de l'humour, des graphismes et grâce aux personnages un peu délirants. Dans un des tomes, il y a notamment un double page magnifique avec un crâne et des roses.
Par contre, dans les derniers tomes, l'humour disparaît et les graphismes laissent de plus en plus à désirer. Les dessins de Pontet y sont peut-être pour un peu, mais Froideval y est pour beaucoup en privilégiant de plus en plus l'histoire au détriment des dialogues. Remarquez, même la trame de l'histoire se dilue de plus en plus au fil des tomes.
Ce dernier tome est vraiment décevant. Mis à part la " surprise " du début où on apprend que la Lune Noire est le fils du " roi " des enfers, le reste est juste là pour nous faire patienter jusqu'au prochain tome. La conversion de Wissmerhill n'est soutenue par aucun graphisme de qualité. Les autres personnages apparaissent mais ils ont si peu de place qu'ils ont l'air dépassés par les évènements. Franchement, rendu à ce niveau, Froideval a aussi vite fait de clore la série dans un 10ème tome.
Extra-ordinaire !! Il n'y a pas d'autres mots. Le livre de Jack regroupe un ensemble de qualités assez rare à constituer et dont le résultat est magique. Les dessins et les couleurs sont hors norme, les visages et décors superbes et terriblement expressifs. La trame de l'histoire est très originale, basée sur une ambiance de légendes avec pour acteurs une bande de gamins sortis tout droit de la Guerre des Boutons. Une tendresse infinie, une poésie et une douceur se dégagent de cet album, même si, paradoxalement, il nous parle de la méchanceté de certains et de la transformation de Jack en loup-garou. Nous rappelant par certains aspects le conte de la Belle et la Bête, cet album est également un message d'humanité : au-delà des apparences se cache parfois le plus tendre et le plus authentique des hommes. Le tout constitue un album d'un intensité rarement égalée.
J'en bafouille tellement j'ai été touché et ému par cet album. Un véritable chef d'oeuvre.
Ce 5e tome du Prince de la Nuit m'a un peu decu. L'histoire reste passionante et Swolfs met en place tous les elements qui deboucheront sur la confrontation finale entre Kergan et Jean Rougemont qui marquera le tome 6, avant un dernier cycle centre sur Kergan. Une part de mystere continue a planer, essentellement concernant la femme qui vient en aide a Jean. Je croyais avoir compris de qui il s'agissait, mais dans cet album, Swolfs brouille intelligemment les cartes. Autant d'elements qui continuent d'affirmer cette serie comme une belle reussite.
Malheureusement, Swolfs tombe dans ses pires travers a certains moments. Tout d'abord, le personnage de l'inspecteur de police n'est certes pas un personnage debordant d'originalite. Mais est-ce une raison pour le transformer en ce stereotype du vieux flic en fin de carriere qui desire partir en beaute ? Que dire de ses demeles avec ses superieurs ? Toutes des scenes deja vues 1000 fois. On a meme l'impression de "copier-coller" de pans de dialogue. Son personnage est classique, ce n'est pas une raison pour sombrer a ce point dans le lieu commun. Il perd toute credibilite dans cet album.
Puis, il y a la "blessure" de Jean. Swolfs amene bien la chose avec le reve, qui est peut-etre un peu trop explicite. Puis il y a cette rencontre avec sa mere. L'idee des jumeaux n'est pas mauvaise du tout, mais lors de cette longue scene entre Jean et sa mere ou elle explique ses "reproches", j'ai eu l'impression que Swolfs a voulu creuser l'aspect psychanalitique de la chose (impression renforcee par son interview accordee a Vecu). Pourquoi pas ? Mais de la maniere dont il conduit la scene, j'ai l'impression de lire un extrait d'un article de vulgarisation decoupe maladroitement pour remplir les philacteres. Le contenu est peut-etre interessant, mais il sonne completement artificiellement dans la bouche des personnages. Je ne crois pas une seconde a cette scene, alors qu'elle devrait etre une scene-cle de l'album. Un peu comme si Swolfs scenariste avait vu un peu trop grand et qu'il ait du mal a faire passer son message.
Guy Delisle a ete charge de superviser une partie de la realisation de la serie de dessin anime "Papyrus". Pour des raisons d'economie, ce travail etait realise a Shenzhen, en Chine. Voila donc Guy Delisle envoye en Chine pour une duree de 3 mois. Mais Shenzhen n'est pas exactement la Chine des ceartes postales. Il s'agit d'une ville-champignon situee pres de Hong Kong, quoique la proximite soit une notion tres differente qu'ici pour d'evidentes raisons d'echelles. Cette ville est une sorte de monstruosite sans ame, ou les immeubles em construction poussent parfois d'un etage par jour.
Une decouverte a faire.
En matiere d'exotisme, autant dire que Shenzhen en est mechamment depourvu. C'est une ville sans ame. L'autur s'y sent comme un etranger absolu, incapable de communiquer avec autres, aussi bien a cause de l'obstacle de la langue qu'a cause des traditions chinoise, a 100 lieues des notres. Ce sejour sera donc marque d'un ennui profond. Par petites touches, l'auteur nous fait partager ses journees, comment il a fait pour faire passer le temps, ses problemes avec les animateurs (on comprend mieux la qualite plus que moyenne du dessin anime apres avoir lu cet album), ses relations avec les chinois... mais pas le moindre ennui pour le lecteur. Je me suis passionne pour cette histoire sans histoire.
On s'etonne de certains comportement comme cette etrange maniere de photographier les touristes a Hong Kong: devant un superbe panorama de la ville, un photographe prend les clients en photo devant un fond bleu et insere par la suite ce panorama grace a l'informatique. Ni tout-a-fait reel, ni tout-a-fait bidon, le resultat tient plutot du concept.
L'action se deroule a New-York de nos jours. Le lieutenant Vicky Lenore et son adjoint le sympathique Benito Spiaggi doivent faire face a une serie de meurtre pour le moins etrange : des victimes retrouvees videes de leur sang avec un kyste creve derriere l'oreille… Un seul indice , l'inscription "Your kingdom is doomed" ou "Votre regne s'acheve" est laissee sur les lieux. Croyant avoir affaire a un serial killer, nos deux flics va en fait decouvrir que le monde cache plus de mysteres que prevu, et que la peur de la nuit trouve son origine dans cette race vampirique qui se meurt…
Le prolifique Dufaux avec cette nouvelle serie nous donne ce qu'il sait faire de mieux : des cycles courts ancres dans le fantastique avec une intrigue tendue, plus ou moins referencee, et des dialogue toujours tres ecrits ( parfois un peu pompeux ). Comme toujours, on retrouve ses themes favoris : les jeux du pouvoir et surtout, materialise par Drago et Camilla, ce passe qui revient nous hanter et qui jamais ne nous lache. Chez Dufaux, les histoires ne finissent pas necessairement bien, ou du moins les personnages ne s'en sortent jamais indemnes. On devra attendre le troisieme tome pour savoir la fin, mais deja on sait que dans le monde presente dans cette serie, il y aura une rupture avec l'ordre ancien.
Cette histoire se situe dans la mouvance des mondes "gothic-punk" des jeux de role des editions White wolf et des romans fantastiques des ecrivains Poppy Z. Brite ou Nancy Collins : des histoires de vampire dans un monde proche de Rapaces justement… A savoir une atmosphere particulierement glauque et desesperee empreinte de decadence dans une societe sous la coupe de puissances surnaturelles ayant les humains comme laquais. Tout cela est tres bien rendu par le trait dynamique de Marini qui s'est encore affine par rapport au premier tome et par son remarquable travail sur les couleurs : par exemple la mort du vieux vampire dans l'abattoir dans le premier tome, et plus generalement toutes les apparitions de Drago et Camilla.
Quelle joie de retrouver nos deux compères ! Si le troisième tome était un peu bavard, "Le mystère de l'île étrange" renoue avec l'esprit loufoque et extrèmement drôle des deux premiers actes de cette fantastique série. Décidément, Alain Ayroles est un scénariste hors pair, qui s'amuse à mettre ses personnages dans des situations de plus en plus extravagantes ... et tout ça pour rire ! Soulignons le trait toujours aussi maîtrisé de Masbou et sa virtuosité dans le travail de la couleur. Un seul regret, mais qui sera réparé au prochain album : les apparitions trop furtives du petit lapin Eusèbe. A suivre avec intérêt !
Barbe-Rouge fait partie de ces séries qui, faute d'avoir su se renouveler, semblaient devoir s'affadir d'album en album. Mais le tandem Bourgne-Perrissin, responsable des deux derniers épisodes des aventures du pirate, a su redonner vie aux personnages créés en 1959 par Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon, en les réunissant dans un formidable huis-clos. On comprend l'intérêt qu'ont les éditeurs à multiplier les avatars de ces personnages (Barbe-Rouge a même lui aussi sa "jeunesse"! ): comme les marques commerciales, ces séries ont acquis une notoriété qui permet de leur assurer une diffusion immédiate dans la jungle de la BD, notamment auprès de lecteurs un peu vieillissants, soucieux de retrouver la saveur des aventures "tout public" auxquelles, plus jeunes, ils étaient habitués. Mais on ne peut manquer de se poser, aujourd'hui, la question de la valeur et de l'intérêt de ce type de BD.
La richesse de la série tient aux personnages créés par Jean-Michel Charlier : Barbe-Rouge, Eric, Triple-patte, Baba et Anny, une femme, venue, depuis l'avant-dernier album, semer le trouble dans ce petit monde.
Bourgne et Perrissin ont su exacerber les rivalités entre des personnages désormais imbus d'eux-mêmes, livrés à leur bêtise et à leur brutalité. Les gentils pirates, incapables de s'unir pour arriver au succès, sont devenus des fauves en cage, prisonniers de leurs instincts : partis sur les mers, lors du dernier épisode, à la recherche d'un improbable trésor des Incas, ils semblent, au fur et à mesure de leur progression vers l'Amérique du Sud, ne devoir arriver qu'à une seule fin, leur destruction mutuelle. Et, au gré de leurs colères et de leurs disputes, triple-patte n'est bientôt plus le seul éclopé du groupe... Reste à savoir maintenant si c'est vraiment dans cette direction que Charlier aurait aimé voir évoluer ses personnages.
Elégant, regard bleu dévastateur et cheveux blancs coiffés en brosse, Larry B. Max est le fleuron de l'IRS (Internal Revenue Service : organe de perception des impôts aux U.S.A) qui entrave les activités frauduleuses de multinationales financières suspectes. Amateur de belles femmes, de champagne et de voiture de luxe, l'agent Max se démène dans ce second volet de ses aventures, débutées en 99 avec "La Voie fiscale".
Le tour de force de ce deuxième album réside dans l'alternance entre les scènes du présent narratif et celles qui concernent les conditions de (sur)vie dans les camps d'extermination. Inutile d'indiquer qu'il fallait de la finesse pour utiliser le phénomène de la Shoah comme toile de fond d'un scénario de bande dessinée. Là où l'on pourrait s'attendre au scabreux et à la facilité, Vrancken et Desberg parviennent encore à surprendre en se basant sur le principe d'économie : un comble lorsqu'il s'agit ici des pérégrinations d'un agent du fisc !
Le trait est précis, tranchant et l'ensemble, secoué de multiples effets punch, donne furieusement à penser à un thriller politico-économique à l'américaine ou à un film musclé. On appréciera tout particulièrement la volonté des auteurs de pointer l'insanité de "la voie fiscale" ou de mettre en lumière les exactions d'hommes qui conjuguent sans vergogne crime conte l'humanité et haute finance. Voué à une réflexion aussi "sérieuse", le scénario rejoint presque la portée d'un essai condamnant les tractations occultes du monde des affaires.
Les amateurs de héros à mâchoire carrée et autres maxillaires saillants, vif comme l'éclair et confronté aux situations les plus dramatiques se régalent d'ores et déjà des aventures mouvementées qui attendent Larrry B. Max dans l'avenir du filon BD-pécuniaire. Même si certains plus sceptiques chantonnent gentiment : "Il avait de grands yeux très clairs/où parfois passaient des éclairs/il était mince, il était beau/il sentait bon le dollar chaud mon fonctionnaire..."
Nouvelle série intégrant des éléments de la série "Le Chant des Stryges" chez Delcourt. A priori, on se jette dessus et on la dévore, espérant qu'elle soit de la même veine de celle dont elle reprend certains ingrédients. Je reste cependant très mitigé. Ni vraiment bon, ni vraiment mauvais. Les dessins reflètent bien l'ambiance générale de l'album, des pages pleines, débordant des cases et un univers assez sombre, parfois lugubre, construisent une atmosphère assez pesante (donc décor bien planté).. mais le scénario ne suit pas vraiment. Basé sur les jeux de rôle, sujet à la mode et pas encore trop traité dans la BD, une équipe de 4 jeunes génies de ce genre de jeux se retrouve isolée sur une île (lugubre à souhait donc...) afin de se livrer à ce jeu, expérience commanditée par une grosse boîte de soft qui prépare le lancement dudit jeu (avec d'immenses moyens) dès que celui-ci aura été testé par les 4 types en question. Originalité de ce jeu par rapport aux autres ? Beihn, à première vue, elle n'est pas vraiment flagrante - comme le souligne d'ailleurs l'un des intervenants - mais on suppose que le fait que ce jeu ait comme quête la recherche d'un grimoire parlant des Stryges, dans une île aussi lugubre, devrait suffire en soi comme originalité.
Le scénario est double en fait. Pendant que ces 4 génies s'amusent sur leur petite île, Quentin, un gosse paralysé des jambes et branché Internet, tombe sur un livre relatant des faits assez étranges - impliquant des stryges bien entendu - qui seraient survenus fin du 19ème siècle dans une île dont on suppose qu'elle est la même que celle où se déroule le jeu actuellement.... La difficulté est de passer dans les deux histoires en parallèle et d'y intégrer également l'histoire que Quentin lit dans son bouquin...
Enfin bon... on attend beaucoup du second album de cette série qui devrait probablement démarrer assez rapidement, vu la fin du premier et les conséquences de celle-ci sur la suite du récit... Mais ce n'est pas vraiment ce à quoi on s'attendait.
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